Les Petites filles – Julie Ewa

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du roman Les Petites filles de Julie Ewa. Cela fait longtemps que j’entends parler de cette auteure alsacienne très talentueuse. D’ailleurs c’est la première fois que je lis et que j’écris une chronique d’une auteure qui est originaire du Sundgau en Alsace comme moi. C’est parti suivez-moi en direction de Mou di en Chine pour un roman dépaysant. julie-ewa

Tout d’abord il faut savoir qu’on évolue entre deux époques, le présent avec Lina et les années 90 avec Sun. On fait rapidement la connaissance de Lina, une jeune étudiante alsacienne de 23 ans au passé compliqué. Cela fait plusieurs années qu’elle est bénévole aux Blouses Roses et donne de son temps aux jeunes malades sur Strasbourg. Ayant envie de changer d’air elle décide de partir en Chine pour finir ses études universitaires à Canton. Mais à peine arrivée, elle se fait accoster par Thomas, un humanitaire qui travaille pour une ONG et enquête sur des disparitions d’enfants. Il lui demande de l’aide et après une nuit de réflexion elle décide de foncer. Dès lors elle a pour mission d’obtenir des informations concernant la disparition de Sun Tang disparue en 1991. C’est ainsi qu’elle va loger chez les moines bouddhistes dans leur temple à Mou di un petit village paysan. Mais dès qu’elle met les pieds dans ce village, elle va très vite comprendre que ce ne sera pas si simple d’obtenir des informations et d’avoir la confiance des habitants.
Parallèlement on suit Sun Tang, une jeune chinoise de 23 ans, mère d’une petite fille de 6 ans, elle attend son deuxième enfant, en espérant donner un fils à son mari. Alors quand sa fille disparait du jour au lendemain, Sun Tang ne peut compter que sur elle-même pour savoir ce qu’il s’est passé et retrouver sa fille…

Dans ce roman noir, Julie Ewa aborde des sujets très délicats, tel que le trafic d’enfants et plus particulièrement celui des petites filles victimes de la politique de l’enfant unique en Chine mise en place par le gouvernement en 1979, pour entraver la surpopulation. Mais également la mafia, la corruption de la police en Chine, la prostitution et le trafic d’organes…
J’ai beaucoup aimé sa plume et le fait de dynamiser le récit avec des chapitres très court. Le fait d’alterner entre passé et présent est également une très bonne idée niveau suspense. J’ai trouvé que Julie Ewa qui signe avec Les Petites filles son second roman a vraiment maîtrisé son roman de bout en bout.

Les Petites Filles est un mélange entre thriller et roman noir. Ce livre est poignant et cruel, il est malheureusement tiré de faits réels. C’est un roman qui interpelle et nous fait réfléchir. Je ne peux que vous le conseiller. J’ai hâte de lire son nouveau livre Le Gamin des ordures.

Résumé de l’éditeur :

Bénévole dans une association qui s’occupe d’enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d’enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d’espionne sur place où elle découvre vite les ravages de la politique de l’enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village. Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle…
Réseaux d’adoption clandestins, mafias chinoises, trafics d’organes, prostitution… oscillant entre passé et présent, un thriller dépaysant, remarquablement documenté, qui nous conduit au cœur d’une Chine cynique et corrompue où la vie d’une petite fille ne vaut que par ce qu’elle peut rapporter.

Julie Ewa – Les Petites Filles (Editions Albin Michel  2016), (Editions Le Livre de Poche 2017)

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Territoires – Olivier Norek

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de Territoires, le second opus de la saga du capitaine Victor Coste. J’avais bien aimé le premier tome Code 93, c’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé ce personnage créé par Olivier Norek. D’ailleurs il était grand temps pour moi de retrouver Coste et son équipe. Allez suivez-moi c’est parti direction Seine-Saint-Denis.norek-territoires

L’histoire débute avec les meurtres de trois dealers qui règnent sur la cité de Malceny dans le 93. La brigade du capitaine Victor Coste est obligée de déléguer cette affaire à la brigade des stupéfiants et la deuxième brigade de la SPDJ. Un tueur inconnu, a décidé de reprendre la main sur le trafic de drogue de la cité. C’est alors que tout commence à aller de travers, d’autres personnes, qui n’ont apparemment aucun lien avec ces meurtres sont retrouvées assassinées. D’un côté on va suivre une bande de jeunes caïds très violents et d’un autre on fait connaissance avec Andrea Vesperini, la maire de cette ville. Une femme très manipulatrice qui ne recule devant rien pour se faire réélire. On découvre à travers elle, les côtés très sombres de la politique. Et lorsqu’une émeute crée le chaos dans la cité, les pièces du puzzle se mettent en place chez le capitaine Coste.

Comme Code 93, Territoires est un roman terriblement réaliste au rythme soutenu, avec une écriture percutante et une intrigue passionnante. Entre règlements de compte, tortures, trafic de drogue, nourrice et corruptions, on est servi. Après Code 93, je trouve que l’auteur est encore monté d’un cran.
Quel plaisir de retrouver l’équipe du capitaine Coste. J’aime beaucoup ce dernier, qui est un personnage très charismatique. Ainsi que Ronan le dragueur de l’équipe, Sam le geek qui ne supporte pas la vue du sang et des cadavres et enfin Johanna une femme à la carrure d’homme au caractère bien trempé mais qui prend bien soin de tout le monde.

Territoires est un polar angoissant mais malheureusement très réaliste. Olivier Norek sait de quoi il parle, on sent l’expérience du terrain, de ce fait il maîtrise parfaitement son sujet. C’est le troisième roman que je lis de cet auteur et je ne suis jamais déçu. Olivier Norek est un auteur talentueux qui est devenue une valeur sûre dans le paysage français du polar.

Résumé de l’éditeur :

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L’exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d’à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé…
et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles – loin d’être aussi fictives qu’on pourrait le croire – où les assassins eux-mêmes sont manipulés.

Olivier Norek – Territoires (Editions Michel Lafon 2014), (Editions France Loisirs 2015), (Editions Pocket 2015)

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Haut le chœur – Gaëlle Perrin-Guillet

Un grand merci aux Editions Taurnada pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de Haut le chœur un one-shot signé Gaëlle Perrin-Guillet. Je l’ai rencontré l’année dernière au Festival Sans Nom à Mulhouse. J’ai vraiment été interpellé par la personnalité de cette auteure, de part son énorme sympathie et sa simplicité.
Allez suivez-moi c’est parti en direction de la Savoie dans la belle ville de Chambéry. couv32600480

Tout d’abord on fait la connaissance d’Alix Flament, une journaliste devenu célèbre  grâce à la publication d’un livre sur les interviews réalisées avec Eloane Frezet une tueuse en série. Les années passent et Alix a changé de rubrique, fini les meurtres, elle s’occupe désormais de politique. Mais Eloane qui est en prison n’a pas oublié que le sujet du livre d’Alix lui a causé énormément de tort. Lorsque la tueuse s’évade, Alix se rappelle de la promesse faite de cette dernière. Lorsqu’elle reçoit un coup de fil d’Eloane, Alix prévient immédiatement la police et notamment Gautier Ruiz et Stéphane Noisel qui participaient à l’enquête lorsque les premiers meurtres ont eu lieu. Dès lors le cauchemar va commencer pour Alix… On passe de l’enquête menée par la police, à la morgue où travail le docteur Flavien Bernet, le mari d’Alix. Puis on suit les traces de Pascal Jussy, le tueur en série qui est à l’origine de la vocation d’Éloane.

Les personnages sont assez bon et très réalistes, surtout Alix. Eloane quant à elle est une tueuse en série sans pitié. On la découvre petit à petit sans rien connaître sur ses motivations. Elle tue selon un schéma bien précis qu’elle seule connaît. Le combat psychologique entre d’un côté Alix et de l’autre la tueuse en série est très bien maîtrisé et donne une ambiance tendue au roman. Quant à l’intrigue, je trouve qu’elle est assez originale et très cohérente, en plus de cela elle offre de nombreux rebondissements. La plume de Gaëlle Perrin-Guillet est très agréable et très fluide. Les chapitres sont courts et donnent un certain dynamisme à la lecture.

Haut le chœur est le troisième roman des éditions Taurnada que j’ai lu et honnêtement à chaque fois ça a été une très belle découverte pour moi. Comme quoi il faut vraiment faire confiance à des maisons d’éditions un peu plus petite, car la qualité est vraiment au rendez-vous. J’ai hâte de lire le prochain roman de Gaëlle Perrin-Guillet.

 

Résumé de l’éditeur :

« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver. »
Depuis qu’Éloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l’angoisse que la criminelle sanguinaire s’évade de prison…
Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d’Éloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse…
Une promesse de sang…

Gaëlle Perrin-Guillet – Haut le chœur (Editions Taurnada 2019)

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Les démoniaques – Mattias Köping

Un grand merci aux Editions Ring pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du premier roman de Mattias Köping, les démoniaques. En ce moment on parle beaucoup de cet auteur, surtout pour son second roman le Manufacturier. Honnêtement j’attendais beaucoup de ce premier roman et je dois vous avouer que OUI ce roman a tenu toutes ces promesses. J’ai envie de vous dire attention attachez bien vos ceintures et bienvenue à Viaduc-sur-Bauge en Normandie. couv26586216

Ce livre c’est l’histoire de Kimy une jeune femme qui est obligé par son propre père de vendre de la drogue et de se prostituer. Ce dernier est un véritable patriarche qui est à la tête d’un empire clandestin du vice et de l’horreur. Pornographie, prostitution, trafic de drogues etc… Sa carrure imposante fait qu’en général les gens ont peur de lui. Son frère est toujours dans ses combines et sa mère approuve même qu’il viole sa propre fille… Mais Kimy qui vient de fêter ses 18 ans toute seule chez elle, a décidé de ne plus vendre ni son corps ni de drogue. Elle veut que son père, son oncle et tous ces hommes qui ont abusé d’elle payent enfin pour ce qu’ils ont fait. En se promenant un jour, elle va faire la connaissance de Henri un professeur. Très vite ils vont devenir ami et se rapprocher l’un de l’autre grâce à la littérature. A partir de ce moment-là tout va changer…

Oui ce livre aborde et traite des sujets malsains comme la pédophilie, la prostitution, la drogue et la vengeance. Mais on est dans du vrai roman noir. On suit tout d’abord les différentes activités de l’Ours, (surnom du père de Kimy) qui est à la tête de plusieurs entreprises, bars, boîtes de nuits et restaurants. Tout un réseau bien huilé sous une apparence très respectable qu’il gère avec son frère. L’Ours terrorise tout le monde, même son propre frère a peur de lui. Personne ne lui résiste et il ne recule devant rien pour gagner un maximum d’argent.

Les démoniaques est un condensé des pires choses que l’humain est capable de faire pour l’argent. Je tiens quand même à dire que ce livre n’est pas un récit d’horreurs gratuit. Il suffit d’allumer votre télé, lire les journaux et regarder les infos…
Parlons du style de l’auteur, j’ai beaucoup aimé sa plume très sombre et sa manière de relater les évènements. L’histoire est bien construite et chaque chapitre apporte son lot de révélations et de suspense.

Les démoniaques est un roman cru, noir, et percutant. Clairement j’ai envie de dire purée, mais quel premier roman de Mattias Köping,… Waouh ! Sans jeu de mot je dois dire que ce livre est vraiment démoniaque… Alors oui je pourrais vous dire de ne pas le mettre entre toutes les mains, ou âmes sensibles s’abstenir… Mais non j’ai envie de vous dire foncez et lisez ce livre… En tout cas moi je dis merci Mattias Köping et j’ai hâte de le rencontrer « en vrai » pour en discuter avec lui.

 

Résumé de l’éditeur :

C’est l’histoire d’une vengeance.
L’histoire d’une fille qui affronte une bête.
Son proxénète, son violeur.
Son père.
Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.

Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel.

Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oubliera sa colère.

Mattias Köping – Les démoniaques (Editions Ring 2016), (Editions La mécanique générale)

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Mauvais genre – Isabelle Villain

Un grand merci aux Editions Taurnada pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de Mauvais genre d’Isabelle Villain. Pour moi c’est une découverte, mais ce roman est le troisième tome de la saga Rebecca de Lost. Mais rassurez-vous il peut très bien se lire individuellement. Allez suivez-moi c’est parti en direction du 36 Quai des Orfèvres à Paris. CVT_Mauvais-genre_2535

L’histoire débute en 1993 avec Hugo, un petit garçon qui assiste à la violence de son père sur sa mère. Jusqu’au jour, où les coups portés sont trop fort et que ceux-ci sont fatale sur sa mère qui en décède. On bascule ensuite en 2016, Angélique Lesueur, une jeune kiné, a été retrouvée assassinée chez elle à l’arme blanche. Le commandant Rebecca de Lost et toute son équipe du 36, quai des Orfèvres vont devoir se charger de cette enquête. En parallèle à l’enquête principale, plusieurs enquêtes se chevauchent. Son équipe et elle se retrouvent avec un autre cadavre sur les bras et la disposition de celui-ci, n’est pas sans leur rappeler les méthodes d’un certain tueur en série qu’ils ont arrêtés sept ans plutôt. Après une enquête préliminaire, le doute n’est plus permis,  il y a sept ans, il y a eu erreur et le vrai coupable n’a pas été arrêté. Ce dernier court toujours et semble avoir repris du service. Entre les lettres de menaces, et les coups de fil anonymes, Rebecca semble être la prochaine cible…

Nous allons donc suivre les enquêtes de ce groupe que Rebecca gère à la perfection. Elle sait tenir son groupe, gérer les égos, rassurer ses enquêteurs et atténuer les rivalités… Proche de la cinquantaine, elle est veuve, sans enfants et a une liaison avec un collègue marié, mais elle est surtout complètement dévouée à son travail.

Isabelle Villain a un style incisif et percutant. Les scènes se succèdent sans temps mort et nous suivons plusieurs enquêtes à la fois. L’auteure est bien documentée et ses intrigues sont d’un grand réalisme. Malgré le grand nombre de roman policier en tout genre que j’ai déjà lu, j’ai apprécié le fait de mieux découvrir le métier de procédurier. Et ça vous le savez tous maintenant mais j’adore les intrigues mettant en scène un tueur en série et son modus operandi.

Mauvais genre est un thriller intéressant où plusieurs enquêtes s’entrecroisent. Vu le dénouement, j’ai hâte de lire le prochain opus mettant en scène Rebecca et son équipe. Je vais essayer de me procurer les deux premiers tomes et continuer de suivre Isabelle Villain. En somme une belle découverte.

Résumé de l’éditeur :

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.
Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme, sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol. Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passé au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

Isabelle Villain – Mauvais genre (Editions Taurnada 2018)

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