Entretien avec Stéphanie du blog Les cibles d’une lectrice « à visée »

Aujourd’hui ma série d’entretien se poursuit avec Stéphanie du blog Les cibles d’une lectrice « à visée ».

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Stéphanie, 44 ans, j’ai 2 enfants, un conjoint et un lapin à plein temps. Je travaille dans le plus grand hôpital de Paris. Je ne suis pas au contact des patients, mais ils restent la raison de ma mission. Et j’y suis très attachée.

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Si je remonte loin, cela serait le Salon du Livre à paris. A l’époque, ce n’était comme aujourd’hui, il était au Grand palais (depuis 1994, il a été transféré au parc des Expo à Versailles et est payant). Pour une gamine pouvoir rencontrer des auteurs c’était déjà magique. Le site était magnifique, il y avait des jeux et animations pour gagner des livres. La première fois qui j’y suis allée, c’était une sortie scolaire. J’y suis allée après tous les ans. Aujourd’hui je n’y vais plus, car ce salon a perdu son âme depuis bien longtemps.

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

Le blog a été créé le 1er novembre 2014 sur la plateforme Blogger. J’ai migré sur WordPress en janvier 2017. J’avais une idée de présentation avec mes petits bonhommes et des cibles … J’ai cherché et trouvé mon jeu de mots : Les cibles d’une lectrice à visée. Avec le recul, je trouve le nom trop long.

 

  • Qu’est ce qui t’a motivé à créer ton blog Les cibles d’une lectrice « à visée » ?

Je suis lectrice. Oui comme beaucoup de monde en effet. J’étais à un moment de ma vie où j’ai eu besoin de me prouver quelque chose. C’est d’un côté excitant et angoissant, car il faut bien avouer que l’on fait un blog pour être lu. Cela serait mentir de dire l’inverse. Donc quand on se lance, on se demande si l’on peut apporter un plus à la blogosphère. Humblement, je n’en suis pas certaine, mais il faut tenter pour le savoir. Alors après un pas en avant deux pas en arrière, un jour on se jette à l‘eau. Cela fait 5 ans et je suis toujours là.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog et tes divers réseaux sociaux chaque semaine ?

Je vais faire une moyenne, car il y a des jours où je n’y vais pas. Eh oui, je suis quelqu’un qui n’aime pas être cloisonné donc même une passion doit me laisser libre. Je veux que cela reste une envie et un plaisir, surtout pas une obligation. Je peux d’ailleurs, par incidence, mettre 2 jours à répondre à un message. Il ne faut pas m’en vouloir. Par contre, à contrario, je peux passer plusieurs heures sur une journée, car j’ai envie de parler de tel ou tel sujet avec mes lecteurs. Donc si je fais un rapide calcul, on va dire 6 à 8 heures par semaine… Merde une journée de travail non payé !

 

  • As-tu déjà eu l’envie d’écrire toi-même un roman ?

Ouh là je m’en sens bien incapable. J’ai une grande estime pour ces passeurs de mots, je ne ferai pas cet affront. Même si je dois avouer que lorsque j’étais ado j’avais commencé à écrire un petit truc. Aujourd’hui, je sais que l’exercice n’est pas si simple.

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ?

J’en ai un certain nombre, mais si je dois en citer quelques-uns je dirai en premier Zola, celui qui m’a fait aimer la lecture, la curiosité en l’être humain, le côté sociologique et l’empathie. Mais j’ai des gouts très éclectiques, donc je suis également très attachée à Michael Mention, Nicolas Lebel, Amélie Antoine, Oliver Norek, René Manzor, Robert Goddard… Et tant d’autres.

 

  • Quelles sont tes autres passions ?

Les voyages… Que ce soit avec les livres ou dans la vie, j’aime l’évasion !

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Merci Steve de m’avoir laissé la parole sur ton blog et à bientôt.

 

Merci à Stéphanie de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. A très vite pour un nouvel entretien.

Voici l’adresse de son blog : https://lesciblesdunelectriceavisee.wordpress.com/

 

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Le prieuré de Crest – Sandrine Destombes

Un grand merci aux Editions Hugo Thriller pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du sixième roman de Sandrine Destombes, Le prieuré de Crest. Je suis ravi d’avoir enfin découvert son univers. Bien entendu que j’ai déjà souvent entendu parler de Sandrine Destombes, mais il y a tellement d’auteurs à découvrir que ce n’est pas évident et ma PAL ne diminue jamais. Allez c’est parti suivez-moi en direction de Crest dans ce magnifique département de la Drôme. 2019_THR_LePrieureDeCrest_COUV.indd

On rentre directement dans le vif du sujet en faisant connaissance avec le sous-lieutenant Perceval Benoit qui va interpeller une femme d’une quarantaine d’années accompagnée d’une jeune fille de huit ans à bord d’une 205 sur la D538. Après lui avoir posé quelques questions, il lui demande de sortir du véhicule. Mais la femme prend la fuite. Benoit et son collègue vont la prendre en chasse, mais après quelques minutes la voiture va faire une sortie de route et elles vont avoir un grave accident. Il s’avère très vite que ce n’est pas juste un simple accident de la route. La conductrice qui est une femme non identifiée qui transporte dans une voiture non répertoriée, une petite fille de huit ans dont personne ne sait absolument rien… Voilà comment un banal contrôle routier va apporter son lot de questions et de mystères…Très vite ce sont les experts du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale qui vont débarquer et prendre l’affaire en main. Mais Benoit lui va tout faire pour apporter son aide et son savoir-faire pour intégrer l’enquête et apprendre un maximum, car c’est une unité qu’il rêve secrètement d’intégrer un jour. Les victimes et les disparitions vont s’enchainer très rapidement et l’enquête va s’avérer très complexe.

J’ai bien aimé l’enquête avec des personnages qui restent à leur place. Ce que je préfère dans ce genre de thriller c’est d’être au cœur même de l’action avec des protagonistes attachant et bien travaillé et c’est vraiment ce que j’ai trouvé dans ce livre. L’ambiance des lieux et le mystère autour du prieuré est une vrai réussite. Ce lieu qui accueille et aide des femmes aillant beaucoup souffert à se reconstruire. Bon je dois bien avouer qu’en tant qu’ homme on en prend pour notre grade, ce livre est ultra féministe, car on parle quand même d’éradiquer le sexe masculin… Le style quant à lui est simple et efficace, et les chapitres sont courts cela permets de donner du rythme au récit, tout ce que j’aime.

Le prieuré de Crest est un bon thriller qui m’a embarqué de suite. Je suis content d’avoir découvert la plume de Sandrine Destombes et c’est avec plaisir que je vais lire son nouveau roman Madame B qui vient de sortir la semaine dernière. Je vais également me plonger dans son précédent Les jumeaux de Piolenc.

Résumé de l’éditeur :

 » Madame, je vais vous demander de sortir du véhicule, s’il vous plaît. « 
Le sous-lieutenant Benoit se remémorera longtemps cette scène avec une seule question en tête : aurait-il agi différemment s’il avait su ce que déclencherait ce simple contrôle routier ?
Une enfant de huit ans tourmentée.
Une mère disparue à cause du 6-6-B.
Une conductrice qui finit sa course dans le fossé.
Un cadavre aux yeux énuclés.
Telle une comptine macabre, voilà les quelques mots qui se trouveraient dans le rapport du gendarme avant que les Experts du Pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale ne débarquent à Crest.
Toute cette agitation vient troubler cette commune tranquille de la Drôme. La tranquilité, c’est aussi ce que sont venues chercher la hiératique Joséphine et ses protégées ; ces femmes du prieuré, sorte de gynécée où les hommes n’ont pas droit de cité.

Sandrine Destombes – Le prieuré de Crest (Editions Hugo Thriller 2019)

Entretien avec Cyril Carrere – Grand Froid

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● Peux-tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Cyril, 36 ans. J’ai grandi près de Nîmes. Je vis près de Tokyo depuis 2 ans. J’ai aussi été expat en Angleterre pendant 5 ans. À croire que je peine à me stabiliser.
Je l’ai dit récemment en interview, mais l’intégrité et l’humilité sont des valeurs très importantes pour moi. Elles me définissent en tant que personne. Côté pro, je suis chef de projet (applications mobiles/web tous secteurs) en freelance.

 

● Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Côté lecteur, dès que j’ai su lire, je me suis mis à dévorer tout ce qui me passait par la main, même les journaux de mes parents. Je lisais tout. Absolument tout. Même la rubrique nécrologique qu’on trouvait en fin de journal…
J’ai enchaîné avec la collection verte (notamment les trois jeunes détectives) et je suis passé aux romans. Le premier à m’avoir marqué, je pense, est « La Nuit des temps » de Barjavel. Je l’ai lu je ne sais pas combien de fois.
Côté auteur, si on peut dire, c’est quand je me suis lancé dans les concours en ligne et que j’ai partagé pour la première fois mes écrits.

 

● D’où t’es venue l’envie d’écrire des « thrillers » et comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour ton roman « Grand Froid » ?

Scientifique, chef de projet, c’est assez naturellement que j’ai été intéressé par la construction des intrigues dans les thrillers que je lisais. J’ai toujours eu plein d’idées, mais c’est vrai que le thriller est particulier. L’intrigue, la gestion du suspense, les révélations, les twists, j’ai voulu essayer et les concours en ligne ont été autant d’opportunités de s’y mettre.
Pour Grand Froid, c’est la fin qui m’est venue à l’esprit en premier, en rapport avec un fait réel. Il m’a fallu ensuite trouver une accroche dans le présent pour donner corps à l’intrigue (si vous avez lu Grand Froid, je pense que vous voyez de quoi je parle).
La construction est un entonnoir inversé (si on peut dire) et j’ai voulu centrer l’attention sur l’intrigue, qui laisse peu de place à l’introspection, etc.
C’est un choix que j’assume. J’ai travaillé sur cet aspect, pour donner de l’élan à cette « fuite en avant » à laquelle est contraint Lucas, le personnage central de ce roman.

 

● Comment tes personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement Lucas et Loïc ?

Ils s’imposent à moi très vite, mais tout dépend de l’idée de départ. Pour Grand Froid, j’avais la fin de l’intrigue en tête. Les personnages étaient donc déjà là, quelque part dans ma tête. Ne restait plus qu’à leur donner vie.
Un autre moteur a été ce concours auquel je participais et qui imposait de poster de nouveaux chapitres très régulièrement. Le petit coup de pouce nécessaire pour se lancer, quitte à peaufiner les personnages par la suite. Lucas, ce fils unique d’une avocate réputée, a été présent dès le début. Le personnage de Loïc n’est arrivé que plus tard, quand je m’attelais à tisser ce réseau de personnages protéiformes que l’on retrouve dans l’histoire.

 

● Tu as récemment changé de maison d’édition en intégrant Cosmopolis, peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet ?

Je vais te raconter une petite anecdote : j’étais en France en mars 2019, pour divers salons et dédicaces. Un matin, j’étais avec mon père à la Défense. Comme tout le monde, j’avais eu vent de la création du label Cosmopolis, et de la future publication de Cédric Sire. Je me suis rué à la FNAC pour acheter « Vindicta » en me disant qu’un jour, ça serait vraiment génial que j’intègre une équipe comme celle-là.
Je te laisse imaginer la surprise quand j’ai été contacté quelques mois après… C’est une très belle expérience qui démarre avec eux. Mon prochain roman arrive début mai – plus d’infos très vite !

 

● Tu vis au Japon, parle nous un peu de ce pays et de tout tes déplacements en France pour les salons et festivals. Comment tu gères tout cela ? N’est-ce pas trop fatiguant ?

C’est un pays extraordinaire sur bien des points, l’un d’entre eux étant la sécurité qui y règne. C’est, je pense, le lieu idéal pour écrire. On a tous en tête Tokyo, la mégalopole de 36 millions d’habitants, mais dès qu’on s’éloigne un peu, c’est tout l’opposé.
À 50km de Tokyo, on est en rase campagne. C’est assez impressionnant.
Je suis venu 3 fois en France en 2019. Cette année, je pense venir 2 fois mais sur des périodes plus longues. Au final, je partage presque équitablement mon temps entre les deux pays, c’est contraignant, mais pour l’instant, c’est la meilleure chose à faire. Je suis conscient du travail et du sacrifice que ça demande, mais on a rien sans rien. Il faut foncer. Surtout cette année où j’ai la chance d’avoir une publication poche et une publication grand format à présenter en salon/dédicaces.
Le fait d’être freelance est aussi un gros avantage. Je gère mon temps et ça me permet aussi bien d’écrire, que de planifier mes venues en France. La fatigue est là, mais elle fait partie du jeu et n’est pas insurmontable.

 

● Peux-tu nous dire quelques mots sur ton prochain roman qui sort en mai ?

On est en train de le finaliser, donc pour l’instant je n’en dirais pas plus, si ce n’est qu’il se passe en Californie centrale, dans la ville de Visalia. Avec une question en fond : jusqu’où êtes-vous prêts à aller pour protéger vos acquis, votre réputation ?
C’est un roman différent, centré sur des personnages forts et une intrigue comme j’aime en bâtir. J’ai hâte qu’il arrive !

 

● Es-tu un grand lecteur et si oui qui t’a inspiré ?

Je lis pas mal. Un peu moins depuis quelques temps, mais j’essaie de lire 3 ou 4 romans par mois, si possible. J’aime beaucoup Maxime Chattam (et notamment la trilogie du mal). Stephen King aussi, bien sûr.
Sinon, j’aime beaucoup Henri Loevenbruck, Jérôme Loubry, Mattias Köping, et bien d’autres… L’inspiration est un fleuve intarissable. Elle nous vient des auteurs qui ont écrit par le passé, mais aussi ceux qui écrivent aujourd’hui.

 

● Comment organises-tu tes recherches avant l’écriture d’un roman et combien de temps cela te prend-il ?

Tout dépend du sujet, et à quel point l’idée est ancrée dans mon esprit. Parfois, j’ai une vision très claire des choses, dans ce cas les recherches sont directes et pas si longues que ça. Dans d’autres cas, j’ai un embryon d’idée qu’il faut nourrir, développer en faisant des recherches plus larges, plus longues. C’est la phase que je préfère, pour être honnête. Elle nous permet d’engranger de l’information, de s’éduquer, de beaucoup lire, écrire sur certains sujets, d’interviewer des professionnels, etc… C’est passionnant.
La phase d’écriture d’un roman varie, pour moi ça va de 6 mois à 1 an pour la version brute.

 

Quelles sont tes habitudes d’écritures et combien d’heures en moyenne écris-tu par jour ?

Je n’ai pas vraiment d’habitude d’écriture. Certains écrivent 1000, 2000 mots par jour. Dans mon cas, ça dépend de ma situation, de mon inspiration du moment. Je peux très bien ne rien écrire pendant un moment, puis me mettre à écrire 2000, 3000 mots par jour pendant 1 mois.
Je pense qu’il faut se discipliner, oui, mais surtout s’écouter : nous sommes tous différents, nous avons des vies différentes, donc je ne pense pas qu’il y ait de formule miracle autre que celle qui nous convient le mieux d’un point de vue personnel. C’est le plus important. S’imposer des choses ou trop tenter de rentrer dans un cadre n’est pas forcément le meilleur moyen d’y arriver, même si oui, poser quelques « principes » d’écriture permet de ne pas totalement décrocher.

 

● Quel sera ton mot de fin à cet entretien ?

Il sera pour les lecteurs, les blogueurs, les assos, les passionnés, tous ceux qui font vivre le monde du livre et qui nous permettent de vivre ces aventures extraordinaires.

Il sera aussi pour toi Steve, je te remercie pour cet entretien et pour les échanges que nous avons au travers des réseaux sociaux. J’espère te voir cette année !

 

Lien vers ma chronique de Grand Froid

Je tiens à remercier Cyril Carrere d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur. A très vite pour un nouvel entretien.

 

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Cinq cartes brûlées – Sophie Loubière

Merci aux Editions Fleuve pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler pour la première fois d’un roman de la talentueuse Sophie Loubière. Il était grand temps que je lise et chronique un de ses livres, c’est enfin chose faite. Cinq cartes brûlées est un thriller psychologique, vous savez que ce n’est pas mon genre préféré, mais je découvre Sophie Loubière et la couverture du livre m’a vraiment attiré. Allez c’est parti suivez-moi en direction de Saint-Flour en Auvergne… couv29112480

On fait connaissance avec Laurence Graissac que l’on suivra tout au long du roman. Dès l’enfance, sa vie est compliquée, son frère Thierry n’arrête pas de l’humilier et avec son père elle entretient une relation malsaine et ambiguë. S’en suit des problèmes de poids avec des troubles du comportement alimentaire. Le divorce de ses parents va complètement l’anéantir.  Mais au fil de sa vie elle va quand même connaître quelques bons moments notamment grâce au sport qui va être son échappatoire. En parallèle on fait connaissance avec le docteur Bernard Bashert. Un homme qui a tout pour être heureux, mais qui n’arrive plus à s’épanouir dans son couple. Bien entendu ces deux-là vont voir leurs routes se croiser, pour le meilleur ou pour le pire.

Pour moi la force de ce livre réside dans la puissance que dégage Laurence Graissac le personnage principal. On veut absolument savoir ce qu’il va lui arriver. Le récit est bien construit et au fur et à mesure de la lecture on éprouve forcément de la compassion pour Laurence. J’avoue avoir été séduit par la plume de Sophie Loubière. Une plume élégante et classe dispensé avec beaucoup d’intelligence. Le dénouement est une réussite totale, il m’a vraiment surpris et surtout il aide à comprendre plein de choses.

Cinq cartes brûlées est pour moi un roman noir très abouti. Même si comme je l’ai dit au départ ce n’est pas vraiment mon genre préféré, Sophie Loubière a su me faire passer un très bon moment de lecture. J’ai hâte de retrouver son univers. Pour moi la partie est terminé c’est à vous de jouer maintenant, mesdames et messieurs faites vos jeux rien ne va plus !

Résumé de l’éditeur :

Laurence Graissac grandit aux côtés de son frère, Thierry, qui prend toujours un malin plaisir à la harceler et à l’humilier. Du pavillon sinistre de son enfance à Saint-Flour, elle garde des blessures à vif, comme les signes d’une existence balayée par le destin. Mais Laurence a bien l’intention de devenir la femme qu’elle ne s’est jamais autorisée à être, quel qu’en soit le prix à payer. Le jour où le discret docteur Bashert, en proie à une addiction au jeu, croise sa route, la donne pourrait enfin changer…
Thriller psychologique d’une rare intensité, Cinq cartes brûlées va vous plonger au cœur de la manipulation mentale. De celle dont on ne revient jamais indemne.

Sophie Loubière – Cinq cartes brûlées (Editions Fleuve Noir 2020)

Entretien avec Valentin Musso – Un autre jour

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● Peux-tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Je suis à l’origine agrégé de lettres classiques et je suis l’auteur de huit romans qui sont en général classés en policier ou thriller. Mes livres ont la particularité d’explorer des univers, des époques et des lieux très différents.

 

● Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Ma mère était bibliothécaire, il y avait donc beaucoup de livres à la maison et j’allais souvent la rejoindre à son travail après l’école. J’ai grandi dans un environnement propice à la lecture, mais je ne suis vraiment devenu lecteur que vers l’âge de 13 ou 14 ans. Quelques livres m’ont profondément marqué à cette époque : Le Grand Meaulnes, Les Hauts de Hurlevent, les nouvelles d’Edgar Allan Poe…

 

● D’où t’es venue l’envie d’écrire des polars ?

J’ai sans doute subi l’influence des lectures de mon adolescence : les romans d’Agatha Christie ou de Conan Doyle. Le policier est un genre à la fois très codifié et très souple, qui permet de divertir tout en abordant des thèmes qui nous tiennent à cœur. Mes romans reposent sur une enquête policière mais surtout, pour les personnages, sur une quête de leurs propres origines. C’est cette dimension psychologique qui m’intéresse le plus. Mais quand je commence un livre, je ne me dis jamais : je vais écrire un thriller. Je me dis simplement : je vais écrire un roman, raconter une histoire. Je ne m’interdis d’ailleurs pas d’aborder d’autres genres à l’avenir. C’est l’histoire qu’on a en tête qui nous conduit vers un genre plutôt qu’un autre.

 

● Comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour ton dernier roman « Un autre jour » ?

Je m’intéresse depuis longtemps à la mémoire et à la manière dont se forment nos souvenirs. J’ai lu un jour un article dans une revue scientifique qui montrait qu’on avait aujourd’hui non seulement la faculté d’effacer les souvenirs, mais aussi de les modifier. J’ai trouvé ce thème passionnant. Je suis donc parti d’éléments plutôt théoriques et abstraits, ce qui n’est pas dans mes habitudes. J’avais dans mes carnets l’ébauche d’une histoire, mais ce n’est que lorsque j’ai eu l’idée de la chute que je me suis vraiment lancé dans ce roman.

 

● Parle-nous un peu de tes personnages, comment Adam et Claire ont-ils pris forme ?

À cause de la révélation finale, cette histoire m’a obligé à travailler mes personnages d’une manière complètement nouvelle. On ne sait presque rien de leur passé, de la même manière qu’on ignore presque tout du lieu où se déroule le roman. Il n’y a quasiment pas d’ellipses dans Un autre jour, on vit l’histoire en temps réel. Du coup, on ne va pas lâcher Adam d’une semelle. Le lecteur connaît toutes ses pensées, il suit ses faits et gestes minute après minute. Durant toute l’écriture, je voulais que le lecteur s’identifie totalement à Adam et se sente aussi perdu que lui. Quant au personnage de Claire, il est très particulier car elle est au centre de l’intrigue mais on ne la voit presque pas. C’est un personnage en creux, une absente qui hante chaque page.

 

Dans ce roman tu abordes plusieurs thèmes dont la mémoire, la réalité et l’illusion. Je me suis posé un tas de questions après avoir fermé ton livre. Quel message souhaites-tu faire passer ?

Que le lecteur se pose des questions, c’est exactement ce que je recherche. J’ai toujours pensé que celui qui vous lit avait sa part de travail à accomplir. Comme les personnages, il est placé devant des dilemmes et se demande forcément comment il aurait agi à leur place. Mais je n’essaie pas de faire passer de message à proprement parler. Je me méfie un peu des romans qui n’utilisent l’histoire que comme prétexte pour imposer des idées ou faire la morale.

 

● Es-tu un grand lecteur et si oui qui t’a inspiré ?

J’ai toujours été très éclectique dans mes lectures. Je lis aussi bien des romans que des essais ou des livres historiques. Dans le domaine du policier, c’est Agatha Christie qui m’a le plus influencé, parce qu’elle a exploré un nombre impressionnant de possibilités et d’astuces narratives. Parmi les grands classiques, les auteurs qui m’ont marqué, plus qu’influencé, sont Flaubert, Proust, Giono, Camus et les romanciers russes. Chez les auteurs contemporains, j’admire en particulier les œuvres de Philip Roth, Ian McEwan et Donna Tartt. Le Maître des illusions est un chef-d’oeuvre du roman psychologique qui a eu une grande influence sur plusieurs de mes romans.

 

● Quel sera ton mot de fin à cet entretien?

Félicitations pour ton blog bien sûr !

 

Lien vers ma chronique Un autre jour

Je tiens à remercier Valentin Musso d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur.

 

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