Entretien avec Cyril Carrere – Grand Froid

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● Peux-tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Cyril, 36 ans. J’ai grandi près de Nîmes. Je vis près de Tokyo depuis 2 ans. J’ai aussi été expat en Angleterre pendant 5 ans. À croire que je peine à me stabiliser.
Je l’ai dit récemment en interview, mais l’intégrité et l’humilité sont des valeurs très importantes pour moi. Elles me définissent en tant que personne. Côté pro, je suis chef de projet (applications mobiles/web tous secteurs) en freelance.

 

● Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Côté lecteur, dès que j’ai su lire, je me suis mis à dévorer tout ce qui me passait par la main, même les journaux de mes parents. Je lisais tout. Absolument tout. Même la rubrique nécrologique qu’on trouvait en fin de journal…
J’ai enchaîné avec la collection verte (notamment les trois jeunes détectives) et je suis passé aux romans. Le premier à m’avoir marqué, je pense, est « La Nuit des temps » de Barjavel. Je l’ai lu je ne sais pas combien de fois.
Côté auteur, si on peut dire, c’est quand je me suis lancé dans les concours en ligne et que j’ai partagé pour la première fois mes écrits.

 

● D’où t’es venue l’envie d’écrire des « thrillers » et comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour ton roman « Grand Froid » ?

Scientifique, chef de projet, c’est assez naturellement que j’ai été intéressé par la construction des intrigues dans les thrillers que je lisais. J’ai toujours eu plein d’idées, mais c’est vrai que le thriller est particulier. L’intrigue, la gestion du suspense, les révélations, les twists, j’ai voulu essayer et les concours en ligne ont été autant d’opportunités de s’y mettre.
Pour Grand Froid, c’est la fin qui m’est venue à l’esprit en premier, en rapport avec un fait réel. Il m’a fallu ensuite trouver une accroche dans le présent pour donner corps à l’intrigue (si vous avez lu Grand Froid, je pense que vous voyez de quoi je parle).
La construction est un entonnoir inversé (si on peut dire) et j’ai voulu centrer l’attention sur l’intrigue, qui laisse peu de place à l’introspection, etc.
C’est un choix que j’assume. J’ai travaillé sur cet aspect, pour donner de l’élan à cette « fuite en avant » à laquelle est contraint Lucas, le personnage central de ce roman.

 

● Comment tes personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement Lucas et Loïc ?

Ils s’imposent à moi très vite, mais tout dépend de l’idée de départ. Pour Grand Froid, j’avais la fin de l’intrigue en tête. Les personnages étaient donc déjà là, quelque part dans ma tête. Ne restait plus qu’à leur donner vie.
Un autre moteur a été ce concours auquel je participais et qui imposait de poster de nouveaux chapitres très régulièrement. Le petit coup de pouce nécessaire pour se lancer, quitte à peaufiner les personnages par la suite. Lucas, ce fils unique d’une avocate réputée, a été présent dès le début. Le personnage de Loïc n’est arrivé que plus tard, quand je m’attelais à tisser ce réseau de personnages protéiformes que l’on retrouve dans l’histoire.

 

● Tu as récemment changé de maison d’édition en intégrant Cosmopolis, peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet ?

Je vais te raconter une petite anecdote : j’étais en France en mars 2019, pour divers salons et dédicaces. Un matin, j’étais avec mon père à la Défense. Comme tout le monde, j’avais eu vent de la création du label Cosmopolis, et de la future publication de Cédric Sire. Je me suis rué à la FNAC pour acheter « Vindicta » en me disant qu’un jour, ça serait vraiment génial que j’intègre une équipe comme celle-là.
Je te laisse imaginer la surprise quand j’ai été contacté quelques mois après… C’est une très belle expérience qui démarre avec eux. Mon prochain roman arrive début mai – plus d’infos très vite !

 

● Tu vis au Japon, parle nous un peu de ce pays et de tout tes déplacements en France pour les salons et festivals. Comment tu gères tout cela ? N’est-ce pas trop fatiguant ?

C’est un pays extraordinaire sur bien des points, l’un d’entre eux étant la sécurité qui y règne. C’est, je pense, le lieu idéal pour écrire. On a tous en tête Tokyo, la mégalopole de 36 millions d’habitants, mais dès qu’on s’éloigne un peu, c’est tout l’opposé.
À 50km de Tokyo, on est en rase campagne. C’est assez impressionnant.
Je suis venu 3 fois en France en 2019. Cette année, je pense venir 2 fois mais sur des périodes plus longues. Au final, je partage presque équitablement mon temps entre les deux pays, c’est contraignant, mais pour l’instant, c’est la meilleure chose à faire. Je suis conscient du travail et du sacrifice que ça demande, mais on a rien sans rien. Il faut foncer. Surtout cette année où j’ai la chance d’avoir une publication poche et une publication grand format à présenter en salon/dédicaces.
Le fait d’être freelance est aussi un gros avantage. Je gère mon temps et ça me permet aussi bien d’écrire, que de planifier mes venues en France. La fatigue est là, mais elle fait partie du jeu et n’est pas insurmontable.

 

● Peux-tu nous dire quelques mots sur ton prochain roman qui sort en mai ?

On est en train de le finaliser, donc pour l’instant je n’en dirais pas plus, si ce n’est qu’il se passe en Californie centrale, dans la ville de Visalia. Avec une question en fond : jusqu’où êtes-vous prêts à aller pour protéger vos acquis, votre réputation ?
C’est un roman différent, centré sur des personnages forts et une intrigue comme j’aime en bâtir. J’ai hâte qu’il arrive !

 

● Es-tu un grand lecteur et si oui qui t’a inspiré ?

Je lis pas mal. Un peu moins depuis quelques temps, mais j’essaie de lire 3 ou 4 romans par mois, si possible. J’aime beaucoup Maxime Chattam (et notamment la trilogie du mal). Stephen King aussi, bien sûr.
Sinon, j’aime beaucoup Henri Loevenbruck, Jérôme Loubry, Mattias Köping, et bien d’autres… L’inspiration est un fleuve intarissable. Elle nous vient des auteurs qui ont écrit par le passé, mais aussi ceux qui écrivent aujourd’hui.

 

● Comment organises-tu tes recherches avant l’écriture d’un roman et combien de temps cela te prend-il ?

Tout dépend du sujet, et à quel point l’idée est ancrée dans mon esprit. Parfois, j’ai une vision très claire des choses, dans ce cas les recherches sont directes et pas si longues que ça. Dans d’autres cas, j’ai un embryon d’idée qu’il faut nourrir, développer en faisant des recherches plus larges, plus longues. C’est la phase que je préfère, pour être honnête. Elle nous permet d’engranger de l’information, de s’éduquer, de beaucoup lire, écrire sur certains sujets, d’interviewer des professionnels, etc… C’est passionnant.
La phase d’écriture d’un roman varie, pour moi ça va de 6 mois à 1 an pour la version brute.

 

Quelles sont tes habitudes d’écritures et combien d’heures en moyenne écris-tu par jour ?

Je n’ai pas vraiment d’habitude d’écriture. Certains écrivent 1000, 2000 mots par jour. Dans mon cas, ça dépend de ma situation, de mon inspiration du moment. Je peux très bien ne rien écrire pendant un moment, puis me mettre à écrire 2000, 3000 mots par jour pendant 1 mois.
Je pense qu’il faut se discipliner, oui, mais surtout s’écouter : nous sommes tous différents, nous avons des vies différentes, donc je ne pense pas qu’il y ait de formule miracle autre que celle qui nous convient le mieux d’un point de vue personnel. C’est le plus important. S’imposer des choses ou trop tenter de rentrer dans un cadre n’est pas forcément le meilleur moyen d’y arriver, même si oui, poser quelques « principes » d’écriture permet de ne pas totalement décrocher.

 

● Quel sera ton mot de fin à cet entretien ?

Il sera pour les lecteurs, les blogueurs, les assos, les passionnés, tous ceux qui font vivre le monde du livre et qui nous permettent de vivre ces aventures extraordinaires.

Il sera aussi pour toi Steve, je te remercie pour cet entretien et pour les échanges que nous avons au travers des réseaux sociaux. J’espère te voir cette année !

 

Lien vers ma chronique de Grand Froid

Je tiens à remercier Cyril Carrere d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur. A très vite pour un nouvel entretien.

 

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6 réflexions sur “Entretien avec Cyril Carrere – Grand Froid

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