Entretien avec Olivier Bal – Les Limbes

 

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● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Bien entendu ! Alors, je m’appelle Olivier Bal, je suis l’auteur de deux romans : Les Limbes et le Maître des Limbes, deux aventures indépendantes qui forment une seule et grande histoire. Avant de me consacrer pleinement à l’écriture, j’ai été journaliste pendant une quinzaine d’années.

 

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Ouh lala, question compliquée… Alors, je vais diviser ma réponse en deux souvenirs qui, pour moi, forment un tout. Le premier, c’est une image qui me vient. Mon père, qui, tous les soirs, nous lisait, à mes sœurs et moi, L’Histoire de France d’Alain Decaux. Un magnifique bouquin illustré. J’avais à peine, 5, 6 ans, et j’adorais ces moments. Autre image, un peu plus tard. Ma découverte de Jules Verne avec 20 000 lieues sous les mers, Voyage au centre de la Terre… J’ai eu la chance de découvrir Verne avec les magnifiques ouvrages des éditions Hetzel. Ces couvertures rouges carmin, ces dorures, les illustrations d’Edouard Riou, c’était déjà une invitation au rêve. Puis, il y a eu les mots de Verne… Ca a été mon premier grand choc de lecture, cet appel de l’aventure, ce sens du récit, cette imagination folle. Puis, vinrent Stevenson, Jack London… Bref, mes premiers souvenirs de lecture, c’était ça : des moments de partage, et une porte ouverte sur des aventures incroyables.

 

● D’où vous est venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

J’ai, d’abord, toujours aimé ce type de littérature. J’adore quand un auteur parvient à nous entraîner dans son univers, son histoire, qu’il crée un rapport quasi addictif à la lecture. Moi, je revendique une écriture qui va à l’essentiel, percutante. J’aime que mes lecteurs soient en première ligne avec mes personnages. Du coup, je me retrouve évidemment dans les thrillers qui cultivent une certaine épure. De même, j’adore le jeu de construction du thriller. C’est comme un gigantesque mécanisme qu’on assemble patiemment en alternant les moments de tension, d’apaisement, les cassures de rythme. Plus largement, et c’est là l’essentiel, la grande force du thriller, et du noir en général, c’est qu’il existe autant de livres que d’auteurs. Chacun apporte sa petite musique, sa signature propre. Et, c’est un genre qui évolue, sans cesse, se réinvente en permanence. Enfin, évidemment, ce qui m’intéresse, m’interpelle avec le thriller, ce sont les thématiques qu’il me permet d’aborder. Moi, ce que j’aime dans mes romans, c’est placer mes personnages, des quidams, des gens normaux sur la corde raide. Face à des circonstances exceptionnelles, qui devient-on ? Je pense que je n’aurais pas assez d’une vie pour explorer toutes les nuances de gris qui composent la psyché humaine. Car, je pense qu’il n’y a ni blanc ni noir, pas de bien ou de mal. Nous sommes tous, en permanence, sur le fil du rasoir.

 

Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre roman « Les Limbes » ? 

L’idée de départ des Limbes est née il y a douze ans. Je rêvais d’écrire une histoire où je pourrais laisser exploser mon imaginaire, d’un livre qui danse entre les genres, qui surprenne, sans cesse. De plus, je souhaitais écrire un bouquin sur les frontières. Avec des personnages qui partent à la découverte de nouveaux territoires. Héritage, certainement, de mes premiers amours de littérature. Mais tout a été dit et raconté aujourd’hui. Plus beaucoup de terres inexplorées sur notre chère planète bleue. Et tellement de grands livres nous ont emmenés à l’autre bout de l’univers, ou au plus profond des océans. Du coup, j’ai trouvé dans le rêve, un terreau génial d’exploration. Enfin, évidemment, j’ai toujours été fasciné par le mécanisme du sommeil. Et, surtout, par les nombreux mystères qui entourent nos nuits. Ainsi, on a beau passer 30% de sa vie à dormir, on ne sait pas véritablement ce qu’il se passe, là-bas, au plus profond de nos songes. Et ce, malgré les travaux d’éminents neurologues ou psychanalystes. De même, durant la phase de documentation, plus je creusais sur le sujet, plus j’en ramenais des choses fascinantes. Notamment, dans le rapport très marqué au rêve de certaines ethnies, comme les Aborigènes en Australie ou les Záparas en Équateur. Tout était alors réuni pour me lancer dans l’écriture.

 

 Comment vos personnages prennent-ils vie en général ?

Question complexe… chaque auteur, je pense, vous donnerait une réponse différente. Même pour moi, en fonction des romans, mes personnages apparaissent de manière différente. Parfois, ils ne sont que des silhouettes qui se dessinent au gré des chapitres. Au fur et à mesure que j’avance dans l’écriture, ils prennent forme, ils trouvent leur « âme ». D’autres fois, à l’inverse, j’ai une idée très précise du personnage que je souhaite construire, de sa personnalité et du cheminement psychologique qu’il traversera au gré du récit. Mais ce n’est pas complètement fermé, au contraire, je me laisse toujours une latitude pour le faire évoluer vers un chemin où je n’avais pas, au départ, penser l’entraîner. Quelque part, on pourrait dire, que, parfois, ce sont les personnages eux-mêmes qui finissent par nous dicter ceux qu’ils veulent être.

 

● Êtes-vous un grand lecteur et si oui qui vous a inspiré ?

Alors oui, j’adore la lecture, évidemment ! Le thriller, d’abord puisque c’est mon genre de prédilection. J’ai une grande admiration pour certains auteurs de polars américains : James Ellroy, Donald Ray Pollock, Cormac McCarthy, Edward Bunker et, plus récemment, Dennis Lehane… Mais je lis aussi beaucoup de français. Je me rappelle de la claque en découvrant Franck Thilliez avec « Vertige ». Je me suis dit, c’est possible de faire ça en France ! Beaucoup d’auteurs comme moi sont redevables à Franck, mais aussi à Maxime Chattam et à d’autres « précurseurs », d’avoir prouvé qu’il était possible d’écrire des thrillers français qui n’avaient pas à rougir devant les auteurs internationaux.
Par contre, je ne lis pas exclusivement du thriller, bien au contraire. Surtout, en grosse phase d’écriture, si je lis des camarades, j’ai parfois un peu l’impression de faire « mes devoirs ». Du coup, j’aime bien lire d’autres choses, du témoignage, des romans historiques, des classiques… J’aime ainsi beaucoup Gabriel Garcia Marquez, Céline, Romain Gary… Plus récemment, j’ai adoré découvrir la plume de Sylvain Tesson, notamment avec « Dans les forêts de Sibérie ».
Pour répondre au niveau des inspirations, je ne peux pas dire que je m’inspire directement de telle ou telle œuvre. Par contre, en effet, surtout sur Les Limbes, j’ai pensé le roman comme une déclaration d’amour, un hommage à tous les livres et films qui m’avaient construit. Donc, j’ai beaucoup pensé, côté écrivains, à Stephen King, H.P. Lovecraft, Dan Simmons, ou Michael Crichton. Côté réalisateurs, à John Carpenter, David Cronenberg, Steven Spielberg ou Wes Craven…

 

Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Un grand merci à toi, Steve, pour cette opportunité de parler un peu de mon rapport à l’écriture. J’espère que cette looooongue interview vous aura un peu donné envie de découvrir mon univers. Vive les livres !!!

 

Lien vers ma chronique du roman Les Limbes.

Je tiens à remercier Olivier Bal d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur.

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