Entretien avec Angie du blog Culturez-moi

Aujourd’hui on continue cette série d’entretien avec une amie bretonne Angie du blog Culturez-moi.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Angélique (mais je préfère qu’on m’appelle Angie 😊). J’ai 29 ans et je vis à Rennes avec un charmant professeur des écoles depuis 13 ans.
J’exerce un métier qui est finalement assez éloigné du monde des livres puisque je travaille dans le développement de sites et d’applications web. En vrai je suis un savant mélange de geekette et de rat de bibliothèque.

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Le tout tout premier ? Attention je vais te sortir un souvenir qui date de mes 5 ans ! J’avais un livre de contes que je traînais partout. Bien évidemment je ne savais pas encore lire, mais je demandais à tout le monde de me lire en boucle le premier conte. Je me souviens qu’il parlait d’un clown dans une fête foraine. A force d’écouter cette histoire et de regarder les mots en même temps j’ai appris a décoder les lettres et les sons. Du coup j’ai appris à lire comme ça, avant le CP. Après tout s’est vite enchaîné et à 6 ans je commençais à remplir mes étagères de livres.

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

J’ai publié le 1er article de mon blog le 1er janvier 2019 (une date bien symbolique  😊) mais je travaillais dessus depuis plusieurs mois déjà. Je voulais vraiment mettre le blog en ligne seulement lorsqu’il semblait parfait à mes yeux. J’ai un côté un peu maniaque…
Concernant le nom du blog, toute une histoire… et surtout des semaines de brainstorming avec moi-même ! J’avais envie de quelque chose d’original, qu’on puisse retenir assez facilement et surtout qui ne m’enferme pas dans une seule catégorie. Parce que je me connais, j’aime bien faire évoluer les choses. Et puis un jour je suis tombée sur un article parlant des néologismes et des mots à « proscrire ». L’article parlait du verbe « culturer » qui est synonyme de « se cultiver ». C’est un verbe qui a été utilisé par le passé (on le retrouve dans des textes de Rousseau par exemple) mais aujourd’hui on l’emploie plus sur le ton de la plaisanterie, comme un verbe qui n’existerait pas vraiment. L’académie française dit même que c’est « un barbarisme qu’il faut à toute force proscrire ». L’histoire de ce mot m’a plu. Car pour moi, la langue, l’orthographe, la culture, ce sont des choses qui ne sont pas figées qui évoluent. Je dis toujours que la culture est polymorphe. Elle est propre à chacun. Et donc à partir de là est né « Culturez-moi » je trouvais le double sens sympathique. Pour les lecteurs qui viennent chercher des idées culturelles, des idées de lecture et pour le double sens à l’oral : « Culture et moi ».
Mais bon, il ne se passe pas une semaine sans que je me demande si j’ai fait le bon choix sur ce nom de blog ! 😂

 

  • Qu’est ce qui t’a motivé à créer ton blog Culturez-moi ?

Concrètement, depuis quelques mois, je fais une pause dans ma vie professionnelle. J’avais donc beaucoup plus de temps libre. Je me suis dit que c’était le moment parfait pour faire ce que j’avais toujours eu envie de faire : parler de mes lectures. Cela faisait déjà très longtemps que je suivais des blogs, notamment sur le registre du polar, comme le tien, celui d’Anaïs Serial Lectrice ou encore de Tomabooks. Et puis je me suis dit : pourquoi pas moi ? Alors je me suis lancée, j’ai créé ce blog et j’ai découvert une communauté de lecteurs adorables, bienveillants et passionnés. Pas une seule fois j’ai regretté de m’être lancée dans l’aventure et je m’éclate un peu plus chaque jour. Récemment, je me suis lancée dans les « points lecture » en vidéo sur Instagram. Je prends beaucoup de plaisir à faire ces petites vidéos et j’ai plein de retours hyper encourageants. Ça motive et ça fait chaud au cœur.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog chaque semaine ?

Déjà je lis beaucoup. C’est un peu la base pour tenir un blog littéraire ! En moyenne je lis 2 à 3 heures par jour, beaucoup plus le weekend. Ensuite, je prends pas mal de temps pour rédiger mes chroniques et prendre les photos pour les illustrer. En général, après avoir terminé un livre, j’écris ma chronique « à chaud » et je reviens plusieurs fois dessus dans les jours qui suivent. En moyenne, je dirais que je passe environ 2 heures pour la rédaction d’un article. Pour les photos tout va dépendre de mon inspiration du moment. Parfois il me suffit de 2 minutes, parfois je vais passer 3 heures à tester des compositions différentes. Donc pour conclure, si je mets tout ça bout à bout, je dirais au moins une dizaine d’heure par semaine parfois plus. Mais franchement, je ne compte pas mon temps. C’est un vrai plaisir.

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ? 

La question qui tue ! Je vais essayer de te faire un petit podium.
Forcément, le grand maître de l’horreur est sur mon podium. C’est grâce à Stephen King que je suis devenue accro à la littérature noire. J’avais 12 ans quand j’ai lu Simetierre, forcément ça marque !
Il y a également Maxime Chattam, j’ai lu l’intégralité de ses romans. C’est clairement mon auteur chouchou. J’aime sa façon de mettre en scène ses personnages et ses intrigues sont toujours originales et très travaillées. C’est également un auteur adorable, proche de ses lecteurs. J’ai eu la chance de le rencontrer lors d’une séance de dédicace et ça restera un de mes plus beaux souvenirs de ma vie de lectrice.
Enfin, je vais avoir du mal à faire un choix, mais il y une nouvelle vague qui est en train de déferler dans le paysage du thriller français. Ces dernières années on a eu du très très lourd avec des auteurs comme Mattias Köping, Ghislain Gilberti, Frédéric Mars, Antoine Renand. Ce sont des auteurs qui cassent les codes, qui n’hésitent pas à bousculer le lecteur avec des scènes extrêmement violentes. Le polar a de très belles années devant lui. La relève est clairement assurée !

 

  •  Quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Je suis aussi une accro de séries télé. Peut-être un peu moins maintenant… Attention je vais faire ma réac’ mais je trouve que les séries d’aujourd’hui sont trop aseptisées. On est loin de l’âge d’or des séries des années 2000 avec des monstres comme Les Sopranos, Lost ou The Wire. Avec Netflix on a des séries à la pelle c’est sûr, mais la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Les vraies bonnes séries se comptent sur les doigts d’une main tous les ans.
Sinon je suis aussi une grande fan de jeux vidéo. J’ai grandi avec les Game-Boy, la Gamecube et les Xbox alors forcément… Mais je me limite un peu, parce que passer 150 heures sur le dernier Assassin’s Creed ça n’aide pas à avancer dans les lectures !
Et sinon l’apéro au soleil sur la terrasse ça compte comme passion ? 😅

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

La lecture c’est quelque chose de formidable. Il y en a pour tout le monde, tous les goûts, tous les âges. Je n’arrête pas d’entendre que les jeunes lisent de moins en moins et pourtant il suffit de rechercher le hashtag #bookstragam sur Instagram pour se rendre compte que la littérature est partout. Je pense au contraire que les livres sont plus que jamais au cœur des loisirs actuels et j’en suis très heureuse.

Et pour finir. Un immense merci à toi, Steve, pour cette interview ! Je suis sincèrement très flattée que tu aies choisi mon blog pour cet entretien. Merci également à tous tes lecteurs qui auront lu mes longues lignes de parlotte 😉

 

Merci à Angie de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. A très vite pour un nouvel entretien.

Voici l’adresse de son blog : https://culturez-moi.com/

 

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Entretien avec Pascal du blog Univers Polars

Aujourd’hui on continue cette série d’entretien avec un collègue Suisse, Pascal du blog Univers Polars.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

En quelques mots ? Non, je ne peux pas ! J’ai une manie qui est quelques fois une qualité mais souvent un défaut, soit de trop écrire. Je n’arrive jamais à faire court. Alors, pour faire moyennement court, ou long, – tout est relatif, finalement -, je me prénomme Pascal, 43 ans, marié, deux enfants jumeaux de 13 ans, un chien (qui nous ramène des truffes) et trois chats (qui ne nous ramènent rien). Je vis dans le canton de Fribourg, en Suisse. Je suis flic dans un centre d’intervention depuis 20 ans. En quelques mots – encore ! -, j’interviens pour divers événements, tels que cambriolages, violences domestiques, agressions, stup, levées de corps (morts naturelles, suicides, accidents, meurtres – très peu ici), etc, soit toutes les belles choses de la vie … La première intervention a toujours été « mon truc ». Je suis bientôt le plus vieux sur le terrain ! C’est un job qu’il faut aimer et, surtout, il faut savoir pourquoi tu le fais. Un job souvent ingrat : un jour, tu es un « héros », le lendemain une « vulgaire merde ».

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Vraiment le premier souvenir ? Tu es sûr ? Car je m’en souviens réellement. J’avais, on va dire, quelques années… J’ai reçu « Le livre de la jungle » que j’ai déchiré en entier après quelques minutes en déclarant haut et fort : « A quoi va-t-il me servir, je ne sais pas lire et je ne le saurai jamais ! ». Drôle de réaction, je l’admets …
Sinon, concernant le polar, mes premiers souvenirs sont les « San Antonio » de Frédéric Dard et les « Agatha Christie » … … d’Agatha Christie !

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

Le 26 avril 2011. Le nom complet de mon blog est « Mon univers du polar, du roman noir et du thriller » car, d’une part, ce sont les trois genres qui me passionnent et, d’autre part, ceci représente pour moi tout un univers. Je suis quelqu’un qui est doté d’une âme assez solitaire, j’aime m’enfermer dans ma bulle, et justement dans cet univers. Je ne sais pas si le polar est une extension de mon boulot, une sorte d’exutoire. Lire la douleur des gens, des flics dans les polars, dans la fiction, me permet peut-être, inconsciemment, d’oublier la mienne. C’est assez paradoxal. C’est très flou comme sentiment, c’est dur à expliquer. Je pense que cela me fait du bien ou me rassure de lire des situations que je connais, mais qui ne me concernent pas.
Tu as vu comme j’ai totalement dévié de la question de base ??

 

  • Qu’est ce qui t’a motivé à créer ton blog Universpolars.com ?

Ma motivation ? Je ne vais pas pouvoir faire très court, désolé. Alors … Mon père est également un grand fan de polars / thrillers et m’a souvent demandé ce que j’avais d’intéressant à lire. Un jour, j’ai décidé de mettre tous les livres que je possédais sur un blog – aucune idée ce qu’était un blog à l’époque ! -, avec juste les 4ème de couverture. De cette manière, cela lui donnait l’occasion d’aller en ligne pour consulter ma bibliothèque. Lorsque je l’ai revu, je lui ai demandé ce qu’il en avait pensé et il m’a répondu que c’était absolument nul, en précisant que c’était justement mon avis perso sur les bouquins qui l’intéressait. Depuis ce jour-là, je chronique chaque bouquin qui me passe entre les mains, aimé ou non. Donc, pour répondre à ta question, l’origine est purement familiale. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Je suis très bluffé par l’évolution de mon blog.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog chaque semaine ?

Cette fois-ci je vais faire plutôt court car je n’en ai absolument aucune idée. Je consacre très peu de temps pour l’aspect visuel, car cela ne m’intéresse pas. Je ne me focalise que sur le contenu. Les « puristes » me disent que j’ai tort, que c’est une carte de visite mais, pour moi, cela serait de l’escroquerie de faire un beau paquet, bien ficelé, avec que du vide à l’intérieur. Sinon, j’écris mes chroniques en même temps que je lis le bouquin. Je prends des notes, page après page. De cette manière, je crois que je ne passe pas à côté de grand-chose. Du coup, je n’arrive pas à répondre à ta question et j’ai même réussi à faire long pour ne rien dire !

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ? 

Je te sors juste une petite sélection qui me vient en tête. Je m’intéresse à Franck Thilliez depuis ses débuts. Il me bluffe souvent et c’est ce que je recherche dans un bouquin : me faire manipuler. Je suis de nature très méfiante et lorsqu’un auteur a réussi à le faire, je suis conquis ! Pour ce même côté « bluffant », j’adore Denis Lehane. J’ai un pote suisse qui a aussi cet art de te retourner la tête avec ses trames impressionnantes, c’est Nicolas Feuz. Il est procureur à Neuchâtel et ses polars sont bien étayés, assez réalistes. Je dis assez car il va parfois très loin ! J’aime Bernard Minier pour son atmosphère, Olivier Norek pour son réalisme, Jussi Adler-Olsen pour son univers, Jacques-Olivier Bosco pour ses polars nourris de vengeance, Karine Giebel pour ses personnages intrigants, Johana Gustawsson pour ses trames déchirantes, Ian Manook pour sa trilogie en Mongolie, Patrick Senécal pour sa violence. J’en oublie, c’est certain …
Il y a des auteurs qui sont parfois moins connus et qui mériteraient beaucoup plus ! Je pense là au Lyonnais André Blanc, qui te sort des polars absolument grandioses ! Mais le monde du livre, de l’édition est parfois un univers impitoyable. Vaste sujet …

 

  • Quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Ma famille, qui est un vrai pilier. J’aime pratiquer la course à pieds, pour rester en forme. Je suis passionné de vin et de bière (avec modération, quoique …). J’aime beaucoup aller au resto avec ma femme. Elle apprécie tout particulièrement ce moment, car elle sait pertinemment que ne vais pas sortir un polar … Selon elle, j’abuse un peu …

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Lire ! Et merci à toi !

 

Merci à Pascal de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. J’espère que cet échange vous a plu. A très vite pour un nouvel entretien.

Voici l’adresse de son blog : http://www.universpolars.com/

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Entretien avec Mattias Köping – Les démoniaques

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Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les rares lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Je suis marié et père de deux enfants. Je vis tranquillement quelque part dans la campagne normande.

 

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Aussi loin que je remonte dans le temps, je revois ma mère me raconter des histoires, des contes, des récits de mythologie adaptés aux enfants. J’ai toujours eu des livres autour de moi, à la maison.

 

● D’où vous est venue l’envie d’écrire des « thrillers/romans noirs » si puissants ?

D’une manière générale, j’essaie de rendre compte clairement des faits dont je m’inspire. Or, dans mes deux bouquins, ces faits sont d’une violence inouïe. Je trouve que c’est nécessaire d’être en adéquation avec le sujet et d’écrire la violence de manière violente. Sinon, on passe à côté d’une dimension essentielle : le caractère absolument insupportable et intolérable de la violence. En faire une œuvre grand public, c’est passer à côté de l’essentiel, à mon sens. Rendre l’inadmissible admissible avec des artifices (ellipses, allusions, images floutées…), c’est dénaturer ce qu’est l’intolérable. Mais n’importe quel fait divers est plus horrible que le plus horrible des livres. Si on écrit autour de ces sujets, il faut essayer de s’en approcher au plus près.

 

Comment vous est venue l’idée de l’intrigue de votre roman « Les démoniaques » ?

Au moment du débat sur la prostitution et la pénalisation des clients en France.  Je n’avais jamais réfléchi au problème et le sujet m’a passionné. J’ai regardé des documentaires sur les réseaux de prostitution, sur les trafics en tout genre et sur les gangs. J’ai aussi suivi de très près le débat en France. Une mention spéciale pour le documentaire « Putains de guerre », sorti en 2012 et régulièrement diffusé sur France 5, qui dénonce les collusions entre armées, États, grandes institutions et réseaux de prostitution sur les différents théâtres de guerre depuis la Seconde Guerre mondiale.

Enfin, quelques faits divers relatifs à la prostitution m’ont montré à quel point on parle de choses très sordides et pas du tout glamour. Le réel est sale. C’est de cela dont parle le roman, cette saleté du réel.

Certains films aussi étaient là, en toile de fond, Délivrance par exemple, de J.Boorman. Ce film fait partie du nombre (l’horrible scène du « cochon »). Il y en a d’autres, aussi bien américains que français. Pour les films américains : Monster, Bad Lieutenant, les films de Tarantino. Pour les films français, je citerai en particulier Rue barbare, Canicule, Polisse, L 627, Coup de torchon. Plus bien d’autres encore…

 

Comment vos personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement Kimy et son père ? 

Pour ce qui est des personnages, j’essaie de les faire sortir de mon imagination : tous les personnages des Démoniaques sont fictifs, mais ils sont en revanche plausibles. Je donne juste un cadre général, qui définit de manière sommaire mes personnages : une fille paumée, une ordure, un proxénète sadique, etc.  Mes personnages ont ensuite leur vie propre. Je les laisse aller un peu où ils veulent. Je ne les censure pas : ils parlent et agissent comme ils en ont envie. C’est ça qui leur donne leur personnalité.

 

● Comment définiriez-vous vous-même votre style de romans ?

Quel que soit le contenu du récit, il faut définir un style en adéquation. C’est cette correspondance fond / forme / style qui donne sa puissance au texte. C’est valable pour tous les genres d’histoires, et pas seulement pour le noir ou le thriller. Pour Les Démoniaques, le style est simple, les phrases courtes et dépouillées et les chapitres très brefs. C’est volontaire.

 

Etes-vous un grand lecteur et si oui quels sont vos modèles ?

Clairement oui, je suis un grand lecteur, et je lis de tout. Je lis assez peu de polars, en définitive. Dans le domaine d’écriture qui est pour le moment le mien, j’apprécie particulièrement en tant que lecteur des plumes noires ou décalées. J’aime beaucoup les romanciers américains, qui sont de formidables conteurs.

 

● Quand vous commencez à écrire un roman, le dénouement est-il déjà fixé ou est-ce qu’il vient au courant de l’écriture ? 

Jamais. Je ne sais jamais où je vais. Je laisse les personnages vivre leur vie, comme je l’ai dit plus haut. Ce n’est pas une façon très économique d’écrire, car il y a beaucoup de pages (des dizaines et des dizaines) qui ne sont finalement pas retenues. Et cela nécessite un gros boulot de mise en cohérence des éléments une fois qu’un premier jet est terminé.

 

 Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui me lisent. Cela fait vraiment chaud au cœur. La littérature est incroyablement vivante grâce aux passionnés des blogs, des sites, des réseaux et des salons et signatures. J’apprécie vraiment les échanges et rencontres avec les lecteurs ! Merci pour cet entretien. Amicalement, Mattias.

Lien vers ma chronique Les démoniaques

Je tiens à remercier Mattias Köping d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur.

 

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Biographie de Mattias Köping

Né au Havre en 1972, Mattias Köping est un écrivain de littérature noire primé deux fois.
Parutions : « Les Démoniaques » & « Le Manufacturier ». Il partage son temps entre deux grandes passions, les arts martiaux et la littérature.

Entretien avec Estelle Tharreau – Mon ombre assassine

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● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

J’ai commencé à écrire en 2015 avec Orages, mon premier roman qu’ont accepté de publier les Editions Taurnada avec lesquelles je chemine depuis. En 2017, est paru L’Impasse puis De la Terre dans la Bouche, en 2018 et Mon Ombre Assassine, en 2019.

 

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Le premier souvenir est sans aucun doute l’odeur du papier et de l’encre. Mais s’en sont suivis plein de souvenirs qui correspondaient à des premières fois dans l’univers du livre :

Alice dans la collection de la Bibliothèque Verte, mes premières enquêtes.

Cros Blanc que m’avait offert ma grand-mère.

Manon Lescaut de Diderot, mon premier roman de littérature classique imposé par l’école.

Le nom de la Rose, premier livre que je lisais en marchant, en mangeant et même en me lavant, si, si !

Shinning de Stephen King, mon premier roman de littérature noire.

Le Dahlia Noir de James Ellroy, la première rencontre avec mon auteur préféré.

 

● D’où vous est venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

Du plaisir de construire de véritables puzzles et de manipuler le lecteur. Mais j’ai surtout été attirée par le penchant transgressif et subversif plus marqué en littérature noire qu’en littérature classique.

 

Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre dernier roman « Mon ombre assassine » ?

J’ai eu envie de raconter la construction psychologique d’un être humain qui va délibérément tuer en série. Bien souvent, les romans et les films nous racontent la traque ou le rituel meurtrier de ces criminels particuliers, mais plus rarement leur logique et leur « formation » psychologique. De plus, j’ai voulu m’attarder sur les femmes « tueuses en série » qui, dans la majorité des cas, ne répondent pas aux mêmes motivations que leurs homologues masculins.

 

● Comment vos personnages prennent-ils vie en général ?

Les personnages principaux naissent avec l’idée et évoluent naturellement avec la construction du récit. Les personnages secondaires viennent « en appui » de l’intrigue, mais très souvent certains apparaissent spontanément, comme une évidence, en cours d’écriture. Ils arrivent également que, pendant la rédaction, certains personnages occupent une place plus importante que celle envisagée initialement. C’est l’histoire et l’écriture qui décident de leur sort à tous.

 

● Quelle est selon vous la place du polar dans la littérature française d’aujourd’hui ?

Le genre me semble bien mal connu et considéré. Pourtant la littérature noire est, à mon sens, le lieu où s’affirment le mieux la satire sociale et la dénonciation des travers humains. En dehors de ces aspects, elle est également un lieu de grand spectacle et de grand huit émotionnel. Qu’elle soit dénonciatrice ou divertissante, il serait temps que certains clichés tombent. La littérature noire mérite mieux.

 

● Êtes-vous une grande lectrice et quels sont vos modèles ?

Question très difficile. Je crois que je n’ai pas de modèles à proprement parler, mais des auteurs « fétiches » qui m’apportent toujours quelque chose quand je les lis. Je me limiterai à la littérature noire. Le premier d’entre eux est James Ellroy. Puis bien entendu Stephen King, Jim Thompson et Simenon. Mais aussi, Charles Baudelaire et Émile Zola dont les oeuvres sont si sombres qu’elles pourraient très bien trouver leur place en littérature noire.

 

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Nous disons souvent aux enfants de goûter avant de dire que c’est mauvais, alors lisons de la littérature blanche et noire, nouvelle et ancienne, des livres ou des auteurs connus et méconnus. Lisons et partageons notre passion.

 

Lien vers ma chronique de Mon ombre assassine

Je tiens à remercier Estelle Tharreau d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette auteure.

 

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Biographie d’Estelle Tharreau

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Il aura fallu attendre l’âge de 40 ans avant qu’elle tente cette aventure. Ayant travaillé dans le secteur public et privé, elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture. Après « Orages » en 2015, elle a sorti deux romans en 2017, « L’impasse » et « De la terre dans la bouche ». Puis son dernier roman est sorti en 2019 « Mon ombre assassine » tous édités chez Taurnada.

Entretien avec Isabelle Villain – Mauvais genre

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● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

J’ai 53 ans, je suis née à Casablanca. Mariée et un fils de 26 ans. Je suis une passionnée de musique, de cinéma, de voyages et bien sûr de littérature. Sur un plan professionnel, j’ai eu deux vies bien distinctes. La première comme organisatrice de salons et chef de publicité dans la presse. Beaucoup de boulot, beaucoup de contacts, beaucoup de relations publiques. La seconde depuis une dizaine d’années beaucoup plus solitaire. Assise devant mon écran d’ordinateur à inventer des histoires. Je retrouve mon côté communicant lors des séances de dédicaces !

 

Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Mon premier coup de cœur littéraire fut pour Roger Frison Roche. J’étais partie en classe de neige en CM2 et notre instituteur nous lisait tous les jours un chapitre de « Premier de Cordée ». J’ai dû relire ce livre une dizaine de fois et je verse ma petite larme toujours au même endroit…

 

D’où vous est venue l’envie d’écrire des « thrillers » ?

J’ai toujours lu des romans policiers. Agatha Christie puis Exbrayat et Simenon. Alors, quand j’ai franchi le pas pour tenter l’aventure de l’écriture, c’est tout naturellement que je suis allée vers le thriller. Une histoire trottait dans ma tête depuis un bout de temps et je me suis décidée à la coucher sur le papier. Tout simplement.

 

● Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre dernier roman « Mauvais Genre » ?

Dans « Mauvais genre », il y a deux enquêtes qui se croisent. Il y en a une qui est tirée d’un fait divers qui s’est passé aux États-Unis dans les années 80 et une autre qui est une pure fiction, sortie tout droit de mon imagination, mais avec en toile de fond un sujet de société qui me tient particulièrement à cœur. L’idée d’aborder le thème de la transidentité est venue d’un reportage à la TV qui s’appelait « Devenir Il ou Elle » et qui retraçait la vie de plusieurs adolescents à différents stades de leur transition. La vie de ces jeunes, et de leurs parents qu’il ne faut évidemment pas oublier, m’a bouleversée. J’ai créé une intrigue à partir des recherches effectuées sur ce sujet.

 

 Comment vos personnages prennent-ils vie en général ?

Tous mes personnages sont imaginaires, mais je m’inspire souvent de mon entourage pour des détails, des anecdotes, des lieux, des noms. J’ai inventé le personnage de Rebecca en regardant la série « Lost » avec mon fils. Dans la saison 2, il y avait une superbe femme rousse qui s’appelait Rebecca, et je cherchais un nom à l’époque pour mon héroïne. C’est mon fils qui m’a dit un soir « tu n’as qu’à l’appeler Rebecca de Lost ! C’était parti !

 

Avez-vous prévu d’écrire une suite concernant la saga Rebecca de Lost ?

Elle est même terminée ! Le manuscrit est chez mon éditeur (Taurnada). J’attends donc les corrections. La sortie est annoncée pour le tout début de l’année 2020. Vous aurez les réponses à toutes vos questions laissées en suspens à la fin de “Mauvais genre”. Ce sera la fin d’un cycle. Je pense ensuite abandonner Rebecca un moment pour tenter l’aventure d’un one-shot un peu différent. Laisser tomber le roman policier et peut-être me diriger vers le polar historique ou le thriller. Trop tôt encore pour le dire.

 

Êtes-vous une grande lectrice et si oui quels sont vos modèles ?

Je lis environ un livre tous les 15 jours, un peu plus en vacances. Je ne lis presque que du polar. Quelques grandes sagas historiques (surtout les Russes) et quelques livres sur la Seconde Guerre mondiale. Mes auteurs favoris sont Pierre Lemaitre et Karine Giebel. Les deux seuls auteurs que j’achète en grand format, dès leur sortie. J’ai découvert grâce à tous les groupes de polars sur Facebook un nombre incalculable d’écrivains francophones inconnus et très talentueux. Actuellement, je me concentre sur eux.

 

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Suspense… J’adore ce mot ! Et merci à vous de donner la parole à des auteurs méconnus du grand public.

Lien vers ma chronique de Mauvais genre

Je tiens à remercier Isabelle Villain d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette auteure.

 

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Biographie d’Isabelle Villain

Isabelle Massare Villain est née à Casablanca en 1966.

Après une école de commerce et un troisième cycle de publicité, elle  travaille dans l’événementiel et l’organisation de salons professionnels.

En 2000, elle se lance dans l’écriture de romans policiers. Des romans « régionalistes » à diffusion locale dans un premier temps, puis en diffusion nationale.

Son quatrième livre « Peine Capitale », publié aux Editions Auteurs d’Aujourd’hui, a reçu le prix Maurice Bouvier 2015, qui récompense un auteur de polar.

«Âmes battues », le second volet de « Peine capitale » a reçu le prix polar 2016 du festival « jeter l’encre à Arcachon »

« Mauvais genre » est le troisième volet des enquêtes du groupe de Lost. Il est publié et édité aux Editions Taurnada.