Entretien avec Mo Malø – Qaanaaq

51+YomhsNgL__SX342_BO1,204,203,200_

 

● Peux-tu te présenter en quelques mots aux lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Sous le nom de Mo Malø, je suis l’auteur de deux (et bientôt trois) polars situés au Groenland, de nos jours. Si je donne cette précision sur mon patronyme, c’est que, comme pas mal de gens le savent désormais j’écris aussi d’autres romans, sous d’autres identités d’auteur 😉

 

D’où t’es venue l’envie d’écrire des « thrillers » ?

J’écrivais déjà des thrillers avant de me mettre au projet de la série « Qaanaaq ». C’est donc plutôt le format polar plus classique (un flic, un meurtre, la résolution d’une énigme dans un contexte spécial donné) qui a constitué pour moi une première. Et cette envie m’est clairement venue du désir de faire partager avec les lecteurs la découverte de ce pays largement méconnu qu’est le Groenland. Comme le prouvent, je pense, Qaanaaq et Diskø, le Groenland est au cœur des principaux enjeux de l’humanité pour les décennies à venir (la dépendance aux énergies fossiles, le réchauffement climatique, les nouveaux équilibres géostratégiques), et pourtant fort peu de français connaissent réellement ce « petit » pays – sa surface fait 4 fois celle de la France- de 56 000 habitants.

 

● Pourquoi avoir voulu écrire ce roman sous un pseudo différent ?

Parce que cette série, comme dit plus haut, est réellement très différente de ce tout ce que j’avais écrit précédemment. Donc, comme un acteur changerait de costume pour un nouveau rôle, on a pensé logique avec mon éditeur que je revête une nouvelle identité. C’est une mise en cohérence de la forme et du fond, une sorte de politesse faite au lecteur.

 

Comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour ton roman « Qaanaaq » ?

Progressivement, par couches successives… Je n’en ferai pas une généralité, mais me concernant le scénario d’un roman ne me vient jamais d’un bloc, mais le plus souvent en confrontant deux ou trois sujets plus ou moins liés entre eux. Dans le cas présent, il s‘agissait d’explorer la situation des Groenlandais de culture inuit face aux enjeux énergétiques majeurs de leur pays, qui concentre certaines des plus grandes réserves mondiales de pétrole et de minerais.

 

● Ce roman parle en partie de géopolitique, du peuple et de la culture inuit et forcément beaucoup de ce pays méconnu qu’est le Groenland, quels messages souhaitais-tu faire passer ?

Que les Groenlandais risquent fort, on s’en doute, d’être les dindons de la farce, c’est-à-dire de ne pas avoir réellement de poids dans la partie de Monopoly qui est en train de se jouer dans leur pays. Ce sont hélas de grands groupes étrangers (danois, chinois, canadiens), qui vont rafler la mise. Et les jobs les plus qualifiés générés par ce boom énergétique ne leur reviendront que de manière très anecdotique. Risque de se rejouer au Groenland ce qui s’est déjà déroulé par exemple en Afrique subsaharienne, après la décolonisation, sous l’influence des grandes compagnies pétrolières occidentales, ou aujourd’hui encore avec les sociétés chinoises.

 

T’es-tu rendu sur place pour décrire avec autant de précision tous ces lieux merveilleux que l’on découvre dans « Qaanaaq » ?

Eh bien, non pas encore ! J’ai préféré jusque-là laisser vagabonder mon imagination, à partir de l’abondante documentation que j’ai réunie. Mais je vais enfin combler cette lacune cet automne, en y passant une petite quinzaine de jours. J’aurai largement l’occasion d’en rendre compte sur les réseaux sociaux.

 

● Comment tes personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement Qaanaaq Adriensen et Apputiku ?

Si ta question est « comment est-ce que je les construis », la réponse est : en partant d’une image, d’une intention générale (par exemple, pour Appu, « la gentillesse et la candeur ») sur laquelle viennent se fixer ensuite de nombreux aspects, que je consigne dans une fiche personnage très détaillée. Ensuite, et c’est là toute la magie du roman, les personnages finissent par exister par eux-mêmes et, au fil des scènes et des épisodes que je leur fais traverser, par prendre en quelques sorte le pouvoir, et à évoluer d’une manière que moi-même je n’avais pas forcément prévue au début du projet. C’est d’autant plus vrai quand on retrouve ces personnages de manière récurrente, sur plusieurs tomes.

 

● Es-tu un grand lecteur et si oui qui t’a inspiré ?

Je lis beaucoup, mais comme j’écris aussi beaucoup, mes lectures sont (hélas) plus souvent de la documentation que des lectures plaisir. Quant à mes influences, je suis incapable de répondre à cela, car mes goûts sont extrêmement variés. Ce qui est certain, c’est que les polars ne constituent qu’une petite partie de ma bibliothèque et de mes lectures.

 

● Quel sera ton mot de fin à cet entretien ?

« Inulluarit », qui veut dire Au revoir en kalaallisut, la langue groenlandaise d’origine inuit.

 

Lien vers ma chronique de Qaanaaq.

Je tiens à remercier Mo Malø  d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar.

 

15513159lpw-15513257-article-mo-malo-jpg_5387417_660x281

6 réflexions sur “Entretien avec Mo Malø – Qaanaaq

  1. Suret 23 septembre 2019 / 20 h 53 min

    Quelle belle découverte, cela a piqué ma curiosité 😉 merci pour cet entretien

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s