Retour sur mon entretien avec Geneviève du blog Collectif Polar

Retour sur mon entretien que j’ai accordé à Geneviève du blog Collectif Polar en Octobre 2019.

Blog à part : Portrait de blogueur, Steve de la Caverne du Polar.

Cette rubrique aurait du être une des premières sur le blog, elle était au programme avant même la création de celui-ci, mais vous savez ce que c’est, les années passent et le temps fait le reste. Mais elle est restée dans un coin de ma tête et comme prévu au départ…

Je me ferai curieuse, et j’irai chercher à comprendre vos motivations.



GVL : Salut Steve. avant de commencer ce long interview, peux-tu me dire si tu as déjà participé à des interviews ?

Steve : Oui mais jamais concernant mon blog et le polar. Pour moi ce sera donc une première.

 

1ère Partie

 

GVL : Bonjour, es-tu prêt(e) à être soumise à la question ?

Steve : Oui Geneviève je suis prêt à me soumettre à toutes les questions que tu vas me poser. Même si je dois bien avouer que d’habitude c’est plutôt moi qui pose les questions.

 

GVL : Alors ici on va, je vais essayer de comprendre comment on en arrive à créer un blog et comment on anime celui-ci.

Mais avant cela je sais que mes lecteurs et lectrices sont curieux

Alors, peux-tu te présenter ? je veux tout savoir, ta scolarité, ton parcours pro, ton âge, oui je le demande même aux dames ! Surtout quand elle aime le noir !

Steve : Je m’appelle Steve, j’ai 39 ans et je vis dans la région Grand-Est plus précisément en Alsace. Je suis papa de 2 garçons, 4 ans et 6 ans. Après un Bac L je me suis lancé en fac de psychologie à l’ULP à Strasbourg. Joueur assidu de tennis en France et en Suisse j’ai passé une formation pour devenir initiateur puis moniteur de tennis.
J’ai donc arrêté mes études pour donner des cours de tennis dans différents clubs. En parallèle j’ai commencé à m’intéresser au domaine du web, j’ai créé des sites sur différentes plateformes, puis géré plusieurs e-commerce (notamment une boutique en ligne d’articles de sport).
Pour me former par la suite dans le référencement web. Comme tu le vois j’ai beaucoup été dans le domaine du sport et du web. Mais à bientôt 40 ans j’aimerai me reconvertir et travailler dans le domaine du livre.

 

GVL : Dis-moi : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial ?

Steve : La lecture fait partie de ma vie depuis toujours. J’étais toujours entouré de livres dans ma famille. Nous avions une grande bibliothèque à la maison.
Le premier métier de ma mère était d’ailleurs bibliothécaire. Mes parents ont toujours beaucoup lu. Du coup j’ai suivi.

 

GVL : Oh ben du coup, on est un peu en famille alors ? Non plus sérieusement dis-moi : Comment abordait-on le livre chez toi ?

Steve : Super bien, j’ai très vite reçu plein de livres en cadeau pour mon anniversaire ou pour Noël. Dès l’âge de 7 ans j’étais à fond dans l’univers de Tintin, puis vers 10 ans j’ai commencé à lire tous les livres du « club des cinq ». J’adorai ça.
Niveau lecture mon enfance a vraiment été marquée par Tintin et le club des cinq. Puis vers 14 ans j’ai commencé à lire mes premiers polars avec Mary Higgins Clark, je me souviens d’ailleurs beaucoup du premier : Un jour tu verras.

 

GVL : Veux-tu bien me montrer ta/tes bibliothéque (s) : Et m’expliquer comment elles fonctionnent, comment elles sont rangées ?

 

SK : Oui bien sûr. Voici mon coin lecture

GVL : whaou, super coin lecture, ça donne envie de si arrêter !

Steve : Et une partie de ma bibliothèque qui se trouve dans mon bureau.

En général je range d’abord mes livres par format, puis par auteur et enfin par maison d’édition.

 

 

GVL : Et le livre et la lecture pour toi c’est quoi ?

Steve : Le livre et la lecture font partie de ma vie. Je me sens bien quand je lis, je m’évade et je voyage à travers les livres.

 

GVL : Es-tu papier ou numérique ?

Steve : 100 % papier

 

GVL : En parlant de bibliothèque, vas-tu ou es-tu allée en bibliothèque ?

Steve : Oui je vais régulièrement dans plusieurs bibliothèques.

 

 GVL : Si oui qui as-tu trouvé, que t’ont-elles apportée ?

Steve : J’y trouve des livres que je n’ai pas forcément envie d’acheter et j’y vais également pour faire diverses recherches.

 

GVL : As-tu une librairie attitrée ? Une ou plusieurs d’abord. Une où tu achètes tes bouquins ?

Steve :  Non je n’en ai pas une en particulier, j’en ai deux ou trois où je vais régulièrement. Elles sont sur Mulhouse.

 

GVL : Où achètes-tu principalement tes bouquins. (ça peut-être dans différent lieu, par exemple, moi c’est dans ma librairie de quartier, dans les librairie où je vais voir des auteurs, des librairie que je visite en vacances. Et aussi énormément sur les festivals et les salons où je vais. Parfois même c’est dans ma bibliothèque quand je reçois des auteurs…mais là c’est une libraire qui vient vendre les bouquins à la biblio pour l’occasion)

 Steve : J’achète mes livres en librairie et lors de salons et festivals.

 

2ième Partie

 

GVL :  Bon passons aux choses sérieux, tu es toujours prêt ?

Steve : Oui je suis toujours prêt, mais je vais faire une pause-café…

 

GVL : Combien de livre lis-tu par semaine, par mois, par ans ?

Steve : En moyenne je lis entre 6 à 8 livres par mois.

 

GVL : Gros lecteur dis-donc ! Tiens-tu décompte précis de tes lectures ?

Steve : Oui tout à fait, c’est très important pour moi.

 

GVL : As-tu une PAL ?

Steve : Oui comme pour tout le monde elle est assez énorme et j’ai l’impression qu’elle ne diminue jamais, mais il y a toujours tellement de nouveautés, je craque à chaque fois… !

 

GVL : Combien de livre dans ta PAL ?

Steve : Actuellement je dois être à 90 livres environ !

 

GVL : Pour toi c’est quoi ta PAL, quelles relations entretiens-tu avec elle ? Comment la vis-tu ?

Steve : Je suis très proche de ma PAL, grâce à un très bon site, je la tiens à jour régulièrement et dès que je termine un livre, je suis devant ma PAL et j’hésite entre plusieurs livres…

 

GVL : Alors…. Et le polar dans tout ça ? Pourquoi tu en lis ? as-tu un rapport particulier avec le genre. (J’entends par polar tout ce qui a attrait aux littératures policières, du roman de procédure, au roman noir en passant par tous les types de thrillers…)

Steve : Oula le POLAR c’est sacré pour moi, je ne lis que ça depuis toujours. Mis à part quelques BD, j’étais toujours attiré par les romans policiers et d’espionnage en tout genre.
J’aime les enquêtes, les personnages récurrents, les énigmes, le suspense. Honnêtement pour moi la littérature noire est tout simplement la littérature la plus complète.

 

GVL : dis-nous, quels sont tes auteurs favoris ?

Steve : Waouh il y en a beaucoup trop… Mais en voici quelques-uns, tout d’abord niveau classique la base pour moi : Agatha Christie et Arthur Conan Doyle. Ensuite j’aime beaucoup le danois Jussi-Adler Olsen. J’aime aussi beaucoup les italiens Antonio Manzini et Donato Carrisi. Les britanniques R.J. Ellory et Ray Celestin ainsi que les auteurs suisses Nicolas Feuz et Marc Voltenauer. Bien sûr il y a aussi les monstres comme Stephen King et Dennis Lehane.

En France on est vraiment gâté nous avons tellement de bons auteurs que je ne peux pas tous les citer mais bien sûr j’adore Franck Thilliez, Olivier Norek, Bernard Minier, Nicolas Beuglet, Maxime Chattam, René Manzor, Olivier Bal, Antoine Renand, Cédric Sire, Henri Loevenbruck et Nicolas Lebel.

 

  

GVL : Peux-tu nous parler de 5 livres qui t’auraient marqué ces dernières années

Steve :

  • Nous rêvions juste de liberté d’Henri Loevenbruck
  • Le Cri de Nicolas Beuglet
  • Seul le silence de R.J. Ellory
  • De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel
  • Entre deux mondes de Olivier Norek

Ces 5 livres m’ont littéralement transporté, ils m’ont tour à tour apporté ce que je recherche en tant que lecteur, c’est-à-dire, du suspense, de l’émotion, du plaisir et de la réflexion. Je conseille donc vraiment à tous les gens qui vont lire cette interview de lire ces 5 livres si ce n’est pas déjà fait.

 

GVL : Fréquentes-tu les festivals et autres salons…Si oui depuis quand ?

Steve : Oui depuis plusieurs années déjà.

 

 GVL : Que t’apportent ces salons, ces rencontres ?

Steve : J’aime rencontrer les auteurs et échanger avec eux, mais également revoir mes amis blogueurs et blogueuses. Je trouve que l’on est une grosse communauté et cela fait toujours plaisir de se revoir lors de salons et festivals partout en France, en Suisse et en Belgique.

  

3ième Partie :

Un blog ? Pourquoi un blog ?

 

GVL : Nous voilà dans le dur, on va sans doute enfin savoir comment pourquoi, et comment on en vient à créer un blog.

Alors dis-moi : qu’elles ont été la motivation à la création de ton blog ? Qu’est-ce qui t’as poussé à te lancer dans la création d’un blog

Steve : Ma motivation première a été de classer et de répertorier mes lectures et d’en garder une trace. Vu que j’aime beaucoup écrire, j’ai commencé à faire des chroniques du coup je me suis dit vas-y créé ton blog.
J’avais envie de partager mes lectures et mes avis avec d’autres passionnées. Je n’avais aucun objectif, aucune attente, encore maintenant, je fais ça juste pour mon plaisir. Et si grâce à moi, une personne à envie de lire l’un ou l’autre livre, c’est génial !!

 

GVL : Comment ont choisi le nom de son blog ?

Steve : Alors pour moi c’était très simple. Je ne me suis pas pris la tête pour choisir La Caverne du Polar. C’est venu naturellement. Premièrement je ne lis que du polar et la caverne, car je ne chronique pas que des nouveautés mais aussi beaucoup de livres qui ont déjà quelques années.

 

GVL : Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton  blog ? J’aimerai aussi une brève histoire pour expliquer comment a débuté ton blog ?

Steve : J’ai créé mon blog en novembre 2016. Comme je l’ai déjà cité plus haut l’origine du nom est toute simple je chronique que du polar et la caverne car je ne chronique pas que des nouveautés mais pas mal de livres qui ont déjà quelques années. Mon blog a débuté un week-end de novembre.
J’avais commencé à écrire quelques chroniques et je me suis dit allez va sur WordPress créé ton blog et mets tes chroniques en ligne tu verras bien ce que ça donne. Ensuite on se prend très vite au jeu lorsque l’on a quelques premiers retours. Je vais bientôt fêter les 3 ans du blog et je suis toujours autant motivé.

 

GVL : Pourquoi l’avoir nommé ainsi 

Steve : Je lis que du Polar mais pas que des nouveautés donc la caverne j’ai trouvé ça très bien.

 

GVL : Quel est le but de ton blog ?

Steve : Mon blog a pour but de présenter sous forme de chroniques des polars en tout genre (roman policier, roman noir, roman d’énigme, thriller). Ma seule envie est de partager ma passion pour la lecture et plus particulièrement les polars du monde entier. Mais aussi échanger avec d’autre blogueurs/euses.

 

GVL : Comment fonctionne celui-ci ?

Steve : Je publie différents articles, des entretiens, des chroniques, des comptes rendus de festival et les gens peuvent me laisser des messages et échanger avec moi. Je suis là pour parler de polar, de polar et encore de polar. Ce qui me plais c’est mettre en avant des livres et des auteurs qu’ils soient connus ou pas.

 

GVL : Où trouves-tu ton inspiration pour écrire tes articles ?

Steve : L’inspiration vient directement du livre que l’on lit, des fois elle vient directement quand j’ai fini le livre, des fois je dois laisser passer deux ou trois jours pour avoir plus de recul sur le livre que je viens de terminer.

 

GVL Comment les prépares-tu ?

Steve : Pendant que je lis un livre, je prends des notes et je me fais un brouillon de tout ce dont j’ai envie de parler lors de ma chronique. Puis je mets tout cela au propre.

 

GVL : À quelle fréquence postes-tu et comment tu t’organises ?

Steve : J’essaye de poster au minimum deux articles par semaine. En général une chronique et un entretien. J’essaye de poster le lundi et le jeudi. Après je dois bien avouer que ce n’est pas toujours facile de poster régulièrement. Mais j’essaye de faire au mieux.

 

GVL : Comment fais-tu la promotion de ton blog et de tes posts ?

Steve : Comme tout le monde, je pense, je partage mes posts sur mes réseaux sociaux, (Facebook et Instagram).

 

GVL : Combien de temps consacres-tu à ton blog par jour ?

Steve : C’est compliqué de répondre à cette question. Mais c’est clair qu’entre l’écriture des différents articles, la publication sur le blog et les réseaux sociaux ça prend plusieurs heures par semaine, mais je consacre ce temps avec beaucoup de plaisir. Quand ça deviendra une contrainte je pense qu’à ce moment-là il sera temps de passer à autre chose. Mais ne vous en faites pas, ce n’est pas pour tout de suite.

 

GVL : Que t’a-t-il apporté depuis sa création ?

Steve : Grâce à lui j’ai fait énormément de rencontres, que ce soit des auteurs, blogueurs ou blogueuses. J’ai découvert une vraie communauté, c’est comme une grande famille. Et échanger au quotidien sur ses lectures c’est quelque chose de génial.

 

GVL : Qu’est-ce que ton blog a changé dans ta vie ?

Steve : Dans ma vie de tous les jours il n’a rien changé, heureusement. Mais je pense qu’au bout de quelques années on se sent plus légitime quand on parle d’un livre. Et donc à quelque part on est plus confiant et on se sent plus crédible dans ce que l’on fait.

 

GVL : Quel est ton meilleur souvenir de blogueur ?

Steve : J’en ai plusieurs, mais je pense que les meilleurs souvenirs se font lors des salons et festivals. Bien entendu lorsque je réalise des entretiens avec des auteurs que j’admire beaucoup. En tout cas on est toujours dans l’échange et le partage.

 

GVL :  Dirais-tu que tes habitudes de lecture ont changé depuis que tu tiens ton blog ?

Steve : Oui clairement, je lis plus et je m’y connais mieux, donc je sais en général ce que je vais aimer ou pas.

 

GVL : Dis-moi quand on a un blog, on est beaucoup sollicité(e) ? On a beaucoup de propositions ? D’ailleurs quel genre de propositions ? Et les SP, comment on les gère ?

Steve : On va dire que la première année a été calme niveau sollicitation, le temps que le blog soit un peu connu. Mais depuis un an et demi, en effet je reçois beaucoup de messages, que ce soit de maisons d’éditions, ou d’auteurs. On me demande de lire et chroniquer pas mal de livres.
J’ai également certains auteurs qui me demandent si je ne veux pas être un de leur bêta lecteur. Après les SP comme beaucoup de blogueurs et blogueuses oui forcément j’en reçois, mais je reste assez libre dans mes choix de lecture.

 

GVL : Te considères-tu comme un influenceur ? Pourquoi ?

Steve : Non pas vraiment, je me considère comme un blogueur de littérature noire. Ensuite oui forcément on influence un peu, mais il faut rester réaliste, dans un domaine comme la littérature, on ne peut pas attirer des dizaines de milliers d’abonnés. Pour moi les vrais influenceurs de nos jours sont les blogueurs qui parlent de mode, de life style, de cuisine ou de pâtisserie.

 

GVL : Quelle est pour toi la définition du bon blogueur ?

Steve : Pour moi, il n’y a pas de bon ou mauvais blogueur. Chacun à sa manière de gérer son blog et de l’alimenter avec différents articles. Je pense qu’il y a dans chaque blog (le mien inclus) de bonnes et de moins bonnes choses.
Il faut avant être passionné, prendre du plaisir, être régulier et défendre ses idées.
Je pense que chaque blogueur donne beaucoup de son temps et fait de son mieux pour essayer de transmettre sa passion.

 

GVL :  A ton avis : Quel est l’avenir des blogs dans l’avenir du livre ?

Steve : Oula c’est une question compliqué ça. Mais je pense que l’impact des blogs est considérable pour de nouveaux auteurs et même pour ceux qui sont déjà bien installé. J’imagine que les blogs ont encore de beaux jours devant eux. Il suffit de voir à la fin des livres dans la partie remerciement, combien d’auteurs remercient les différents blogueurs et blogueuses…

 

GVL : Ne penses-tu pas que la blogosphère livresque sera saturée un jour ?

Steve : Si bien sûr, mais c’est un peu comme tout dans la vie. Après comme le dis si bien un ami blogueur qui se reconnaitra, si un blog passe le cap des trois ans c’est déjà pas mal, ça devient sérieux. Tout se fait et se construit dans la durée.

 

GVL : Peux-tu donner deux conseils aux nouveaux blogueurs ?

Steve : Mon premier conseil est de prendre du plaisir. Mon second c’est de ne pas brûler les étapes et toujours garder sa motivation et enfin défendre ses idées.

 

GVL : A par la lecture et ton blog, quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Steve : J’aime beaucoup le sport en général, surtout le tennis et le ski. Ensuite j’ai une vraie passion pour les régions françaises. Je les ai pratiquement toutes visités, quel magnifique pays nous avons.
J’aime également la nature et les promenades en forêts. Et enfin je ne sais pas si on peut considérer cela comme une passion mais j’adore les moments de convivialité entre amis ou famille lors d’un apéro et d’un bon repas.

 

GVL : Pour terminer, y a-t-il d’autres questions que tu aurais aimé que je te pose sur ton blog ? Et si oui, lesquelles, et peux-tu y répondre du coup !

Steve : Ecoute franchement non je pense en avoir assez dit, tu as été très complète.

 

GVL : Tu es certain(e) que c’est ton dernier mot ?

Steve : Oui en effet c’est mon dernier mot Jean-Pierre euh Geneviève pardon…

 

GVL : Alors un petit coup de gueule. ET Un gros coup de cœur… ? (Mais pas des livres, hein !)

Steve : Je vais commencer par mon coup de cœur : c’est un coup de cœur très récent pour une série qui est passé sur TF1, le temps est assassin. J’ai trouvé cette adaptation du livre de Michel Bussi vraiment excellente. Un casting remarquable et des paysages magnifiques. En plus j’adore Mathilde Seigner et Yves Rénier.

Voici mon coup de gueule qui n’en est pas vraiment un :

J’habite en Alsace près de Mulhouse et j’aime ma région, mais des fois concernant les salons, festivals et autres ce n’est pas toujours super pratique. Ces derniers mois j’ai été convié à différentes reprises par des maisons d’éditions, des amis blogueurs et blogueuses et des auteurs, que ce soit pour des soirées, brunchs, entretiens, etc…
Mais à chaque fois tout se passe sur Paris donc ce n’est pas facile de s’y rendre et de s’organiser. Du coup à chaque fois c’est une déception. Il me faut vraiment un pied à terre sur Paris…

 

GVL : Oui je peux comprendre ta frustration. Ah et comme tu as un blog autour des polars, peux-tu répondre à cette dernière question : Que penses-tu de l’évolution du roman noir-policier et thrillers en ce moment ?

Steve : Je suis très content de l’évolution de la littérature noire en France. En tout cas en termes de vente c’est très positif. Je trouve que l’on est sur la bonne voie et que le polar en général a gagné en reconnaissance. Même si dans certains médias cette littérature est encore trop snobée et trop peu mise en avant à mon goût.

 

GVL : Pour conclure : Que penses-tu de ces questions ?

Steve : J’ai trouvé tes questions très pertinentes il ne manque rien, j’ai pu développer pleins de sujet et parler de pleins de choses différentes. Merci à tous ceux qui vont lire cette interview jusqu’au bout. Et un grand merci à toi Geneviève de m’avoir accordé cette interview. Nous partageons tous cette même passion pour les polars alors vive la lecture.

 

GVL :  Merci à toi pour ces petites confidences, et à très vite sur ta Caverne et Collectif Polar .

 

(Retour sur mon entretien que j’ai accordé à Geneviève du blog Collectif Polar en Octobre 2019.)

Entretien avec Caroline De Benedetti et Emeric Cloche du magazine L’Indic

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  • Caroline et Emeric pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Caroline : je suis une nantaise qui a exercé plusieurs métiers sans saveur avant d’avoir la chance de rencontrer la bonne personne et de changer de vie.

Emeric : Passionné par divers sujets, je me suis rendu compte que la lecture les réunissait tous ! Depuis j’ai toujours un livre à porté de main.

 

  • Quel est votre premier souvenir à chacun avec le monde du livre ?

Caroline : je ne sais pas si c’est vraiment le premier, mais celui que je préfère est lié à ma découverte de la bibliothèque rose, et de la verte, des Bob Morane et autres romans du Masque. Lectures puisées dans le grenier de l’immeuble de mes grands-parents à Lorient. Une énorme madeleine de Proust, jusque dans la frayeur que j’avais à monter au dernier étage et à me retrouver dans ces couloirs sombres et poussiéreux. Mais au bout : le Graal !

Emeric : Comme Caroline un livre dans la bibliothèque familiale, je voulais faire comme les grands. Alors j’en ai choisi un et je l’ai lu.

Pas sûr d’avoir tout compris, mais je me souviens du titre « Fantasia chez les ploucs » de Charles Williams, je l’avais choisi parce que le mot « Plouc » me plaisait. Je me souviens très bien à l’époque d’avoir hésité avec « Ubik » de Philip K. Dick… que j’aurais encore moins compris je pense.

 

  • Vous êtes les deux fondateurs de l’association Fondu Au Noir. Pouvez-vous nous raconter comment est né ce projet ?

Caroline : nous voulions créer quelque chose ensemble, à côté de nos autres activités. Avec Emeric nous nous sommes rencontrés autour du polar, via le site internet et le forum PolArtNoir, à qui le polar français doit beaucoup (Cyril Herry, Eric Maneval, Franck Thilliez et d’autres y ont débuté). Ce qui était à l’origine une passion s’est transformé, avec la naissance de l’association et celle du magazine l’Indic, en activité professionnelle.

Emeric : Comme le dit Caroline, la passion. Et l’envie de faire des rencontres… voilà ce qui nous a poussés à créer cette association.

 

  • Comment vous est venue l’idée de créer le magazine L’Indic ?

Emeric : Au départ nous voulions projeter des films policiers et puis nous nous sommes rendu compte que cela demandait pas mal d’argent et beaucoup d’organisation. Nous avons donc décidé de publier un magazine… ce qui en fait demande pas mal d’argent et une grosse organisation !

 

  • Ce mois-ci L’Indic en est déjà à son quarantième numéro, j’imagine que vous en êtes très fiers, vous vous attendiez à un tel succès ?

Caroline : Oui nous sommes fiers, car nos moyens et notre réseau n’ont rien à voir avec ceux des grands magazines. Nous y sommes allés pas à pas, en cherchant notre style et en essayant de toujours nous remettre en question.

Le succès reste à relativiser, notre diffusion n’est pas à grande échelle mais nous savons l’attention que nous portent les professionnels, les avis positifs des bibliothécaires et des libraires nous font du bien. Les subventions que nous avons fini par demander au bout de 10 ans, et qui nous ont été accordées, valident aussi le sérieux que nous mettons dans la revue.

 

  • Combien de personnes travaillent pour sortir un numéro chaque trimestre ?

Emeric : C’est variable selon les numéros, nous avons des personnes qui travaillent avec nous depuis le début, d’autres à qui nous faisons appel ponctuellement parce qu’elles sont spécialistes d’un sujet. Mais nous travaillons avec une petite dizaine de personnes à chaque numéro.

 

  • Quel est le rôle principal de l’association Fondu Au Noir à ce jour ?

Caroline : au-delà du magazine, nous travaillons principalement avec les bibliothèques. Nous répondons à leur demande de formation en polar : le genre a beaucoup évolué et une mise à jour est toujours utile.

Nous concevons pour eux des expositions, qui servent également aux festivals, autre terrain très dynamique en France. À travers ce que nous faisons, nous essayons de montrer à quel point le genre est divers. Du roman noir au thriller, du roman d’enquête au polar mélangé au fantastique, le domaine est vaste. Il est possible de se divertir, de découvrir, de rire, à travers le polar. La première chose à faire comprendre à certains lecteurs : il n’y a pas forcément de policier dans un roman policier.

Et puis pour finir, nous travaillons avec les auteurs, nous cherchons les nouvelles voix, nous leur proposons des projets (polar & poésie par exemple), nous partons à l’étranger voir ce qui s’y passe (comme à Berlin et Hambourg sur les pas du Krimi)… Nous avons toujours une idée sous le coude !

Emeric : Les littératures policières sont un terrain de jeu immense, une vie ne suffit pas à en faire le tour ! Aider les lectrices et les lecteurs à trouver ce qui les intéresse au milieu du foisonnement littéraire, leur donner des pistes.
Aider les auteurs, les éditeurs aussi… Créer des ponts, montrer la richesse de ces littératures. Voilà quelques objectifs que nous nous donnons.

 

  • Caroline tu es également programmatrice du festival Mauves en noir peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet ?

Caroline : Mauves en Noir devait fêter sa 19e édition cette année, c’est un excellent festival installé dans la région nantaise. Je l’ai découvert en tant que lectrice avant de rejoindre l’équipe comme bénévole. Je me suis occupée de la programmation quand Dominique Barranguet, qui s’en occupait jusque-là, a décidé de profiter de sa retraite pour faire d’autres choses.

L’avantage c’est qu’avec le travail au sein de Fondu Au Noir, j’avais les contacts des éditeurs et des auteurs, et une vision des parutions. Ensuite, chacun aborde la programmation à sa façon. Ça se fait en discutant avec les membres du bureau du festival. J’essaie juste d’attirer l’attention sur une évolution du milieu littéraire : les auteurs sont précaires. Rien ne sert de concourir au festival avec la plus grande liste d’auteurs invités. Et puis, soyons vigilants à rémunérer un maximum de leurs prestations.

 

  • Emeric parle nous un peu des Docteurs Polar, quel est ce concept ?

Emeric : Donner à lire aux gens. Les Docteurs Polar, créés il y maintenant plus de 10 ans, parcourent toute la France. Vous pouvez les croiser sur des salons et festivals, dans des librairies ou des bibliothèques. Facilement reconnaissables grâce à leur blouse blanche ils font des prescriptions littéraires spécialisées. Le principe est assez simple, les patients nous disent ce qu’ils aiment lire, les sujets qui les intéressent et nous les renvoyons vers des livres ou des films. Nous délivrons une ordonnance de lecture. Le principe fonctionne très bien. Il y a des salons où les gens viennent nous voir d’une année sur l’autre pour nous parler des livres que nous avons prescrits l’année précédente. C’est aussi un moyen pour eux d’aborder les auteurs. Les visiteurs vont les voir avec leur ordonnance en disant à l’auteur « les docteurs nous ont conseillé de venir nous voir. » Ça brise la glace… et la discussion s’engage ensuite plus facilement.

 

  • Vous êtes avant tout deux amoureux de polar et de littérature noire pouvez-vous me donner chacun vos auteurs favoris ?

Caroline : c’est le genre de question dont la réponse peut varier chaque semaine… Avec ce confinement j’ai le temps de faire des choix, de ne plus avoir le nez dans des lectures imposées par le travail. J’ai repris avec plaisir la lecture de Laura Kasischke, de Tanguy Viel (excellent exemple de polar édité en « blanche »), et d’Hannelore Cayre (c’est le bon moment pour lire « Richesse oblige »).

Impossible de ne pas citer Pascal Dessaint, l’ultime scène de son dernier roman vous met par terre une boule au ventre. Et parce qu’il faut penser aux disparus et que celui-ci est inoubliable : Hafed Benotman. Forcément il y a tout un tas d’autrices et d’auteurs que je ne vous cite pas ici, mais il suffit d’aller faire un tour sur notre site pour trouver leurs noms. Le polar français a la chance d’être porté par de nombreux grands noms.

Emeric : Comme pour Caroline, cette question est difficile. Ça change suivant les moments, ce que je vis, ce dont j’ai envie. Mais il y a des autrices et des auteurs vers lesquels je retourne régulièrement c’est le cas avec les livres d’Agatha Christie et de Georges Simenon par exemple. D’autres qui m’ont marqué à vie comme Jim Thompson ou David Goodis.

 

  • Quelles sont vos autres passions dans la vie ?

Caroline : celle-ci est chronophage alors… manger, et rester éveillée à l’état du monde.

Emeric : Écouter de la musique, les jeux de rôle sur table… et en ces temps de confinement je me rends compte que voir et parler avec les gens est une passion pour moi.

 

  • Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Caroline : merci à toi pour cet échange, les rencontres et les projets que nous avons vécus grâce aux livres sont assez fabuleux. On constate d’ailleurs que dans toute période de crise, nombreux sont les gens à se tourner vers la lecture, de la BD aux essais en passant par les romans. Plus tard, nous nous retrouverons dehors, le plus possible, parce que c’est là qu’il faudra être pour que tout ce qui va mal cesse enfin.

Emeric : En tant que Docteur Polar je serais tenté de vous dire : « Portez-vous bien ! Et lisez. Au moins pendant qu’on lit – même si cela peut donner quelques idées – on ne fait pas de bêtises. »

 

Je tiens à remercier Caroline De Benedetti et Emeric Cloche d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir donné envie de découvrir un peu plus ce magazine si ce n’est déjà fait. A très vite pour un nouvel entretien.

 

PortraitFondu

 

 

James Bond : Le guide officiel de 007 – Lee Pfeiffer & Dave Worrall

Chronique :

Aujourd’hui après une longue pause sans chronique je reviens vers vous avec une lecture plaisir. C’est difficile pour moi actuellement de trouver du temps pour lire et donc d’alimenter le blog. Ma femme travaille et nous avons deux garçons (4 ans et 7 ans) qui n’ont pas école comme tout le monde le sait. Donc c’est le rôle de papa qui prédomine c’est bien logique. Malgré tout j’essaye de me faire plaisir en soirée et de lire quelques livres sur mon autre grande passion : JAMES BOND 007. couv57824649

Je viens de terminer Le Guide Officiel de 007 de Lee Pfeiffer & Dave Worrall ce livre est tout simplement une pure merveille pour tous les amoureux de Bond. Tout commence par une belle introduction et un bel hommage rendu à Albert R. Broccoli surnommé affectueusement « Cubby », le producteur légendaire de James Bond au cinéma. Ensuite les auteurs ont détaillé chaque film en parlant de la mission, des Bond Girls, des ennemis, des alliés, des véhicules, des gadgets, des armes, de la musique, du marketing et du box-office. Bien entendu tous les films sont illustrés de très belles photos dont certaines sont inédites. A la fin du livre les auteurs nous proposent une petite biographie sur le père littéraire de l’agent 007 Ian Fleming. Ils présentent également les principaux acteurs qui ont fait le succès de la saga Bond depuis quarante ans et enfin ils s’intéressent à l’influence de James Bond dans la culture populaire et notre société actuelle. Bien entendu ce livre qui date de 2005 ne relate pas les films avec Daniel Craig.

Ce que j’ai bien aimé dans ce guide c’est que les auteurs n’hésitent pas à donner leur avis favorable ou non à certains films. Ils ne disent pas qu’ils ont tout aimés et approuvés et ça c’est vraiment top. Le Guide Officiel de 007 qui date de 2005 retrace avec merveille tous les films de la saga James Bond. De 1962 à 2002, de Sean Connery à Pierce Brosnan, les auteurs reprennent film par film, chronologiquement les 40 ans d’existence du personnage. Pour tous les « Bondophiles » ou « Bondologues » c’est un livre à avoir absolument dans sa bibliothèque.

« Même ceux d’entre nous qui ont littéralement grandi avec la série n’auraient pu prédire l’impact durable de James Bond sur la culture populaire. Pourtant l’agent 007 a abordé le nouveau millénaire plus juvénile que jamais. L’intérêt même qu’il suscite dans le monde entier est encore plus impressionnant que sa longévité. »

 

Résumé de l’éditeur :

James Bond, le guide officiel offre pour la première fois aux lecteurs français une vision exhaustive et éclairée de ce qui fait du plus célèbre espion de tous les temps un véritable mythe. Film par film, des origines à nos jours, tous les secrets de James Bond enfin révélés dans leurs moindres détails, qu’il s’agisse de sa mission (toujours délicate), de ses ennemis (toujours plus nombreux), de ses alliés (toujours Moneypenny), de ses véhicules (toujours extravagants), de ses gadgets (toujours sophistiqués), de ses armes (toujours novatrices), et bien sûr de ses conquêtes féminines (toujours sublimes), sans oublier les anecdotes inédites de tournage et les reproductions d’affiches de cinéma et de produits collector… Avec 250 illustrations, pour certaines inédites, tirées des archives très fermées de Eon Productions, Lee Pfeiffer et Dave Worrall rendent ici un hommage vibrant au plus brillant, au plus sexy et au plus populaire des héros modernes.

Lee Pfeiffer & Dave Worrall – Le Guide Officiel de 007 (Editions Flammarion 2005)

Entretien avec Sophie Loubière – Cinq cartes brûlées

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Journaliste, romancière et comédienne, je me suis longtemps partagée entre le micro et la plume. Je suis née à Nancy, en Lorraine à la fin des années soixante. J’y ai grandi et fait mes études, me passionnant pour les arts en général, le dessin, le théâtre, le cinéma et la littérature en particulier. J’ai toujours puisé du réconfort dans les activités qui demandent à la fois de la concentration et de la créativité. Le sport – gymnastique de compétition – et les études – contrariées par une dyslexie – me demandaient beaucoup d’effort. Cette exigence, cette rigueur mais aussi cette conscience de mes limites, ne m’ont jamais quittée. La puissance de mon imaginaire était perceptible dans tout ce que je faisais. Mes premiers écrits furent de la poésie, encouragés par mes professeurs de français. A la faveur d’un concours à France Inter, j’ai embrassé une carrière de productrice et journaliste radio. Pendant 17 ans, j’ai eu le bonheur de produire et de présenter différentes émissions à France Inter, France Culture et France Info. Mon premier roman La petite fille aux oubliettes est paru en 1999 dans la collection Le Poulpe, sous la direction de Jean-Bernard Pouy qui avait décelé en moi une prédisposition pour le noir. Suivront neuf ouvrages dont L’enfant aux cailloux (Fleuve Noir, 2011) qui m’a ouvert une carrière internationale.

 

  • D’où t’es venue l’envie d’écrire des « Polars » ?

De mon amour pour la littérature policière (Dashiell Hammett en particulier, et ses ouvrages hard boiled) et des films noirs américains des années 40. Les sujets de mes livres s’inspirent souvent de faits divers ou d’évènements qui me touchent intimement et sur lesquels je crois nécessaire de réfléchir, d’apporter un éclairage. La sociologie du crime est quelque chose de passionnant, même si l’intrigue et le mystère restent le moteur principal de mes histoires. Lorsque j’étais enfant, j’enregistrais des mini-fictions sonores sur un magnétophone à cassettes sans savoir qu’un jour je mettrais par écrit ces histoires qui me trottaient dans la tête. J’ai rédigé mon premier manuscrit lorsque j’avais 22 ou 23 ans, une histoire assez sombre, avec déjà un sujet touchant aux secrets de famille et à la psychanalyse… Depuis, je n’ai jamais cessé d’écrire.

 

  • Comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour ton roman « Cinq cartes brûlées » ?

D’un fait divers qui remonte à 2012. Un huis clos troublant dans une chambre d’hôtel à Nancy : le profil particulier de l’agresseur et celui de la victime, la façon dont la tentative de meurtre est commise, le nombre de coups de couteau portés (une cinquantaine !), l’absence de mobile, les motivations ou les raisons évoquées au procès par la personne mise en cause, cette idée qu’une sorte de fatalité inéluctable a depuis le début désigné la victime… tout cela m’intriguait. Je savais que l’histoire que j’allais raconter partirait et finirait dans cette chambre. Mon travail serait donc de raconter la partie immergée de l’iceberg, celle que la presse et le public ne découvriraient qu’au procès. Une vérité que je me suis appliquée à transcender, modifier, créant des personnages dont les profils adhéreraient à ceux de la victime et de son bourreau. Ce qui importe n’est pas de mettre en scène la réalité ; les protagonistes de cette affaire ont assez souffert de l’exposition médiatique engendrée par celle-ci pour que ce livre ne vienne encore leur rappeler un calvaire. Ce qui compte à mes yeux, c’est la compréhension d’un mécanisme qui mène à pareille tragédie. Ma démarche rejoint celle d’un criminologue.

 

  • Parle-nous un peu de tes personnages, comment Laurence, Thierry et les autres ont-ils pris forme ?

Laurence est une enfant (presque) comme les autres, un peu boulotte, trop imaginative et sensible, une fillette que sa mère voudrait à tout prix faire entrer au chausse-pied dans un tutu, une sœurette que son frère aîné ridiculise, et une petite fille très amoureuse de son papa qui le lui rend bien, jusqu’à ce que dans cette famille quelque chose dérape, que quelqu’un aille trop loin. C’est dans cette faille que l’eau s’engouffre, et que Laurence devient une ado renfermée, qui enfle, enfle, jusqu’à ce que le sport de compétition vienne à son secours et lui permette de tirer parti de cette armure de chair et de muscle. Jusqu’à ce que son succès et ses médailles retombent en pluie brûlante autour d’elle, car rien, surtout pas le bonheur, n’est jamais acquis.

L’univers de Laurence Graissac est glaçant, dérangeant, parce que c’est une jeune femme au parcours jalonné d’addictions (le jeu, la nourriture, le sexe) et que tout est vu de son point de vue. J’évoque aussi la problématique de l’obésité, de la transformation du corps de la femme au cours d’une vie et de son instrumentalisation. « Pour les autres, l’important, c’est ce qu’ils font de nous, pas ce que nous sommes. Ce que tu fais de moi n’est pas ce que je suis » dit Laurence dans le roman. C’est une phrase clé du livre. Elle s’applique aussi au lecteur tenté de croire que l’auteur s’incarne dans ses personnages.

 

  • Est-ce que le fait d’être journaliste t’aide au quotidien pour écrire des romans ?

Probablement. Bien que je n’exerce plus ce métier à ce jour, j’en ai conservé la rigueur et la curiosité. De mon point de vue, un romancier doit toujours s’assurer de la fiabilité de ses sources et n’aborder un sujet que s’il le maîtrise. Cela demande beaucoup de temps de préparation, de recherches, un max de documentation. Il faut cependant trouver le bon dosage pour ne faire d’un roman un ouvrage scientifique ou technique, ne pas noyer les lecteurs sous des détails inutiles ni employer un jargon de spécialiste, ce que je reproche parfois à certains polars écrits par des ex-officiers de police ou ex-membres du barreau.

 

  • J’imagine que pour créer un personnage aussi puissant que Laurence tu dois bien connaître le sujet, y a-t-il une part de toi dans ce livre ?

… En dehors de A la mesure de nos silences (Fleuve Éditions, 2015) lequel évoque un fait historique totalement méconnu de la seconde guerre mondiale, tous les personnages de mes romans sont imaginaires. Certains sont inspirés par des personnes réelles – des amis, des gens dans mon entourage – ou bien fabriqués comme Laurence Graissac à partir de plusieurs éléments de vie dont mes propres souvenirs d’enfance (mon frère ainé ne supportait pas de partager sa chambre avec moi et imaginait mille mauvais tours pour me le faire payer, faisant de moi son cobaye) mais ça s’arrête là. Comme de nombreux écrivains, je puise dans cette matière vivante qu’est mon vécu, et qui apporte l’émotion, le réalisme, la force à une histoire, pour raconter une fiction. Le point commun de tous mes personnages, c’est la façon dont les lieux qu’ils traversent où qu’ils habitent les imprègne. Il y a cet ancrage dans un paysage particulier : la plage de Saint Jean de Monts dans Dernier parking avant la plage (Folio Policier), la baie de San Francisco pour Dans l’œil noir du corbeau (Pocket), la route 66 dans Black Coffee et White Coffee (Pocket), le pavillon de Saint-Flour où grandit Laurence pour Cinq cartes brûlées… Le décor influe sur les personnages, leurs états d’âmes, mais aussi sur le déroulement de l’histoire. En ce sens, on peut dire que mes romans sont situationnistes.

 

  • J’ai vu que tu as toi-même créé un blog peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet ?

Mon premier blog remonte à Black coffee. Cette démarche m’est apparue comme essentielle après avoir parcouru la route 66 en 2011 pour la préparation de ce thriller. Entre le journal de bord d’un voyage de six semaines aux USA plein de rebondissements et les 1500 photos prises sur la mother road, la documentation était abondante, et il était intéressant de la partager. A ce jour, le blog comptabilise plus de 45 000 vues (http://blackcoffee66.blogspot.com/) J’accumule tellement de documentations, de photos et de notes, que je trouve dommage de laisser tout cela enfermé dans une boîte d’archive. Mon côté journaliste, peut-être ? Le blog de Cinq cartes brûlées alterne des passages qui ressemblent à un journal intime, des secrets de fabrication, une playlist des musiques adaptées au climat du roman, des précisions sur le fait divers initial, un hommage à mes bonnes fées (mes lectrices bêta) et les personnages réels ayant inspiré ceux du livre (comme le médecin Bernard Bashert qui doit beaucoup au comédien de doublage Bernard Gabay, voix officielle de Robert Downey Jr, entre autres). Je continue de temps en temps à l’alimenter. Il ne faut pas hésiter à s’abonner ;-). https://5cartesbrulees.blogspot.com/

 

  • Quelle est selon toi la place du polar dans la littérature française d’aujourd’hui ?

J’ai remarqué combien le polar féministe (mettant en scène un personnage féminin fort, à l’opposé des clichés machistes) a le vent en poupe en ce moment. Des livres de plus en plus souvent écrits par des hommes, d’ailleurs. A l’inverse, les femmes écrivent de plus en plus de thrillers trashs, avec surenchère de scènes insoutenables. Il y a une juste dose à trouver en littérature, surtout dans le polar. J’ai tendance à me méfier de tout ce qui touche à un phénomène de mode, et donc, qui relève de l’artifice. Ce qui compte, c’est d’écrire un roman sous l’impulsion d’une sorte de nécessité, en lien avec les préoccupations actuelles, les grands et petits sujets de société. Un livre qui ne cherche pas à séduire, derrière lequel il n’y a pas de calcul marketing. Un livre pour durer. Je pense à des auteures comme Marie Vindy, Danielle Thiery ou Patrick Bard, par exemple, ou encore Jean-Hugues Oppel et Jean-Christophe Tixier en jeunesse : ils font un travail remarquable. Leurs ouvrages témoignent de situations importantes et graves dans le monde et dans notre pays, ils ont des causes à défendre, comme celle des jeunes et de la femme, face à une société toujours plus violente et aliénante, mais les choses sont dites avec justesse, mais sans surenchère douteuse.

 

  • Es-tu une grande lectrice et si oui qui t’a inspirée ?

J’ai beaucoup depuis ma plus tendre enfance, et aussi lorsque je présentais une émission littéraire sur France Inter de 2000 à 2010, intitulée Dernier parking avant la plage ou Parking de de nuit. Je lisais des extraits de roman Les auteurs qui m’ont inspirée sont nombreux. En voici quelques-uns (et quelques-unes) : Thomas H. Cook, avec lequel j’ai la grande chance d’être devenu amie, David Vann, Dorothy Parker, Joyce Carol Oates, Stendhal, Maupassant, Louis Ferdinand Céline, P.D. James, Sam Shepard, Richard Brautigan, Colette, Victor Hugo, Dashiell Hammett, la comtesse de Ségur (quelle grande perverse !) et le poète lorrain Richard Rognet.

 

  • Quel sera ton mot de fin à cet entretien ?

En cette période dramatique et historique que nous vivons au niveau mondial, ne lâchons pas les livres ! Plus que jamais, les auteurs ont besoin d’aide : leurs revenus sont gravement menacés. Un romancier touche en moyenne 8% sur le prix de vente d’un livre en grand format et 6% sur le prix d’un livre de poche ; le régime d’auteur ne permet pas de toucher d’indemnité de chômage. Ce métier qui fait tant rêver est un des plus précaires. La fermeture des librairies et des maisons de la presse met les auteurs en grand péril – et plus généralement, tout l’économie du livre. Alors, commandez, partagez, conseillez, et lisez des livres… Merci d’avance !

 

Lien vers ma chronique Cinq cartes brûlées

Je tiens à remercier Sophie Loubière d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette romancière de grand talent. A très vite pour un nouvel entretien.

 

Sophie Loubière

Entretien avec Sandrine Destombes – Le prieuré de Crest

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  • Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Bonjour chers potentiels futurs lecteurs qui ne me connaissent pas encore ! Je m’appelle donc Sandrine Destombes, j’ai écrit à ce jour 7 romans policiers / thrillers dont Les Jumeaux de Piolenc – prix VSD RTL du meilleur thriller français.
Quand notre pays n’est pas en état d’urgence sanitaire, je travaille dans le domaine de l’événementiel. L’écriture est un plaisir que je m’offre durant mon temps libre.

 

  • Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?   

Je n’ai pas un souvenir précis. Je me souviens surtout d’une période. Celle où je découvrais le Club des Cinq de la bibliothèque rose. J’attendais avec impatience de pouvoir retrouver « mes copains », seule dans ma chambre, et vivre avec eux tout un tas d’aventures.

 

  • D’où vous est venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

C’est un genre qui m’a toujours attirée, en tant que lectrice. Je suis plus matheuse que littéraire or le thriller répond à des codes, des constructions, des imbrications, qui correspondent plus à ma construction d’esprit.

 

  • Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre roman « Le prieuré de Crest » ?

Je m’inspire, pour la plupart du temps, des sujets de société. Le mouvement #metoo prenait le devant de la scène depuis plusieurs mois. Il est devenu la base de ma réflexion. Jusqu’où cette prise de parole pouvait nous mener.

 

  • Comment vos personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement le sous-lieutenant Perceval Benoit ?

Ils ne sont jamais décidés à l’avance. Ils s’imposent à moi, en cours d’écriture. Le sous-lieutenant Benoit était un personnage différent de ce que j’avais pu écrire jusqu’ici. Il était clair, dès le départ, qu’il serait mon axe directeur pourtant, je l’avais décidé subalterne. Ce n’était pas à lui de prendre les décisions, de mener l’enquête. Je m’imposais de suivre une voie sans savoir ce que ses supérieurs lui feraient faire. Oui, je sais, dit comme ça, on pourrait croire que ce n’est pas moi qui décide de la trame et quelque part, ce n’est pas faux. Je plante un décor, un personnage, voire deux, puis je me laisse porter par ce qu’ils me susurrent à l’oreille…

 

  • Quand vous commencez à écrire un roman, le dénouement est-il déjà fixé ou est ce qu’il vient au courant de l’écriture ?

Rien n’est fixé. Ni le dénouement, ni même le deuxième chapitre. Une fois de plus, ce que j’aime, c’est me laisser porter. Je laisse mon inconscient créer les pièces d’un puzzle. Arrive le moment plus délicat où tout ce qui a été écrit doit avoir une cohérence, une raison d’être, pour qu’apparaisse l’image finale.

 

  • Etes-vous une grande lectrice ?

Pas autant que la plupart de mes lecteurs ! Je ne lis que le soir mais ce moment est sacré. Je n’aime pas l’idée de m’endormir sans avoir eu l’occasion de m’échapper, ne serait-ce que quelques minutes, de la réalité.

 

  • Quelles sont vos autres passions dans la vie ?

Je ne dirais pas que la lecture ou l’écriture sont des passions. Ces activités m’offrent des moments magnifiques, des bouffées d’air frais, mais si j’étais dans l’obligation de m’en passer, je resterais debout. Je n’aime pas passionnément les choses. Je garde ce sentiment pour les personnes qui me sont chères.

 

  • Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Il sera influencé par la période que nous traversons. À ceux qui le peuvent, restez chez vous !
À ceux qui n’ont d’autre choix de faire fonctionner notre monde, que ce soit pour nous soigner ou nous permettre de vivre plus ou moins normalement, un grand MERCI !! Enfin, à tous, prenez soin vous…

 

Lien vers ma chronique Le prieuré de Crest

Je tiens à remercier Sandrine Destombes d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette auteure. A très vite pour un nouvel entretien.

 

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