Entretien avec Marin Ledun – Dans le ventre des mères

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 Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Je crois qu’il s’agit de la bibliothèque de mes grands-parents, une immense « armoire » protégée de la poussière par des portes vitrées fermées à clef. Les clefs étaient sur les portes. De sorte qu’il suffisait de les tourner pour qu’on puisse avoir accès aux livres. Histoire française, littérature, beaux livres, biographies, vieux livres et ouvrages récents, quelques milliers en tout, du sol au plafond, sur tout un pan de mur, une odeur d’humidité et d’encre. Voilà, c’est ça, mon premier souvenir, des odeurs et des livres, la bibliothèque d’une ferme au fin fond de l’Ardèche. Evidemment, j’ai fini par avoir la taille d’atteindre les clefs, d’ouvrir les portes et de lire ces livres !

 

● D’où vous est venue l’envie d’écrire des romans noirs ?

Je viens justement de publier un essai, intitulé Mon ennemi intérieur, aux éditions du Petit Ecart, pour essayer de répondre à cette question. Ce livre parle de ma pratique de l’écriture, de mon parcours professionnel et de ce moment où, en 2005, je me lance dans l’écriture romanesque, en particulier de romans noirs. Alors, « noir » parce que « critique sociale » et « roman » parce que la fiction est un détour imaginaire qui permet de parler du monde dans lequel nous vivons. Je dirais : tout simplement. D’un côté, je travaillais comme chercheur, je militais, avec ce sentiment que l’action collective est nécessaire pour que le monde avance. De l’autre côté, j’avais aussi ce besoin d’avance individuellement, ce que me permet l’écriture de romans noirs. Autonomie collective et individuelle, comme dirait Castoriadis. Ma singularité et le collectif humain dans lequel j’évolue. Les deux m’étant indispensables pour écrire.

 

● Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre roman « Dans le ventre des mères » ?

Dans le ventre des mères est en réalité la suite de mon premier roman, Marketing Viral. En 2005, quand j’ai écrit ce dernier, je n’étais pas romancier, mais chercheur. J’avançais à tâtons, sur mon temps libre, sans savoir que ce que j’étais en train d’écrire allait devenir un roman et que ce roman allait être publié. J’avais simplement besoin de sortir de l’univers extrêmement codifié, normé de la recherche en entreprise et à l’université, pour essayer d’observer mes objets de recherche sous un autre angle. La recherche scientifique, dominée par l’idée scientifique et technicienne, part du principe qu’elle propose la seule « bonne » vision du monde, une vision objective, car scientifique, et validée par des enquêtes techniquement irréprochables. Evidemment, c’est un mythe et une idéologie. Il y a d’autres façons de regarder le monde et de le comprendre. Parlons d’amour, par exemple. Vous pouvez imaginer cela comme un ensemble de systèmes nerveux, hormonaux, génétiques, électriques, physiologiques. Vous pouvez également le concevoir comme un phénomène purement social (lié à une culture, par exemple). Et vous pouvez l’aborder de manière poétique ou purement émotionnelle ou encore esthétique. Le roman, avec l’écriture de Marketing Viral, a été pour moi l’occasion d’aborder certains des thèmes des recherches développées dans mon laboratoire d’une autre façon. Sept ans plus tard, j’ai écrit Dans le ventre des mères, sous l’impulsion de mon amie Stéfanie Delestré (alors directrice du Poulpe chez Baleine, et aujourd’hui devenue directrice de la Série Noire), et avec l’envie de renouer avec cette première émotion d’écriture. A une différence près : cette fois-ci, j’étais devenu romancier. Je savais comment écrire et pourquoi je le faisais. Bien entendu, je n’en avais pas terminé avec la question des bio et nanotechnologies, j’avais encore des choses à dire sur le sujet.

 

● Comment vos personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement le commandant Vincent Auger et Laure Dahan ?

Ma façon de voir les choses est assez simple. Un roman, pour moi, c’est une histoire (ici, la suite des aventures de Laure Dahan), des personnages pour incarner cette histoire, pour lui donner de la chair, et un style (un point de vue, ici le « noir »). Laure Dahan existait déjà dans Marketing Viral, dont elle est l’héroïne. Je n’ai donc eu qu’à reprendre son histoire là où je l’avais laissée. Mais il me fallait un deuxième personnage, plus ancré dans le réel. Je ne suis pas très à l’aise avec les personnages de flics, je m’y intéresse peu à vrai dire (cela viendra peut-être), mais il me fallait ce personnage ancré dans le réel qui me permette de contrebalancer la folie de l’univers technicien et scientifique, idéologique, dans lequel baignent les autres personnages, dont Laure Dahan. Ainsi est né Vincent.

 

● Etes-vous un grand lecteur et si oui qui vous a inspiré ?

Je lis trois, quatre livres par semaine, et je n’en écris qu’un par an. Je suis donc davantage un lecteur qu’un romancier. Particulièrement en période d’écriture où je deviens boulimique. Le talent des autres me stimule, sans vraiment m’influencer (je sais que c’est une crainte chez certains écrivains). Regarder la télé me tire vers le bas, lire des romans et parler avec mes amis me stimule. Je n’ai aucun écrivain modèle, mais j’ai en ai des milliers. Il y a bien sûr les livres-phares, ceux qui vous marquent, qui changent votre vie, qui vous font rire ou pleurer (pour moi, ça a été Erskine Caldwell, Hemingway, Giono, puis Ellroy, Crews, Garnier, Pete Texter, etc.), mais il y a aussi tous les autres, ceux dont on oublie parfois le titre ou le nom de l’auteur et qui pourtant, au détour d’une scène, d’une description, d’un personnage, vous changent durablement sans que vous vous en rendiez compte. Par petites touches, par petits coups de pinceau. Une formule, une phrase qui vous trotte dans la tête, une émotion ressentie qui vous permettra de résoudre un problème dans votre « vraie » vie. Le pouvoir de la fiction romanesque est hallucinant.

 

● Quand vous commencez à écrire un roman, le dénouement est-il déjà fixé ou est-ce qu’il vient au courant de l’écriture ?

Je crois que l’écriture de ma thèse de doctorat, entre 1998 et 2003 a durablement influencé ma façon de procéder. Quand je débute l’écriture d’un roman, j’ai déjà toute la documentation nécessaire, triée, classée, rangée, digérée, j’ai également un plan très détaillé de l’histoire, des biographies des personnages principaux, une scène d’ouverture, et, pour répondre à votre question, une fin déjà établie. Le cas de Dans le ventre des mères est sensiblement différent, puisque la fin que j’ai imaginée au début n’a pas convaincu mon éditeur (Flammarion) et mon éditrice (Nelly Bernard). J’ai donc réécrit les dernières pages. Et ma foi, ils avaient raison.

 

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire mon travail et pour toutes vos questions qui portent sur un roman qui fête ses sept ans et qui paradoxalement me permettent de mieux comprendre pourquoi j’écris aujourd’hui.

 

Lien vers ma chronique Dans le ventre des mères.

Je tiens à remercier Marin Ledun d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur.

 

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Biographie de Marin Ledun

Marin Ledun né le 07 mai 1975 à Aubnas en Ardèche est un romancier français et un ingénieur de recherches en sciences humaines et sociales. Docteur en communication politique, il a été un spécialiste des questions liées au vote électronique. Il a publié un essai sur la démocratie assistée par ordinateur en 2005, et ses recherches actuelles portent sur l’émergence de nouvelles pathologies liées à l’organisation du travail. Après un travail sur les enfants martyrs dans « Modus operandi » (Au Diable Vauvert, 2007), puis sur l’enfant cobaye et les biotechnologies, dans « Marketing viral » (Au Diable Vauvert, 2008), il poursuit sa réflexion sur le contrôle social et l’héritage culturel que le monde contemporain lègue à ses enfants dans « Le Cinquième Clandestin » (La Tengo, 2009) et « Un Singe en Isère » (Le Poulpe, 2010). La collection « Série Noire » de Gallimard publie en mars 2010 son roman « La Guerre des Vanités » (Prix Mystère de la critique 2011) . « L’homme qui a vu l’homme » (Prix Amila-Meckert 2014), « Dans le ventre des mères », « Les visages écrasés ». « Au fer rouge » sort début 2015. Suivra l’année suivante, « En douce » qui reçoit le Prix Transfuge du meilleur Polar 2016. La plupart de ses romans évoquent la crise contemporaine et ses conséquences sociales. Citoyen engagé dans le mouvement social radical, auteur de nombreux articles et ouvrages de recherche, marathonien, peintre et guitariste, Marin Ledun vit aujourd’hui dans les Landes près de la côte, au sud… Son dernier roman « Salut à toi ô mon frère » est sorti en mai 2018 (Série Noire, Gallimard).

L’écorchée – Donato Carrisi

Chronique :

J’ai découvert Donato Carrisi avec Le Chuchoteur, le premier opus de la saga Mila Vasquez. Aujourd’hui je vais vous parler du second tome L’écorchée. Je signale quand même qu’il vaut mieux avoir lu Le Chuchoteur avant. Je trouve que c’est toujours mieux de lire dans l’ordre pour vraiment comprendre tous les personnages. Allez suivez-moi en direction de l’Italie. donato-carrisi-l-c3a9corchc3a9e

Sept ans ont passés depuis l’affaire du Chuchoteur. Mila Vasquez travaille toujours encore dans les Limbes, ce service de police qui s’occupe de retrouver les personnes portées disparues. Dans la salle des Pas Perdus sont affichées leurs portraits et Mila passe tous les jours devant eux. Et justement une de ces personnes disparue est réapparue en massacrant une famille entière. Mila va être confronté à plusieurs personnes qui avaient disparu pendant de nombreuses années, et toutes celles-ci reviennent pour commettre des meurtres.  Plusieurs hypothèses sont possibles, terrorisme, sectes, … Mila va devoir interpréter au mieux tous les indices et faire le rapprochement entre toutes ces personnes. Mais pour cela elle sera épaulée par Simon Berish, un flic spécialiste en anthropologie au passé douteux, accompagné de son chien Hitch.

J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver le personnage de Mila. Même si il faut bien l’avouer, c’est un personnage assez bizarre qui n’éprouve aucune empathie pour qui que ce soit, pas même sa fille. Elle est obligée de se mutiler pour ressentir une émotion, une douleur qui la libère momentanément de ses angoisses. L’affaire du chuchoteur l’a beaucoup marqué et elle a toujours encore du mal à s’en remettre. Elle vit sans cesse dans un équilibre précaire pour ne pas basculer du côté obscure. Le second personnage important de ce roman est Simon Berish, un flic mis à l’écart, soupçonné de corruption, qui va aider Mila à y voir plus clair dans l’enquête. D’ailleurs je trouve que les deux forment un très bon duo.

C’est fascinant comment l’auteur arrive à nous expliquer, comment une personne, quelle qu’elle soit, peut en arriver à disparaître dans le néant, s’effacer complètement, ou encore manipuler les autres jusqu’à les pousser au meurtre. Donato Carrisi excelle vraiment dans cet aspect psychologique du thriller.

L’écorchée est un livre très sombre. L’intrigue est bien maitrisée, le suspense est présent et les différents protagonistes sont très aboutis. J’ai hâte de lire le troisième opus L’égarée… Pour terminer je vais rajouter un extrait du livre que j’ai adoré.

  • S’il existait un seul homme sur terre, serait-il bon ou mauvais ?
  • Ni l’un ni l’autre… ou peut-être les deux.
  • Exact. Les deux forces ne constituent pas une dichotomie, deux opposés nécessaires supposant que le bien n’existerait pas sans mal et vice-versa. Parfois le bien et le mal sont le résultat d’une convention mais, surtout, ils n’existent pas sous une forme absolue. L’hypothèse du mal dit « Le bien de certains coïncide toujours avec le mal d’autres, mais le contraire vaut également. »

 

Résumé de l’éditeur :

Avez-vous jamais eu envie de disparaître ? On a tous ressenti un jour ou l’autre l’envie de disparaître. De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi. Mais il y en a pour qui cette sensation n’est pas que passagère. Elle les obsède, les dévore, les engloutit. Ces individus se volatilisent corps et bien. Nul ne sait pourquoi. Nul ne sait où. Et bientôt, tout le monde les oublie. Ou presque. Chaque fois que Mila Vasquez entre dans « Les Limbes », le bureau des personnes disparues aux murs tapissés de leurs portraits, leurs yeux se braquent sur elle. Elle les garde toujours à l’esprit, elle, l’enquêtrice qui porte dans sa chair les marques des ténèbres, comme autant de fleurs rouge sang. Peut-être est-ce pour cela, d’ailleurs, qu’elle excelle dans son domaine. Peut-être est-ce pour cela, aussi, que sept ans après s’être mesurée au Chuchoteur, elle refuse d’éprouver la moindre émotion. Et si, soudain, ces disparus réapparaissaient pour tuer ? Comme le ressac, les ténèbres recrachent d’abord les indices d’une existence passée. Puis les êtres. À première vue ils semblent identiques, mais dans l’intervalle, le mal les a transformés. Où étaient-ils pendant tout ce temps ? Pourquoi sont-ils revenus ? Pour arrêter cette armée des ombres, Mila devra échafauder une hypothèse convaincante, solide, rationnelle. Une hypothèse du mal. Mais pour la mettre à l’épreuve, il lui faudra à son tour basculer dans l’abîme.

Donato Carrisi – L’écorchée (Calmann-Lévy 2013), (Editions France Loisirs 2014), (Le Livre de Poche 2014) traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

Son titre original est « L’ipotesi del male » (2013).

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Entretien avec Anaïs du blog Anaïs Serial Lectrice

Je continue cette nouvelle série d’entretien avec Anaïs du blog Anaïs Serial Lectrice.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour. Je m’appelle Anaïs, j’ai 31 ans, et je vis dans la région Grand Est. Je suis blogueuse littéraire depuis un peu plus de deux ans.

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Ma mère m’a trouvée un jour en train de lire en cachette dans la maison, alors qu’elle m’avait appelée plusieurs fois car c’était l’heure d’aller à l’école. Quand je lui ai dit que je ne pourrais pas me rendre à l’école ce jour-là car j’étais en train de lire, je me suis prise une sacrée engueulade. J’avais 5 ans, j’étais en dernière section de maternelle, et il semblerait que j’ai appris à lire toute seule… Je n’ai plus aucun souvenir de cette scène mais elle me l’a répétée tant de fois que je la connais par cœur. Ma mère a toujours lu avec moi, et je ne sais pas comment c’est venu, mais j’ai effectivement appris à lire toute seule à l’âge de 5 ans.
Mes souvenirs d’enfance autour de la lecture résident dans des lectures de Chair de poule, de Fantômettes, visiblement j’aimais déjà la littérature noire à l’époque ! Tintin a également tenu une place très importante dans ma vie, encore à l’heure actuelle d’ailleurs. Je n’avais pas énormément de livres chez moi à l’époque, on vivait en rase campagne, pas de bibliothèque à part celle de l’école, pas de grand supermarché et encore moins de librairie. J’ai beaucoup relu les livres que j’avais à l’époque.

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

J’ai créé mon blog en juin 2016, après avoir créé mon Instagram lecture en janvier de la même année. Ca a été compliqué à trouver un pseudo original et qui sortait de l’ordinaire, je suis allée à la solution de facilité en prenant mon prénom et en associant le terme serial lectrice. C’est un peu un clin d’œil au fait que je ne lis que du thriller et du polar, et par définition un serial killer est quelqu’un qui a tué plusieurs personnes. J’ai un rythme de lecture assez important, je « tue » beaucoup de livres chaque année, et du coup j’ai fait l’association des deux.

 

  • Qu’est ce qui t’a motivé a créé ton blog Anaïs Serial Lectrice ?

Je suis la seule lectrice de mon entourage et j’ai eu envie de partager ça avec d’autres. Qu’est-ce qu’il reste, finalement, quand on a terminé un bouquin ? Et bien pas grand-chose en fait, car on enchaîne avec d’autres derrière et on en arrive à les oublier. Avec le blog, je garde une trace de mes lectures, de mon ressenti, et ça me permet d’échanger avec d’autres lecteurs.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog chaque semaine ?

Hmmmm je crois que je préfère ne pas compter. Il y a le blog, mais il y a aussi les réseaux associés : je tiens une page Facebook, un Twitter, un Instagram qui tourne pas trop mal, je rédige des chroniques assez longues en général, je fais mes photos moi-même avec mon appareil photo, j’essaie de répondre à tous les commentaires dans un délai raisonnable… Récemment j’avais plusieurs articles en retard, plusieurs jours sans répondre à qui que ce soit, j’ai passé 7h d’affilé à gérer tout ça… Non-stop… C’est énorme et en même temps je n’ai rien vu passer, c’est un plaisir pour moi et le jour où ça deviendra une contrainte, j’arrêterai. De tête, si je devais donner un chiffre, pour la gestion de tout ça, je dirais une vingtaine d’heures par semaine. En plus de mon travail à temps plein car je précise que je bosse à temps plein, dans un milieu totalement différent du milieu littéraire. Je gère donc mon blog le soir et les week-ends.

 

  • As-tu déjà eu l’envie d’écrire toi-même un roman ?

Absolument pas ! Je n’ai aucune imagination, écrire une histoire me semble trop complexe pour moi. Je suis d’un naturel très angoissé et franchement je pense que je finirais droguée ou alcoolique si je m’y mettais. C’est trop de travail, trop de stress pour moi, je préfère laisser faire ceux qui savent.
Comme je le dis régulièrement, c’est naturel chez moi de décortiquer un texte pour en parler, j’ai suivi logiquement un cursus littéraire en études supérieures, donc je sais analyser un texte (bien que j’essaie de sortir du cadre de l’analyse de texte au risque de devenir profondément chiante dans mes chroniques). Mais écrire un livre nécessite une imagination que je ne pense pas avoir.

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ?

Ouahou… La question difficile !
Je dirais, en auteur islandais Arnaldur Indridason, Ragnar Jonasson (j’aime beaucoup les thrillers nordiques et plus particulièrement les islandais).
En auteurs français ils sont nombreux : Mattias Köping qui a fait une entrée absolument fracassante dans l’univers du thriller en l’espace de deux parutions, Franck Thilliez que je suis depuis une dizaine d’année et qui sait toujours se renouveler, Jacques Expert, Ghislain Gilberti parce qu’il écrit de putains de bons thrillers qui prennent aux tripes… Il y en a tellement !

 

  • Quelles sont tes autres passions ?

Le voyage, c’est l’élément moteur de ma vie, celui qui me fait me lever tous les matins pour aller bosser. Je suis une passionnée de l’Islande, je suis tombée amoureuse de ce pays après trois voyages sur place.
J’aime bien la pâtisserie aussi, je préfère d’ailleurs la faire que la manger. Et puis la musique métal, avec en tête Iron Maiden, ma crème de la crème !

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Merci de m’avoir accordée cette mise en lumière sur ton blog, et merci à tous de m’avoir lue jusqu’au bout.

 

Merci à Anaïs de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. J’espère que cet échange vous a plu.

Voici l’adresse de son blog. https://anaisseriallectrice.com/

 

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La Cité des Jarres – Arnaldur Indridason

Chronique :

La Cite des Jarres est le 3ème opus de la série mettant en scène le commissaire Erlendur Sveinsson, mais le premier roman de la série à avoir été traduit en français. J’ai découvert le commissaire Erlendur avec le 4ème tome La Femme en vert. C’est avec grand plaisir que je me suis à nouveau plongé dans ce magnifique pays qu’est l’Islande.

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Cette fois, le commissaire Erlendur Sveinsson, accompagné de Sigurdur Oli et Elinborg va enquêter sur le meurtre de Holberg, un vieil homme retrouvé mort, le crâne fracassé, dans son appartement. Rien ne semble distinguer ce crime d’un meurtre islandais classique, basique et violent, si ce n’est un mot écrit sur un morceau de papier retrouvé sur le corps : « Je suis lui ». Poussé par son instinct, le commissaire va mener une enquête minutieuse, et faire resurgir bien des secrets autour de Holberg, qui était loin d’être un enfant de chœur…On entre dans un roman noir. Là où l’enquête nous paraît simple au premier abord, elle se complique et se précise au fil des pages. La cité des jarres, mentionnée très longtemps après le début du livre fait référence à un lieu où les organes prélevés pour la science seraient entreposés dans du formol. Mais si au départ nous parlons de viol, pourquoi nous en venons aux organes et plus précisément au cerveau ?

Ambiance sombre et glaciale dans ce roman policier… On voyage dans le temps jusqu’aux années 60, où l’on découvre des secrets de famille. Evidemment, parallèlement à l’enquête, on découvre les problèmes familiaux d’Erlendur, face auxquels il semble moins bien armé que dans son travail. Un homme malmené par la vie et son divorce, préoccupé par l’avenir de sa fille avec qui il entretient de très mauvaises relations. Eva Lind qui tente difficilement de décrocher de la drogue, alors qu’elle attend un enfant. Arnaldur Indridason arrive à nous tenir en haleine tout au long du livre sans qu’il n’y ait réellement énormément d’action. Sa plume est particulière tout comme l’univers dans lequel il nous plonge. Les personnages sont très attachants et bien décrits avec beaucoup de petits détails à première vue futiles, mais qui les rendent plus humains.

J’ai hâte de découvrir les prochaines enquêtes du commissaire Erlendur dans les nuits glacées de Reykjavik. Je vous conseille vraiment ce livre et la découverte de ce personnage.

Résumé de l’éditeur :

Un nouveau cadavre est retrouvé à Reykjavik. L’inspecteur Erlendur est de mauvaise humeur : encore un de ces meurtres typiquement islandais, un  » truc bête et méchant  »
qui fait perdre son temps à la police… Des photos pornographiques retrouvées chez la victime révèlent une affaire vieille de quarante ans. Et le conduisent tout droit à la  » cité des Jarres « , une abominable collection de bocaux renfermant des organes…

Arnaldur Indridason – La cité des jarres (Métailié/Noir 2006), (Points Policier 2006), (Editions France loisirs 2016) traduit par Éric Boury.

Son titre original est « Mýrin  » (2000).

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Vertige – Franck Thilliez

Chronique :

Aujourd’hui, je vais vous parler du roman Vertige de Franck Thilliez. Je dois avouer que j’ai mis un certain temps pour écrire cette chronique, car Thilliez est un de mes auteurs français préférés, mais là avec Vertige j’ai eu beaucoup de mal. J’ai donc laissé passer un peu de temps pour vraiment écrire ce que j’ai ressenti. vertige-franck-thilliez_resizedcover

Jonathan Touvier alpiniste reconnu, est physiquement et mentalement prêt à affronter toutes les situations, sauf celle dans laquelle il se retrouve actuellement. Alors qu’il se réveille brumeux sans trop savoir comment il est arrivé là, il constate qu’il est enfermé dans une grotte glaciale, attachée avec une chaîne au poignet. Il est coincé dans cet étrange endroit avec son chien et deux autres personnes, Farid qui a une chaîne à la cheville et Michel qui possède un masque de fer bourré d’explosifs. Impossible de sortir ou d’appeler à l’aide. Ces trois hommes sont enfermés vivants avec pour seul objet une tente rouge, un réchaud et une lampe. À la recherche d’indices sur l’identité de leur bourreau, ils vont peu à peu se dévoiler et découvrir qu’ils ne sont pas là par hasard…Tour à tour on découvre la générosité, l’empathie, l’égoïsme, le goût du meurtre. On découvre la beauté et l’horreur de l’âme humaine avec ces hommes livrés à eux-mêmes et sans témoins. Il reste pourtant une grande inconnue. A qui profite ce spectacle ?

Ce roman est bien construit comme toujours avec Franck Thilliez. Les moindres détails ont leur importance et tous les éléments s’imbriquent les uns dans les autres au moment du dénouement final. Mais malheureusement je ne suis pas trop fan de ce genre de huis clos au rythme assez lent. Cela me lasse très vite et du coup j’ai trouvé ce roman un peu long. En plus de ça le thème de l’alpinisme ne m’a pas transcendée. Quant aux personnages, je ne me suis jamais attaché ou identifié à eux.

Vertige est un bon thriller mais pour la première fois avec un Thilliez, je n’ai pas vraiment accroché. Et honnêtement est-ce que tout le monde a vraiment trouvé la solution finale… ? J’en doute fort.

Résumé de l’éditeur :

Certains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher ?
Un homme se réveille au fond d’un gouffre, au coeur d’un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d’infortune. Il est enchaîné au poignet, l’un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d’un masque effroyable, qui explosera s’il s’éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s’imposera, impérieuse : jusqu’ou faut-il aller pour survivre ?

Franck Thilliez – Vertige (Editions Fleuve Noir 2011), (Pocket 2012, 2016), (Editions France Loisirs 2012)

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