Les sept jours du Talion – Patrick Senécal

Merci aux Editions Fleuve pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler pour la première fois d’un roman de Patrick Senécal. Les sept jours du Talion paru initialement en 2002 est le cinquième roman de l’auteur québécois. Il vient d’être édité pour la première fois en France, par les Editions Fleuve en novembre 2018. C’est parti en direction du Québec à Drummondville au Canada. 9782265117211ORI.jpg

Bruno Hamel est un chirurgien respecté, sa conjointe Sylvie travaille à temps partiel dans un refuge pour femmes battues et leur petite fille de 7 ans, Jasmine, est l’amour de leur vie. Mais lors d’une belle journée d’automne Bruno voit son monde basculer, lorsque Jasmine disparaît. Malheureusement après quelques heures de recherche, les policiers découvrent le corps de Jasmine assassinée et violée. Pour Bruno, c’est l’œuvre d’un monstre qui doit payer pour ce qu’il a fait. Et lorsque la police arrête l’auteur, sa douleur fait place à la haine. A partir de là, il va échafauder un plan machiavélique. Estimant la sentence de la justice insuffisante pour lui faire payer son crime, un terrible projet germe dans l’esprit de Hamel. Il décide d’enlever l’accusé et de lui faire justice lui-même. Dès lors rien ne sera épargné « au monstre ». En parallèle, on suit Hervé Mercure, le sergent-détective chargé de l’enquête qui tente de retrouver Hamel avant qu’il ne commette l’irréparable. C’est un homme impliqué à 100 % dans son travail qui cherche à comprendre les actes des criminels.

Nous assistons à la métamorphose d’un homme ordinaire en bourreau. Comment Bruno Hamel, cet homme tranquille et pacifiste, qui a choisi de soigner et de sauver des vies en devenant chirurgien, a-t-il pu endosser ce rôle de père vengeur ? La vengeance libère-t-elle de la haine et de la douleur ?
La description de ses fameux sept jours et de la vision qu’a Bruno Hamel est assurément le point fort de ce roman. L’auteur nous plonge dans les pensées et les réactions les plus sombres de l’être humain. Il vient chercher en nous le meilleur et le pire. Il veut qu’on s’identifie à Hamel tout en le haïssant à la fois. Ce qui est vraiment différent et passionnant dans Les Sept Jours du talion, c’est que l’on passe la plus grande partie de l’histoire dans la tête de Bruno.

La composition des personnages est parfaite, on essaye systématiquement de se mettre à leurs places. J’ai beaucoup apprécié le style de Patrick Senécal qui parvient à nous livrer des faits très noirs dans une écriture quasi visuelle qui donne lieu à quelques scènes effroyables. Mais plus on avance dans le récit, plus la violence et la cruauté prennent le dessus. Je dois avouer qu’étant moi-même père de deux enfants, j’ai senti un malaise permanent en lisant ce livre.

Pour conclure vous l’aurez compris, mieux vaut être préparé avant d’attaquer ce roman percutant et d’une violence extrême où l’auteur n’épargne pas le lecteur. Attention, âmes sensibles s’abstenir, les sept jours du Talion ne sont pas à mettre dans toutes les mains.

Résumé de l’éditeur :

Il s’appelle Bruno Hamel, il a trente-huit ans et il est chirurgien. Avec sa petite famille ­ Sylvie, sa conjointe, et Jasmine, sa fille de sept ans ­, il habite Drummondville et, comme tous les gens heureux, il n’a pas vraiment d’histoire. Jusqu’à ce que Jasmine, par un bel après-midi d’automne, soit violée et assassinée.
Dès lors, l’univers de la famille Hamel bascule. Mais lorsque la police arrête le meurtrier, un terrible projet germe dans l’esprit enténébré de Bruno : il va s’emparer du monstre et lui faire payer ce qu’il a fait à sa petite fille.
Le jour de la comparution du meurtrier, Hamel, qui a minutieusement préparé son coup, kidnappe le monstre, puis transmet aux autorités policières un message laconique : celui qui a violé et tué sa petite fille va souffrir pendant sept jours, après quoi il sera exécuté. Ensuite seulement, lui-même se rendra.

Patrick Senécal – Les sept jours du Talion (Editions Alire 2002, 2010), (Editions Fleuve Noir 2018)

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En lieux sûrs – Linwood Barclay

Merci aux éditions Belfond pour cette lecture.

Chronique :

Linwood Barclay est un auteur canadien très connu et reconnu. Mais je n’ai encore jamais lu aucun de ses livres, c’est désormais chose faite. En lieux sûrs est en quelque sorte une suite de Cette nuit-là. Mais les deux livres peuvent très bien se lire indépendamment l’un de l’autre. en lieux sûrs

On y retrouve donc quelques personnages principaux. Tout d’abord la famille Archer qui est composé de Terry le père, professeur de littérature, Cynthia sa femme qui travaille pour le département de la santé et leur fille Grace. Vince et sa bande de malfrats, ainsi que Jane sa belle-fille. Tout commence un soir, lorsque que Stuart le copain de Grace l’emmène dans une maison dont il sait que les propriétaires sont absents, pour faire un tour avec la Porsche qui se trouve dans le garage. Mais rien ne va se passer comme prévu, pour les deux ados, il y avait bien quelqu’un dans cette maison. Mais qui et pour y faire quoi ? Grace et ses parents vont se retrouver mêlé à une histoire dont ils n’imaginent pas l’ampleur. Ils n’ont pas le choix, ils vont devoir collaborer avec des criminels. Et Terry est vraiment prêt à tout pour sauver sa fille.

Chaque chapitre apporte son lots de rebondissements. Des innocents vont se retrouver dans des situations où il n’y a plus de frontières entre le bien et le mal. L’intrigue est originale, les personnages sont très travaillés, le suspense et l’action sont en place.

Un thriller agréable où l’épilogue est vraiment bien réussi. Je relirai avec plaisir un livre de cet auteur.

Résumé de l’éditeur :

La famille Archer est au bord de l’implosion. Grace, quatorze ans, ne supporte plus l’attitude surprotectrice de ses parents ; Cynthia, la mère, a des bouffées d’angoisse ; quant à Terry, le père, il ne sait plus comment faire pour maintenir un semblant de cohésion et de dialogue.
Une famille comme toutes les autres confrontée à la crise d’adolescence ? Pas si sûr. Car les Archer reviennent de loin. Cynthia, surtout, qui a vécu un drame destructeur au même âge que sa fille et sent remonter en elle le souvenir de cette nuit où toute sa famille a disparu.
Un week-end, après une énième dispute, par jeu, par défi, par inconscience, Grace et son petit ami s’introduisent dans une maison, en apparence banale. En apparence seulement, puisqu’il s’agit en réalité de la cache d’un mafieux local. Sans le vouloir, Grace vient de mettre le pied dans un piège fatal.
Et, pour Cynthia, le cauchemar recommence. Vingt ans après, l’histoire se répète…

Linwood Barclay – En lieux sûrs (Belfond/Noir 02/03/2017) traduit de l’anglais (Canada) par Renaud Morin.

Son titre original est « No Safe House » (2014).

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Bondrée – Andrée A. Michaud

Chronique :

Bondrée est un roman dans lequel l’auteur a parfaitement su transformer un cadre de vacances idyllique en un lieu cauchemardesque. Boundary Pond ou Bondrée, est un lac entouré de forêts sur la frontière entre le Maine et le Québec. On y trouve un camping et quelques chalets fréquentés aussi bien par des francophones que des anglophones. bondree

Lors de l’été 1967 une jeune fille du nom de Zaza Mulligan est retrouvée morte, prise dans un vieux piège à ours. Le chef de la police Stan Michaud conlus à un accident. Sauf que quelques jours plus tard sa meilleure amie Sissy Morgan va connaître le même sort et mourir de manière identique ! Dès lors les soupçons pèsent sur Pierre Landry un ancien trappeur qui s’est pendu devant sa cabane et qui hante la forêt depuis trop longtemps. Sa mémoire et ses anciens pièges inspire très certainement un tueur.

Les deux personnages principaux de ce livre sont Stan Michaud un flic à bout de force rongé par un lourd passé qui tourne au café et la jeune héroïne Andrée Duchamp qui nous livre sa vision des choses avec ses yeux d’enfants. Le contraste entre l’œil de la jeune Andrée et le flic expérimenté est saisissant.

La construction de ce roman est particulière, il y a une absence totale de dialogues. L’auteur a choisi d’alterner entre la narration à la première personne et d’autres chapitres écrits à la troisième personne. Bondrée est aussi un mélange de français québécois avec quelques phrases d’anglais.

Au fil du roman on se laisse happé par l’angoisse qui s’abat sur la communauté de Bondrée qui est impuissante face à cette horreur. L’histoire, l’intrigue et le dénouement sont bien ficelés.

Andrée A. Michaud a un talent fou, elle a fait de ce roman un livre atypique, passionnant et déroutant à la fois ! J’ai pris un grand plaisir à lire ce livre, c’est une très belle découverte en ce début d’année.

Résumé de l’éditeur :

A l’été 67, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L’enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais lorsqu’une deuxième adolescente disparaît à son tour, on comprend que les pièges du trappeur ressurgissent de la terre et qu’un tueur court à travers les bois de Bondrée.
Une écriture raffinée au service d’atmosphères angoissantes et de subtiles explorations psychologiques, dans la plus pure tradition de « Twin Peaks » de David Lynch.

Andrée A. Michaud – Bondrée (Editions Québec Amérique 02/04/2014, 16/09/2015), (Rivages/Thriller 21/09/2016)

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