Entretien avec Nathalie du blog Mes Lectures du Dimanche

 

Après la Suisse et la France, je continue cette série d’entretien avec une blogueuse Belge, Nathalie du blog Mes Lectures du Dimanche.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Me résumer en quelques mots est un exercice bien ardu ! 😊 Je m’appelle Nathalie, j’ai 39 ans. Je suis indépendante et travaille aux côtés de mon mari à aider les entreprises à réaliser des plans d’économies d’énergie et, in fine, à participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Rien ne me prédestinait à atterrir dans ce domaine parce, depuis toute petite, je rêvais d’être interprète. J’ai même commencé des études universitaires dans ce sens, mais mon parcours personnel m’a détourné de cette voie et, après quelques errances professionnelles, j’ai repris des études à horaire décalé alors que j’étais maman d’une petite fille qui n’avait pas encore un an. Quelques années (et beaucoup de labeur) plus tard, j’ai obtenu un graduat en informatique, moi qui sortait d’études de latin-langues ! Lorsque j’ai démarré dans l’entreprise où je suis toujours aujourd’hui, j’étais sensée contribuer aux développements logiciels que nous utilisons pour les mesures d’énergie, au lieu de quoi j’ai mis les pieds sur le terrain et j’ai tellement aimé que j’y suis restée, devenant un « médecin généraliste » des problèmes énergétiques. C’est un métier enrichissant, car j’ai la chance de parcourir l’industrie et d’y découvrir des trésors, humainement et technologiquement parlant. Côté privé, mon mari et moi sommes à la tête d’une joyeuse bande de gamins rassemblés sous le terme très actuel de « famille recomposée », alliant ma fille, les deux siennes et notre petit garçon. Si les démarrages n’ont pas toujours été faciles, je pense que nous avons maintenant notre rythme de croisière, sachant que mon passé m’a appris à savourer les petites choses, et je m’efforce donc au quotidien d’être le moteur de la famille afin de créer dans nos mémoires le plus de souvenirs heureux possibles. Mon leitmotiv est Carpe Diem et même si je suis parfois bien incapable de l’appliquer, je reste fondamentalement convaincue de la force qu’on peut tirer des plus petites choses…
Ah oui, pardon, tu avais dit quelques mots…

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Lorsque j’avais cinq ans, peu avant mon entrée en primaire, mes parents ont déménagés de l’Allemagne à la Belgique. Ce genre de déménagement demandant beaucoup d’organisation, ma marraine (très jeune à l’époque) s’est vu assignée à la tâche de garde chiourme pour mon grand frère et moi. Et elle m’a appris à lire. Après quoi, dès mon entrée en primaire, il y a toujours eu un livre dans le prolongement de mes mains. A six ans, la Comtesse de Ségur, à dix, Delly, à douze, Mary Higgins Clark… J’ai l’impression que les livres ont toujours et feront toujours partie de moi !

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

Et bien ce mois-ci, je fêterai les deux ans de « Mes Lectures du Dimanche » ! Je compte d’ailleurs passer ce cap avec un petit concours 😊. J’ai choisi « Mes Lectures du Dimanche » parce qu’avec un tel métier et autant d’enfants il est clair que j’ai vraiment très peu de temps pour lire, y consacrant généralement seulement mon dimanche ! Le soir, je suis généralement trop fatiguée, et le matin trop pressée… Dès lors, le nom s’imposait à moi, avec aussi cette connotation « du dimanche » qui signifie « amateur » (comme quand on traite un conducteur de « chauffeur du dimanche ») ! Parce que je ne veux pas me prendre trop au sérieux et que je suis bien consciente que mes avis ne sont que la transcription de mes ressentis et en aucun cas une analyse critique professionnelle. J’estime que, même si un livre ne m’a pas plu, l’auteur y a travaillé dur et je n’ai pas le droit de dénigrer son travail. D’ailleurs, quand je n’ai pas aimé un livre, je m’efforce de trouver un lecteur plus enthousiaste et d’insérer un lien vers son retour dans mon article.

 

  • Qu’est ce qui t’a motivé a créé ton blog Mes Lectures du Dimanche ?

Au départ, j’ai commencé à écrire mes ressentis de lecture à chaque bouquin terminé parce que je commençais à me rendre compte que j’oubliais parfois que j’avais lu tel ou tel livre, ou je me souvenais de l’avoir lu sans pouvoir me rappeler ce que j’en avais pensé ! Je gardais consignés ces retours de lecture dans un fichier à l’abri de tout regard. J’ai fini un jour par les soumettre à une amie qui cherchait une idée lecture. C’est elle qui m’a incitée pendant de longues semaines à les partager au travers d’un blog… J’ai hésité longtemps, puis j’ai fini par me lancer, et sans aucun regret ! Je sais que depuis, elle est devenue une discrète lectrice de mon blog et qu’elle reste ma plus fervente supportrice ! Je profite aussi de ce petit paragraphe pour souligner le rôle d’Isabelle dans « Mes Lectures du Dimanche », grâce à qui certaines fautes d’orthographes disparaissent mystérieusement quelques jours  après la publication d’un article…

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog chaque semaine ?

Ça c’est vraiment très aléatoire ! Je ne rédige que mes retours de lectures, donc ça peut être un par mois ou deux par semaines, selon les lectures que j’enchaîne ! Avant, je publiais aussitôt ma chronique écrite, maintenant je commence à planifier, histoire de ne pas surcharger pendant quelques jours et être ensuite muette plusieurs semaines. J’ai quand même du mal à « planifier » mes articles, mais j’essaie de m’y conformer. Le problème, c’est que j’ai une façon d’écrire assez instinctive, et je trouve que mes chroniques perdent en spontanéité si je me relis plusieurs fois. Par contre, je suis très régulière en ce qui concerne la lecture des blogs que je suis. Tous les matins, en déjeunant, j’ouvre mon lecteur WordPress et je reprends la lecture des articles où je m’étais arrêtée. Parfois aussi durant ma pause déjeuner ou quand un client me fait poireauter. C’est important pour moi de tout lire, par respect pour les bloggeurs qui prennent le temps de partager leurs sentiments.

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ?

Adolescente, c’est Mary Higgins Clark qui m’a ouvert les portes du genre policier et, même si maintenant ces histoires un peu neuneu ne remportent plus mes suffrages, je reste attachée à cet auteur pour tout ce qu’elle m’a apporté dans mon parcours de lectrice. Ces dernières années, Franck Thilliez est devenu l’un de mes auteurs préférés, rejoignant Harlan Coben que j’avoue adorer, même si certains le voient comme une machine à succès rodée et réchauffée. Pour les autres, grâce à tous les bloggeurs que je suis, je diversifie mon panel, ayant ainsi découvert Claire Favan, Olivier Norek, Patrick Bauwen, Barbara Abel, Nicolas Feuz, Sandrine Colette, Jérôme Loubry, et j’en oublie tellement ! Des découvertes que, sans le blog, je n’aurais jamais faites !

 

  • Quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Dans un style d’une futilité exaspérante, j’adore me peinturlurer les ongles ! Mais hormis la lecture, j’adore passer du temps en famille ! Chasse aux œufs et goûter de Pâques, déjeuner de Saint-Nicolas, autant de rendez-vous incontournables durant lesquels je réunis toute la famille, et grands et petits s’amusent et finissent par attendre ces rendez-vous avec impatience. Dans ces cas-là, je me transforme en Bree Van de Kamp le temps de la préparation pour ensuite devenir Lynette Scavo quand tout le monde est réuni. Carpe Diem ! 😊

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Tout d’abord un immense merci à toi, Steve, pour cette mise à l’honneur qui me touche énormément, et ensuite un autre immense merci à cette communauté de bloggeurs littéraires ou passion, échange et respect sont les maîtres-mots.

 

Merci à Nathalie de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. J’espère que cet échange vous a plu. A très vite.

Voici l’adresse de son blog : https://lecturesdudimanche.com/

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Le syndrome E – Franck Thilliez

Chronique :

Après avoir lu « La chambre des morts » et « La mémoire fantôme » avec Lucie Hennebelle, puis « Train d’enfer pour Ange rouge » et « Deuils de miel » avec Franck Sharko quel plaisir de retrouver ces deux personnages réunis dans « le Syndrome E » pour enquêter ensemble. Il est possible de lire ce livre indépendamment mais si vous souhaitez vraiment en apprendre plus sur ces deux personnages, je vous conseille de commencer par les livres cités précédemment. Le-syndrome-E

Alors que Lucie Hennebelle est en congé, elle est contactée par son ex, Ludovic Sénéchal. Il a composé son numéro au hasard, devenu subitement aveugle après avoir visionné un ancien court-métrage datant des années cinquante, qu’il a trouvé chez un collectionneur. En parallèle, Franck Sharko est appelé pour enquêter suite à la découverte de plusieurs cadavres dépouillés de leurs yeux et de leurs boîtes crânienne ouverte. On rentre très facilement dans l’intrigue en se demandant ce que peut bien cacher ce mystérieux film et surtout qui est derrière tout ça. D’autant plus que les meurtres en Normandie semblent y être liés. L’histoire de la vidéo et les corps mutilés nous plongent dans un monde de noirceur et de perversion. Outre l’enquête policière, l’histoire rend également hommage au septième art. Le cinéma et le monde des images est un des sujets centraux avec la recherche scientifique, la psychiatrie et l’histoire du Québec.

J’ai vraiment aimé assister à la rencontre entre Sharko et Hennebelle, deux écorchés de la vie, qui se donnent à fond dans leur métier, délaissant ainsi leurs vies personnelle. Ils sont tous les deux habités d’une noirceur que seule une plongée dans les profondeurs de l’âme humaine peut expliquer. Ensemble, ils font un duo très complémentaire et j’ai hâte de les retrouver dans les prochains opus, surtout après la fin que nous a réservé l’auteur.

Franck Thilliez nous fait voyager à travers la France, l’Egypte, la Belgique et le Canada avec une enquête très bien ficelée. Comme à chaque fois avec cet auteur, on sent une documentation monstrueuse derrière cette histoire. Ce roman est un vrai coup de cœur, aucune fausse note pour ma part. Thilliez a un talent fou pour narrer la noirceur et la perversité qui peut toucher notre société. Dans « Le syndrome E« , il nous plonge une nouvelle fois dans les méandres de la folie humaine avec brio !

Résumé de l’éditeur :

Un film mystérieux et malsain qui rend aveugle… Voilà de quoi gâcher les vacances de Lucie Hennebelle, lieutenant de police à Lille. Cinq cadavres retrouvés atrocement mutilés… Il n’en fallait pas plus à la Criminelle pour rappeler le commissaire Franck Sharko, en congé forcé. Deux pistes pour une seule et même affaire qui va réunir Hennebelle et Sharko. Des bidonvilles du Caire aux orphelinats du Canada, les deux nouveaux équipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu, d’une réalité effrayante. Ceux qui ne connaissent pas le syndrome E, ne savent pas de quoi ils sont capables…

Franck Thilliez – Le syndrome E (Editions Fleuve Noir 2010), (Pocket 2011, 2012, 2017), (Editions France Loisirs 2011)

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Je sais pas – Barbara Abel

Chronique :

Depuis le temps que j’entends parler de Barbara Abel, je me suis enfin lancé dans la lecture de l’un de ses romans et comme premier roman j’ai choisi « Je sais pas ». Nous voici donc parti en direction de… Oh « Je sais pas »! 61JjpHFadzL__SX309_BO1,204,203,200_

Un jour de sortie scolaire, Emma Verdier disparaît. Son institutrice Mylène et les autres membres de son équipe partent à sa recherche. On appelle les parents, Camille et Patrick Verdier. Puis Emma réapparaît et c’est le soulagement. Mais lorsqu’on s’aperçoit que Mylène, l’institutrice a disparu, le capitaine Dupuis commence à s’interroger. Surtout qu’Emma porte à son bras un bandage fait avec le foulard de Mylène. Lorsqu’il interroge Emma, cette dernière répond aux questions par un « Je sais pas » systématique. Que s’est-il réellement passé dans la forêt ? Autant de mystère et de questions qui vont rester sans réponse d’autant plus que Mylène reste introuvable. Et ses jours sont comptés… Pourtant le capitaine Dupuis sent que Camille cache quelque chose. Bien entendu nous, nous savons ce que cache Camille. « Je sais pas » est un roman angoissant qui met mal à l’aise. Que se passe-t-il vraiment dans la tête d’une fillette de 5 ans qui a vu sa mère embrasser un autre homme que son père ?

Les personnages sont bien travaillés et ne nous laissent pas indifférent. Ils sont bien exploités du début à la fin. Au début, ils paraissent tous sans histoire, mais très vite on se rend compte qu’ils ont tous une petite part d’ombre. La plume de Barbara Abel est déroutante. J’ai beaucoup aimé son style. Elle déroule l’intrigue d’une main de maître. De la première à la dernière page, les surprises sont nombreuses, la façon dont on vit chaque instant avec les différents protagonistes est bluffant. La fin m’a scotché, je ne m’attendais vraiment pas à un tel dénouement.

« Je sais pas » ce que vous en attendez, mais si vous recherchez un thriller psychologique efficace à l’intrigue malsaine alors foncez ce livre est pour vous…

Résumé de l’éditeur :

Le jour de la sortie en forêt de l’école maternelle des Pinsons, la petite Emma disparaît. Son institutrice Mylène finit par la retrouver à la nuit tombante dans une cavité. Piégée à son tour, l’institutrice parvient à hisser la fillette sur ses épaules, laquelle s’échappe et court rejoindre le groupe. Mais Mylène reste introuvable et Emma ne sait pas indiquer où se trouve sa maîtresse.

Barbara Abel – Je sais pas (Editions Belfond 2016), (Editions Pocket 2017), (Editions France Loisirs 2017).

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