Vertige – Franck Thilliez

Chronique :

Aujourd’hui, je vais vous parler du roman Vertige de Franck Thilliez. Je dois avouer que j’ai mis un certain temps pour écrire cette chronique, car Thilliez est un de mes auteurs français préférés, mais là avec Vertige j’ai eu beaucoup de mal. J’ai donc laissé passer un peu de temps pour vraiment écrire ce que j’ai ressenti. vertige-franck-thilliez_resizedcover

Jonathan Touvier alpiniste reconnu, est physiquement et mentalement prêt à affronter toutes les situations, sauf celle dans laquelle il se retrouve actuellement. Alors qu’il se réveille brumeux sans trop savoir comment il est arrivé là, il constate qu’il est enfermé dans une grotte glaciale, attachée avec une chaîne au poignet. Il est coincé dans cet étrange endroit avec son chien et deux autres personnes, Farid qui a une chaîne à la cheville et Michel qui possède un masque de fer bourré d’explosifs. Impossible de sortir ou d’appeler à l’aide. Ces trois hommes sont enfermés vivants avec pour seul objet une tente rouge, un réchaud et une lampe. À la recherche d’indices sur l’identité de leur bourreau, ils vont peu à peu se dévoiler et découvrir qu’ils ne sont pas là par hasard…Tour à tour on découvre la générosité, l’empathie, l’égoïsme, le goût du meurtre. On découvre la beauté et l’horreur de l’âme humaine avec ces hommes livrés à eux-mêmes et sans témoins. Il reste pourtant une grande inconnue. A qui profite ce spectacle ?

Ce roman est bien construit comme toujours avec Franck Thilliez. Les moindres détails ont leur importance et tous les éléments s’imbriquent les uns dans les autres au moment du dénouement final. Mais malheureusement je ne suis pas trop fan de ce genre de huis clos au rythme assez lent. Cela me lasse très vite et du coup j’ai trouvé ce roman un peu long. En plus de ça le thème de l’alpinisme ne m’a pas transcendée. Quant aux personnages, je ne me suis jamais attaché ou identifié à eux.

Vertige est un bon thriller mais pour la première fois avec un Thilliez, je n’ai pas vraiment accroché. Et honnêtement est-ce que tout le monde a vraiment trouvé la solution finale… ? J’en doute fort.

Résumé de l’éditeur :

Certains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher ?
Un homme se réveille au fond d’un gouffre, au coeur d’un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d’infortune. Il est enchaîné au poignet, l’un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d’un masque effroyable, qui explosera s’il s’éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s’imposera, impérieuse : jusqu’ou faut-il aller pour survivre ?

Franck Thilliez – Vertige (Editions Fleuve Noir 2011), (Pocket 2012, 2016), (Editions France Loisirs 2012)

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L’homme aux cercles bleus – Fred Vargas

Chronique :

L’homme aux cercles bleus est le premier roman où apparaît le célèbre commissaire Adamsberg, personnage fétiche de Fred Vargas. Après avoir lu « l’homme à l’envers » c’est ma seconde rencontre avec cette auteure. J’ai pour habitude de toujours commencer par les premiers tomes d’une saga, même si forcément, il y a toujours le risque que ce ne soient pas les meilleurs de la série. Allez c’est parti en direction de notre belle capitale Parisienne.001971210

Suite à l’élucidation de cinq meurtres en quatre ans en Province, Jean-Baptiste Adamsberg est muté à Paris et monte en grade, d’abord inspecteur, aujourd’hui commissaire. Tout commence par une personne mystérieuse qui dessine des cercles bleus sur les trottoirs de Paris. Ces cercles bleus sont accompagnés d’objets et d’une phrase. Pour le commissaire ces agissements ne sont pas une simple lubie il est persuadé que L’homme aux cercles va passer à la vitesse supérieure. Jusque-là rien de très grave, mais l’affaire prend une nouvelle tournure lorsqu’un matin on retrouve une femme sans vie au milieu d’un cercle, Adamsberg se dit que, malheureusement, son pressentiment était le bon…

Les personnages sont une composante majeure des romans de Fred Vargas. Nous avons dans un premier temps le commissaire Adamsberg, un homme atypique et rêveur, qui se fie à son instinct. Le commissaire a une manière bien personnelle de résoudre les enquêtes. Il n’essaye pas de réfléchir de manière ordonnée sinon ses pensées s’échappent. Son adjoint Danglard, père célibataire de 5 enfants, amateur de vin blanc, a lui besoin de preuves pour croire quelque chose plutôt qu’une vague intuition.
Les autres personnages sont tout autant particuliers. Mathilde Forestier est une océanographe de renom qui s’intéresse aux hommes jusqu’à suivre des gens dans la rue et noter leurs activités dans des cahiers. Elle recueille chez elle Charles Reyer, un aveugle n’acceptant pas son handicap. Clémence Valmont, qui loge également chez Mathilde, est une femme assez âgée qui passe son temps à répondre à de petites annonces.

Je sais très bien qu’il faut poser le contexte et présenter chacun des personnages, mais pour moi c’était un peu trop long à venir…ça manque de rythme. J’ai rarement eu autant de mal à finir un livre de poche de 200 pages. J’aurai bien aimé un peu plus d’actions au milieu de l’enquête et je dois avouer que le dénouement m’a un peu déçu. L’écriture de Fred Vargas est atypique tout comme ses personnages. Certains parlent de poésie et cela est peut-être le cas, mais moi je dois avouer être complètement hermétique à cette sorte de poésie. Au final, je pense être passée un peu à côté de cette lecture.

Pour conclure, ce n’est de loin pas le meilleur policier que j’ai pu lire, mais je pense retenter une nouvelle fois l’expérience avec le commissaire Adamsberg.

Résumé de l’éditeur :

« Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? »
Depuis quatre mois, cette phrase accompagne les cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu: trombone, bougie, pince à épiler, patte de pigeon…
Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent: un maniaque, un joueur.
Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite sont de mauvais augure. Il le sait, il le sent: bientôt, de l’anodin saugrenu on passera au tragique.

Fred Vargas – L’homme aux cercles bleus (Editions Viviane Hamy 1996), (Editions J’ai Lu 1996, 2008, 2013), (Editions France Loisirs 2008)

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Les chiens de Détroit – Jérôme Loubry

Chronique :

J’ai eu la chance de participer à un petit-déjeuner rencontre blogueurs/auteurs l’année dernière lors du Festival Sans Nom à Mulhouse. Il y avait Sire Cédric et un certain Jérôme Loubry que je ne connaissais pas encore. Un peu plus d’un an après j’ai enfin lu son premier roman Les chiens de Détroit. Nous voici parti en direction de « Motor City »,  la ville du moteur, dans l’Etat du Michigan aux Etats-Unis.

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En 1998 Stan Mitchell est muté de Washington à Détroit pour une sanction disciplinaire. Côté famille, il divorce et ne peut voir son fils que pendant les vacances. Dans une ville sinistré et en pleine perdition, il va être confronté à une sordide affaire de meurtres d’enfants. Malheureusement pour lui, il ne va jamais mettre la main sur ce tueur, mais sera marqué à tout jamais par cette affaire. Mais quelques années plus tard, en 2013 le « Géant de brume » semble être de retour. Les disparitions d’enfants reprennent… Stan est de nouveau chargé de l’enquête et sera assisté de Sarah Berkhamp. Leur collaboration va permettre d’identifier et d’arrêter rapidement un suspect, qui serait à priori le fameux « Géant de brume ». L’arrestation de cet homme va marquer le début d’une course contre la montre.
Ce dernier, une fois conduit au poste, demande à parler seul à seul avec Sarah. Pourquoi cette demande ? Sarah n’était pas sur l’affaire quinze ans plutôt… Qui est cet homme que l’on surnomme le « Géant de brume » ? Et pourquoi recommence-t-il à sévir quinze ans après ? Ce que Stan et Sarah vont découvrir est beaucoup plus complexe qu’ils ne le pensaient, les deux policiers seront bouleversée à jamais.

J’ai bien aimé Stan l’écorché vif que la vie n’a pas épargné. J’ai apprécié le suivre dans ses errances. Quant à Sarah, on ne comprend pas toujours ses réactions, elle est assez mystérieuse et en proie à de nombreuses angoisses. La construction du livre est très bonne, l’alternance des points de vue et des époques est à mon sens très réussi. L’auteur m’a bluffé sur la description de la ville de Détroit, j’ai vraiment bien réussi à me projeter dans la déchéance de cette ville fantôme que la population a quitté par choix ou par expulsion.

Pour conclure, j’ai adoré le duo d’enquêteurs et j’étais en immersion totale dans cette ville sombre et sinistre. Pour un premier roman Jérôme Loubry a fait fort.

Résumé de l’éditeur :

2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.
Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?
L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…

Jérôme Loubry – Les chiens de Détroit (Editions Calmann-Lévy 2017), (Le Livre de Poche 2018)

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Monster – Patrick Bauwen

Chronique :

J’ai rencontré Patrick Bauwen lors du Festival Sans Nom à Mulhouse cette année et j’ai pris beaucoup de plaisir à parler avec lui. J’ai commencé avec Monster le premier tome de la série Paul Becker. Nous voici donc parti en direction de Naples, non pas en Italie, mais en Floride aux Etats-Unis. 81-G3SL1l2L

Revenu s’installer en Floride à Naples dans la petite ville de son enfance, Paul Becker est un médecin qui vient tout juste d’ouvrir sa Walk-in-Clinic, une salle de consultation sans rendez-vous et ouverte à tous 24h/24h. Il est contraint de travailler la nuit afin d’assurer sa réputation et de rentrer dans ses frais. Un soir, alors qu’une tempête frappe la ville de Naples, il voit débarquer son ami Cameron Cole un flic imposant, qui lui ramène un homme nu et blessé dans sa clinique. Lorsque les deux hommes quittent la clinique, Paul retrouve le téléphone portable de ce mystérieux patient et à partir de là, sa vie va basculer. Car ce portable contient des photos compromettantes, dont l’une d’elle est le portrait du père de Paul ! Des menaces s’ensuivent, sa femme et son fils disparaissent. Soupçonné de choses atroces, poursuivi par la police, c’est pour lui le début de sa lente descente aux enfers. Propulsé dans son passé mais aussi dans une affaire de réseau pédophile qui dépasse toutes les horreurs imaginées, Paul n’est plus que l’ombre de lui-même. Traqué par un fou comme par les autorités, il mène sa propre enquête.

Le récit démarre assez doucement et permet au lecteur de s’immerger profondément dans l’univers de Paul. Mais très vite on est happé par les différents rebondissements, pas de temps morts dans l’histoire et une intrigue qui évolue très vite. Confiance, famille, réseaux pédophiles, FBI, sont les ingrédients de cet inquiétant roman qui se lit d’une traite. Tout sera remis en question, son couple, son père, ses amis, ses fréquentations…

Monster est vraiment un thriller très efficace. Pour son second roman Patrick Bauwen a fait très fort. J’ai hâte de lire les fantômes d’Eden.

Résumé de l’éditeur :

Je m’appelle Paul Becker. Je suis médecin.
Je vis dans une petite ville, en Floride.
J’ai une femme, un fils, un boulot que j’aime.
Une existence ordinaire.
Jusqu’au jour où je découvre un téléphone portable.
Un patient l’a perdu pendant une consultation.
Un homme étrange. Dangereux.
Soudain, ce téléphone sonne.
Et ma vie bascule.
Complots. Meurtres. Disparitions.
Toutes mes certitudes vont s’effondrer.
Pourquoi je vous raconte tout ça ?
C’est très simple…
Votre vie va basculer aussi.

Patrick Bauwen – Monster (Editions Albin-Michel 2009), (Le Livre de Poche 2009, 2010)

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Yeruldelgger – Ian Manook

Chronique :

C’est ma première lecture de Ian Manook mais au vu des critiques dithyrambiques sur cet auteur j’ai décidé de me lancer. Le titre du livre reprend le nom du commissaire, qui est le personnage principal. Nous voici donc en route pour Oulan-Bator capitale de la Mongolie. Attention dépaysement assuré. 81saqCie5wL

Le roman débute très fort,  le commissaire Yeruldelgger est appelé sur les lieux d’un crime macabre. Des industriels chinois et des prostituées ont été assassinés sauvagement.  Au même moment le squelette d’une petite fille, déterré par des nomades a été découvert dans les steppes. Yeruldelgger va enquêter avec l’aide d’Oyun, son adjointe. Visiblement, l’un de ces crimes doit impliquer des personnes haut placées car très vite, une bande de néo-nazis s’attaque à Saraa la fille du commissaire.
Yeruldelgger est un homme abimé par la vie, cinq ans plutôt Kushi sa fille cadette est morte et Saraa sa fille ainée le déteste… Heureusement il peut compter sur Solongo,  médecin légiste et Oyun son adjointe, deux femmes au grand cœur et très courageuses qui sont indispensables dans sa vie.

Il y a une vraie montée en puissance dans l’intrigue. Les enquêtes policières se mélangent les unes aux autres et apportent une profondeur au roman. L’auteur nous fait découvrir la Mongolie à travers ses habitants, ses traditions, ses paysages et sa nourriture. La Mongolie est une terre de contrastes où se mêle tradition et modernité. Il est également question de géopolitique et la cohabitation avec les voisins chinois et coréens. Le pays est déchiré entre respect des traditions et mondialisation. On ressent vraiment la désillusion des personnages face à la perte de leurs traditions ancestrales.

Ce qui m’a fascinée dans ce roman c’est la découverte de la Mongolie. Ian Manook est un amoureux des voyages et il arrive vraiment à nous transporter dans les différents endroits où il a été. Pour ce livre, il n’a utilisé aucune documentation préalable, il s’est servi de ses souvenirs de voyages et de ses lectures.

Moi qui adore les polars, les voyages et la géographie, j’ai été comblé. Je vous recommande vivement ce roman, je dois avouer qu’une telle lecture fait vraiment beaucoup de bien, c’est un dépaysement agréable, je ne manquerai pas de suivre la suite des aventures du commissaire. Je confirme bien qu’il y a la Suède de Mankell, l’Islande d’Indridason, l’Ecosse de Rankin et désormais la Mongolie de Manook

Résumé de l’éditeur :

Yeruldelgger, commissaire à la crim’ d’Oulan-Bator, est appelé dans les steppes alors qu’il enquêtait sur le meurtre sauvage de trois chinois. Là-bas il découvre le corps d’une fillette, un crime qui le ramène directement vers son propre drame personnel, l’assassinat de sa fille cadette quelques années plus tôt. Au fil de son enquête Yeruldelgger et son équipe vont découvrir que les deux affaires pourraient être liées…

Ian Manook – Yeruldelgger (Editions Albin-Michel 2013), (Le Livre de Poche 2015)

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