Un cri sous la glace – Camilla Grebe

Chronique :

Camilla Grebe est une auteure suédoise très célèbre pour sa série de polars écrite avec sa sœur. Mais aujourd’hui je vais vous parler de son premier roman solo Un cri sous la glaceCe roman paru en 2015 fut un best-seller dès sa sortie. Allez c’est parti, suivez-moi en direction de Stockholm capitale de la Suède. 9782702160213-001-T

Dès le début, le ton est donné avec la découverte du corps d’une jeune femme décapitée dans la maison de Jesper Orre, le directeur général de Clothes&More. Personne ne parvient à l’identifier et le principal suspect a disparu… Pour cette enquête, Peter Lindgren un policier dépressif, doit faire équipe avec Hanne Lagerlind-Schön,une profileuse et une femme qu’il a profondément aimée et quittée dix ans auparavant. La résolution de cette enquête va s’avérer très complexe pour notre duo. Pendant que nous suivons les enquêteurs dans leur travail, Emma Bohman la fiancée de Jesper, va nous raconter son enfance, son adolescence, et sa rencontre avec son patron tout puissant qui va la séduire.

J’ai beaucoup aimé la structure, alternant présent avec Hanne et Peter et passé récent avec Emma. Ainsi, nous suivons l’histoire selon plusieurs angles de vue, à deux périodes différentes qui vont finir par se rejoindre… Camilla Grebe, a créée une ambiance froide typique des polars nordiques. Dans une lenteur très maitrisée, elle nous expose des portraits de personnages très réalistes dotés d’une certaine complexité.

Les chapitres sont bien construits et de nouveaux éléments apparaissent petit à petit. L’auteure joue avec de nombreux flash-back tout au long de l’histoire et nous manipule du début à la fin.

Un cri sous la glace est un thriller psychologique captivant. Je trouve que ce roman est à la fois intelligent et glaçant, une belle découverte. Je vais continuer à suivre Camille Grebe de très près, car c’est indéniable, elle a beaucoup de talent.

Résumé de l’éditeur :

Emma, jeune Suédoise, cache un secret : son patron Jesper,
qui dirige un empire de mode, lui a demandé sa main.
Mais il ne veut surtout pas qu’elle ébruite la nouvelle.
Deux mois plus tard, Jesper disparaît sans laisser de traces et l’on retrouve
dans sa superbe maison le cadavre d’une femme, la tête tranchée.
Personne ne parvient à l’identifier.
Peter, policier émérite, et Hanne, profileuse de talent, sont mis en tandem pour enquêter. Seul problème, ils ne se sont pas reparlé depuis leur rupture amoureuse dix ans plus tôt. Et Hanne a aussi un secret : elle vient d’apprendre que ses jours sont comptés.
Dans un Stockholm envahi par la neige, un double récit étourdissant prend forme. Chaque personnage s’avère cacher des zones d’ombre. À qui donc se fier pour résoudre l’enquête ?

Camilla Grebe – Un cri sous la glace (Calmann-Lévy 2017), (Le Livre de Poche 2018) traduit du Suédois par Anna Postel.

Son titre original est « Älskaren från huvudkontoret  » (2015).

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Apocryphe – René Manzor

Un grand merci aux Editions Calmann-Lévy pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler d’Apocryphe le dernier roman de René Manzor. Je n’avais encore jamais lu de roman de cet auteur, même si j’en ai déjà souvent entendu parler. Apocryphe est un thriller historique et biblique, donc c’est vraiment un roman très originale et très différent. Allez c’est parti, suivez-moi en direction de Jérusalem en l’an 30. 9782702164259-001-T.jpg

Tout commence sur le mont Golgotha, où un petit garçon de sept ans voit son père Yeshua de Nazareth être crucifié. Sept ans plus tard, au cœur du désert de Judée, David qui a grandi dans une ferme isolée, ne veut plus vivre caché. Un vent de révolte souffle en lui, il en a assez de l’occupation romaine. Il s’enfuit, dans le but de rejoindre Jérusalem et de se mettre en quête de la vérité sur son père, il veut que justice soit faite. Mais la découverte de la vérité dissimulée pendant des années sera pour lui un long chemin semé d’embuches.
Tout en mêlant imagination et faits historiques l’auteur nous parle de la vie de Jésus avec sa femme et son fils, de la naissance de la religion catholique, des apôtres, des différents groupes religieux et de l’occupation romaine.

Alors tout d’abord je dois vous avouer qu’au début du livre j’ai eu quelques difficultés de compréhension. Même si je suis croyant et que je connais l’histoire de la Bible, j’ai dû me replonger dedans. C’est surtout au niveau des personnages et des différents groupes ou sectes judéennes où j’ai eu un peu de mal à m’en sortir. Mais une fois ce petit soucis réglé, je suis vite rentré dans l’histoire. J’ai appris énormément de choses avec ce roman. René Manzor réécrit l’histoire et nous emporte dans une épopée biblique terrifiante. L’ambiance de l’époque est magnifiquement décrite.

Il faut dire que l’auteur est vraiment talentueux, le style est très visuel, on a la sensation de visionner un film plutôt que de lire un livre. On sent bien qu’il est scénariste, réalisateur, et écrivain.
Lorsque j’ai refermé ce livre, je me suis dit waouh mais quel travail il a fallu à René Manzor pour écrire un roman si convaincant et captivant.

Pour moi René Manzor signe avec Apocryphe un petit chef-d’oeuvre. C’est un vrai plongeon dans un passé terrifiant et l’on se demande bien où est la limite entre réalité et fiction. Que vous soyez croyant ou non, il faut le lire. C’est tellement différent de ce que je lis toute l’année. Merci Monsieur Manzor, à bientôt dans un autre roman.

Résumé de l’éditeur :

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage
son père agoniser sur une croix. Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

UN ADOLESCENT EN QUÊTE
DE JUSTICE ET DE VÉRITÉ,
UNE FRESQUE ÉPIQUE, VIOLENTE ET ÉMOUVANTE,
UN THRILLER BIBLIQUE À COUPER LE SOUFFLE,
RELECTURE STUPÉFIANTE
DE L’HISTOIRE OFFICIELLE.

René Manzor – Apocryphe (Editions Calmann-Lévy 2018)

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Fantazmë – Niko Tackian

Chronique :

Ayant récemment lu Toxique et découvert Tomar Khan, j’ai très vite enchainé avec le second opus, Fantazmë (qui veut dire Spectre en albanais). Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’avoir lu Toxique pour lire cette nouvelle affaire, ceci dit, comme d’habitude je vous conseille la lecture du premier volume car il permet vraiment de découvrir et de bien comprendre le personnage de Tomar Khan. Du coup c’est reparti en direction du 36 quai des orfèvres à Paris. 9782702162804-001-t

Cette seconde enquête du commandant Tomar Khan, en apparence très classique, va se révéler être une intrigue bien plus complexe. Un migrant est retrouvé atrocement mutilé dans le 18ème arrondissement de Paris. Le « spectre » en question, est un insaisissable tueur qui sévit dans les quartiers chaud de Paris et notamment au coeur même de la mafia. Très vite on plonge dans les méandres de la Mafia albanaise qui sévit à Paris et dans ses proches banlieues avec des revirements étonnants… Yuri le chef de la mafia albanaise est loin d’être un enfant de cœur ! Il se sert des migrants pour arriver à ses fins et aucun obstacle ne peut entraver sa route et l’empêcher de faire ce qu’il veut. Finalement fiction et réalité se rejoignent par l’omniprésence de cette actualité qui, malgré la forte propension à l’individualisme qui règne dans nos sociétés, heurte incontestablement notre sensibilité.

Quel plaisir de retrouver Tomar Khan, ce commandant de police très charismatique qui se bat avec ses propres démons, et son passé douloureux. On retrouve également toute son équipe, Rhonda, Franck et Dino. Nicko Tackian nous plonge dans les côtés les plus noirs et les plus violents de notre société. Il arrive à nous faire ressentir au plus proche la réalité du monde dans lequel nous vivons. Ce que j’aime beaucoup c’est justement le fait que son histoire est ancrée dans l’actualité. Les sujets qu’il aborde sont brûlants et nous pousse à la réflexion. Il nous livre un roman d’une efficacité redoutable.

Niko Tackian confirme tout son talent, Fantazmë est un thriller violent, ancré dans l’actualité. C’est avec grand plaisir que je lirai la suite des enquêtes de Tomar Khan.

Résumé de l’éditeur :

Janvier 2017. Dans une cave du XVIIIe arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’affaire qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre. Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

Niko Tackian – Fantazmë (Editions Calmann-Lévy 2018), (Le Livre de Poche 2019)

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L’écorchée – Donato Carrisi

Chronique :

J’ai découvert Donato Carrisi avec Le Chuchoteur, le premier opus de la saga Mila Vasquez. Aujourd’hui je vais vous parler du second tome L’écorchée. Je signale quand même qu’il vaut mieux avoir lu Le Chuchoteur avant. Je trouve que c’est toujours mieux de lire dans l’ordre pour vraiment comprendre tous les personnages. Allez suivez-moi en direction de l’Italie. donato-carrisi-l-c3a9corchc3a9e

Sept ans ont passés depuis l’affaire du Chuchoteur. Mila Vasquez travaille toujours encore dans les Limbes, ce service de police qui s’occupe de retrouver les personnes portées disparues. Dans la salle des Pas Perdus sont affichées leurs portraits et Mila passe tous les jours devant eux. Et justement une de ces personnes disparue est réapparue en massacrant une famille entière. Mila va être confronté à plusieurs personnes qui avaient disparu pendant de nombreuses années, et toutes celles-ci reviennent pour commettre des meurtres.  Plusieurs hypothèses sont possibles, terrorisme, sectes, … Mila va devoir interpréter au mieux tous les indices et faire le rapprochement entre toutes ces personnes. Mais pour cela elle sera épaulée par Simon Berish, un flic spécialiste en anthropologie au passé douteux, accompagné de son chien Hitch.

J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver le personnage de Mila. Même si il faut bien l’avouer, c’est un personnage assez bizarre qui n’éprouve aucune empathie pour qui que ce soit, pas même sa fille. Elle est obligée de se mutiler pour ressentir une émotion, une douleur qui la libère momentanément de ses angoisses. L’affaire du chuchoteur l’a beaucoup marqué et elle a toujours encore du mal à s’en remettre. Elle vit sans cesse dans un équilibre précaire pour ne pas basculer du côté obscure. Le second personnage important de ce roman est Simon Berish, un flic mis à l’écart, soupçonné de corruption, qui va aider Mila à y voir plus clair dans l’enquête. D’ailleurs je trouve que les deux forment un très bon duo.

C’est fascinant comment l’auteur arrive à nous expliquer, comment une personne, quelle qu’elle soit, peut en arriver à disparaître dans le néant, s’effacer complètement, ou encore manipuler les autres jusqu’à les pousser au meurtre. Donato Carrisi excelle vraiment dans cet aspect psychologique du thriller.

L’écorchée est un livre très sombre. L’intrigue est bien maitrisée, le suspense est présent et les différents protagonistes sont très aboutis. J’ai hâte de lire le troisième opus L’égarée… Pour terminer je vais rajouter un extrait du livre que j’ai adoré.

  • S’il existait un seul homme sur terre, serait-il bon ou mauvais ?
  • Ni l’un ni l’autre… ou peut-être les deux.
  • Exact. Les deux forces ne constituent pas une dichotomie, deux opposés nécessaires supposant que le bien n’existerait pas sans mal et vice-versa. Parfois le bien et le mal sont le résultat d’une convention mais, surtout, ils n’existent pas sous une forme absolue. L’hypothèse du mal dit « Le bien de certains coïncide toujours avec le mal d’autres, mais le contraire vaut également. »

 

Résumé de l’éditeur :

Avez-vous jamais eu envie de disparaître ? On a tous ressenti un jour ou l’autre l’envie de disparaître. De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi. Mais il y en a pour qui cette sensation n’est pas que passagère. Elle les obsède, les dévore, les engloutit. Ces individus se volatilisent corps et bien. Nul ne sait pourquoi. Nul ne sait où. Et bientôt, tout le monde les oublie. Ou presque. Chaque fois que Mila Vasquez entre dans « Les Limbes », le bureau des personnes disparues aux murs tapissés de leurs portraits, leurs yeux se braquent sur elle. Elle les garde toujours à l’esprit, elle, l’enquêtrice qui porte dans sa chair les marques des ténèbres, comme autant de fleurs rouge sang. Peut-être est-ce pour cela, d’ailleurs, qu’elle excelle dans son domaine. Peut-être est-ce pour cela, aussi, que sept ans après s’être mesurée au Chuchoteur, elle refuse d’éprouver la moindre émotion. Et si, soudain, ces disparus réapparaissaient pour tuer ? Comme le ressac, les ténèbres recrachent d’abord les indices d’une existence passée. Puis les êtres. À première vue ils semblent identiques, mais dans l’intervalle, le mal les a transformés. Où étaient-ils pendant tout ce temps ? Pourquoi sont-ils revenus ? Pour arrêter cette armée des ombres, Mila devra échafauder une hypothèse convaincante, solide, rationnelle. Une hypothèse du mal. Mais pour la mettre à l’épreuve, il lui faudra à son tour basculer dans l’abîme.

Donato Carrisi – L’écorchée (Calmann-Lévy 2013), (Editions France Loisirs 2014), (Le Livre de Poche 2014) traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

Son titre original est « L’ipotesi del male » (2013).

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Les chiens de Détroit – Jérôme Loubry

Chronique :

J’ai eu la chance de participer à un petit-déjeuner rencontre blogueurs/auteurs l’année dernière lors du Festival Sans Nom à Mulhouse. Il y avait Sire Cédric et un certain Jérôme Loubry que je ne connaissais pas encore. Un peu plus d’un an après j’ai enfin lu son premier roman Les chiens de Détroit. Nous voici parti en direction de « Motor City »,  la ville du moteur, dans l’Etat du Michigan aux Etats-Unis.

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En 1998 Stan Mitchell est muté de Washington à Détroit pour une sanction disciplinaire. Côté famille, il divorce et ne peut voir son fils que pendant les vacances. Dans une ville sinistré et en pleine perdition, il va être confronté à une sordide affaire de meurtres d’enfants. Malheureusement pour lui, il ne va jamais mettre la main sur ce tueur, mais sera marqué à tout jamais par cette affaire. Mais quelques années plus tard, en 2013 le « Géant de brume » semble être de retour. Les disparitions d’enfants reprennent… Stan est de nouveau chargé de l’enquête et sera assisté de Sarah Berkhamp. Leur collaboration va permettre d’identifier et d’arrêter rapidement un suspect, qui serait à priori le fameux « Géant de brume ». L’arrestation de cet homme va marquer le début d’une course contre la montre.
Ce dernier, une fois conduit au poste, demande à parler seul à seul avec Sarah. Pourquoi cette demande ? Sarah n’était pas sur l’affaire quinze ans plutôt… Qui est cet homme que l’on surnomme le « Géant de brume » ? Et pourquoi recommence-t-il à sévir quinze ans après ? Ce que Stan et Sarah vont découvrir est beaucoup plus complexe qu’ils ne le pensaient, les deux policiers seront bouleversée à jamais.

J’ai bien aimé Stan l’écorché vif que la vie n’a pas épargné. J’ai apprécié le suivre dans ses errances. Quant à Sarah, on ne comprend pas toujours ses réactions, elle est assez mystérieuse et en proie à de nombreuses angoisses. La construction du livre est très bonne, l’alternance des points de vue et des époques est à mon sens très réussi. L’auteur m’a bluffé sur la description de la ville de Détroit, j’ai vraiment bien réussi à me projeter dans la déchéance de cette ville fantôme que la population a quitté par choix ou par expulsion.

Pour conclure, j’ai adoré le duo d’enquêteurs et j’étais en immersion totale dans cette ville sombre et sinistre. Pour un premier roman Jérôme Loubry a fait fort.

Résumé de l’éditeur :

2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.
Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?
L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…

Jérôme Loubry – Les chiens de Détroit (Editions Calmann-Lévy 2017), (Le Livre de Poche 2018)

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