L’égarée – Donato Carrisi

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de L’égarée troisième opus de la saga Mila Vasquez. Bon, elle n’est pas vraiment présente dans ce roman, mais simplement évoquée. Après avoir lu et beaucoup aimé Le Chuchoteur, un peu moins L’écorchée, je dois dire que ce troisième opus est vraiment très bon. On peut le lire indépendamment des deux premiers, mais pour tout comprendre, c’est toujours mieux de lire une saga dans l’ordre. C’est parti en direction de l’Italie sous une chaleur caniculaire. 81iLkg5EI9L

Dès le début, on découvre une jeune fille, enlevée et séquestrée par un psychopathe de la pire espèce, qui a construit un labyrinthe pour y enfermer et jouer avec ses victimes. Mais lorsqu’une de ses victimes est retrouvée vivante, le compte à rebours est lancé pour attraper ce monstre qui semble toujours avoir un coup d’avance sur la police. En l’absence de Mila Vasquez, c’est un détective privé Bruno Genko aux méthodes douteuses et pourtant très efficaces qui va s’y coller. Atteint d’une maladie incurable, il doit faire vite, car il peut mourir à tout moment. Ayant à coeur de boucler cette vieille enquête qu’il avait alors largement sous-estimée, rien ni personne ne pourra l’empêcher de découvrir qui a kidnappé Samantha, quinze ans auparavant et qui réapparaît mystérieusement.

J’ai retrouvé tout le talent de Donato Carrisi dans ce thriller court mais efficace. J’ai beaucoup apprécié les personnages, qui sont touchants et marquants. L’auteur joue avec nous du début à la fin. Son thriller prend aux tripes et nous fait penser à nos peurs que l’on ressentait étant enfant. D’ailleurs dans la plupart de ses livres, sa cible privilégiée, ce sont les enfants, à qui il fait subir les pires sévices physiques et psychologiques.

L’égarée est une vrai réussite et que dire du dénouement, quel retournement de situation incroyable ! Vivement la suite… Après avoir fermé ce livre, je comprends vraiment pourquoi Donato Carrisi est l’auteur de thriller italien le plus lu au monde.

 

Résumé de l’éditeur :

Dans une atmosphère étouffante, dans une ville engourdie par une vague de canicule, une jeune femme est retrouvée dans les bois, nue avec une jambe cassée. Elle a réussi à s’échapper après une longue séquestration. Elle est encore vivante, mais totalement désorientée.
Aussitôt prise en main dans un hôpital spécialisé, la jeune femme est interrogée par un spécialiste, le Docteur White, mais ne se souvient que de quelques bribes de ce qui lui est arrivé. Un homme, un labyrinthe, un bébé… Tout est flou. Cependant, son identité a bien été retrouvée: il s’agit de Samantha, kidnappée il y a quinze ans, un cas surmédiatisé à l’époque. Sa réapparition fait la une de tous les journaux et met la police dans l’embarras. C’est alors que le détective privé Bruno Genko décide de reprendre l’enquête qu’il avait démarrée à l’époque, embauché par les parents de la victime. Cependant, la donne a changé car Genko, atteint d’une grave maladie, sait que ses jours sont comptés: le cas de Samantha sera sa dernière mission.
De fil en aiguille, Genko parvient à retrouver des indices ignorés à l’époque, et commence à faire le lien avec des enfants abusés par le clergé… Mais où se cache donc le kidnappeur sadique qui a enfermé Samantha ? Et, en a-t-il enfermé d’autres ?
Le compte à rebours s’enclenche, l’ombre du Chuchoteur plane, et Bruno Genko a si peu de temps pour résoudre l’enquête…

Donato Carrisi – L’égarée (Calmann-Lévy 2018), traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza.

Son titre original est « L’uomo del labirinto » (2017).

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L’écorchée – Donato Carrisi

Chronique :

J’ai découvert Donato Carrisi avec Le Chuchoteur, le premier opus de la saga Mila Vasquez. Aujourd’hui je vais vous parler du second tome L’écorchée. Je signale quand même qu’il vaut mieux avoir lu Le Chuchoteur avant. Je trouve que c’est toujours mieux de lire dans l’ordre pour vraiment comprendre tous les personnages. Allez suivez-moi en direction de l’Italie. donato-carrisi-l-c3a9corchc3a9e

Sept ans ont passés depuis l’affaire du Chuchoteur. Mila Vasquez travaille toujours encore dans les Limbes, ce service de police qui s’occupe de retrouver les personnes portées disparues. Dans la salle des Pas Perdus sont affichées leurs portraits et Mila passe tous les jours devant eux. Et justement une de ces personnes disparue est réapparue en massacrant une famille entière. Mila va être confronté à plusieurs personnes qui avaient disparu pendant de nombreuses années, et toutes celles-ci reviennent pour commettre des meurtres.  Plusieurs hypothèses sont possibles, terrorisme, sectes, … Mila va devoir interpréter au mieux tous les indices et faire le rapprochement entre toutes ces personnes. Mais pour cela elle sera épaulée par Simon Berish, un flic spécialiste en anthropologie au passé douteux, accompagné de son chien Hitch.

J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver le personnage de Mila. Même si il faut bien l’avouer, c’est un personnage assez bizarre qui n’éprouve aucune empathie pour qui que ce soit, pas même sa fille. Elle est obligée de se mutiler pour ressentir une émotion, une douleur qui la libère momentanément de ses angoisses. L’affaire du chuchoteur l’a beaucoup marqué et elle a toujours encore du mal à s’en remettre. Elle vit sans cesse dans un équilibre précaire pour ne pas basculer du côté obscure. Le second personnage important de ce roman est Simon Berish, un flic mis à l’écart, soupçonné de corruption, qui va aider Mila à y voir plus clair dans l’enquête. D’ailleurs je trouve que les deux forment un très bon duo.

C’est fascinant comment l’auteur arrive à nous expliquer, comment une personne, quelle qu’elle soit, peut en arriver à disparaître dans le néant, s’effacer complètement, ou encore manipuler les autres jusqu’à les pousser au meurtre. Donato Carrisi excelle vraiment dans cet aspect psychologique du thriller.

L’écorchée est un livre très sombre. L’intrigue est bien maitrisée, le suspense est présent et les différents protagonistes sont très aboutis. J’ai hâte de lire le troisième opus L’égarée… Pour terminer je vais rajouter un extrait du livre que j’ai adoré.

  • S’il existait un seul homme sur terre, serait-il bon ou mauvais ?
  • Ni l’un ni l’autre… ou peut-être les deux.
  • Exact. Les deux forces ne constituent pas une dichotomie, deux opposés nécessaires supposant que le bien n’existerait pas sans mal et vice-versa. Parfois le bien et le mal sont le résultat d’une convention mais, surtout, ils n’existent pas sous une forme absolue. L’hypothèse du mal dit « Le bien de certains coïncide toujours avec le mal d’autres, mais le contraire vaut également. »

 

Résumé de l’éditeur :

Avez-vous jamais eu envie de disparaître ? On a tous ressenti un jour ou l’autre l’envie de disparaître. De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi. Mais il y en a pour qui cette sensation n’est pas que passagère. Elle les obsède, les dévore, les engloutit. Ces individus se volatilisent corps et bien. Nul ne sait pourquoi. Nul ne sait où. Et bientôt, tout le monde les oublie. Ou presque. Chaque fois que Mila Vasquez entre dans « Les Limbes », le bureau des personnes disparues aux murs tapissés de leurs portraits, leurs yeux se braquent sur elle. Elle les garde toujours à l’esprit, elle, l’enquêtrice qui porte dans sa chair les marques des ténèbres, comme autant de fleurs rouge sang. Peut-être est-ce pour cela, d’ailleurs, qu’elle excelle dans son domaine. Peut-être est-ce pour cela, aussi, que sept ans après s’être mesurée au Chuchoteur, elle refuse d’éprouver la moindre émotion. Et si, soudain, ces disparus réapparaissaient pour tuer ? Comme le ressac, les ténèbres recrachent d’abord les indices d’une existence passée. Puis les êtres. À première vue ils semblent identiques, mais dans l’intervalle, le mal les a transformés. Où étaient-ils pendant tout ce temps ? Pourquoi sont-ils revenus ? Pour arrêter cette armée des ombres, Mila devra échafauder une hypothèse convaincante, solide, rationnelle. Une hypothèse du mal. Mais pour la mettre à l’épreuve, il lui faudra à son tour basculer dans l’abîme.

Donato Carrisi – L’écorchée (Calmann-Lévy 2013), (Editions France Loisirs 2014), (Le Livre de Poche 2014) traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

Son titre original est « L’ipotesi del male » (2013).

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La fille dans le brouillard – Donato Carrisi

Chronique :

Après avoir lu Le Chuchoteur de Donato Carrisi, roman que j’ai beaucoup apprécié, j’ai continué la découverte de cet auteur italien avec La fille dans le brouillard. Un roman très original qui nous emmène dans un petit village situé dans les Alpes italiennes.

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La fille dans le brouillard, c’est tout d’abord l’histoire d’une disparition. Dans un petit village italien situé dans les Alpes, la jeune Anna Lou ne rentre pas chez elle et demeure introuvable la veille de Noël. Issue d’une famille très croyante, couvée par une mère envahissante, la petite Anna Lou est irréprochable, et ne brave jamais les nombreux interdits imposés par sa famille. C’est une jeune fille discrète, qui ne fait jamais parler d’elle. Personne ne croit à la théorie de la fugue. Rapidement, le village et les autorités sont convaincus qu’elle a été enlevée et qu’un monstre rôde parmi eux…
Le commandant Vogel, ponte de la police,  antipathique et totalement imbu de sa personne, débarque dans les Alpes et s’empare de l’enquête. Il mettra en application la méthode qu’il pratique et qui l’a rendu célèbre. Pour obtenir des moyens importants, il appâte les journalistes et compte sur eux pour créer un tapage médiatique autour de l’affaire. Tant que l’attention des médias et du public est rivée sur l’affaire, il dispose de meilleurs moyens pour la résoudre. Dans ce cas, peu importe qu’il n’y ait pas l’ombre d’un indice, que le corps de la victime soit introuvable ou qu’on ne déniche pas de mobile valable. Le commissaire, toujours tiré à quatre épingles, profite de l’occasion pour améliorer son image publique.

La construction du roman m’a beaucoup plu, chaque chapitre est une surprise : on peut vivre en direct le jour de la disparition, puis se retrouver soixante jours après les faits, le tout avec les points de vue de différents personnages.

La fille dans le brouillard met l’accent sur la médiatisation des enquêtes criminelles et l’intérêt qu’elles suscitent auprès de l’opinion publique. L’auteur nous rappelle que plus le crime est glauque et difficile à résoudre par les enquêteurs, plus l’enquête qui en découle est excitante pour les médias et, de surcroît pour le public toujours avide de sensations fortes. C’est la première fois que je lis un thriller où les médias sont omniprésents. Ils ont clairement un rôle dans le récit et c’est impressionnant de voir à quel point ils ont de l’influence dans ce genre de moment.

La fille dans le brouillard propose une enquête déboussolante. On ne parvient jamais réellement à prendre position, tant les personnages sont complexes et pétris de mystères. Ne cherchez pas ici un thriller sanglant. C’est un roman profond, porteur de multiples réflexions et vraiment intéressant sur le fond comme sur la forme.

Résumé de l’éditeur :

Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes italiennes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Donato Carrisi – La fille dans le brouillard (Calmann-Lévy 2016), (Le Livre de Poche 2017) traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza.

Son titre original est « La ragazza nella nebbia » (2015).

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Le Chuchoteur – Donato Carrisi

Chronique :

Depuis le temps que j’entends parler de Donato Carrisi, et de sa fameuse saga Mila Vasquez, je me suis dit qu’il fallait bien que je la lise. J’ai donc tout naturellement commencé par le premier opus Le Chuchoteur. C’est parti pour l’Italie. le_chuchoteur

La narration prend trois formes différentes : des échanges écrits entre un directeur de prison et le bureau du procureur à propos d’un détenu dont l’identité est inconnue; l’enquête sur la disparition de cinq fillettes et les pensées d’une petite fille séquestrée et non identifiée. Dès le début du roman, on est dans l’ambiance: cinq fosses découvertes, cinq bras gauches d’enfants à l’intérieur. Et justement, cinq fillettes déclarées disparues dernièrement. Mais il y a cette sixième fosse avec ce sixième bras gauche… Mila Vasquez experte dans les affaires d’enlèvements d’enfants, est appelée à la rescousse concernant la disparition d’une fillette dont on ne sait rien. Mila est une écorchée vive, ébranlée par les horreurs dont elle a été le témoin, elle met un point d’honneur à sauver coûte que coûte chaque victime et n’hésite pas à marquer dans sa chair ses échecs. Cependant elle agit parfois avec inconscience et semble assez fragile psychologiquement.
Goran Gavilla le criminologue chargé de l’affaire, n’est pas de la police mais la tête pensante de l’équipe. Le mentor sur qui les membres de l’équipe s’appuient. Il sait beaucoup de chose sur les tueurs en série et n’hésite pas à instruire son équipe ainsi que le lecteur.

Donato Carrisi nous manipule jusqu’à la toute fin de son thriller. Il tisse une sorte d’immense toile d’araignée avec au centre la trouvaille des cinq fosses dans une clairière. Il a réussi à créer cinq enquêtes autour d’une seule. La liaison entre toutes les enquêtes est accrocheuse et nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne du livre. Sans aucune longueur, il nous fait suivre une enquête pleine de surprises. J’ai beaucoup apprécié que l’on sente la patte d’une personne qui connaît bien les rouages de la justice, notamment de la psychologie des tueurs en série. L’aspect réaliste renforce la noirceur du récit et donne encore plus de force aux événements.

J’ai beaucoup aimé ce thriller qui ne m’a pas déçu. On se fait manipuler tout le long. Sa construction est millimétré et l’auteur joue avec nos attentes et parvient sans cesse à nous surprendre. Je suis vraiment convaincu par Donato Carrisi et j’ai hâte de lire la suite de cette saga. Par contre les enfants sont particulièrement maltraités dans ce livre, donc âmes sensibles s’abstenir.

Résumé de l’éditeur :

Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche. Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Donato Carrisi – Le Chuchoteur (Calmann-Lévy 2010), (Editions France Loisirs 2011), (Le Livre de Poche, 2011, 2014, 2015) traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

Son titre original est « Il suggeritore » (2009).

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