Entretien avec Nicolas Feuz – Le Miroir des âmes

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● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Né en 1971 et père de deux enfants, je vis à Neuchâtel, en Suisse. Titulaire du brevet d’avocat, j’ai travaillé comme juge d’instruction de 1999 à 2010, puis comme procureur de 2011 à ce jour, avec spécialisation dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. En 2010, j’ai écrit mon premier polar, Ilmoran, l’avènement du guerrier (sorti en librairie en février 2013). De 2010 à 2019, j’ai écrit dix polars au total, soit un par année. Le prochain, L’ombre du Renard (Slatkine & Cie), sortira en libraire le 21 août 2019, en même temps que la réédition du Miroir des âmes au Livre de Poche.

 

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Comme j’ai débuté en auto-édition et que je ne connaissais rien au milieu professionnel du livre, mon premier souvenir marquant a été le jour où j’ai débarqué à l’improviste dans une grande librairie de Neuchâtel, avec des exemplaires de mes livres sous le manteau, un peu honteux comme si je cachais des paquets d’héroïne ou de fausses montres, pour demander s’il existait une possibilité de les mettre en vente. Ce jour-là, je devais être aussi rouge que le sang.

 

D’où vous est venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

C’est arrivé un peu par accident. Durant l’automne 2010, je me suis retrouvé sans lecture lors de vacances au Kenya. Je venais de sortir du Vol des cigognes de Jean-Christophe Grangé. Cette histoire qui débutait en Suisse (Montreux) et se terminait en Afrique (Centre-Afrique) m’a marqué. J’ai alors volé un bloc-notes et un stylo dans l’hôtel où je me trouvais, et j’ai imaginé un scénario qui débutait en Suisse (Neuchâtel) et se terminait en Afrique (Kenya). Ainsi est né Ilmoran, l’avènement du guerrier, qui est devenu par la suite le premier tome de la « Trilogie massaï ».

 

Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre dernier roman « Le Miroir des âmes » ?

Dans le cadre de mon travail de procureur, j’ai eu l’occasion de m’occuper de nombreux dossiers touchant les milieux balkaniques du trafic d’héroïne et de la traite d’êtres humains, en particulier de réseaux illégaux de prostitution, dans lesquels la violence physique et psychologique est omniprésente. Rajoutez à cela une toile de fond européenne focalisée sur les actes terroristes et un Etat de Neuchâtel grevé par les problèmes financiers, notamment en raison de l’explosion des coûts de l’aide sociale, et mettez le tout dans un mixer.

 

Comment vos personnages prennent-ils vie en général ?

A 80%, ils sont imaginaires, mais il m’arrive régulièrement de m’inspirer de telle ou telle facette d’une personne existante, voire de moi-même. En particulier, je me suis souvent inspiré de policiers avec lesquels je travaille tous les jours depuis vingt ans. Peut-être moins dans Le Miroir des âmes (où il s’agit essentiellement de ripoux) que dans mes précédents polars.

 

De quoi, au jour d’aujourd’hui, êtes-vous le plus fier dans vos livres ?

De manière générale, des rebondissements de dernière minute. Tout particulièrement dans Horrora Borealis, mais aussi dans Les Bouches par exemple. Je dois préciser que les twists finaux sont souvent le point de départ de la construction de mes scénarios.

 

● Etes-vous un grand lecteur et si oui qui vous a inspiré ?

Je lis moins depuis que j’écris et surtout, je ne lis jamais en période d’écriture, afin de ne pas être influencé par le style d’un autre auteur. Mais hormis les rapports de police et les procès-verbaux d’audition que je lis à longueur de journée, je ne lis pratiquement que des polars, principalement en vacances. Essentiellement des polars français et nordiques, moins américains.

 

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Depuis août 2018, sorties parallèles du Miroir des âmes (Slatkine & Cie) et d’Horrora Borealis (Le Livre de Poche) dans toute la Francophonie, je suis plus qu’auparavant soumis à la critique, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Toute critique est bonne à prendre, surtout si elle est constructive et présente une certaine récurrence d’un avis à l’autre. C’est par exemple le cas du manque de développement de certains de mes personnages, dont je sais aujourd’hui que c’est peut-être un de mes points faibles (même si d’autres critiques ne sont pas d’accord avec ça et tentent de me convaincre de ne rien changer à ma manière d’écrire). En revanche, j’ai souri en lisant une ou deux fois sur des blogs que telle ou telle scène d’Horrora Borealis ne serait pas réaliste ou largement exagérée, alors qu’en réalité les faits ou détails critiqués se sont vraiment produits dans des dossiers judiciaires existants. Je ne peux toutefois jamais répondre ouvertement à ce genre de critiques, car cela reviendrait d’une part à spoiler l’histoire du livre, d’autre part à violer un secret de fonction. Cette expérience m’a finalement convaincu que ce n’est pas le rôle de l’écrivain de répondre à ce genre de critiques et j’ai appris à vivre avec, ce qui ne m’empêche pas d’en rigoler avec les policiers neuchâtelois qui lisent mes polars, qui me conseillent parfois avant leur parution et qui connaissent les dossiers en question.

 

Lien vers ma chronique Le Miroir des âmes

Je tiens à remercier Nicolas Feuz d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur.

 

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Biographie de Nicolas Feuz

Né en 1971 à Neuchâtel/Suisse, Nicolas Feuz a étudié le droit à l’Université et obtenu le brevet d’avocat, avant d’être élu en 1999 comme juge d’instruction, puis en 2008 comme président du collège des juges d’instruction, et enfin en 2011 comme procureur de cette petite République helvétique. Marié et père de deux enfants, il s’est lancé dans l’écriture de romans noirs en 2010.

Là où certains de ses proches voyaient de longue date un moyen de laisser éclater au grand jour une imagination sans limites, d’autres y verront peut-être une sorte d’auto-débriefing face à toutes les horreurs que la police et la justice pénale doivent affronter au quotidien : une réalité souvent plus sombre et plus « cash » que dans bien des fictions se voulant réalistes…

Entretien avec Nathalie du blog Mes Lectures du Dimanche

 

Après la Suisse et la France, je continue cette série d’entretien avec une blogueuse Belge, Nathalie du blog Mes Lectures du Dimanche.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Me résumer en quelques mots est un exercice bien ardu ! 😊 Je m’appelle Nathalie, j’ai 39 ans. Je suis indépendante et travaille aux côtés de mon mari à aider les entreprises à réaliser des plans d’économies d’énergie et, in fine, à participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Rien ne me prédestinait à atterrir dans ce domaine parce, depuis toute petite, je rêvais d’être interprète. J’ai même commencé des études universitaires dans ce sens, mais mon parcours personnel m’a détourné de cette voie et, après quelques errances professionnelles, j’ai repris des études à horaire décalé alors que j’étais maman d’une petite fille qui n’avait pas encore un an. Quelques années (et beaucoup de labeur) plus tard, j’ai obtenu un graduat en informatique, moi qui sortait d’études de latin-langues ! Lorsque j’ai démarré dans l’entreprise où je suis toujours aujourd’hui, j’étais sensée contribuer aux développements logiciels que nous utilisons pour les mesures d’énergie, au lieu de quoi j’ai mis les pieds sur le terrain et j’ai tellement aimé que j’y suis restée, devenant un « médecin généraliste » des problèmes énergétiques. C’est un métier enrichissant, car j’ai la chance de parcourir l’industrie et d’y découvrir des trésors, humainement et technologiquement parlant. Côté privé, mon mari et moi sommes à la tête d’une joyeuse bande de gamins rassemblés sous le terme très actuel de « famille recomposée », alliant ma fille, les deux siennes et notre petit garçon. Si les démarrages n’ont pas toujours été faciles, je pense que nous avons maintenant notre rythme de croisière, sachant que mon passé m’a appris à savourer les petites choses, et je m’efforce donc au quotidien d’être le moteur de la famille afin de créer dans nos mémoires le plus de souvenirs heureux possibles. Mon leitmotiv est Carpe Diem et même si je suis parfois bien incapable de l’appliquer, je reste fondamentalement convaincue de la force qu’on peut tirer des plus petites choses…
Ah oui, pardon, tu avais dit quelques mots…

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Lorsque j’avais cinq ans, peu avant mon entrée en primaire, mes parents ont déménagés de l’Allemagne à la Belgique. Ce genre de déménagement demandant beaucoup d’organisation, ma marraine (très jeune à l’époque) s’est vu assignée à la tâche de garde chiourme pour mon grand frère et moi. Et elle m’a appris à lire. Après quoi, dès mon entrée en primaire, il y a toujours eu un livre dans le prolongement de mes mains. A six ans, la Comtesse de Ségur, à dix, Delly, à douze, Mary Higgins Clark… J’ai l’impression que les livres ont toujours et feront toujours partie de moi !

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

Et bien ce mois-ci, je fêterai les deux ans de « Mes Lectures du Dimanche » ! Je compte d’ailleurs passer ce cap avec un petit concours 😊. J’ai choisi « Mes Lectures du Dimanche » parce qu’avec un tel métier et autant d’enfants il est clair que j’ai vraiment très peu de temps pour lire, y consacrant généralement seulement mon dimanche ! Le soir, je suis généralement trop fatiguée, et le matin trop pressée… Dès lors, le nom s’imposait à moi, avec aussi cette connotation « du dimanche » qui signifie « amateur » (comme quand on traite un conducteur de « chauffeur du dimanche ») ! Parce que je ne veux pas me prendre trop au sérieux et que je suis bien consciente que mes avis ne sont que la transcription de mes ressentis et en aucun cas une analyse critique professionnelle. J’estime que, même si un livre ne m’a pas plu, l’auteur y a travaillé dur et je n’ai pas le droit de dénigrer son travail. D’ailleurs, quand je n’ai pas aimé un livre, je m’efforce de trouver un lecteur plus enthousiaste et d’insérer un lien vers son retour dans mon article.

 

  • Qu’est ce qui t’a motivé a créé ton blog Mes Lectures du Dimanche ?

Au départ, j’ai commencé à écrire mes ressentis de lecture à chaque bouquin terminé parce que je commençais à me rendre compte que j’oubliais parfois que j’avais lu tel ou tel livre, ou je me souvenais de l’avoir lu sans pouvoir me rappeler ce que j’en avais pensé ! Je gardais consignés ces retours de lecture dans un fichier à l’abri de tout regard. J’ai fini un jour par les soumettre à une amie qui cherchait une idée lecture. C’est elle qui m’a incitée pendant de longues semaines à les partager au travers d’un blog… J’ai hésité longtemps, puis j’ai fini par me lancer, et sans aucun regret ! Je sais que depuis, elle est devenue une discrète lectrice de mon blog et qu’elle reste ma plus fervente supportrice ! Je profite aussi de ce petit paragraphe pour souligner le rôle d’Isabelle dans « Mes Lectures du Dimanche », grâce à qui certaines fautes d’orthographes disparaissent mystérieusement quelques jours  après la publication d’un article…

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog chaque semaine ?

Ça c’est vraiment très aléatoire ! Je ne rédige que mes retours de lectures, donc ça peut être un par mois ou deux par semaines, selon les lectures que j’enchaîne ! Avant, je publiais aussitôt ma chronique écrite, maintenant je commence à planifier, histoire de ne pas surcharger pendant quelques jours et être ensuite muette plusieurs semaines. J’ai quand même du mal à « planifier » mes articles, mais j’essaie de m’y conformer. Le problème, c’est que j’ai une façon d’écrire assez instinctive, et je trouve que mes chroniques perdent en spontanéité si je me relis plusieurs fois. Par contre, je suis très régulière en ce qui concerne la lecture des blogs que je suis. Tous les matins, en déjeunant, j’ouvre mon lecteur WordPress et je reprends la lecture des articles où je m’étais arrêtée. Parfois aussi durant ma pause déjeuner ou quand un client me fait poireauter. C’est important pour moi de tout lire, par respect pour les bloggeurs qui prennent le temps de partager leurs sentiments.

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ?

Adolescente, c’est Mary Higgins Clark qui m’a ouvert les portes du genre policier et, même si maintenant ces histoires un peu neuneu ne remportent plus mes suffrages, je reste attachée à cet auteur pour tout ce qu’elle m’a apporté dans mon parcours de lectrice. Ces dernières années, Franck Thilliez est devenu l’un de mes auteurs préférés, rejoignant Harlan Coben que j’avoue adorer, même si certains le voient comme une machine à succès rodée et réchauffée. Pour les autres, grâce à tous les bloggeurs que je suis, je diversifie mon panel, ayant ainsi découvert Claire Favan, Olivier Norek, Patrick Bauwen, Barbara Abel, Nicolas Feuz, Sandrine Colette, Jérôme Loubry, et j’en oublie tellement ! Des découvertes que, sans le blog, je n’aurais jamais faites !

 

  • Quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Dans un style d’une futilité exaspérante, j’adore me peinturlurer les ongles ! Mais hormis la lecture, j’adore passer du temps en famille ! Chasse aux œufs et goûter de Pâques, déjeuner de Saint-Nicolas, autant de rendez-vous incontournables durant lesquels je réunis toute la famille, et grands et petits s’amusent et finissent par attendre ces rendez-vous avec impatience. Dans ces cas-là, je me transforme en Bree Van de Kamp le temps de la préparation pour ensuite devenir Lynette Scavo quand tout le monde est réuni. Carpe Diem ! 😊

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Tout d’abord un immense merci à toi, Steve, pour cette mise à l’honneur qui me touche énormément, et ensuite un autre immense merci à cette communauté de bloggeurs littéraires ou passion, échange et respect sont les maîtres-mots.

 

Merci à Nathalie de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. J’espère que cet échange vous a plu. A très vite.

Voici l’adresse de son blog : https://lecturesdudimanche.com/

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Entretien avec Nicolas Beuglet – Complot

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 Comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour « Complot » ?

Quand je travaillais encore en télé, une collègue m’a dit que j’étais macho et que toute façon, tous les hommes l’étaient. J’ai été très troublé parce que je ne me voyais pas du tout comme ça. Et c’est là que je me suis dit qu’il devait y avoir des comportements innés et hérités dont les hommes ne se rendaient même plus compte. J’ai alors commencé à faire des recherches sur la misogynie et ses origines. Les hommes avaient-ils toujours dominé la société ? Les femmes avaient-elles eu plus de pouvoir avant ? Et si c’était le cas, comment cela se passait et pourquoi l’avaient-elles perdu ? Ce que j’ai découvert m’a retourné et c’est ainsi qu’est né Complot qui porte, selon moi, le titre parfait pour décrire ce que les hommes ont fait à l’autre moitié de l’humanité.

 

● J’ai retrouvé Sarah et Christopher avec plaisir, qu’est ce qui t’a poussé à écrire un second opus avec ces deux personnages ?

Cela a toujours été prévu. Sarah est une femme qui ne dit pas tout sur elle, mais qui ne sait pas non plus tout sur elle. Elle a un long chemin à parcourir pour comprendre qui elle est et trouver sa place dans le monde…

 

● Tu décris parfaitement tous les lieux, nous fais voyager à travers le monde comme pour le Cri, te rends tu sur place pour être si précis ?

Non, pas forcément. Mais je me renseigne beaucoup avant d’écrire. Et je n’hésite pas à contacter directement des gens qui vivent sur place pour avoir des détails sur les bruits environnants, les odeurs…Ensuite, c’est aussi le travail de l’auteur que de vous faire ressentir un lieu, comme s’il avait toujours vécu là-bas alors qu’il n’y a pas mis les pieds. Regardez où Alphonse Daudet a écrit les provençales lettres de mon moulin.

 

● Dans Complot tu évoques certaines thématiques sociales très forte comme le féminisme et la religion, quel message souhaites-tu faire passer ?

Mon camarade Hervé Commère me demandait lors d’une conférence si j’écrivais pour changer le monde. Alors, j’écris pour deux raisons : d’abord et avant tout pour faire plaisir au lecteur. Et ensuite si possible, pour lui faire partager l’étonnement et l’excitation que j’ai eu en découvrant des choses méconnues et pourtant fondamentales. Des révélations qui feront que vous ne regarderez plus le monde ou votre quotidien comme avant, et j’espère avec plus de justesse. Demandez à Hervé si lui aussi il écrit pour changer le monde, vous verrez, sa réponse est différente.

 

● Peux-tu nous dire si un troisième tome est déjà en cours d’écriture ?

Oui… et d’ailleurs c’est pour cela que j’ai mis un peu de temps à répondre à cette entretien.

Lien vers ma chronique de Complot

Je tiens à remercier Nicolas Beuglet d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar.

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Entretien avec Perrine Savary, coordinatrice du Festival Bloody Fleury 2019

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  • Perrine peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis bibliothécaire depuis 10 ans, coordinatrice du festival Bloody Fleury depuis 5 ans. J’aime lire, majoritairement du noir, mais j’aime aussi beaucoup la littérature de jeunesse et la Bande Dessinées ! Ce que j’aime dans mon métier ce sont les échanges que le livre suscite, que ce soit entre les bibliothécaires, libraires, lecteurs ou auteurs. Je suis très attachée aux émotions que la lecture procure.

 

  • Parle-nous un peu du festival Bloody Fleury ?

C’est un festival dont la 4ème édition a eu lieu du 1er au 3 février. Il a pour spécificité de faire intervenir quasiment tous les auteurs sur des rencontres (scolaires, tables rondes ou « papotes » par exemple). Nous pensons qu’il est important de permettre au lecteur/visiteur de découvrir un peu l’univers de l’auteur avant de pouvoir l’aborder en dédicaces. Bloody Fleury c’est aussi un mélange d’animations variées autour de la thématique du polar, nous proposons des murder party, des escape-room, des ateliers, des expositions, du jeu vidéo… Nous aimons l’idée de proposer un évènement qui soit le plus convivial et festif possible, ce qui fait que je crois que même des « non-lecteurs » peuvent y passer un excellent moment ! Chaque année nous invitons une quarantaine d’auteurs, avec des nationaux et internationaux, des livres adultes et jeunesse, de la BD… nous cherchons à varier les styles pour que chacun y trouve son compte.

 

  • Quel est ton rôle au sein de ce festival et qu’est ce qui t’a poussé à t’investir dans la création d’un tel évènement ?

Depuis mes études j’ai toujours adoré les évènements littéraires et être l’intermédiaire entre le livre et le lecteur. J’aime l’idée de mettre les auteurs à l’honneur eux qui travaillent la plupart du temps seuls et dans l’ombre. Il y a 5 ans le maire de Fleury-sur-Orne (pour lequel je travaillais déjà en tant que bibliothécaire) m’a demandé d’organiser un salon du livre. Nous avons donc étudié ce qui ne se faisait pas dans la région et avons décidé de nous consacrer au polar. Mon rôle c’est de mettre en place la programmation (inviter les auteurs, choisir des animations, articuler le tout sur 3 jours…) mais aussi de gérer tous les aspects logistiques (la décoration, la salle, le mobilier, la restauration, les transports des auteurs,…), la communication et enfin les financements. Pour cela je suis assistée par des équipes de bénévoles et mes collègues de la ville (service communication, bibliothèque…)

 

  • Quel bilan tires-tu de cette 4ème édition qui vient de se terminer ?

Globalement les retours que nous avons sur le festival c’est que l’ambiance y est très réussie. Les échanges et les questions du public impressionnent toujours les auteurs qui sont vraiment ravis de venir. Nous avons accueillis un peu plus de 2 700 visiteurs et plus de 1 200 scolaires ont participé aux rencontres. C’est plus que l’an dernier donc nous sommes bien évidemment satisfaits ! Je n’ai pas encore tous les chiffres mais les libraires ont eux aussi vendus davantage de livres, et les animations ont toutes eu une fréquentation très satisfaisante. Nos auteurs étaient heureux, le public visiblement aussi alors nous sommes ravis !

 

  • Est-ce qu’il y aura une 5ème édition l’année prochaine ?

Oh je pense que oui ! D’un point de vue personnel je ne serai pas en charge de la prochaine édition, mais je serai très prochainement remplacée. Bloody Fleury a encore de belles années devant lui et beaucoup de choses à mettre en place ! Nous sommes très sollicités par des établissements scolaires qui souhaitent participer l’an prochain ou par des auteurs qui souhaitent venir donc je ne m’inquiète pas pour lui !

 

  • Je te laisse le mot de la fin à cet entretien.

Merci de m’avoir donné la parole, Bloody Fleury c’est un peu comme mon bébé et j’en suis vraiment fière. Il associe des tas de gens très différents qui ensemble donnent de leur temps, de leur énergie et de leur passion pour en faire un grand week-end où l’humain est au cœur de tout, et franchement on en a bien besoin !

Merci à Perrine de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. J’espère que cet échange vous a plu à très vite.

Voici l’adresse du Festival : http://bloody.fleurysurorne.fr/

Perrine Bloody

 

Entretien avec Yvan du blog EmOtionS

 

Je continue cette nouvelle série d’entretien avec Yvan du blog EmOtionS.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Yvan, 50 piges, de Strasbourg. La suite à lire dans les autres réponses.

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

03 janvier 2013, 6 ans déjà, avec une première chronique concernant Dôme de Stephen King (il fallait bien que je débute par le Maître). Mais j’avais commencé à publier mes chroniques sur le site communautaire Babelio dès mai 2011.
Pour pouvoir te répondre, je suis allé relire mes deux premières chroniques. Elles sont assez ridicules, c’est drôle.
Je commence donc à faire partie des dinosaures des blogs littéraires. Surtout quand on voit que beaucoup peinent à dépasser les 3 ans d’existence.

 

  • Qu’est-ce qui t’a motivé à créer ton blog EmOtionS ?

Une lubie de début d’année pour m’occuper l’esprit, sans penser une seule seconde que quelqu’un viendrait lire ce que j’écris. A l’époque, j’étais très loin du milieu des blogs, sans aucune connaissance de ce domaine et des interactions qu’ils peuvent créer. Je l’ai fait dans un premier temps uniquement pour moi, par besoin de me changer les idées, sans aucune idée de ce que ça pourrait donner ensuite.
A l’évidence j’étais arrivé à une période de ma vie où j’avais besoin de développer cette fibre d’échange sur ce qui peut me toucher dans la culture. Depuis mon adolescence, j’ai toujours été attiré par la nouveauté, toujours à l’affût des sorties et à la recherche constante de découvertes et d’émotions.
Mais, si on m’avait raconté la suite de l’aventure, j’aurais hurlé de rire, tellement c’était inimaginable.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog chaque semaine ?

C’est variable, selon l’actualité littéraire du moment et les sorties. C’est difficile à quantifier, je ne compte pas mais j’y passe du temps ça c’est clair, entre chroniques, interviews, échanges avec les auteurs et les éditeurs…
Ce n’est pas tant le temps qui compte, mais l’énergie déployée. Je mets environ 1 heure à écrire une chronique, ce n’est pas très long, sauf qu’ensuite je suis vidé. Impossible pour moi d’écrire deux chroniques à la suite, je n’ai plus de jus après la première.

 

  • As-tu déjà eu l’envie d’écrire toi-même un roman ?

Quand j’avais 20 ans, oui. Ça n’a duré que quelques mois.
Depuis ça ne me tente plus, je prends bien trop de plaisir à plonger dans l’imaginaire des autres, c’est ce qui m’importe. Ce qui m’intéresse, c’est les autres.
Aujourd’hui, tout le monde et n’importe qui peut sortir un livre. Je continue à penser que ceux qui en ont vraiment le talent restent une minorité.

 

  • Quelles sont tes autres passions dans la vie ?

La musique. Le metal (en version mélodique). C’est ma première passion, depuis l’âge de 13 ans (ça fait donc 37 ans…). Je lis depuis que je suis ado (même si j’ai eu un gros passage où je lisais beaucoup moins), mais la musique a toujours été ma première passion.
Des événements dans ma vie personnelle ont fait que je me suis plongé à fond dans la lecture avant de me lancer dans le blog. Mais je suis toujours accro à la musique. D’ailleurs, pendant un moment le blog me servait aussi à parler musique. Mais j’ai vu que ça devenait impossible de tout concilier, surtout avec mes autres activités littéraires. Deux passions fortes, dévorantes et chronophages.

 

  • Comment est-tu devenu modérateur sur les plateaux d’interviews et de tables rondes des salons comme Saint-Maur en poche, Le Festival Sans Nom, Lausan’noir ou Seille de crime ?

Le hasard ou le destin, selon à quoi tu crois. La passion et le travail aussi.
Tout ce qui m’est arrivé par le blog et grâce au blog, je ne l’ai pas expressément cherché. Tout est venu à moi sans que je ne fasse aucun forcing ou aucune demande de mon côté. Il faut croire que la qualité du « boulot » que je propose par mon blog, ma régularité et mon bon contact ont aidé à me faire remarquer dans le flot des blogueurs.
Bref, tout ceci est une surprise, pour moi en premier, intervieweurs sur les salons, membre de l’organisation du Festival Sans Nom de Mulhouse (et d’autres aventures à venir)… Je le fais juste avec passion, et j’y consacre énormément d’énergie et de temps.

 

  • Depuis 2017 tu es membre de l’organisation du Festival Sans Nom à Mulhouse, quel est ton rôle ?

Tout d’abord, quelques mots pour présenter le Festival Sans Nom de Mulhouse, en Alsace ! En 2018, c’était la 6ème édition et c’est un événement qui ne cesse de prendre de l’ampleur tout en gardant l’aspect convivial qui fait partie de son ADN. D’où la volonté de limiter le plateau à 30 auteurs, afin de bien les recevoir et de permettre aux visiteurs de lier un vrai contact avec eux. La qualité avant la quantité.
Un week-end chargé et plein d’échanges ! Notez les dates pour 2019 : les 19 et 20 octobre !
J’ai commencé par des interviews sur les plateaux du Festival Sans Nom 2015, en tant qu’intervenant extérieur à l’organisation, suite à leur gentille proposition. J’ai intégré le comité d’organisation au courant de l’édition 2017.
Depuis, j’y suis en charge des relations avec les éditeurs, du « recrutement » des auteurs, de la communication sur les réseaux sociaux, du prix littéraire. Je profite de mes contacts privilégiés établis à travers mon blog.

 

  • Tu es également organisateur et président du jury du prix littéraire du Festival Sans Nom depuis 2017, peux-tu nous en dire un peu plus ?

Quand je suis arrivé dans le comité pour étoffer l’équipe qui était en place depuis la première édition (je suis venu en même temps que Caroline, du blog Carobookine), j’ai demandé pourquoi le Festival Sans Nom n’avait pas de prix littéraire. Mes collègues m’ont expliqué ne pas avoir le temps de gérer cette partie en plus de tout ce qu’il y a à faire. « Tu veux t’en occuper ? Eh bien, vas-y » m’ont-ils dit. Et voilà comment je me suis retrouvé avec les clés du camion du prix littéraire du Festival Sans Nom.
Je gère donc toute cette partie, du choix des livres en compétition et des jurés (avec l’avis de tous les collègues bien évidemment), jusqu’à l’organisation des échanges, des votes, de la communication…

 

  • As-tu d’autres projets pour dans le futur ?

Figure-toi que oui ! Un autre projet très différent, toujours en lien avec la littérature.
Je ne peux pas encore entrer dans le détail, je le ferai bientôt, mais je peux t’en donner les grandes lignes.
Ton blog est d’ailleurs le tout premier endroit où j’en parle officiellement.
En mai ou en juin 2019 (la date reste à caler définitivement) sortira chez un grand éditeur, un recueil de nouvelles sur une thématique qui me tient particulièrement à cœur. Pas du tout un énième recueil fait pour une cause. Ou plutôt si : défendre la cause de la nouvelle, un art à part entière, trop souvent négligé en France ! Il s’agira d’un bel objet, en grand format.
Une nouvelle expérience très forte pour moi puisque j’en suis le Directeur d’Ouvrage (titre ronflant, mais c’est le nom officiel).
En pratique, c’est moi qui ai proposé le projet, son thème et les auteurs impliqués. Je suis en charge de la relecture des textes et du travail éditorial en collaboration étroite avec les équipes de cet éditeur bien connu.
13 auteurs de renom, une sacrée brochette de talents. Et des textes absolument formidables, parce qu’ils ont tous joué le jeu à fond et fait preuve d’une incroyable créativité.
Sincèrement, ça vaudra la peine d’être curieux, j’ai eu des frissons à la lectures de ces histoires.

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Lisez ! Ça permet de prendre du recul sur le monde et sur les gens, et donc mieux les comprendre.

 

Merci à Yvan de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. J’espère que cet échange vous a plu. A très vite.

Voici l’adresse de son blog. https://gruznamur.com/

 

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