Entretien avec Sophie Loubière – Cinq cartes brûlées

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Journaliste, romancière et comédienne, je me suis longtemps partagée entre le micro et la plume. Je suis née à Nancy, en Lorraine à la fin des années soixante. J’y ai grandi et fait mes études, me passionnant pour les arts en général, le dessin, le théâtre, le cinéma et la littérature en particulier. J’ai toujours puisé du réconfort dans les activités qui demandent à la fois de la concentration et de la créativité. Le sport – gymnastique de compétition – et les études – contrariées par une dyslexie – me demandaient beaucoup d’effort. Cette exigence, cette rigueur mais aussi cette conscience de mes limites, ne m’ont jamais quittée. La puissance de mon imaginaire était perceptible dans tout ce que je faisais. Mes premiers écrits furent de la poésie, encouragés par mes professeurs de français. A la faveur d’un concours à France Inter, j’ai embrassé une carrière de productrice et journaliste radio. Pendant 17 ans, j’ai eu le bonheur de produire et de présenter différentes émissions à France Inter, France Culture et France Info. Mon premier roman La petite fille aux oubliettes est paru en 1999 dans la collection Le Poulpe, sous la direction de Jean-Bernard Pouy qui avait décelé en moi une prédisposition pour le noir. Suivront neuf ouvrages dont L’enfant aux cailloux (Fleuve Noir, 2011) qui m’a ouvert une carrière internationale.

 

  • D’où t’es venue l’envie d’écrire des « Polars » ?

De mon amour pour la littérature policière (Dashiell Hammett en particulier, et ses ouvrages hard boiled) et des films noirs américains des années 40. Les sujets de mes livres s’inspirent souvent de faits divers ou d’évènements qui me touchent intimement et sur lesquels je crois nécessaire de réfléchir, d’apporter un éclairage. La sociologie du crime est quelque chose de passionnant, même si l’intrigue et le mystère restent le moteur principal de mes histoires. Lorsque j’étais enfant, j’enregistrais des mini-fictions sonores sur un magnétophone à cassettes sans savoir qu’un jour je mettrais par écrit ces histoires qui me trottaient dans la tête. J’ai rédigé mon premier manuscrit lorsque j’avais 22 ou 23 ans, une histoire assez sombre, avec déjà un sujet touchant aux secrets de famille et à la psychanalyse… Depuis, je n’ai jamais cessé d’écrire.

 

  • Comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour ton roman « Cinq cartes brûlées » ?

D’un fait divers qui remonte à 2012. Un huis clos troublant dans une chambre d’hôtel à Nancy : le profil particulier de l’agresseur et celui de la victime, la façon dont la tentative de meurtre est commise, le nombre de coups de couteau portés (une cinquantaine !), l’absence de mobile, les motivations ou les raisons évoquées au procès par la personne mise en cause, cette idée qu’une sorte de fatalité inéluctable a depuis le début désigné la victime… tout cela m’intriguait. Je savais que l’histoire que j’allais raconter partirait et finirait dans cette chambre. Mon travail serait donc de raconter la partie immergée de l’iceberg, celle que la presse et le public ne découvriraient qu’au procès. Une vérité que je me suis appliquée à transcender, modifier, créant des personnages dont les profils adhéreraient à ceux de la victime et de son bourreau. Ce qui importe n’est pas de mettre en scène la réalité ; les protagonistes de cette affaire ont assez souffert de l’exposition médiatique engendrée par celle-ci pour que ce livre ne vienne encore leur rappeler un calvaire. Ce qui compte à mes yeux, c’est la compréhension d’un mécanisme qui mène à pareille tragédie. Ma démarche rejoint celle d’un criminologue.

 

  • Parle-nous un peu de tes personnages, comment Laurence, Thierry et les autres ont-ils pris forme ?

Laurence est une enfant (presque) comme les autres, un peu boulotte, trop imaginative et sensible, une fillette que sa mère voudrait à tout prix faire entrer au chausse-pied dans un tutu, une sœurette que son frère aîné ridiculise, et une petite fille très amoureuse de son papa qui le lui rend bien, jusqu’à ce que dans cette famille quelque chose dérape, que quelqu’un aille trop loin. C’est dans cette faille que l’eau s’engouffre, et que Laurence devient une ado renfermée, qui enfle, enfle, jusqu’à ce que le sport de compétition vienne à son secours et lui permette de tirer parti de cette armure de chair et de muscle. Jusqu’à ce que son succès et ses médailles retombent en pluie brûlante autour d’elle, car rien, surtout pas le bonheur, n’est jamais acquis.

L’univers de Laurence Graissac est glaçant, dérangeant, parce que c’est une jeune femme au parcours jalonné d’addictions (le jeu, la nourriture, le sexe) et que tout est vu de son point de vue. J’évoque aussi la problématique de l’obésité, de la transformation du corps de la femme au cours d’une vie et de son instrumentalisation. « Pour les autres, l’important, c’est ce qu’ils font de nous, pas ce que nous sommes. Ce que tu fais de moi n’est pas ce que je suis » dit Laurence dans le roman. C’est une phrase clé du livre. Elle s’applique aussi au lecteur tenté de croire que l’auteur s’incarne dans ses personnages.

 

  • Est-ce que le fait d’être journaliste t’aide au quotidien pour écrire des romans ?

Probablement. Bien que je n’exerce plus ce métier à ce jour, j’en ai conservé la rigueur et la curiosité. De mon point de vue, un romancier doit toujours s’assurer de la fiabilité de ses sources et n’aborder un sujet que s’il le maîtrise. Cela demande beaucoup de temps de préparation, de recherches, un max de documentation. Il faut cependant trouver le bon dosage pour ne faire d’un roman un ouvrage scientifique ou technique, ne pas noyer les lecteurs sous des détails inutiles ni employer un jargon de spécialiste, ce que je reproche parfois à certains polars écrits par des ex-officiers de police ou ex-membres du barreau.

 

  • J’imagine que pour créer un personnage aussi puissant que Laurence tu dois bien connaître le sujet, y a-t-il une part de toi dans ce livre ?

… En dehors de A la mesure de nos silences (Fleuve Éditions, 2015) lequel évoque un fait historique totalement méconnu de la seconde guerre mondiale, tous les personnages de mes romans sont imaginaires. Certains sont inspirés par des personnes réelles – des amis, des gens dans mon entourage – ou bien fabriqués comme Laurence Graissac à partir de plusieurs éléments de vie dont mes propres souvenirs d’enfance (mon frère ainé ne supportait pas de partager sa chambre avec moi et imaginait mille mauvais tours pour me le faire payer, faisant de moi son cobaye) mais ça s’arrête là. Comme de nombreux écrivains, je puise dans cette matière vivante qu’est mon vécu, et qui apporte l’émotion, le réalisme, la force à une histoire, pour raconter une fiction. Le point commun de tous mes personnages, c’est la façon dont les lieux qu’ils traversent où qu’ils habitent les imprègne. Il y a cet ancrage dans un paysage particulier : la plage de Saint Jean de Monts dans Dernier parking avant la plage (Folio Policier), la baie de San Francisco pour Dans l’œil noir du corbeau (Pocket), la route 66 dans Black Coffee et White Coffee (Pocket), le pavillon de Saint-Flour où grandit Laurence pour Cinq cartes brûlées… Le décor influe sur les personnages, leurs états d’âmes, mais aussi sur le déroulement de l’histoire. En ce sens, on peut dire que mes romans sont situationnistes.

 

  • J’ai vu que tu as toi-même créé un blog peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet ?

Mon premier blog remonte à Black coffee. Cette démarche m’est apparue comme essentielle après avoir parcouru la route 66 en 2011 pour la préparation de ce thriller. Entre le journal de bord d’un voyage de six semaines aux USA plein de rebondissements et les 1500 photos prises sur la mother road, la documentation était abondante, et il était intéressant de la partager. A ce jour, le blog comptabilise plus de 45 000 vues (http://blackcoffee66.blogspot.com/) J’accumule tellement de documentations, de photos et de notes, que je trouve dommage de laisser tout cela enfermé dans une boîte d’archive. Mon côté journaliste, peut-être ? Le blog de Cinq cartes brûlées alterne des passages qui ressemblent à un journal intime, des secrets de fabrication, une playlist des musiques adaptées au climat du roman, des précisions sur le fait divers initial, un hommage à mes bonnes fées (mes lectrices bêta) et les personnages réels ayant inspiré ceux du livre (comme le médecin Bernard Bashert qui doit beaucoup au comédien de doublage Bernard Gabay, voix officielle de Robert Downey Jr, entre autres). Je continue de temps en temps à l’alimenter. Il ne faut pas hésiter à s’abonner ;-). https://5cartesbrulees.blogspot.com/

 

  • Quelle est selon toi la place du polar dans la littérature française d’aujourd’hui ?

J’ai remarqué combien le polar féministe (mettant en scène un personnage féminin fort, à l’opposé des clichés machistes) a le vent en poupe en ce moment. Des livres de plus en plus souvent écrits par des hommes, d’ailleurs. A l’inverse, les femmes écrivent de plus en plus de thrillers trashs, avec surenchère de scènes insoutenables. Il y a une juste dose à trouver en littérature, surtout dans le polar. J’ai tendance à me méfier de tout ce qui touche à un phénomène de mode, et donc, qui relève de l’artifice. Ce qui compte, c’est d’écrire un roman sous l’impulsion d’une sorte de nécessité, en lien avec les préoccupations actuelles, les grands et petits sujets de société. Un livre qui ne cherche pas à séduire, derrière lequel il n’y a pas de calcul marketing. Un livre pour durer. Je pense à des auteures comme Marie Vindy, Danielle Thiery ou Patrick Bard, par exemple, ou encore Jean-Hugues Oppel et Jean-Christophe Tixier en jeunesse : ils font un travail remarquable. Leurs ouvrages témoignent de situations importantes et graves dans le monde et dans notre pays, ils ont des causes à défendre, comme celle des jeunes et de la femme, face à une société toujours plus violente et aliénante, mais les choses sont dites avec justesse, mais sans surenchère douteuse.

 

  • Es-tu une grande lectrice et si oui qui t’a inspirée ?

J’ai beaucoup depuis ma plus tendre enfance, et aussi lorsque je présentais une émission littéraire sur France Inter de 2000 à 2010, intitulée Dernier parking avant la plage ou Parking de de nuit. Je lisais des extraits de roman Les auteurs qui m’ont inspirée sont nombreux. En voici quelques-uns (et quelques-unes) : Thomas H. Cook, avec lequel j’ai la grande chance d’être devenu amie, David Vann, Dorothy Parker, Joyce Carol Oates, Stendhal, Maupassant, Louis Ferdinand Céline, P.D. James, Sam Shepard, Richard Brautigan, Colette, Victor Hugo, Dashiell Hammett, la comtesse de Ségur (quelle grande perverse !) et le poète lorrain Richard Rognet.

 

  • Quel sera ton mot de fin à cet entretien ?

En cette période dramatique et historique que nous vivons au niveau mondial, ne lâchons pas les livres ! Plus que jamais, les auteurs ont besoin d’aide : leurs revenus sont gravement menacés. Un romancier touche en moyenne 8% sur le prix de vente d’un livre en grand format et 6% sur le prix d’un livre de poche ; le régime d’auteur ne permet pas de toucher d’indemnité de chômage. Ce métier qui fait tant rêver est un des plus précaires. La fermeture des librairies et des maisons de la presse met les auteurs en grand péril – et plus généralement, tout l’économie du livre. Alors, commandez, partagez, conseillez, et lisez des livres… Merci d’avance !

 

Lien vers ma chronique Cinq cartes brûlées

Je tiens à remercier Sophie Loubière d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette romancière de grand talent. A très vite pour un nouvel entretien.

 

Sophie Loubière

Cinq cartes brûlées – Sophie Loubière

Merci aux Editions Fleuve pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler pour la première fois d’un roman de la talentueuse Sophie Loubière. Il était grand temps que je lise et chronique un de ses livres, c’est enfin chose faite. Cinq cartes brûlées est un thriller psychologique, vous savez que ce n’est pas mon genre préféré, mais je découvre Sophie Loubière et la couverture du livre m’a vraiment attiré. Allez c’est parti suivez-moi en direction de Saint-Flour en Auvergne… couv29112480

On fait connaissance avec Laurence Graissac que l’on suivra tout au long du roman. Dès l’enfance, sa vie est compliquée, son frère Thierry n’arrête pas de l’humilier et avec son père elle entretient une relation malsaine et ambiguë. S’en suit des problèmes de poids avec des troubles du comportement alimentaire. Le divorce de ses parents va complètement l’anéantir.  Mais au fil de sa vie elle va quand même connaître quelques bons moments notamment grâce au sport qui va être son échappatoire. En parallèle on fait connaissance avec le docteur Bernard Bashert. Un homme qui a tout pour être heureux, mais qui n’arrive plus à s’épanouir dans son couple. Bien entendu ces deux-là vont voir leurs routes se croiser, pour le meilleur ou pour le pire.

Pour moi la force de ce livre réside dans la puissance que dégage Laurence Graissac le personnage principal. On veut absolument savoir ce qu’il va lui arriver. Le récit est bien construit et au fur et à mesure de la lecture on éprouve forcément de la compassion pour Laurence. J’avoue avoir été séduit par la plume de Sophie Loubière. Une plume élégante et classe dispensé avec beaucoup d’intelligence. Le dénouement est une réussite totale, il m’a vraiment surpris et surtout il aide à comprendre plein de choses.

Cinq cartes brûlées est pour moi un roman noir très abouti. Même si comme je l’ai dit au départ ce n’est pas vraiment mon genre préféré, Sophie Loubière a su me faire passer un très bon moment de lecture. J’ai hâte de retrouver son univers. Pour moi la partie est terminé c’est à vous de jouer maintenant, mesdames et messieurs faites vos jeux rien ne va plus !

Résumé de l’éditeur :

Laurence Graissac grandit aux côtés de son frère, Thierry, qui prend toujours un malin plaisir à la harceler et à l’humilier. Du pavillon sinistre de son enfance à Saint-Flour, elle garde des blessures à vif, comme les signes d’une existence balayée par le destin. Mais Laurence a bien l’intention de devenir la femme qu’elle ne s’est jamais autorisée à être, quel qu’en soit le prix à payer. Le jour où le discret docteur Bashert, en proie à une addiction au jeu, croise sa route, la donne pourrait enfin changer…
Thriller psychologique d’une rare intensité, Cinq cartes brûlées va vous plonger au cœur de la manipulation mentale. De celle dont on ne revient jamais indemne.

Sophie Loubière – Cinq cartes brûlées (Editions Fleuve Noir 2020)

Puzzle – Franck Thilliez

Chronique :

Ma première chronique de l’année 2020 est pour Puzzle un one-shot de Franck Thilliez. Au fil des années il est vraiment devenu mon auteur favori. Quelle régularité fascinante dans la qualité de chacun de ses livres depuis maintenant plus de quinze ans déjà… Même si j’ai une préférence pour les aventures de la saga Sharko & Hennebelle, je découvre toujours avec plaisir tous ses one-shots. Je n’avais pas encore lu Puzzle qui est paru en 2013, voilà chose faites désormais. Entre tempêtes de neige et atmosphère glaciale, ce livre est parfait pour la saison, suivez-moi c’est parti au coeur des Alpes direction Swanessong… couv64376664

Tout d’abord on fait connaissance avec un certain Lucas Chardon, qui est interné en hôpital psychiatrique depuis plusieurs mois. Ce dernier a été retrouvé et arrêté sur une scène de crime un 22 décembre, dans laquelle huit personnes ont été assassinées. On se retrouve quatre mois plus tard et on fait connaissance avec Ilan Dedisset, un jeune homme qui habite tout seul dans une grande maison isolé suite au décès de ses parents.  En attendant qu’un de ses jeux vidéo qu’il développe soit accepté et validé par une grande marque, il travaille de nuit dans une station-service. Mais lorsque Chloé Sanders son ex-petite amie réapparait dans sa vie, ce spécialiste des jeux de rôles et des jeux en réalité alternée va replonger. Depuis quelques années les deux rêvent de trouver l’entrée du jeu « Paranoïa », un jeu qui existe sans exister dont personne ne connaît les règles ni le but ultime. Unique promesse : un jour le jeu serait là et il y aurait un gain de trois cent mille euros à la clé pour le vainqueur. Lorsque Chloé et Ilan trouvent enfin la porte d’entrée, ils ne peuvent s’imaginer ce qui les attends… Les huit candidats du jeu « Paranoïa » vont vivre un enfer dans un vieil hôpital psychiatrique abandonné au cœur des Alpes à Swanessong.

Puzzle est un thriller rempli de suspens et de mystère, qui nous plonge constamment dans le flou, mais malgré cela j’ai toujours eu envie d’en savoir plus. J’ai trouvé l’histoire bien travaillé et bien développé. Les descriptions des lieux nous plonge dans une atmosphère angoissante et oppressante. On sent également la touche de l’auteur au niveau des recherches pour être au plus proche de la réalité. Les personnages quant à eux sont super mystérieux et on a du mal à savoir à qui on peut vraiment faire confiance. C’est vrai que pour moi, niveau thriller psychologique, c’est soit j’adore, soit je n’aime pas du tout, il n’y a pas de demi-mesure. Mais lorsqu’un thriller psychologique est d’une telle qualité et qu’en plus il est si énigmatique alors j’adore !

Puzzle est un huis-clos captivant et je suis certain que vous allez être complètement happé par « Paranoïa« . Alors pour ceux qui n’ont pas encore lu ce livre je vous le conseille vivement. Avant de vous quitter je dois vous dire une chose : « Quoiqu’il arrive, rien de ce que vous allez lire n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu, mais est-ce qu’à votre tour vous ferez la différence entre la réalité et le jeu ? Bonne chance et que le jeu commence ! »

Résumé de l’éditeur :

Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer au jeu ultime, celui dont on ne connaît que le nom : Paranoïa. Le jour venu, ils reçoivent la règle numéro 1 : Quoi qu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu.
Suivi, un peu plus tard, de la règle numéro 2 : L’un d’entre vous va mourir.
Et quand les joueurs trouvent un premier cadavre, jeu et réalité commencent à se confondre.
Paranoïa peut alors commencer… »

Franck Thilliez – Puzzle (Editions Fleuve Noir 2013), (Editions France Loisirs 2013), (Editions Pocket 2014)

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Le Manuscrit inachevé – Franck Thilliez

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du dernier one-shot de Franck Thilliez, le Manuscrit inachevé. Franck Thilliez est un de mes auteurs favoris et même si j’ai une légère préférence pour les aventures de Sharko & Hennebelle, je découvre toujours avec grand plaisir ses one-shots. J’attendais beaucoup de ce livre et je dois dire que je n’ai pas été déçu. En plus ce roman de par sa couverture et son nom m’a vraiment intrigué. C’est parti, suivez-moi en direction de la Côte d’Opale dans le Nord de la France. 9782265117808_large

Dès le prologue, on est mis au parfum, nous savons que nous ne lisons pas le livre de Franck Thilliez mais celui de Caleb Traskman. Le manuscrit inachevé est un roman écrit par Caleb, mais ce dernier étant mort avant la fin du roman n’a pas pu écrire le dénouement de l’histoire. C’est donc son fils, J.L Traskman qui a écrit cette fameuse fin.
Dès le début du roman on fait la connaissance de Léane Morgan, une célèbre romancière dont le dernier roman s’intitule… Le manuscrit inachevé… Elle écrit sous un pseudo masculin et se fait passer pour un homme. (J’espère que vous me suivez encore ?!) Depuis que sa fille Sarah à disparue lors d’un footing Léane vit sur Paris. Jullian son mari quant à lui est resté dans leur villa situé au bord de la Côte d’Opale. Ce dernier ne peut se faire à l’idée que sa fille est morte et ne cesse de faire tout son possible pour la retrouver. Mais a force de trop chercher, il est mystérieusement attaqué lors d’une promenade… Lorsque Léane arrive à l’hôpital, elle va découvrir que son mari a perdu la mémoire. Parallèlement sur une route entre Chambéry et Grenoble une voiture fonce dans un ravin en tentant d’échapper à la douane. Dans le coffre de cette voiture, la police va découvrir un corps sans visage ni main et des mains sans corps. Quel lien entre ces deux affaires…

Comme toujours avec Franck Thilliez, on est littéralement happé et porté par l’intrigue. Les chapitres sont courts et le rythme très soutenu. On ne sait pas vraiment quoi penser des différents protagonistes, pendant toute la lecture du livre je me suis méfié de tout le monde. La manière dont a été construite cette histoire est fascinante, l’auteur se renouvelle sans arrêt, concernant l’intrigue, je ne pense pas que grand monde ai découvert le dénouement avant la fin et quelle fin… Franck Thilliez nous laisse des indices, mais il est tellement fort qu’il se joue de nous et à chaque fois je me dis (ah oui quand même il est très fort pour nous berner !)

Le manuscrit inachevé est vraiment un thriller différent. J’ai déjà lu tellement de thriller différents dans ma vie, que des fois je me demande bien ce que les auteurs peuvent encore inventer et apporter de nouveau… Et à chaque fois je suis bluffé par l’imagination débordante de Franck Thilliez qui nous régale comme toujours. Alors d’après vous cette fin est-ce une énigme à résoudre ou préférez-vous le fait que c’est une fin ouverte ? A vous de décider et de choisir…  Mais soyez attentif !

 

Résumé de l’éditeur :

Aux alentours de Grenoble, un jeune a fini sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans son coffre, le corps d’une femme, les orbites vides, les mains coupées et rassemblées dans un sac. À la station-service où a été vue la voiture pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme qui conduisait n’était pas le propriétaire du véhicule et encore moins le coupable.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. En pleine promo pour son nouveau roman dans un café parisien, elle résiste à la pression d’un journaliste : elle ne donnera pas à ce vautour ce qu’il attend, à savoir un papier sur un auteur à succès subissant dans sa vie l’horreur racontée dans ses livres. Car sa vie, c’est un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale où est resté son mari depuis la disparition de leur fille. Mais un appel lui annonçant son hospitalisation à la suite d’une agression va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées. Il a perdu la mémoire. Elle est seule.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question se posera : faut-il faire de cette vie-là un manuscrit inachevé, et en commencer un autre ?

Franck Thilliez – Le Manuscrit inachevé  (Editions Fleuve Noir 2018), (Editions France Loisirs 2019), (Editions Pocket 2019)

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Atom[ka] – Franck Thilliez

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de Atom[ka] le 7ème opus de la saga Sharko/Hennebelle. Je tiens vraiment à les lire tous dans l’ordre. Bien sûr vous savez tous maintenant que c’est ma saga préféré et que Franck Thilliez fait partie de mes auteurs favori. Avec Le Syndrome E et Gataca la barre était déjà tellement haute, mais alors là avec Atom[ka] que dire… C’est parti suivez-moi en direction de Paris, Chambéry, Tchernobyl en passant par Albuquerque dans l’Etat du Nouveau-Mexique. atomka-franck-thilliez

Dès le début on est confronté à deux enquêtes parallèles. En premier lieu l’enquête concernant le meurtre du journaliste Christophe Gamblin, qui est retrouvé mort dans son congélateur. Ainsi que la disparition de sa collègue Valérie Duprès. Cette enquête va s’avérer très complexe et va faire voyager Franck Sharko & Lucie Hennebelle à travers plusieurs pays pour dénouer les fils du mystère. Etats-Unis, Ukraine, Russie ce road-trip sanglant mènera notre duo favori au cœur même de l’atome et de la radioactivité. En parallèle Franck Sharko est en fâcheuse posture. Il est confronté à un tueur qui le vise personnellement. Il est directement menacé et le tueur joue avec ses nerfs en lui laissant des indices. Et comme souvent, Franck va agir seul dans son coin…

C’est un immense plaisir de retrouver Franck Sharko et Lucie Hennebelle. Atom[ka] traite de sujets complexe mais Franck Thilliez a vraiment ce don de nous transmettre au mieux son énorme travail de recherche et tout son savoir d’une manière simple pour que tout le monde puisse bien comprendre de quoi on parle. Je ne suis pas un spécialiste du monde nucléaire, mais j’ai pris plaisir à en apprendre un peu plus sur ce sujet. Ce roman nous fait réfléchir sur ces multiples expériences scientifiques à travers le monde, ainsi que sur la politisation de ses recherches et ses secrets bien gardés par tous nos gouvernements… L’auteur fait bien sûr référence à Tchernobyl et à son soi-disant nuage qui comme par miracle c’est arrêté à la frontière… Il explique également qu’il a commencé à écrire ce roman avant Fukushima et que de ce fait il a été incapable d’écrire pendant cette catastrophe…

Atom[ka] est un thriller fascinant bourré de suspense et de secrets. Quel plaisir de lire un livre pareil, même si je dois bien avouer que j’ai du mal à trouver des mots tellement j’ai aimé ce roman… Honnêtement avec Franck Thilliez on a la chance d’avoir un auteur qui pour moi fait partie des meilleurs auteurs de thriller du monde entier.

Résumé de l’éditeur :

Lucie Henebelle et Franck Sharko, policiers dans la fameuse section criminelle du 36, Quai des Orfèvres, tentent de se remettre d’un drame qui a failli les séparer. Ils essaient de faire un enfant, en vain. Et à quelques jours de Noël, ce qui les attend est loin d’être l’annonce d’un heureux événement. À l’heure où tout le monde rentre se réchauffer, le froid, la mort et les souvenirs maudits guettent.
Une affaire d’envergure démarre alors. Christophe Gamblin, journaliste de faits divers, est retrouvé mort de froid, enfermé dans son congélateur. Sa collègue et amie a disparu, alors qu’elle enquêtait sur un gros dossier dont personne ne connaît le contenu. Sa seule trace est son identité griffonnée sur un papier, détenue par un enfant errant, très malade, aux organes déjà vieillissants. En parallèle, une ancienne affaire de femmes enlevées refait surface : des victimes jetées vivantes mais inconscientes dans des lacs quasi gelés, et secourues in extremis par des coups de fil mystérieux à la police.

Tandis que l’enquête s’accélère, Sharko est confronté à de vieux démons. Une ombre évolue dans son sillage, jouant avec lui de manière dangereuse, et semblant particulièrement lui en vouloir. Un duel secret et cruel s’engage alors, détruisant le flic à petit feu.

Franck Thilliez – Atomka (Editions Fleuve Noir 2012), (Pocket 2013, 2017), (Editions France Loisirs 2013)

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