Entretien avec Elsa Roch – Le baiser de l’Ogre

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● Pourrais-tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Je suis psychologue clinicienne spécialisée dans les troubles autistiques, l’adolescence et les addictions, et depuis tout récemment auteure de noir aux Editions Calmann-Lévy.

 

● Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

L’impatience que je ressentais, enfant, entre deux livres ! Qu’est-ce que j’aimais lire, partout, tout le temps. Quel plaisir ressenti ! J’adore toujours ça, être emportée par la lecture. Elle a un grand pouvoir d’émerveillement et de consolation.

 

● D’où t’es venue l’envie d’écrire des « Polars » ?

J’ai commencé par écrire de la poésie à l’adolescence, puis un roman de littérature dite « blanche » au début de l’âge adulte afin d’élargir mon univers, mais cette dernière expérience n’a pas été à la hauteur de mes espérances… Simultanément, j’ai découvert les polars avec Gone, Baby, Gone de Lehane, offert par ma meilleure amie qui m’a dit « Tu devrais te mettre à lire des polars, tiens, essaye ça », et ça a été une révélation, je me suis dit ce monde est le mien, il concentre tout, la vie, l’amour, la mort, je peux y être libre. Peu de temps après, je me suis lancée.

 

● Comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour ton roman « Le baiser de l’Ogre » ?

Je souhaitais parler des « salauds ordinaires », qui peuplent nos vies ou celles de nos amis, causant d’insondables dégâts psychologiques, et du poids de certains secrets, de leur folie.

 

● Comme je l’ai dit dans ma chronique, pour moi ton livre est un roman noir poétique avec beaucoup d’humanité et de tendresse, quel message souhaitais-tu faire passer ?

Le mot « message » me fait un peu peur. Je souhaitais surtout, à travers le personnage de Liv, mettre en avant la différence, montrer qu’elle pouvait apporter bonheur et joie. J’aime beaucoup m’attacher aux personnages qui évoluent « en marge » de notre monde hyper normé. La poésie dont tu parles surgit souvent d’eux…

 

● D’ailleurs peux-tu nous en dire un peu plus sur le personnage de Liv ?

Il est directement inspiré d’une petite fille, à l’époque diagnostiquée autiste, dont je me suis beaucoup occupée adolescente. Sa rencontre a bouleversé ma vie. Pour elle j’ai voulu devenir psy, pour elle il a fallu que j’écrive. La genèse du Baiser de l’Ogre est vraiment une belle histoire. Aujourd’hui, une boucle est bouclée : j’avais promis (à moi-même !) d’essayer d’écrire un roman qui lui rendrait hommage, voilà qui est fait et je suis comblée, d’autant que cette petite Liv semble remporter tous les suffrages auprès des lecteurs, et ça, c’est vraiment magique.

 

● Peux-tu nous dire si un quatrième tome de la saga Amaury Marsac est déjà en cours d’écriture ?

Oui, il l’est ! Se remettre à l’écriture après une parution est pour moi une nécessité : il faut contrer le book blues, ce sentiment de vide effroyable, de tristesse, qui vous envahit… Et puis j’adore retrouver mon personnage récurrent. Lui et moi avons à chaque fois une sorte de rendez-vous amoureux qu’il s’agit d’honorer au mieux.

 

● Quelles sont tes habitudes d’écritures et combien d’heures en moyenne écris-tu par jour ?

J’écris partout, mais ma préférence est d’être chez moi, au calme, entourée de mes objets fétiches, une tasse de café, mes carnets, mon chat, la vue sur la montagne… Si rien ni personne ne vient me déranger, j’écris alors des heures, 6 ou 7, voire davantage.

 

● Quel sera ton mot de fin à cet entretien ?

Un grand merci à toi, Steve, pour cet entretien et la jolie chronique qui l’a précédé. Un livre, donc un auteur, n’est rien sans ses lecteurs !

 

Lien vers ma chronique Le baiser de l’Ogre

Je tiens à remercier Elsa Roch d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette auteure.

 

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Le baiser de l’Ogre – Elsa Roch

Un grand merci aux Editions Calmann-Lévy Noir pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du troisième roman d’Elsa Roch, Le baiser de l’Ogre. Bien entendu ça fait longtemps que j’entends parler de cette auteure, mais pour l’instant je n’avais pas encore pris le temps de la découvrir. Ma rencontre avec elle le mois dernier lors du Festival Sans Nom à Mulhouse où j’ai pu échanger avec elle a certainement été un déclic. C’est une femme très gentille et très discrète à l’image de son livre. Je suis rentré dans son univers et j’ai été séduit. Allez suivez-moi, c’est parti direction Paris. couv33402464

On rentre directement dans le vif du sujet. Amaury Marsac, commissaire au 36 quai des Orfèvres est réveillé en pleine nuit par un appel d’urgence assorti d’une géolocalisation. Sur place, il découvre Lise Brugguer la récente recrue de son groupe, qui a pris une balle dans le dos et se retrouve immobile visage tournée vers lui. En face d’elle se trouve un homme dont la tête a explosé. Avant de perdre connaissance elle lui demande de ne rien dire à l’équipe et surtout de prendre soin de Liv, sa fille de 3 ans. Marsac, qui n’était pas au courant que sa collègue avait un enfant, va tout faire pour cacher la vérité à son équipe pendant quelques jours. Mais il se sent mal vis à vis d’eux et espère que Lise sort rapidement du coma pour pouvoir lui parler et en savoir plus sur cette affaire. Il va tenir sa promesse, se rendre chez Lise et s’occuper de Liv une petite fille au visage d’ange qui se balance d’avant en arrière sans dire un mot. D’après les médecins elle souffre de troubles du spectre autistique.

Petite parenthèse je ne savais pas que Le baiser de l’Ogre est le troisième opus d’une saga mettant en scène Amaury Marsac et son équipe du 36 quai des Orfèvres. Du coup cela confirme à nouveau que je préfère commencer une saga par le début. Même si ce livre se lit indépendamment comme d’autres, c’est quand même mieux de connaître l’historique des personnages. J’aime connaître tous les liens qu’il y a entre les différents protagonistes et suivre leur vie et leur évolution. Donc je vais me procurer les deux premiers tomes. Car je trouve qu’il y a pas mal d’allusions qui sont faites sur le passé des différents personnages et c’est dommage de passer à côté de certaines choses, au moment de la lecture surtout que j’ai adoré Amaury et Raimbauld !
Pour en revenir au livre j’ai adoré la plume d’Elsa Roch, je l’ai trouvé douce et poétique. Dans Le baiser de l’Ogre plusieurs thèmes sont abordés et mis en avant, bien entendu l’autisme, mais aussi l’enfance, la pédophilie et le regard des autres sur la différence. Si vous recherchez beaucoup de rythme et d’action passez votre tour, l’intrigue passe clairement au second plan. L’essentiel dans ce livre ce sont les personnages, l’humanité, la tendresse et l’espoir qui en émane.

Pour moi Le baiser de l’Ogre est un roman noir très poétique qui est dur et tendre à la fois. Honnêtement je n’ai pas pour habitude de lire ce genre de polar, mais ça change et cela fait beaucoup de bien. Je vais bien évidemment me procurer son premier livre Ce qui se dit la nuit. Elsa Roch est une auteure à découvrir, elle a vraiment beaucoup de talent.

Résumé de l’éditeur :

Paris, en pleine nuit. Amaury Marsac, chef de groupe à la Criminelle, découvre dans le hall d’un immeuble sa plus jeune équipière, Lise Brugguer, gisant entre la vie et la mort. Près d’elle, un cadavre d’homme à la tête explosée, mais pas d’arme.
Avant de sombrer dans l’inconscience, Brugguer lui révèle qu’elle a une fille de trois ans, qui est peut-être en danger, et que lui, Marsac, doit veiller sur elle.
Marsac est stupéfait d’apprendre l’existence de cette enfant. Et quand il la rencontre, petite fille muette aussi mystérieuse qu’attachante, la protéger devient son obsession. Mais pourquoi Brugguer était-elle dans ce hall ? Quelles étaient ses relations avec la victime, vermine criblée de dettes ? Et qui pourrait en vouloir à cette petite fille ?
Marsac va devoir démêler les faux-semblants et déterrer les secrets du passé de son équipière pour percer la vérité. Et vaincre l’Ogre…

Elsa Roch – Le baiser de l’Ogre (Editions Calmann-Lévy (Noir) 2019)

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