Entretien avec René Manzor – Apocryphe

9782702164259-001-T

 

● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

J’ai toujours éprouvé le besoin de raconter. Aussi loin que je me souvienne. J’ai d’abord assouvi ce besoin à travers le cinéma avec des long-métrages comme « Le Passage », « 3615 Code Père Noël ». Puis j’ai eu la chance que ces films soient appréciés par Steven Spielberg qui m’a invité à Hollywood pour travailler sur un projet. Je comptais y passer quelques mois, j’y suis resté dix ans. Pendant ces dix ans, j’ai réalisé pour la télé et le cinéma, et j’ai continué à écrire beaucoup, pour moi et pour les autres.

 

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Une littérature imposée par l’école. Et, quand on impose quelque chose à un enfant, il a tendance à s’en détourner. C’est sans doute ce qui m’a poussé vers le dessin, un espace où mon imaginaire pouvait être en liberté. Ce sont les contes qui m’ont fait découvrir la puissance visuelle des mots. Et notamment celui de J.M Barrie : « Peter Pan » parce que, comme lui, je ne voulais pas grandir et, comme lui, j’étais convaincu qu’une fille était plus utile que vingt garçons.

 

●Vous êtes réalisateur et scénariste, vous travaillez pour le cinéma et la télévision, dîtes moi ce qui vous a poussé à écrire votre premier roman en 2012 ?

Un rêve récurrent que je faisais depuis tout petit : un Luna Park abandonné au bord d’une plage, un manoir victorien dévoré par des plantes grimpantes, un pont suspendu sous la neige… Je me suis longtemps demandé ce que ces décors sans personnage, ces bribes d’histoire attendaient de moi. Et j’avais beau chercher à les ignorer en fabriquant d’autres images avec ma caméra, le rêve était toujours là. Et quand la fatigue se faisait sentir, il refaisait surface. C’est ma femme qui m’a arraché à cette obsession, en parvenant à me convaincre que cette histoire était peut-être destinée à être écrite sans caméra. Avec mes mots comme seul bagage. Deux ans après, mon premier roman, « LES ÂMES RIVALES », était là !

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire « Apocryphe » ?

Lorsque j’étais enfant, l’histoire de Jésus était aussi fascinante pour moi que celle des fées, des magiciens, du Père Noël ou de la mythologie. Elle était une ouverture sur le merveilleux avec son étoile du berger, ses rois mages, ses miracles, sa résurrection… Comme dans les contes, il y avait aussi des passages terrifiants comme « le massacre des innocents » ou la « crucifixion ».
En grandissant, je me suis demandé pourquoi le monde des adultes exigeait qu’on abandonne toutes croyances dans le merveilleux excepté celle-ci. Qu’y avait-il dans cette histoire de plus réaliste que dans les autres ? Pourquoi nous touchait-elle aujourd’hui encore au point qu’on se définisse par rapport à elle : avant ou après J.C., « croyant » ou « non croyant » ? Quelle vérité se cachait derrière cette croyance ? C’était une question sans réponse. Mais, pour y répondre, mes personnages allaient devoir vivre au 1er siècle.

 

Combien de temps avez-vous mis pour écrire ce roman ?

C’est difficile de répondre à la question car, dans mon cas, les périodes d’écriture littéraire sont souvent interrompues par mon métier de scénariste ou de metteur en scène. Je ne peux donc raisonnablement sortir un livre que tous les deux ans. Mais si je ne faisais qu’écrire des romans, je pense que cela me prendrait un an. Six mois de recherches et six mois d’écriture proprement dite.

 

Vous avez dû effectuer un travail de recherche impressionnant  pour écrire « Apocryphe », est-ce que le fait d’être réalisateur et scénariste vous aide à écrire un tel roman ?

Quand je lis un livre, j’aime pénétrer dans un territoire inconnu, découvrir un univers, une époque, un mystère. Quand je l’écris, ce sont souvent des questions sans réponses qui m’inspirent. Je pousse mes personnages à y répondre en les plongeant dans une situation inextricable.
Mon métier de metteur en scène exige que je sois présent physiquement sur les lieux de l’histoire que je raconte. Un cinéaste est un témoin oculaire, sensoriel des faits qu’il raconte. Il fallait donc que je sois présent au 1er siècle 🙂 Et, comme la machine à remonter le temps n’existe pas encore, c’est par une recherche approfondie que j’y suis parvenu. La  judéité du 1er siècle, la vie sociale en Palestine, l’occupation romaine, les enjeux politiques, stratégiques et religieux de l’Antiquité permettent de toucher de près cette réalité, donc d’être présent sur les lieux. Dès lors, l’enquête peut commencer. Les personnages historiques ne nous apparaissent plus en flash-back, comme dans les livres d’Histoire. On est avec eux ! Ils deviennent des « personnes ». Et l’on est tenté de fouiller là où les historiens n’ont pas pu fouiller : leur humanité, leurs doutes, leurs ambitions, leurs émotions. Tout ce qui nous permet d’en révéler la face cachée, tantôt plus lumineuse, tantôt plus sombre, quitte à être choqué parfois, face à certaines découvertes.

 

 « Apocryphe » évoque la religion, un sujet toujours très sensible à aborder, quel  message voulez-vous faire passer avec ce roman ?

La foi n’est pas basée sur des certitudes. Elle se nourrit du doute. Quand on dit « je crois » c’est bien qu’on n’est pas sûr. L’erreur majeure des églises de tous bords c’est de dire « Nous avons la vérité ». D’où la question sur la couverture du roman : « Qu’est-ce que la vérité? ». Parce que personne ne détient la vérité. C’est la recherche de la vérité qui est intéressante, le voyage. Exactement comme pour la vie : c’est l’existence qui est passionnante, pas la destination. En ce qui me concerne, je crois en plein de choses. Et, si je crois, c’est parce que je ne suis sûr de rien.

 

 Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Mystère. C’est le mot que je préfère.

 

Lien vers ma chronique du roman Apocryphe.

Je tiens à remercier René Manzor d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur.

 

Rene-Manzor.jpg

Biographie de René Manzor

René Lalanne, dit René Manzor, né le à Mont-de-Marsan, est un réalisateur et scénariste français. Il est le frère de Francis Lalanne et de Jean-Félix Lalanne. Il débute sa carrière par la réalisation de quelques courts métrages, dont « Synapses » qui remporte le Grand prix au Festival international du jeune cinéma de Hyères. En 1986, il sort son premier long métrage, « Le Passage », un film fantastique avec Alain Delon (également producteur). Après avoir participé à deux épisodes de la série télévisée « Sueurs froides », il met en scène son deuxième long métrage, le thriller « 3615 code Père Noël » (1990). Ce film, considéré aujourd’hui comme une référence culte et qui est ressorti en salles aux Etats-Unis pour Noël 2018, confirme la maestria de René  Manzor à fabriquer des univers visuels impressionnants. Un style qui attire très vite l’attention d’Hollywood. Steven Spielberg et George Lucas l’engagent pour réaliser plusieurs épisodes de leur série Young Indiana Jones. Voilà le jeune Français lancé aux États-Unis où il restera dix ans, travaillant comme scénariste et réalisateur,  mais aussi script doctor pour les grandes productions. À la télévision américaine, il a signé la réalisation de plusieurs épisodes de série comme « Le Voyageur » (The Hitchhiker), « Highlander », « Band of Brothers », « Les Aventures du jeune Indiana Jones ».

Il revient en France et au cinéma avec la comédie fantastique « Un amour de sorcière » (1997), avec Vanessa Paradis, Jeanne Moreau et Jean Reno.
En 2003, il sort son quatrième film, « Dédales », avec Lambert Wilson et Sylvie Testud. Il travaille ensuite uniquement pour la télévision.
Après le cinéma (qu’il n’abandonne pas), la télévision (qu’il compare à une salle de
musculation), Manzor ajoute une corde à son art : le roman. Après le succès en 2012 de son thriller littéraire Les Âmes rivales, son second roman Celui dont le nom n’est plus obtient le prix Polar du meilleur roman francophone au festival de Cognac en 2014. Suivront en 2016 Dans les Brumes du Mal et en octobre 2018
son roman le plus ambitieux jusqu’ici, le thriller biblique : Apocryphe.
René Manzor confirme que, avec une caméra ou un stylo, il est et reste avant tout
un conteur.

 

L’égarée – Donato Carrisi

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de L’égarée troisième opus de la saga Mila Vasquez. Bon, elle n’est pas vraiment présente dans ce roman, mais simplement évoquée. Après avoir lu et beaucoup aimé Le Chuchoteur, un peu moins L’écorchée, je dois dire que ce troisième opus est vraiment très bon. On peut le lire indépendamment des deux premiers, mais pour tout comprendre, c’est toujours mieux de lire une saga dans l’ordre. C’est parti en direction de l’Italie sous une chaleur caniculaire. 81iLkg5EI9L

Dès le début, on découvre une jeune fille, enlevée et séquestrée par un psychopathe de la pire espèce, qui a construit un labyrinthe pour y enfermer et jouer avec ses victimes. Mais lorsqu’une de ses victimes est retrouvée vivante, le compte à rebours est lancé pour attraper ce monstre qui semble toujours avoir un coup d’avance sur la police. En l’absence de Mila Vasquez, c’est un détective privé Bruno Genko aux méthodes douteuses et pourtant très efficaces qui va s’y coller. Atteint d’une maladie incurable, il doit faire vite, car il peut mourir à tout moment. Ayant à coeur de boucler cette vieille enquête qu’il avait alors largement sous-estimée, rien ni personne ne pourra l’empêcher de découvrir qui a kidnappé Samantha, quinze ans auparavant et qui réapparaît mystérieusement.

J’ai retrouvé tout le talent de Donato Carrisi dans ce thriller court mais efficace. J’ai beaucoup apprécié les personnages, qui sont touchants et marquants. L’auteur joue avec nous du début à la fin. Son thriller prend aux tripes et nous fait penser à nos peurs que l’on ressentait étant enfant. D’ailleurs dans la plupart de ses livres, sa cible privilégiée, ce sont les enfants, à qui il fait subir les pires sévices physiques et psychologiques.

L’égarée est une vrai réussite et que dire du dénouement, quel retournement de situation incroyable ! Vivement la suite… Après avoir fermé ce livre, je comprends vraiment pourquoi Donato Carrisi est l’auteur de thriller italien le plus lu au monde.

 

Résumé de l’éditeur :

Dans une atmosphère étouffante, dans une ville engourdie par une vague de canicule, une jeune femme est retrouvée dans les bois, nue avec une jambe cassée. Elle a réussi à s’échapper après une longue séquestration. Elle est encore vivante, mais totalement désorientée.
Aussitôt prise en main dans un hôpital spécialisé, la jeune femme est interrogée par un spécialiste, le Docteur White, mais ne se souvient que de quelques bribes de ce qui lui est arrivé. Un homme, un labyrinthe, un bébé… Tout est flou. Cependant, son identité a bien été retrouvée: il s’agit de Samantha, kidnappée il y a quinze ans, un cas surmédiatisé à l’époque. Sa réapparition fait la une de tous les journaux et met la police dans l’embarras. C’est alors que le détective privé Bruno Genko décide de reprendre l’enquête qu’il avait démarrée à l’époque, embauché par les parents de la victime. Cependant, la donne a changé car Genko, atteint d’une grave maladie, sait que ses jours sont comptés: le cas de Samantha sera sa dernière mission.
De fil en aiguille, Genko parvient à retrouver des indices ignorés à l’époque, et commence à faire le lien avec des enfants abusés par le clergé… Mais où se cache donc le kidnappeur sadique qui a enfermé Samantha ? Et, en a-t-il enfermé d’autres ?
Le compte à rebours s’enclenche, l’ombre du Chuchoteur plane, et Bruno Genko a si peu de temps pour résoudre l’enquête…

Donato Carrisi – L’égarée (Calmann-Lévy 2018), traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza.

Son titre original est « L’uomo del labirinto » (2017).

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-a-moitie-pleine

Avalanche Hôtel – Niko Tackian

Un grand merci aux Editions Calmann-Lévy pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler d’Avalanche Hôtel, le dernier roman de Niko Tackian. Déjà je dois dire que j’ai été émerveillé par la couverture de ce roman, quelle merveille. Avec Avalanche Hôtel, Niko Tackian nous entraîne dans un hôtel isolé en pleine montagne. Allez suivez-moi c’est parti en direction de Montreux en Suisse. 9782702163290-001-T

En janvier 1980, sur les hauteurs de Montreux, Joshua Auberson agent de sécurité, se réveille nu dans une chambre d’un grand palace Suisse. Très vite il va apprendre, qu’une jeune fille du nom de Catherine Alexander a disparu. En janvier 2018, ce même Joshua, inspecteur de police, se réveille à l’hôpital après avoir été pris dans une avalanche. Tout s’entremêle dans la tête de Joshua, il essaye de faire le point sur ce qui lui arrive, mais est-ce la réalité, un rêve ou des bribes de souvenirs… ? Très vite il va devoir enquêter sur une jeune inconnue, plongé dans le coma. Il continue de faire des cauchemars et sa mémoire lui joue des tours. Mais la frontière entre le réel et l’onirique est vraiment infime.

Le récit est très rythmé, j’aime beaucoup les chapitres courts car cela donne du rythme et permet d’être au cœur de l’action sans réel temps mort. L’auteur nous promène au fil des pages en rajoutant un peu de mystère chaque fois que l’on croit tenir une piste. Moi qui aime beaucoup le lac Léman, la neige et les montagnes, j’ai été gâté. Le cadre, ainsi que l’ambiance du livre sont magnifiques. Les descriptions des paysages sont très réussies. On ressent l’atmosphère glacée des montagnes suisses. Mon seul petit regret est que le roman est trop court.

Niko Tackian nous offre avec Avalanche Hôtel un thriller mystérieux dans un endroit fabuleux. C’est un thriller court mais efficace, qui est idéal pour un week-end ou un séjour en montagne.

Résumé de l’éditeur :

Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

Niko Tackian – Avalanche Hôtel (Editions Calmann-Lévy 2019)

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-a-moitie-pleineetoile-vide

Un cri sous la glace – Camilla Grebe

Chronique :

Camilla Grebe est une auteure suédoise très célèbre pour sa série de polars écrite avec sa sœur. Mais aujourd’hui je vais vous parler de son premier roman solo Un cri sous la glaceCe roman paru en 2015 fut un best-seller dès sa sortie. Allez c’est parti, suivez-moi en direction de Stockholm capitale de la Suède. 9782702160213-001-T

Dès le début, le ton est donné avec la découverte du corps d’une jeune femme décapitée dans la maison de Jesper Orre, le directeur général de Clothes&More. Personne ne parvient à l’identifier et le principal suspect a disparu… Pour cette enquête, Peter Lindgren un policier dépressif, doit faire équipe avec Hanne Lagerlind-Schön,une profileuse et une femme qu’il a profondément aimée et quittée dix ans auparavant. La résolution de cette enquête va s’avérer très complexe pour notre duo. Pendant que nous suivons les enquêteurs dans leur travail, Emma Bohman la fiancée de Jesper, va nous raconter son enfance, son adolescence, et sa rencontre avec son patron tout puissant qui va la séduire.

J’ai beaucoup aimé la structure, alternant présent avec Hanne et Peter et passé récent avec Emma. Ainsi, nous suivons l’histoire selon plusieurs angles de vue, à deux périodes différentes qui vont finir par se rejoindre… Camilla Grebe, a créée une ambiance froide typique des polars nordiques. Dans une lenteur très maitrisée, elle nous expose des portraits de personnages très réalistes dotés d’une certaine complexité.

Les chapitres sont bien construits et de nouveaux éléments apparaissent petit à petit. L’auteure joue avec de nombreux flash-back tout au long de l’histoire et nous manipule du début à la fin.

Un cri sous la glace est un thriller psychologique captivant. Je trouve que ce roman est à la fois intelligent et glaçant, une belle découverte. Je vais continuer à suivre Camille Grebe de très près, car c’est indéniable, elle a beaucoup de talent.

Résumé de l’éditeur :

Emma, jeune Suédoise, cache un secret : son patron Jesper,
qui dirige un empire de mode, lui a demandé sa main.
Mais il ne veut surtout pas qu’elle ébruite la nouvelle.
Deux mois plus tard, Jesper disparaît sans laisser de traces et l’on retrouve
dans sa superbe maison le cadavre d’une femme, la tête tranchée.
Personne ne parvient à l’identifier.
Peter, policier émérite, et Hanne, profileuse de talent, sont mis en tandem pour enquêter. Seul problème, ils ne se sont pas reparlé depuis leur rupture amoureuse dix ans plus tôt. Et Hanne a aussi un secret : elle vient d’apprendre que ses jours sont comptés.
Dans un Stockholm envahi par la neige, un double récit étourdissant prend forme. Chaque personnage s’avère cacher des zones d’ombre. À qui donc se fier pour résoudre l’enquête ?

Camilla Grebe – Un cri sous la glace (Calmann-Lévy 2017), (Le Livre de Poche 2018) traduit du Suédois par Anna Postel.

Son titre original est « Älskaren från huvudkontoret  » (2015).

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-vide

Apocryphe – René Manzor

Un grand merci aux Editions Calmann-Lévy pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler d’Apocryphe le dernier roman de René Manzor. Je n’avais encore jamais lu de roman de cet auteur, même si j’en ai déjà souvent entendu parler. Apocryphe est un thriller historique et biblique, donc c’est vraiment un roman très originale et très différent. Allez c’est parti, suivez-moi en direction de Jérusalem en l’an 30. 9782702164259-001-T.jpg

Tout commence sur le mont Golgotha, où un petit garçon de sept ans voit son père Yeshua de Nazareth être crucifié. Sept ans plus tard, au cœur du désert de Judée, David qui a grandi dans une ferme isolée, ne veut plus vivre caché. Un vent de révolte souffle en lui, il en a assez de l’occupation romaine. Il s’enfuit, dans le but de rejoindre Jérusalem et de se mettre en quête de la vérité sur son père, il veut que justice soit faite. Mais la découverte de la vérité dissimulée pendant des années sera pour lui un long chemin semé d’embuches.
Tout en mêlant imagination et faits historiques l’auteur nous parle de la vie de Jésus avec sa femme et son fils, de la naissance de la religion catholique, des apôtres, des différents groupes religieux et de l’occupation romaine.

Alors tout d’abord je dois vous avouer qu’au début du livre j’ai eu quelques difficultés de compréhension. Même si je suis croyant et que je connais l’histoire de la Bible, j’ai dû me replonger dedans. C’est surtout au niveau des personnages et des différents groupes ou sectes judéennes où j’ai eu un peu de mal à m’en sortir. Mais une fois ce petit soucis réglé, je suis vite rentré dans l’histoire. J’ai appris énormément de choses avec ce roman. René Manzor réécrit l’histoire et nous emporte dans une épopée biblique terrifiante. L’ambiance de l’époque est magnifiquement décrite.

Il faut dire que l’auteur est vraiment talentueux, le style est très visuel, on a la sensation de visionner un film plutôt que de lire un livre. On sent bien qu’il est scénariste, réalisateur, et écrivain.
Lorsque j’ai refermé ce livre, je me suis dit waouh mais quel travail il a fallu à René Manzor pour écrire un roman si convaincant et captivant.

Pour moi René Manzor signe avec Apocryphe un petit chef-d’oeuvre. C’est un vrai plongeon dans un passé terrifiant et l’on se demande bien où est la limite entre réalité et fiction. Que vous soyez croyant ou non, il faut le lire. C’est tellement différent de ce que je lis toute l’année. Merci Monsieur Manzor, à bientôt dans un autre roman.

Résumé de l’éditeur :

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage
son père agoniser sur une croix. Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

UN ADOLESCENT EN QUÊTE
DE JUSTICE ET DE VÉRITÉ,
UNE FRESQUE ÉPIQUE, VIOLENTE ET ÉMOUVANTE,
UN THRILLER BIBLIQUE À COUPER LE SOUFFLE,
RELECTURE STUPÉFIANTE
DE L’HISTOIRE OFFICIELLE.

René Manzor – Apocryphe (Editions Calmann-Lévy 2018)

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleine