Entretien avec Angie du blog Culturez-moi

Aujourd’hui on continue cette série d’entretien avec une amie bretonne Angie du blog Culturez-moi.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Angélique (mais je préfère qu’on m’appelle Angie 😊). J’ai 29 ans et je vis à Rennes avec un charmant professeur des écoles depuis 13 ans.
J’exerce un métier qui est finalement assez éloigné du monde des livres puisque je travaille dans le développement de sites et d’applications web. En vrai je suis un savant mélange de geekette et de rat de bibliothèque.

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Le tout tout premier ? Attention je vais te sortir un souvenir qui date de mes 5 ans ! J’avais un livre de contes que je traînais partout. Bien évidemment je ne savais pas encore lire, mais je demandais à tout le monde de me lire en boucle le premier conte. Je me souviens qu’il parlait d’un clown dans une fête foraine. A force d’écouter cette histoire et de regarder les mots en même temps j’ai appris a décoder les lettres et les sons. Du coup j’ai appris à lire comme ça, avant le CP. Après tout s’est vite enchaîné et à 6 ans je commençais à remplir mes étagères de livres.

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

J’ai publié le 1er article de mon blog le 1er janvier 2019 (une date bien symbolique  😊) mais je travaillais dessus depuis plusieurs mois déjà. Je voulais vraiment mettre le blog en ligne seulement lorsqu’il semblait parfait à mes yeux. J’ai un côté un peu maniaque…
Concernant le nom du blog, toute une histoire… et surtout des semaines de brainstorming avec moi-même ! J’avais envie de quelque chose d’original, qu’on puisse retenir assez facilement et surtout qui ne m’enferme pas dans une seule catégorie. Parce que je me connais, j’aime bien faire évoluer les choses. Et puis un jour je suis tombée sur un article parlant des néologismes et des mots à « proscrire ». L’article parlait du verbe « culturer » qui est synonyme de « se cultiver ». C’est un verbe qui a été utilisé par le passé (on le retrouve dans des textes de Rousseau par exemple) mais aujourd’hui on l’emploie plus sur le ton de la plaisanterie, comme un verbe qui n’existerait pas vraiment. L’académie française dit même que c’est « un barbarisme qu’il faut à toute force proscrire ». L’histoire de ce mot m’a plu. Car pour moi, la langue, l’orthographe, la culture, ce sont des choses qui ne sont pas figées qui évoluent. Je dis toujours que la culture est polymorphe. Elle est propre à chacun. Et donc à partir de là est né « Culturez-moi » je trouvais le double sens sympathique. Pour les lecteurs qui viennent chercher des idées culturelles, des idées de lecture et pour le double sens à l’oral : « Culture et moi ».
Mais bon, il ne se passe pas une semaine sans que je me demande si j’ai fait le bon choix sur ce nom de blog ! 😂

 

  • Qu’est ce qui t’a motivé à créer ton blog Culturez-moi ?

Concrètement, depuis quelques mois, je fais une pause dans ma vie professionnelle. J’avais donc beaucoup plus de temps libre. Je me suis dit que c’était le moment parfait pour faire ce que j’avais toujours eu envie de faire : parler de mes lectures. Cela faisait déjà très longtemps que je suivais des blogs, notamment sur le registre du polar, comme le tien, celui d’Anaïs Serial Lectrice ou encore de Tomabooks. Et puis je me suis dit : pourquoi pas moi ? Alors je me suis lancée, j’ai créé ce blog et j’ai découvert une communauté de lecteurs adorables, bienveillants et passionnés. Pas une seule fois j’ai regretté de m’être lancée dans l’aventure et je m’éclate un peu plus chaque jour. Récemment, je me suis lancée dans les « points lecture » en vidéo sur Instagram. Je prends beaucoup de plaisir à faire ces petites vidéos et j’ai plein de retours hyper encourageants. Ça motive et ça fait chaud au cœur.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog chaque semaine ?

Déjà je lis beaucoup. C’est un peu la base pour tenir un blog littéraire ! En moyenne je lis 2 à 3 heures par jour, beaucoup plus le weekend. Ensuite, je prends pas mal de temps pour rédiger mes chroniques et prendre les photos pour les illustrer. En général, après avoir terminé un livre, j’écris ma chronique « à chaud » et je reviens plusieurs fois dessus dans les jours qui suivent. En moyenne, je dirais que je passe environ 2 heures pour la rédaction d’un article. Pour les photos tout va dépendre de mon inspiration du moment. Parfois il me suffit de 2 minutes, parfois je vais passer 3 heures à tester des compositions différentes. Donc pour conclure, si je mets tout ça bout à bout, je dirais au moins une dizaine d’heure par semaine parfois plus. Mais franchement, je ne compte pas mon temps. C’est un vrai plaisir.

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ? 

La question qui tue ! Je vais essayer de te faire un petit podium.
Forcément, le grand maître de l’horreur est sur mon podium. C’est grâce à Stephen King que je suis devenue accro à la littérature noire. J’avais 12 ans quand j’ai lu Simetierre, forcément ça marque !
Il y a également Maxime Chattam, j’ai lu l’intégralité de ses romans. C’est clairement mon auteur chouchou. J’aime sa façon de mettre en scène ses personnages et ses intrigues sont toujours originales et très travaillées. C’est également un auteur adorable, proche de ses lecteurs. J’ai eu la chance de le rencontrer lors d’une séance de dédicace et ça restera un de mes plus beaux souvenirs de ma vie de lectrice.
Enfin, je vais avoir du mal à faire un choix, mais il y une nouvelle vague qui est en train de déferler dans le paysage du thriller français. Ces dernières années on a eu du très très lourd avec des auteurs comme Mattias Köping, Ghislain Gilberti, Frédéric Mars, Antoine Renand. Ce sont des auteurs qui cassent les codes, qui n’hésitent pas à bousculer le lecteur avec des scènes extrêmement violentes. Le polar a de très belles années devant lui. La relève est clairement assurée !

 

  •  Quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Je suis aussi une accro de séries télé. Peut-être un peu moins maintenant… Attention je vais faire ma réac’ mais je trouve que les séries d’aujourd’hui sont trop aseptisées. On est loin de l’âge d’or des séries des années 2000 avec des monstres comme Les Sopranos, Lost ou The Wire. Avec Netflix on a des séries à la pelle c’est sûr, mais la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Les vraies bonnes séries se comptent sur les doigts d’une main tous les ans.
Sinon je suis aussi une grande fan de jeux vidéo. J’ai grandi avec les Game-Boy, la Gamecube et les Xbox alors forcément… Mais je me limite un peu, parce que passer 150 heures sur le dernier Assassin’s Creed ça n’aide pas à avancer dans les lectures !
Et sinon l’apéro au soleil sur la terrasse ça compte comme passion ? 😅

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

La lecture c’est quelque chose de formidable. Il y en a pour tout le monde, tous les goûts, tous les âges. Je n’arrête pas d’entendre que les jeunes lisent de moins en moins et pourtant il suffit de rechercher le hashtag #bookstragam sur Instagram pour se rendre compte que la littérature est partout. Je pense au contraire que les livres sont plus que jamais au cœur des loisirs actuels et j’en suis très heureuse.

Et pour finir. Un immense merci à toi, Steve, pour cette interview ! Je suis sincèrement très flattée que tu aies choisi mon blog pour cet entretien. Merci également à tous tes lecteurs qui auront lu mes longues lignes de parlotte 😉

 

Merci à Angie de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. A très vite pour un nouvel entretien.

Voici l’adresse de son blog : https://culturez-moi.com/

 

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Le Colis – Sebastian Fitzek

 

Un grand merci aux Editions l’Archipel pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de l’auteur Allemand Sebastian Fitzek. Alors oui cet auteur est une valeur sûre dans le monde du thriller psychologique. Mais ma première expérience avec lui a été compliquée. Après c’est vrai que pour sa décharge je ne suis pas vraiment fan de ce genre. En tout cas je ne pouvais pas manquer son dernier roman Le colis sortie en ce début d’année. Allez suivez-moi c’est parti pour Berlin la belle capitale Allemande. couv10685228

On fait connaissance avec Emma Stein une psychiatre très célèbre dans son pays. Seule dans sa chambre d’hôtel, un soir après une conférence, elle se fait agresser par un tueur en série que les médias ont surnommé le Coiffeur, car ce dernier rase la tête de ses victimes avant de les tuer. Heureusement elle s’en sort, mais malheureusement personne ne la croit. Emma ne correspond en rien au profil habituel des victimes, l’endroit qu’elle décrit est introuvable et elle ne se rappelle plus comment elle a pu s’échapper. Suite à son agression Emma est dépressive, elle ne sort plus de chez elle et se bourre de médicaments. Le nombre de personnes qui peuvent l’approcher se compte sur les doigts d’une main. Il lui arrive des choses tellement bizarres que l’on en vient à se demander si tout se produit réellement ou si elle n’est pas tout simplement folle… Et un matin lorsque son facteur sonne à sa porte et lui demande de réceptionner un colis pour son nouveau voisin, qu’elle ne connait pas, tout va basculer, elle va sombrer dans la paranoïa… ou pas… ?!

Le récit est dynamique, les chapitres sont courts et entre folie et réalité il n’y a bien souvent qu’un pas. En tant que lecteur on se pose un tas de questions. Si on aime bien
ce genre de thriller honnêtement c’est très efficace et le roman se lit très vite. Et bien entendu Sebastian Fitzek maîtrise son thème de prédilection que sont les troubles mentaux. Mais bon j’ai trouvé l’histoire dans sa globalité assez incohérente avec un manque de réalisme ahurissant.

Au final que dire de ce livre… Le colis est un huis clos psychologique à l’intrigue qui va un peu trop loin pour moi… Et honnêtement que dire du dénouement complètement irréaliste… Je ne compte pas renouveler l’expérience. Je n’aime vraiment pas ce genre d’histoire et d’intrigue. Es tut mir leid Sebastian, ich habe ja versucht dich zu verstehen aber ich kann es einfach nicht…

Résumé de l’éditeur :

Psychiatre, Emma Stein a été victime d’une agression nocturne dont elle s’est miraculeusement sortie. Depuis, elle vit recluse dans sa maison, de peur de croiser à nouveau la route de ce psychopathe que la presse a surnommé le Coiffeur.
Un jour, son facteur lui demande d’accepter un colis pour l’un de ses voisins. Emma connaît tous ceux qui habitent dans sa rue.
Or, jamais elle n’a entendu parler de cet homme…

Sebastian Fitzek – Le Colis (Editions l’Archipel 2019) traduit de l’allemand par  Jean-Marie Argelès.

Son titre original est « Das Paket » (2016).

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Les Petites filles – Julie Ewa

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du roman Les Petites filles de Julie Ewa. Cela fait longtemps que j’entends parler de cette auteure alsacienne très talentueuse. D’ailleurs c’est la première fois que je lis et que j’écris une chronique d’une auteure qui est originaire du Sundgau en Alsace comme moi. C’est parti suivez-moi en direction de Mou di en Chine pour un roman dépaysant. julie-ewa

Tout d’abord il faut savoir qu’on évolue entre deux époques, le présent avec Lina et les années 90 avec Sun. On fait rapidement la connaissance de Lina, une jeune étudiante alsacienne de 23 ans au passé compliqué. Cela fait plusieurs années qu’elle est bénévole aux Blouses Roses et donne de son temps aux jeunes malades sur Strasbourg. Ayant envie de changer d’air elle décide de partir en Chine pour finir ses études universitaires à Canton. Mais à peine arrivée, elle se fait accoster par Thomas, un humanitaire qui travaille pour une ONG et enquête sur des disparitions d’enfants. Il lui demande de l’aide et après une nuit de réflexion elle décide de foncer. Dès lors elle a pour mission d’obtenir des informations concernant la disparition de Sun Tang disparue en 1991. C’est ainsi qu’elle va loger chez les moines bouddhistes dans leur temple à Mou di un petit village paysan. Mais dès qu’elle met les pieds dans ce village, elle va très vite comprendre que ce ne sera pas si simple d’obtenir des informations et d’avoir la confiance des habitants.
Parallèlement on suit Sun Tang, une jeune chinoise de 23 ans, mère d’une petite fille de 6 ans, elle attend son deuxième enfant, en espérant donner un fils à son mari. Alors quand sa fille disparait du jour au lendemain, Sun Tang ne peut compter que sur elle-même pour savoir ce qu’il s’est passé et retrouver sa fille…

Dans ce roman noir, Julie Ewa aborde des sujets très délicats, tel que le trafic d’enfants et plus particulièrement celui des petites filles victimes de la politique de l’enfant unique en Chine mise en place par le gouvernement en 1979, pour entraver la surpopulation. Mais également la mafia, la corruption de la police en Chine, la prostitution et le trafic d’organes…
J’ai beaucoup aimé sa plume et le fait de dynamiser le récit avec des chapitres très court. Le fait d’alterner entre passé et présent est également une très bonne idée niveau suspense. J’ai trouvé que Julie Ewa qui signe avec Les Petites filles son second roman a vraiment maîtrisé son roman de bout en bout.

Les Petites Filles est un mélange entre thriller et roman noir. Ce livre est poignant et cruel, il est malheureusement tiré de faits réels. C’est un roman qui interpelle et nous fait réfléchir. Je ne peux que vous le conseiller. J’ai hâte de lire son nouveau livre Le Gamin des ordures.

Résumé de l’éditeur :

Bénévole dans une association qui s’occupe d’enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d’enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d’espionne sur place où elle découvre vite les ravages de la politique de l’enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village. Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle…
Réseaux d’adoption clandestins, mafias chinoises, trafics d’organes, prostitution… oscillant entre passé et présent, un thriller dépaysant, remarquablement documenté, qui nous conduit au cœur d’une Chine cynique et corrompue où la vie d’une petite fille ne vaut que par ce qu’elle peut rapporter.

Julie Ewa – Les Petites Filles (Editions Albin Michel  2016), (Editions Le Livre de Poche 2017)

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Entretien avec Pascal du blog Univers Polars

Aujourd’hui on continue cette série d’entretien avec un collègue Suisse, Pascal du blog Univers Polars.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

En quelques mots ? Non, je ne peux pas ! J’ai une manie qui est quelques fois une qualité mais souvent un défaut, soit de trop écrire. Je n’arrive jamais à faire court. Alors, pour faire moyennement court, ou long, – tout est relatif, finalement -, je me prénomme Pascal, 43 ans, marié, deux enfants jumeaux de 13 ans, un chien (qui nous ramène des truffes) et trois chats (qui ne nous ramènent rien). Je vis dans le canton de Fribourg, en Suisse. Je suis flic dans un centre d’intervention depuis 20 ans. En quelques mots – encore ! -, j’interviens pour divers événements, tels que cambriolages, violences domestiques, agressions, stup, levées de corps (morts naturelles, suicides, accidents, meurtres – très peu ici), etc, soit toutes les belles choses de la vie … La première intervention a toujours été « mon truc ». Je suis bientôt le plus vieux sur le terrain ! C’est un job qu’il faut aimer et, surtout, il faut savoir pourquoi tu le fais. Un job souvent ingrat : un jour, tu es un « héros », le lendemain une « vulgaire merde ».

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Vraiment le premier souvenir ? Tu es sûr ? Car je m’en souviens réellement. J’avais, on va dire, quelques années… J’ai reçu « Le livre de la jungle » que j’ai déchiré en entier après quelques minutes en déclarant haut et fort : « A quoi va-t-il me servir, je ne sais pas lire et je ne le saurai jamais ! ». Drôle de réaction, je l’admets …
Sinon, concernant le polar, mes premiers souvenirs sont les « San Antonio » de Frédéric Dard et les « Agatha Christie » … … d’Agatha Christie !

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

Le 26 avril 2011. Le nom complet de mon blog est « Mon univers du polar, du roman noir et du thriller » car, d’une part, ce sont les trois genres qui me passionnent et, d’autre part, ceci représente pour moi tout un univers. Je suis quelqu’un qui est doté d’une âme assez solitaire, j’aime m’enfermer dans ma bulle, et justement dans cet univers. Je ne sais pas si le polar est une extension de mon boulot, une sorte d’exutoire. Lire la douleur des gens, des flics dans les polars, dans la fiction, me permet peut-être, inconsciemment, d’oublier la mienne. C’est assez paradoxal. C’est très flou comme sentiment, c’est dur à expliquer. Je pense que cela me fait du bien ou me rassure de lire des situations que je connais, mais qui ne me concernent pas.
Tu as vu comme j’ai totalement dévié de la question de base ??

 

  • Qu’est ce qui t’a motivé à créer ton blog Universpolars.com ?

Ma motivation ? Je ne vais pas pouvoir faire très court, désolé. Alors … Mon père est également un grand fan de polars / thrillers et m’a souvent demandé ce que j’avais d’intéressant à lire. Un jour, j’ai décidé de mettre tous les livres que je possédais sur un blog – aucune idée ce qu’était un blog à l’époque ! -, avec juste les 4ème de couverture. De cette manière, cela lui donnait l’occasion d’aller en ligne pour consulter ma bibliothèque. Lorsque je l’ai revu, je lui ai demandé ce qu’il en avait pensé et il m’a répondu que c’était absolument nul, en précisant que c’était justement mon avis perso sur les bouquins qui l’intéressait. Depuis ce jour-là, je chronique chaque bouquin qui me passe entre les mains, aimé ou non. Donc, pour répondre à ta question, l’origine est purement familiale. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Je suis très bluffé par l’évolution de mon blog.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog chaque semaine ?

Cette fois-ci je vais faire plutôt court car je n’en ai absolument aucune idée. Je consacre très peu de temps pour l’aspect visuel, car cela ne m’intéresse pas. Je ne me focalise que sur le contenu. Les « puristes » me disent que j’ai tort, que c’est une carte de visite mais, pour moi, cela serait de l’escroquerie de faire un beau paquet, bien ficelé, avec que du vide à l’intérieur. Sinon, j’écris mes chroniques en même temps que je lis le bouquin. Je prends des notes, page après page. De cette manière, je crois que je ne passe pas à côté de grand-chose. Du coup, je n’arrive pas à répondre à ta question et j’ai même réussi à faire long pour ne rien dire !

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ? 

Je te sors juste une petite sélection qui me vient en tête. Je m’intéresse à Franck Thilliez depuis ses débuts. Il me bluffe souvent et c’est ce que je recherche dans un bouquin : me faire manipuler. Je suis de nature très méfiante et lorsqu’un auteur a réussi à le faire, je suis conquis ! Pour ce même côté « bluffant », j’adore Denis Lehane. J’ai un pote suisse qui a aussi cet art de te retourner la tête avec ses trames impressionnantes, c’est Nicolas Feuz. Il est procureur à Neuchâtel et ses polars sont bien étayés, assez réalistes. Je dis assez car il va parfois très loin ! J’aime Bernard Minier pour son atmosphère, Olivier Norek pour son réalisme, Jussi Adler-Olsen pour son univers, Jacques-Olivier Bosco pour ses polars nourris de vengeance, Karine Giebel pour ses personnages intrigants, Johana Gustawsson pour ses trames déchirantes, Ian Manook pour sa trilogie en Mongolie, Patrick Senécal pour sa violence. J’en oublie, c’est certain …
Il y a des auteurs qui sont parfois moins connus et qui mériteraient beaucoup plus ! Je pense là au Lyonnais André Blanc, qui te sort des polars absolument grandioses ! Mais le monde du livre, de l’édition est parfois un univers impitoyable. Vaste sujet …

 

  • Quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Ma famille, qui est un vrai pilier. J’aime pratiquer la course à pieds, pour rester en forme. Je suis passionné de vin et de bière (avec modération, quoique …). J’aime beaucoup aller au resto avec ma femme. Elle apprécie tout particulièrement ce moment, car elle sait pertinemment que ne vais pas sortir un polar … Selon elle, j’abuse un peu …

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Lire ! Et merci à toi !

 

Merci à Pascal de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. J’espère que cet échange vous a plu. A très vite pour un nouvel entretien.

Voici l’adresse de son blog : http://www.universpolars.com/

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Territoires – Olivier Norek

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de Territoires, le second opus de la saga du capitaine Victor Coste. J’avais bien aimé le premier tome Code 93, c’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé ce personnage créé par Olivier Norek. D’ailleurs il était grand temps pour moi de retrouver Coste et son équipe. Allez suivez-moi c’est parti direction Seine-Saint-Denis.norek-territoires

L’histoire débute avec les meurtres de trois dealers qui règnent sur la cité de Malceny dans le 93. La brigade du capitaine Victor Coste est obligée de déléguer cette affaire à la brigade des stupéfiants et la deuxième brigade de la SPDJ. Un tueur inconnu, a décidé de reprendre la main sur le trafic de drogue de la cité. C’est alors que tout commence à aller de travers, d’autres personnes, qui n’ont apparemment aucun lien avec ces meurtres sont retrouvées assassinées. D’un côté on va suivre une bande de jeunes caïds très violents et d’un autre on fait connaissance avec Andrea Vesperini, la maire de cette ville. Une femme très manipulatrice qui ne recule devant rien pour se faire réélire. On découvre à travers elle, les côtés très sombres de la politique. Et lorsqu’une émeute crée le chaos dans la cité, les pièces du puzzle se mettent en place chez le capitaine Coste.

Comme Code 93, Territoires est un roman terriblement réaliste au rythme soutenu, avec une écriture percutante et une intrigue passionnante. Entre règlements de compte, tortures, trafic de drogue, nourrice et corruptions, on est servi. Après Code 93, je trouve que l’auteur est encore monté d’un cran.
Quel plaisir de retrouver l’équipe du capitaine Coste. J’aime beaucoup ce dernier, qui est un personnage très charismatique. Ainsi que Ronan le dragueur de l’équipe, Sam le geek qui ne supporte pas la vue du sang et des cadavres et enfin Johanna une femme à la carrure d’homme au caractère bien trempé mais qui prend bien soin de tout le monde.

Territoires est un polar angoissant mais malheureusement très réaliste. Olivier Norek sait de quoi il parle, on sent l’expérience du terrain, de ce fait il maîtrise parfaitement son sujet. C’est le troisième roman que je lis de cet auteur et je ne suis jamais déçu. Olivier Norek est un auteur talentueux qui est devenue une valeur sûre dans le paysage français du polar.

Résumé de l’éditeur :

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L’exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d’à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé…
et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles – loin d’être aussi fictives qu’on pourrait le croire – où les assassins eux-mêmes sont manipulés.

Olivier Norek – Territoires (Editions Michel Lafon 2014), (Editions France Loisirs 2015), (Editions Pocket 2015)

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