Monster – Patrick Bauwen

Chronique :

J’ai rencontré Patrick Bauwen lors du Festival Sans Nom à Mulhouse cette année et j’ai pris beaucoup de plaisir à parler avec lui. J’ai commencé avec Monster le premier tome de la série Paul Becker. Nous voici donc parti en direction de Naples, non pas en Italie, mais en Floride aux Etats-Unis. 81-G3SL1l2L

Revenu s’installer en Floride à Naples dans la petite ville de son enfance, Paul Becker est un médecin qui vient tout juste d’ouvrir sa Walk-in-Clinic, une salle de consultation sans rendez-vous et ouverte à tous 24h/24h. Il est contraint de travailler la nuit afin d’assurer sa réputation et de rentrer dans ses frais. Un soir, alors qu’une tempête frappe la ville de Naples, il voit débarquer son ami Cameron Cole un flic imposant, qui lui ramène un homme nu et blessé dans sa clinique. Lorsque les deux hommes quittent la clinique, Paul retrouve le téléphone portable de ce mystérieux patient et à partir de là, sa vie va basculer. Car ce portable contient des photos compromettantes, dont l’une d’elle est le portrait du père de Paul ! Des menaces s’ensuivent, sa femme et son fils disparaissent. Soupçonné de choses atroces, poursuivi par la police, c’est pour lui le début de sa lente descente aux enfers. Propulsé dans son passé mais aussi dans une affaire de réseau pédophile qui dépasse toutes les horreurs imaginées, Paul n’est plus que l’ombre de lui-même. Traqué par un fou comme par les autorités, il mène sa propre enquête.

Le récit démarre assez doucement et permet au lecteur de s’immerger profondément dans l’univers de Paul. Mais très vite on est happé par les différents rebondissements, pas de temps morts dans l’histoire et une intrigue qui évolue très vite. Confiance, famille, réseaux pédophiles, FBI, sont les ingrédients de cet inquiétant roman qui se lit d’une traite. Tout sera remis en question, son couple, son père, ses amis, ses fréquentations…

Monster est vraiment un thriller très efficace. Pour son second roman Patrick Bauwen a fait très fort. J’ai hâte de lire les fantômes d’Eden.

Résumé de l’éditeur :

Je m’appelle Paul Becker. Je suis médecin.
Je vis dans une petite ville, en Floride.
J’ai une femme, un fils, un boulot que j’aime.
Une existence ordinaire.
Jusqu’au jour où je découvre un téléphone portable.
Un patient l’a perdu pendant une consultation.
Un homme étrange. Dangereux.
Soudain, ce téléphone sonne.
Et ma vie bascule.
Complots. Meurtres. Disparitions.
Toutes mes certitudes vont s’effondrer.
Pourquoi je vous raconte tout ça ?
C’est très simple…
Votre vie va basculer aussi.

Patrick Bauwen – Monster (Editions Albin-Michel 2009), (Le Livre de Poche 2009, 2010)

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Entretien avec Claire Favan – Le tueur intime

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● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Je lis depuis toujours, alors évoquer mon premier souvenir… difficile.
Je vais plutôt évoquer mes chocs de lecture, ceux qui ont marqué des tournants ou des révolutions dans ma vie de lectrice : ça de Stephen King, fête fatale de William Katz, l’aliéniste de Caleb Carr, La trilogie du mal de Maxime Chattam, séquestrée et après la nuit de Chevy Stevens, le sang du monstre d’Ali Land…

 

D’où vous est venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

J’aime les livres choc qui laissent des traces, ceux dont on se souvient parce qu’ils nous ont secoués, fait réfléchir, grincer des dents. J’écrivais d’autres types de livres (non publiés) jusqu’au jour où je me suis dit que je pourrais écrire un thriller. Avec mon regard et mes attentes de lectrice, j’ai donc décidé d’écrire le livre que j’aurais aimé lire.

 

● Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre roman « Le tueur intime » ?

Le tueur intime est né de l’envie de travailler sur la disparition d’un homme, tueur en série, et de la réaction de sa femme, tiraillée entre soulagement, peur qu’il revienne et traumatisme. Seulement pour pouvoir aborder leur relation, j’ai voulu creuser jusqu’à la genèse du tueur et leur rencontre. Cela me permettait en même temps de décrire la construction du tueur, ses différentes phases, ses mutations… Bref de répondre à mes interrogations de lectrice.

 

● Comment vos personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement Will Edwards, Samantha et RJ ?

Une fois que j’ai l’idée du livre, les personnages sont déjà là. Ils commencent à rôder autour de moi, à s’infiltrer dans mes pensées et à prendre corps. Quand je rédige mon plan, les personnages ont des pages de descriptions spécifiques pour leur aspect physique, leurs traits de caractère, leur passé, leur façon de réagir, bref tout ce qui en fait des êtres cohérents et qui pourraient nous ressembler.

 

● Etes-vous une grande lectrice et si oui avez-vous des modèles ?

Bien sûr. Avec mes deux heures de trajet par jour, je lis environ un livre par semaine. J’ai une PAL de dingue, comme à peu près tous les gens que je fréquente virtuellement sur Facebook ! 😉 Ce qui ne m’empêche pas de sauter sur des livres à chaque fois que j’entre dans une librairie. Plutôt que de parler de modèles (que j’ai cité plus haut), je vais évoquer ce qui m’anime. Je pense que tout a été écrit, surtout sur le thème des tueurs en série. Et que seule la façon de traiter le sujet, ce qu’on y apporte, l’angle que l’on adopte fait la différence pour le lecteur.

 

● Quand vous commencez à écrire un roman, le dénouement est-il déjà fixé ou est-ce qu’il vient au courant de l’écriture ?

J’écris un plan qui va de la première à la dernière scène. Bien sûr, si je fais des découvertes en cours d’écriture, je les intègre à mon histoire, mais l’essentiel est calé dès le départ.

 

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Le tueur intime est mon premier roman, celui avec lequel j’aurai toujours un lien particulier. Depuis, six autres ouvrages ont été publiés dans lesquels j’explore, plus ou moins au premier plan, d’autres esprits de tueurs en série. Alors n’hésitez pas à les découvrir !

Lien vers ma chronique Le Tueur intime

Je tiens à remercier Claire Favan d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette romancière très talentueuse.

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Biographie de Claire Favan

Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son premier thriller, Le Tueur intime, a reçu le Prix VSD du Polar 2010, le Prix Sang pour Sang Polar en 2011 et la Plume d’or 2014 catégorie nouvelle plume sur le site Plume Libre. Son second volet, Le Tueur de l’ombre, clôt ce diptyque désormais culte centré sur le tueur en série Will Edwards. Après les succès remarqués d’Apnée noire et de Miettes de sang, Claire Favan a durablement marqué les esprits avec Serre-moi fort, Prix Griffe noire du meilleur polar français 2016, et Dompteur d’anges. Son dernier roman, Inexorable, marque un tournant plus intimiste, en mettant en scène un enfant broyé par la société. 

La fille dans le brouillard – Donato Carrisi

Chronique :

Après avoir lu Le Chuchoteur de Donato Carrisi, roman que j’ai beaucoup apprécié, j’ai continué la découverte de cet auteur italien avec La fille dans le brouillard. Un roman très original qui nous emmène dans un petit village situé dans les Alpes italiennes.

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La fille dans le brouillard, c’est tout d’abord l’histoire d’une disparition. Dans un petit village italien situé dans les Alpes, la jeune Anna Lou ne rentre pas chez elle et demeure introuvable la veille de Noël. Issue d’une famille très croyante, couvée par une mère envahissante, la petite Anna Lou est irréprochable, et ne brave jamais les nombreux interdits imposés par sa famille. C’est une jeune fille discrète, qui ne fait jamais parler d’elle. Personne ne croit à la théorie de la fugue. Rapidement, le village et les autorités sont convaincus qu’elle a été enlevée et qu’un monstre rôde parmi eux…
Le commandant Vogel, ponte de la police,  antipathique et totalement imbu de sa personne, débarque dans les Alpes et s’empare de l’enquête. Il mettra en application la méthode qu’il pratique et qui l’a rendu célèbre. Pour obtenir des moyens importants, il appâte les journalistes et compte sur eux pour créer un tapage médiatique autour de l’affaire. Tant que l’attention des médias et du public est rivée sur l’affaire, il dispose de meilleurs moyens pour la résoudre. Dans ce cas, peu importe qu’il n’y ait pas l’ombre d’un indice, que le corps de la victime soit introuvable ou qu’on ne déniche pas de mobile valable. Le commissaire, toujours tiré à quatre épingles, profite de l’occasion pour améliorer son image publique.

La construction du roman m’a beaucoup plu, chaque chapitre est une surprise : on peut vivre en direct le jour de la disparition, puis se retrouver soixante jours après les faits, le tout avec les points de vue de différents personnages.

La fille dans le brouillard met l’accent sur la médiatisation des enquêtes criminelles et l’intérêt qu’elles suscitent auprès de l’opinion publique. L’auteur nous rappelle que plus le crime est glauque et difficile à résoudre par les enquêteurs, plus l’enquête qui en découle est excitante pour les médias et, de surcroît pour le public toujours avide de sensations fortes. C’est la première fois que je lis un thriller où les médias sont omniprésents. Ils ont clairement un rôle dans le récit et c’est impressionnant de voir à quel point ils ont de l’influence dans ce genre de moment.

La fille dans le brouillard propose une enquête déboussolante. On ne parvient jamais réellement à prendre position, tant les personnages sont complexes et pétris de mystères. Ne cherchez pas ici un thriller sanglant. C’est un roman profond, porteur de multiples réflexions et vraiment intéressant sur le fond comme sur la forme.

Résumé de l’éditeur :

Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes italiennes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Donato Carrisi – La fille dans le brouillard (Calmann-Lévy 2016), (Le Livre de Poche 2017) traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza.

Son titre original est « La ragazza nella nebbia » (2015).

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Résultat du concours N°2

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Le tirage au sort du concours N° 2 de la Caverne du Polar a eu lieu ce matin. Je voudrais remercier l’ensemble des participants et des participantes.

La question était : Quelle est la profession de Solongo, dans le roman Yeruldelgger de Ian Manook ? La réponse est bien entendu médecin légiste.

Voici donc le résultat du concours pour le second anniversaire du blog.

La gagnante du concours est :

BEATRICE

Elle remporte donc les 4 romans suivants :

Moi, Témoin (Niki Mackay)

Mariachi Plaza (Michael Connelly)

Jurong Island (Thierry Berlanda)

Le neuvième naufragé (Philip Le Roy)

Félicitations à elle !

Et bonnes lectures à tous  et à très vite pour un nouveau concours ! 

Entretien avec Anthony du blog Les livres de k79

Je me suis dit, vu que je donne la parole à des auteurs, pourquoi ne pas le faire avec des blogueurs/blogueuses. Du coup je continue cette nouvelle série avec Anthony du blog Les livres de k79.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Anthony et je viens d’avoir 39 ans ( je ne les fais pas ! ). J’habite dans le sud de Clermont-Ferrand. Dans la vie, je suis commercial dans l’emballage industriel. Je sais, ça ne fait pas rêver. Heureusement il y a la lecture pour ça !

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Lorsque j’étais adolescent, je n’aimais pas lire. Les lectures proposées à l’école ne m’emballaient pas vraiment. Jusqu’au jour où je suis tombé sur mon premier Stephen King. Et là, j’ai compris que la lecture pouvait être un véritable plaisir.

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

Mon blog existe depuis 2011 mais il était sous une autre forme. Sur cette plateforme, il existe depuis 2015 ! « K79 » est un diminutif de Killing79. L’origine de ce surnom est ancien et flou. Il vient d’une chanson d’un groupe de rock (Rage Against The Machine) que j’adore et que j’avais vu en concert. En rentrant de l’énorme spectacle, j’avais pris cet identifiant et je l’ai gardé depuis…

  • Qu’est ce qui t’a motivé a créé ton blog Les livres de k79 ?

Dans un premier temps, j’ai créé ce blog pour garder une trace de l’ensemble de mes lectures. Comme je suis assez collectionneur, je voulais avoir un suivi de tout ce que j’avais lu. Mais ensuite, je me suis pris au jeu quand j’ai découvert que le blog pouvait aussi être un moyen d’échanger avec les autres sur cette passion commune. Et depuis, je suis accroc !

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog chaque semaine ?

Environ 3-4 heures par semaine. Mais ce temps est variable en fonction de mes obligations personnelles et professionnelles.

  • Quels sont tes goûts en matière de littérature ? Plutôt littérature blanche ou noir ?

Je suis assez ouvert dans mes lectures. Même s’il est vrai que je suis plus attiré par les romans noirs et les polars, j’aime entrecouper de littérature blanche. D’ailleurs, j’essaye au maximum de varier ma liste de lecture pour ne pas me lasser. Par contre, je suis peu sensible à la Fantasy, la SF ou les romances…

  • Quels sont tes auteurs préférés ?

Je n’ai pas réellement d’auteurs préférés. Il y a un certain nombre d’auteurs/trices que je suis et qui ne me déçoivent jamais. Mais la liste serait trop longue. Allez, juste pour donner un avant-goût pas du tout exhaustif: Stephen King, Michael Connelly, Dennis Lehane, Jo Nesbo, Sorj Chalandon, Jérôme Ferrari, Paul Auster, Caryl Ferey, Donato Carrisi, Ken Follett, Donald Ray Pollock, Ron Rash et les auteurs de thrillers français…

  • Quelles sont tes autres passions ?

En dehors de cette passion, je suis un mec basique, presque caricatural. J’aime le foot (supporter de l’Olympique Lyonnais) et le sport en général. Pour garder un semblant de forme, je pratique la course à pied et je m’entretiens. Autrement, j’aime le cinéma et les séries…rien d’original !

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Je m’épanouis complètement dans le monde la lecture. Grâce à la blogosphère, cette passion a pris une autre dimension. Je peux aujourd’hui échanger avec des passionnés comme toi et c’est un bonheur quotidien.

 

Merci à Anthony de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. J’espère que cet échange vous a plu.

Voici l’adresse de son blog. https://leslivresdek79.wordpress.com/

 

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