Entretien avec Niko Tackian – Toxique

toxique

Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Du livre ou du roman… mon premier souvenir dans le monde du livre c’est Patrick Manoukian (Ian Manook) face à moi dans un bureau. J’avais 23 ans, il était éditeur et il s’enthousiasmait autour de Relais&Mago ma toute première BD publié par les éditions Semic. Il n’a jamais arrêté d’être cette présence bienveillante depuis.
Dans le roman c’est le sourire de Jacques Saussey et le rire de Claire Favan, les deux premiers « vrais auteurs » de polar qui m’ont accueilli à mon tout premier festival de Cognac en 2014. J’étais un gamin dans le monde du livre, un débutant et ils m’ont donné les clés et le « la » de cette famille du polar à laquelle je tiens tellement maintenant.

D’où vous est venue l’envie d’écrire des thrillers ?

J’en écris depuis très longtemps. Je pense que c’est la tension inhérente à ce genre qui m’excite. J’aime que les choses avancent, et c’est un genre résolument actif.

● Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre roman « Toxique » ? 

J’ai couché les premiers mots du livre un soir de novembre 2015 lorsque la vie parisienne était encore insouciante. Et puis il y a eu le fracas des armes lourdes sur les corps lors des attentats de cette horrible nuit du 13 novembre. Moi, j’étais à l’abri avec mes enfants, mais ceux que j’aime se trouvaient au cœur de l’horreur. Le lendemain matin, le soleil s’est levé sur Paris, mais une sensation étrange et irréversible d’insécurité, une amertume tenace nous a tous pris à la gorge. C’est dans ces cendres qu’une partie du personnage de Tomar Khan est né et j’ai décidé de lancer l’action du roman au lendemain des attentats, dans un Paris meurtri, mais en résistance.

● Comment vos personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement le commandant Tomar Khan ?

Mes personnages prennent vie progressivement. Ils sont comme une silhouette dans la brume : ils existent déjà mais je dois faire l’effort de me rapprocher d’eux pour les apercevoir tels qu’ils sont réellement.
« Fluctuat nec mergitur », flotte, mais jamais ne sombre, la devise de Paris, correspond bien à Tomar, ballotté par son passé et ses enquêtes, mais trouvant la force de lutter pour que la vérité éclate.

● Etes-vous un grand lecteur et si oui avez-vous des modèles ?

Je ne suis plus vraiment un grand lecteur car avec mon activité de scénariste et de romancier, je passe un temps infini à lire mes textes ! Du coup quand j’ai du temps libre je me tourne vers d’autres supports, je me nourris différemment. Maintenant, je le dis souvent si j’avais un modèle ce serait Stephen King car je me sens raconteur d’histoire dans l’âme et je pense que c’est un maître en la matière.

● Prenez-vous un plaisir particulier à créer un personnage récurrent ? 

Bien sûr ! ça me vient également de mon travail sur les séries. Créer un personnage récurrent c’est créer une arche de personnage. C’est en quelques sortes pouvoir lui faire vivre une vie bien au-delà d’un simple roman. Dans chaque enquête, Tomar et les autres personnages évoluent comme nous le faisons toutes et tous. Et forcément, il se calque parfois sur ma propre évolution.

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Et bien j’aimerai préciser que mon nouveau roman « Avalanche Hôtel » sera disponible le 3 janvier en librairie. Mais je vous préviens, si vous lisez les deux premiers paragraphes, vous ne pourrez plus le lâcher jusqu’à la fin et vous allez avoir froid… très froid.

Lien vers ma chronique de Toxique

Je tiens à remercier Niko Tackian d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur et si ce n’est pas déjà fait de découvrir son roman.

 

FSN 2108 (3)

Biographie de Niko Tackian

Niko Tackian, né en 1973, est un scénariste, réalisateur et romancier français. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série ALEX HUGO pour France 2. Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Il est également le créateur des enquêtes de Tomar Khan, publiées chez Calmann-Lévy (Toxique, 2017 ; Fantazmë, 2018).

13 réflexions sur “Entretien avec Niko Tackian – Toxique

  1. Aude Bouquine 26 novembre 2018 / 13 h 33 min

    Deux reflexions dans ce que dit Niko et que je ressens aussi en lisant ses livres : ses personnages sont comme une brume au loin dont il faut se rapprocher, relecture infinie de ses textes pour les améliorer encore, toujours. C’est un perfectionniste et ça se sent : son écriture est précise, cadrée et posée. J’adore !!

    Aimé par 2 personnes

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