Le Signal – Maxime Chattam

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du dernier roman de Maxime Chattam.  Le Signal est un roman qui a été classé dans différentes catégories, thriller, horreur et fantastique, mais pour ma part c’est un roman fantastique. Autant le dire de suite j’ai vraiment adoré. C’est parti, suivez-moi en direction de Mahingan Falls une petite ville isolée de la Nouvelle-Angleterre. 9782226319487-x

Le Signal, c’est l’histoire des Spencer, une famille new-yorkaise qui a tout quitté pour venir s’installer à Mahingan Falls. Charmante petite ville côtière entourée de forêt et de collines, mais isolé du reste du monde. Ils viennent d’acheter une ancienne ferme qui a été entièrement refaite à neuf par l’ancien propriétaire. Au début leur nouvelle vie semble paisible et idyllique, très loin du tumulte de la vie quotidienne New Yorkaise. Mais Baby Zoey, la plus jeune des enfants n’arrête pas de faire des cauchemars. Et très vite, plusieurs phénomènes étranges se produisent, dans leur maison. Puis Tom va découvrir des mémoires d’un ancien propriétaire dans son grenier. Il va commencer à faire des recherches afin de comprendre ce qui se passe. Bientôt la ville toute entière va être sujette à des phénomènes terrifiants… mais aussi plusieurs meurtres et disparitions se succèdent ce qui est assez étrange pour une petite ville comme Mahingan Falls.

Le récit dégage une ambiance pesante et angoissante. L’auteur prend son temps pour installer l’environnement et ses personnages. Je trouve d’ailleurs que pour un pavé de plus de 700 pages cette mise en place est nécessaire. L’horreur arrive doucement pour finir en apothéose avec un final digne des plus grands.

J’ai beaucoup aimé les personnages, surtout celui d’Olivia, une ancienne animatrice de télé qui veut changer de vie, une femme au fort caractère. Egalement le lieutenant Ethan Cobb, qui ne se laisse pas faire par son supérieur dans toutes les différentes affaires. Ainsi que Chad, Owen, Corey et Connor les quatre jeunes qui sont très courageux malgré tout ce qui leurs arrivent. Maxime Chattam a vraiment un don pour décrire les scènes au plus juste. Et l’idée de nous mettre un plan détaillé de Mahingan Falls, j’ai trouvé cela super.

Maxime Chattam joue avec les fantômes, son roman fait d’ailleurs référence à la très célèbre chasse aux sorcières de Salem. Avec Le Signal, je trouve que Maxime Chattam a signé un roman surprenant et angoissant, je n’ai pas vu passer les 700 pages. J’étais complètement immergé pendant une semaine à Mahingan Falls et j’ai adoré.

Résumé de l’éditeur :

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls.
Un havre de paix.
Du moins c’est ce qu’ils pensaient….
Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents…
Comment le shérif dépassé va-t-il gérer cette situation inédite?
Ils ne le savent pas encore mais ça n’est que le début…
Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un livre ?

Maxime Chattam – Le Signal (Editions Albin Michel 2018)

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Monster – Patrick Bauwen

Chronique :

J’ai rencontré Patrick Bauwen lors du Festival Sans Nom à Mulhouse cette année et j’ai pris beaucoup de plaisir à parler avec lui. J’ai commencé avec Monster le premier tome de la série Paul Becker. Nous voici donc parti en direction de Naples, non pas en Italie, mais en Floride aux Etats-Unis. 81-G3SL1l2L

Revenu s’installer en Floride à Naples dans la petite ville de son enfance, Paul Becker est un médecin qui vient tout juste d’ouvrir sa Walk-in-Clinic, une salle de consultation sans rendez-vous et ouverte à tous 24h/24h. Il est contraint de travailler la nuit afin d’assurer sa réputation et de rentrer dans ses frais. Un soir, alors qu’une tempête frappe la ville de Naples, il voit débarquer son ami Cameron Cole un flic imposant, qui lui ramène un homme nu et blessé dans sa clinique. Lorsque les deux hommes quittent la clinique, Paul retrouve le téléphone portable de ce mystérieux patient et à partir de là, sa vie va basculer. Car ce portable contient des photos compromettantes, dont l’une d’elle est le portrait du père de Paul ! Des menaces s’ensuivent, sa femme et son fils disparaissent. Soupçonné de choses atroces, poursuivi par la police, c’est pour lui le début de sa lente descente aux enfers. Propulsé dans son passé mais aussi dans une affaire de réseau pédophile qui dépasse toutes les horreurs imaginées, Paul n’est plus que l’ombre de lui-même. Traqué par un fou comme par les autorités, il mène sa propre enquête.

Le récit démarre assez doucement et permet au lecteur de s’immerger profondément dans l’univers de Paul. Mais très vite on est happé par les différents rebondissements, pas de temps morts dans l’histoire et une intrigue qui évolue très vite. Confiance, famille, réseaux pédophiles, FBI, sont les ingrédients de cet inquiétant roman qui se lit d’une traite. Tout sera remis en question, son couple, son père, ses amis, ses fréquentations…

Monster est vraiment un thriller très efficace. Pour son second roman Patrick Bauwen a fait très fort. J’ai hâte de lire les fantômes d’Eden.

Résumé de l’éditeur :

Je m’appelle Paul Becker. Je suis médecin.
Je vis dans une petite ville, en Floride.
J’ai une femme, un fils, un boulot que j’aime.
Une existence ordinaire.
Jusqu’au jour où je découvre un téléphone portable.
Un patient l’a perdu pendant une consultation.
Un homme étrange. Dangereux.
Soudain, ce téléphone sonne.
Et ma vie bascule.
Complots. Meurtres. Disparitions.
Toutes mes certitudes vont s’effondrer.
Pourquoi je vous raconte tout ça ?
C’est très simple…
Votre vie va basculer aussi.

Patrick Bauwen – Monster (Editions Albin-Michel 2009), (Le Livre de Poche 2009, 2010)

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Yeruldelgger – Ian Manook

Chronique :

C’est ma première lecture de Ian Manook mais au vu des critiques dithyrambiques sur cet auteur j’ai décidé de me lancer. Le titre du livre reprend le nom du commissaire, qui est le personnage principal. Nous voici donc en route pour Oulan-Bator capitale de la Mongolie. Attention dépaysement assuré. 81saqCie5wL

Le roman débute très fort,  le commissaire Yeruldelgger est appelé sur les lieux d’un crime macabre. Des industriels chinois et des prostituées ont été assassinés sauvagement.  Au même moment le squelette d’une petite fille, déterré par des nomades a été découvert dans les steppes. Yeruldelgger va enquêter avec l’aide d’Oyun, son adjointe. Visiblement, l’un de ces crimes doit impliquer des personnes haut placées car très vite, une bande de néo-nazis s’attaque à Saraa la fille du commissaire.
Yeruldelgger est un homme abimé par la vie, cinq ans plutôt Kushi sa fille cadette est morte et Saraa sa fille ainée le déteste… Heureusement il peut compter sur Solongo,  médecin légiste et Oyun son adjointe, deux femmes au grand cœur et très courageuses qui sont indispensables dans sa vie.

Il y a une vraie montée en puissance dans l’intrigue. Les enquêtes policières se mélangent les unes aux autres et apportent une profondeur au roman. L’auteur nous fait découvrir la Mongolie à travers ses habitants, ses traditions, ses paysages et sa nourriture. La Mongolie est une terre de contrastes où se mêle tradition et modernité. Il est également question de géopolitique et la cohabitation avec les voisins chinois et coréens. Le pays est déchiré entre respect des traditions et mondialisation. On ressent vraiment la désillusion des personnages face à la perte de leurs traditions ancestrales.

Ce qui m’a fascinée dans ce roman c’est la découverte de la Mongolie. Ian Manook est un amoureux des voyages et il arrive vraiment à nous transporter dans les différents endroits où il a été. Pour ce livre, il n’a utilisé aucune documentation préalable, il s’est servi de ses souvenirs de voyages et de ses lectures.

Moi qui adore les polars, les voyages et la géographie, j’ai été comblé. Je vous recommande vivement ce roman, je dois avouer qu’une telle lecture fait vraiment beaucoup de bien, c’est un dépaysement agréable, je ne manquerai pas de suivre la suite des aventures du commissaire. Je confirme bien qu’il y a la Suède de Mankell, l’Islande d’Indridason, l’Ecosse de Rankin et désormais la Mongolie de Manook

Résumé de l’éditeur :

Yeruldelgger, commissaire à la crim’ d’Oulan-Bator, est appelé dans les steppes alors qu’il enquêtait sur le meurtre sauvage de trois chinois. Là-bas il découvre le corps d’une fillette, un crime qui le ramène directement vers son propre drame personnel, l’assassinat de sa fille cadette quelques années plus tôt. Au fil de son enquête Yeruldelgger et son équipe vont découvrir que les deux affaires pourraient être liées…

Ian Manook – Yeruldelgger (Editions Albin-Michel 2013), (Le Livre de Poche 2015)

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Miséricorde – Jussi Adler-Olsen

Chronique :

Miséricorde est le premier tome de la saga du Département V de la police criminelle de Copenhague. Jussi Adler-Olsen n’est bien sûr plus à présenter, c’est un très grand nom du polar Nordique. Après avoir lu Selfies qui est le 7ème opus du département V, je voulais vraiment commencer cette saga par le début. misericorde

On découvre l’origine de ce département V et celle de son chef. Carl Mørck est un policier au bout du rouleau qui, depuis une fusillade, n’est plus que l’ombre de lui-même. N’étant pas très apprécié par son entourage, il est cynique et arrogant, mais en même temps très attachant et on se rallier à sa cause envers et contre tous. Il se retrouve à la tête du Département V, un nouveau service de la police criminelle chargé de se replonger dans des affaires classés jamais résolues, mais en fait c’est d’avantage une mise au placard qu’une réelle promotion. Puis, il y a Assad, l’homme de ménage que le service lui adjoint. Carl découvre très vite que l’homme est doué et n’hésite d’ailleurs pas à profiter de ses capacités. Les échanges entre les deux coéquipiers ne manquent pas de saveur, l’humour vient sans cesse ponctuer l’enquête. La première affaire que Carl va choisir de ressortir du placard a tout pour plaire : Merete Lynggaard, une politicienne de premier plan mystérieusement disparue cinq ans plus tôt au cours d’une excursion en ferry… Est-ce un suicide, un accident ou un meurtre… Personne n’a jamais su ce qui lui était arrivé. Mais l’enquête va être  rythmée et riche en rebondissements inattendus qui viennent démolir les hypothèses que l’on construit en même temps que les enquêteurs du Département V.

Le style est très agréable et fluide. Les descriptions sont assez présentes. L’auteur choisit dans ce roman de décrire deux époques différentes en alternance : l’enquête actuelle du Département V et les quelques semaines qui ont précédées la mystérieuse disparition de Merete Lynggaard. Peu de personnages sont mis en scène dans ce roman, ce qui permet de se concentrer pleinement sur les enquêteurs principaux ainsi que sur la vie de la victime et de son entourage. Jussi Adler-Olsen privilégie ses personnages principaux et les exploite à fond.

C’est un thriller très réussi, avec un duo d’enquêteurs qui fonctionne à merveille. Une intrigue originale et bien menée.  J’ai hâte de découvrir les prochaines enquêtes de Carl et Assad.

Résumé de l’éditeur :

Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s’acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encres. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire. Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Morck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne. Pour eux, pas de cold case …
Couronné par les prix scandinaves les plus prestigieux, de La Clé de Verre aux Golden Laurels des libraires, le thriller de Jussi Adler-Olsen, première enquête de l’inspecteur Morck, est un véritable phénomène d’édition mondial.

Jussi Adler-Olsen – Miséricorde (Albin Michel 2011), (France Loisirs 2012), (Le Livre de Poche 2013) traduit du danois par Monique Christiansen

Son titre original est « Kvinden i buret » (2007).

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Léviatemps – Maxime Chattam

Chronique :

Léviatemps est différent de ce qu’écrit Maxime Chattam habituellement, on a plutôt l’habitude de le voir dans un registre moderne où les meurtriers ainsi que la police utilise des technologies de pointe. Pour ce roman il prend le contre-pied parfait de ce qu’il fait en général, car l’histoire se déroule à Paris en 1900 en pleine Exposition Universelle. léviatemps

Paris, année 1900, l’Exposition universelle bat son plein. C’est dans ce décor que plusieurs meurtres particulièrement horribles sont commis. Nous suivons Guy de Timée, un romancier en mal d’inspiration qui a trouvé refuge dans une maison close qui va enquêter sur le meurtre affreux d’une amie à lui, Milaine. Etant donné que c’est une vendeuse de charme la Police ne va pas faire grand-chose pour retrouver son tueur. Dans son enquête, il sera assisté de Faustine, une autre vendeuse de charme et de Martial Perotti, un jeune inspecteur. Entre ésotérisme et science, dans les ruelles mal famées de Paris, ses pas vont le mener sur la piste d’un tueur particulièrement sanglant et diabolique. De la même manière que les personnages de ses romans naissent sous sa plume, il décortique la personnalité du tueur pour découvrir son identité. S’approchant peu à peu de la vérité, au mépris de sa sécurité et de celle de ses amis qu’il a entraînés dans cette aventure.

Maxime Chattam a choisi de créer son histoire il y a plus de 100 ans mais il reste dans son style, car il faut avoir l’estomac bien accroché devant certaines scènes. On découvre les bas-fonds, très sordides, de Paris aux pavillons de l’Exposition Universelle, des cercles ésotériques mystérieux aux maisons closes chics. On a vraiment l’impression d’être plongés en 1900. L’intrigue est bien ficelée et très intéressante. J’ai beaucoup apprécié les personnages principaux. Guy de Timée est issu de la bourgeoisie et fuit une vie qui ne lui convient plus pour retrouver le sens de la réalité qu’il a le sentiment d’avoir perdu, mais qu’il espère pouvoir retrouver. Faustine la belle courtisane qui est une femme très courageuse et très intelligente.

C’est un roman efficace, avec une fin inattendue et cohérente. J’ai aimé l’ambiance de ce Paris en 1900 et je vais lire le second opus de ce diptyque du temps, Le requiem des abysses où l’on retrouve Guy et Faustine.

Résumé de l’éditeur :

A trop désirer la mort, on finit par trouver pire… Paris, 1900. Guy de Timée, romancier à succès, vit pourtant dans les combles grinçants d’une maison close. Du jour au lendemain, il a tout plaqué : femme, enfant, amis, réussite, et a décidé de se lancer dans un roman policier qui le plongerait dans les bas-fonds de la civilisation. Il veut être confronté au sang et à la violence. Cette mort qu’il désire tant approcher va surgir au milieu de la nuit en la personne de Milaine, jeune prostituée assassinée dans des circonstances particulièrement étranges. Et si elle n’était pas la première ? Qui rode dans les rues de la capitale, dans l’ombre de l’Exposition Universelle ? Quel est le sombre dessein de ce tueur de femme ? Guy va tenter de le découvrir, en compagnie de la mystérieuse Faustine, de l’inspecteur Perotti et d’Yoshito, un sumo japonais déshonoré…Des cercles ésotériques de Paris aux merveilles de l’Exposition universelle, il va peu à peu mettre à jour un terrifiant secret, celui qui fascine tout homme depuis la naissance de la civilisation : le contrôle du temps.

Maxime Chattam – Léviatemps (Editions Albin Michel 2010), (Editions France Loisirs 2011), (Editions Pocket 2012)

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