Entretien avec Sandrine Destombes – Le prieuré de Crest

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  • Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Bonjour chers potentiels futurs lecteurs qui ne me connaissent pas encore ! Je m’appelle donc Sandrine Destombes, j’ai écrit à ce jour 7 romans policiers / thrillers dont Les Jumeaux de Piolenc – prix VSD RTL du meilleur thriller français.
Quand notre pays n’est pas en état d’urgence sanitaire, je travaille dans le domaine de l’événementiel. L’écriture est un plaisir que je m’offre durant mon temps libre.

 

  • Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?   

Je n’ai pas un souvenir précis. Je me souviens surtout d’une période. Celle où je découvrais le Club des Cinq de la bibliothèque rose. J’attendais avec impatience de pouvoir retrouver « mes copains », seule dans ma chambre, et vivre avec eux tout un tas d’aventures.

 

  • D’où vous est venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

C’est un genre qui m’a toujours attirée, en tant que lectrice. Je suis plus matheuse que littéraire or le thriller répond à des codes, des constructions, des imbrications, qui correspondent plus à ma construction d’esprit.

 

  • Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre roman « Le prieuré de Crest » ?

Je m’inspire, pour la plupart du temps, des sujets de société. Le mouvement #metoo prenait le devant de la scène depuis plusieurs mois. Il est devenu la base de ma réflexion. Jusqu’où cette prise de parole pouvait nous mener.

 

  • Comment vos personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement le sous-lieutenant Perceval Benoit ?

Ils ne sont jamais décidés à l’avance. Ils s’imposent à moi, en cours d’écriture. Le sous-lieutenant Benoit était un personnage différent de ce que j’avais pu écrire jusqu’ici. Il était clair, dès le départ, qu’il serait mon axe directeur pourtant, je l’avais décidé subalterne. Ce n’était pas à lui de prendre les décisions, de mener l’enquête. Je m’imposais de suivre une voie sans savoir ce que ses supérieurs lui feraient faire. Oui, je sais, dit comme ça, on pourrait croire que ce n’est pas moi qui décide de la trame et quelque part, ce n’est pas faux. Je plante un décor, un personnage, voire deux, puis je me laisse porter par ce qu’ils me susurrent à l’oreille…

 

  • Quand vous commencez à écrire un roman, le dénouement est-il déjà fixé ou est ce qu’il vient au courant de l’écriture ?

Rien n’est fixé. Ni le dénouement, ni même le deuxième chapitre. Une fois de plus, ce que j’aime, c’est me laisser porter. Je laisse mon inconscient créer les pièces d’un puzzle. Arrive le moment plus délicat où tout ce qui a été écrit doit avoir une cohérence, une raison d’être, pour qu’apparaisse l’image finale.

 

  • Etes-vous une grande lectrice ?

Pas autant que la plupart de mes lecteurs ! Je ne lis que le soir mais ce moment est sacré. Je n’aime pas l’idée de m’endormir sans avoir eu l’occasion de m’échapper, ne serait-ce que quelques minutes, de la réalité.

 

  • Quelles sont vos autres passions dans la vie ?

Je ne dirais pas que la lecture ou l’écriture sont des passions. Ces activités m’offrent des moments magnifiques, des bouffées d’air frais, mais si j’étais dans l’obligation de m’en passer, je resterais debout. Je n’aime pas passionnément les choses. Je garde ce sentiment pour les personnes qui me sont chères.

 

  • Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Il sera influencé par la période que nous traversons. À ceux qui le peuvent, restez chez vous !
À ceux qui n’ont d’autre choix de faire fonctionner notre monde, que ce soit pour nous soigner ou nous permettre de vivre plus ou moins normalement, un grand MERCI !! Enfin, à tous, prenez soin vous…

 

Lien vers ma chronique Le prieuré de Crest

Je tiens à remercier Sandrine Destombes d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette auteure. A très vite pour un nouvel entretien.

 

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Le prieuré de Crest – Sandrine Destombes

Un grand merci aux Editions Hugo Thriller pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du sixième roman de Sandrine Destombes, Le prieuré de Crest. Je suis ravi d’avoir enfin découvert son univers. Bien entendu que j’ai déjà souvent entendu parler de Sandrine Destombes, mais il y a tellement d’auteurs à découvrir que ce n’est pas évident et ma PAL ne diminue jamais. Allez c’est parti suivez-moi en direction de Crest dans ce magnifique département de la Drôme. 2019_THR_LePrieureDeCrest_COUV.indd

On rentre directement dans le vif du sujet en faisant connaissance avec le sous-lieutenant Perceval Benoit qui va interpeller une femme d’une quarantaine d’années accompagnée d’une jeune fille de huit ans à bord d’une 205 sur la D538. Après lui avoir posé quelques questions, il lui demande de sortir du véhicule. Mais la femme prend la fuite. Benoit et son collègue vont la prendre en chasse, mais après quelques minutes la voiture va faire une sortie de route et elles vont avoir un grave accident. Il s’avère très vite que ce n’est pas juste un simple accident de la route. La conductrice qui est une femme non identifiée qui transporte dans une voiture non répertoriée, une petite fille de huit ans dont personne ne sait absolument rien… Voilà comment un banal contrôle routier va apporter son lot de questions et de mystères…Très vite ce sont les experts du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale qui vont débarquer et prendre l’affaire en main. Mais Benoit lui va tout faire pour apporter son aide et son savoir-faire pour intégrer l’enquête et apprendre un maximum, car c’est une unité qu’il rêve secrètement d’intégrer un jour. Les victimes et les disparitions vont s’enchainer très rapidement et l’enquête va s’avérer très complexe.

J’ai bien aimé l’enquête avec des personnages qui restent à leur place. Ce que je préfère dans ce genre de thriller c’est d’être au cœur même de l’action avec des protagonistes attachant et bien travaillé et c’est vraiment ce que j’ai trouvé dans ce livre. L’ambiance des lieux et le mystère autour du prieuré est une vrai réussite. Ce lieu qui accueille et aide des femmes aillant beaucoup souffert à se reconstruire. Bon je dois bien avouer qu’en tant qu’ homme on en prend pour notre grade, ce livre est ultra féministe, car on parle quand même d’éradiquer le sexe masculin… Le style quant à lui est simple et efficace, et les chapitres sont courts cela permets de donner du rythme au récit, tout ce que j’aime.

Le prieuré de Crest est un bon thriller qui m’a embarqué de suite. Je suis content d’avoir découvert la plume de Sandrine Destombes et c’est avec plaisir que je vais lire son nouveau roman Madame B qui vient de sortir la semaine dernière. Je vais également me plonger dans son précédent Les jumeaux de Piolenc.

Résumé de l’éditeur :

 » Madame, je vais vous demander de sortir du véhicule, s’il vous plaît. « 
Le sous-lieutenant Benoit se remémorera longtemps cette scène avec une seule question en tête : aurait-il agi différemment s’il avait su ce que déclencherait ce simple contrôle routier ?
Une enfant de huit ans tourmentée.
Une mère disparue à cause du 6-6-B.
Une conductrice qui finit sa course dans le fossé.
Un cadavre aux yeux énuclés.
Telle une comptine macabre, voilà les quelques mots qui se trouveraient dans le rapport du gendarme avant que les Experts du Pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale ne débarquent à Crest.
Toute cette agitation vient troubler cette commune tranquille de la Drôme. La tranquilité, c’est aussi ce que sont venues chercher la hiératique Joséphine et ses protégées ; ces femmes du prieuré, sorte de gynécée où les hommes n’ont pas droit de cité.

Sandrine Destombes – Le prieuré de Crest (Editions Hugo Thriller 2019)