Territoires – Olivier Norek

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de Territoires, le second opus de la saga du capitaine Victor Coste. J’avais bien aimé le premier tome Code 93, c’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé ce personnage créé par Olivier Norek. D’ailleurs il était grand temps pour moi de retrouver Coste et son équipe. Allez suivez-moi c’est parti direction Seine-Saint-Denis.norek-territoires

L’histoire débute avec les meurtres de trois dealers qui règnent sur la cité de Malceny dans le 93. La brigade du capitaine Victor Coste est obligée de déléguer cette affaire à la brigade des stupéfiants et la deuxième brigade de la SPDJ. Un tueur inconnu, a décidé de reprendre la main sur le trafic de drogue de la cité. C’est alors que tout commence à aller de travers, d’autres personnes, qui n’ont apparemment aucun lien avec ces meurtres sont retrouvées assassinées. D’un côté on va suivre une bande de jeunes caïds très violents et d’un autre on fait connaissance avec Andrea Vesperini, la maire de cette ville. Une femme très manipulatrice qui ne recule devant rien pour se faire réélire. On découvre à travers elle, les côtés très sombres de la politique. Et lorsqu’une émeute crée le chaos dans la cité, les pièces du puzzle se mettent en place chez le capitaine Coste.

Comme Code 93, Territoires est un roman terriblement réaliste au rythme soutenu, avec une écriture percutante et une intrigue passionnante. Entre règlements de compte, tortures, trafic de drogue, nourrice et corruptions, on est servi. Après Code 93, je trouve que l’auteur est encore monté d’un cran.
Quel plaisir de retrouver l’équipe du capitaine Coste. J’aime beaucoup ce dernier, qui est un personnage très charismatique. Ainsi que Ronan le dragueur de l’équipe, Sam le geek qui ne supporte pas la vue du sang et des cadavres et enfin Johanna une femme à la carrure d’homme au caractère bien trempé mais qui prend bien soin de tout le monde.

Territoires est un polar angoissant mais malheureusement très réaliste. Olivier Norek sait de quoi il parle, on sent l’expérience du terrain, de ce fait il maîtrise parfaitement son sujet. C’est le troisième roman que je lis de cet auteur et je ne suis jamais déçu. Olivier Norek est un auteur talentueux qui est devenue une valeur sûre dans le paysage français du polar.

Résumé de l’éditeur :

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L’exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d’à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé…
et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles – loin d’être aussi fictives qu’on pourrait le croire – où les assassins eux-mêmes sont manipulés.

Olivier Norek – Territoires (Editions Michel Lafon 2014), (Editions France Loisirs 2015), (Editions Pocket 2015)

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-vide

Le Cercle – Bernard Minier

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du second tome de la série mettant en scène le commandant Martin Servaz. C’est toujours un grand plaisir de retrouver des personnages récurrents que l’on apprécie. J’ai beaucoup aimé Glacé, alors forcément j’attendais beaucoup de la suite et je dois dire que Le Cercle a vraiment été à la hauteur de mes attentes. C’est parti en direction du Sud-Ouest, plus précisément à Marsac et à Toulouse. Minier-Bernard-LeCercle

L’histoire débute en juin 2010, en pleine Coupe du Monde de foot en Afrique du Sud. Le commandant Martin Servaz, qui se remet à peine de son enquête dans les Pyrénées, est contacté par Marianne, un amour de jeunesse. Claire Diemar, une des professeurs de son fils vient d’être retrouvé assassiné chez elle. Ce dernier a en effet été retrouvé sur les lieux du crime, à Marsac petite ville universitaire du Tarn. Marianne demande alors à Martin de prouver l’innocence de son fils. Le commandant Servaz et ses collègues vont devoir remuer ciel et terre pour défaire ce mystère. En même temps, Julian Hirtman, le tueur en série Suisse qui a sévit dans Glacé, est lui toujours en cavale, a été aperçu dans la région. D’ailleurs en inspectant les lieux du crime, Martin découvre un CD de Gustav Malher qui est son compositeur préféré, mais également celui de Hirtmann…Une bonne partie de l’enquête se déroule dans la prestigieuse université de Marsac, où étudie Margot sa fille, et d’où notre commandant est lui-même sorti diplômée.

Oui Le Cercle est un pavé, mais il ne souffre d’aucune longueur. Les références culturelles littéraires et musicales sont de toutes beautés. Le style est parfaitement maîtrisé. Des rebondissements surprenants, des fausses pistes et du suspense rythment à merveille cette enquête. J’ai également apprécié de retrouver certains protagonistes du premier livre. Vincent Espérandieu, l’adjoint et ami de Martin, qui est l’exact opposé de son patron à qui il voue une grande admiration. Samira Cheung la Franco-Sino-Marocaine, personnage très excentrique et anticonformiste au tempérament volcanique qui sait se faire respecter par les hommes. Margot sa fille, adolescente rebelle, adepte de tatouages, de piercings et de blousons en cuir avec qui Martin entretient une relation assez conflictuelle.  Et enfin Irène Ziegler, une gendarme attirée par les femmes.

Si vous avez aimé Glacé, vous allez adorer Le Cercle, qui pour moi est un thriller captivant, mené d’une main de maître par Bernard Minier. J’ai hâte de lire la suite des aventures du commandant Martin Servaz et de toute son équipe !

Résumé de l’éditeur :

Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, précipitent le commandant Martin Servaz dans une enquête dangereuse, la plus personnelle de sa vie.
Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux… Pourquoi la mort s’acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d étudiants réunissant l élite de la région ?
Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d anciennes et terribles blessures et faire l apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

Bernard Minier – Le Cercle (Editions XO 2012), (Editions Pocket 2013, 2017)

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleine

Vertige – Franck Thilliez

Chronique :

Aujourd’hui, je vais vous parler du roman Vertige de Franck Thilliez. Je dois avouer que j’ai mis un certain temps pour écrire cette chronique, car Thilliez est un de mes auteurs français préférés, mais là avec Vertige j’ai eu beaucoup de mal. J’ai donc laissé passer un peu de temps pour vraiment écrire ce que j’ai ressenti. vertige-franck-thilliez_resizedcover

Jonathan Touvier alpiniste reconnu, est physiquement et mentalement prêt à affronter toutes les situations, sauf celle dans laquelle il se retrouve actuellement. Alors qu’il se réveille brumeux sans trop savoir comment il est arrivé là, il constate qu’il est enfermé dans une grotte glaciale, attachée avec une chaîne au poignet. Il est coincé dans cet étrange endroit avec son chien et deux autres personnes, Farid qui a une chaîne à la cheville et Michel qui possède un masque de fer bourré d’explosifs. Impossible de sortir ou d’appeler à l’aide. Ces trois hommes sont enfermés vivants avec pour seul objet une tente rouge, un réchaud et une lampe. À la recherche d’indices sur l’identité de leur bourreau, ils vont peu à peu se dévoiler et découvrir qu’ils ne sont pas là par hasard…Tour à tour on découvre la générosité, l’empathie, l’égoïsme, le goût du meurtre. On découvre la beauté et l’horreur de l’âme humaine avec ces hommes livrés à eux-mêmes et sans témoins. Il reste pourtant une grande inconnue. A qui profite ce spectacle ?

Ce roman est bien construit comme toujours avec Franck Thilliez. Les moindres détails ont leur importance et tous les éléments s’imbriquent les uns dans les autres au moment du dénouement final. Mais malheureusement je ne suis pas trop fan de ce genre de huis clos au rythme assez lent. Cela me lasse très vite et du coup j’ai trouvé ce roman un peu long. En plus de ça le thème de l’alpinisme ne m’a pas transcendée. Quant aux personnages, je ne me suis jamais attaché ou identifié à eux.

Vertige est un bon thriller mais pour la première fois avec un Thilliez, je n’ai pas vraiment accroché. Et honnêtement est-ce que tout le monde a vraiment trouvé la solution finale… ? J’en doute fort.

Résumé de l’éditeur :

Certains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher ?
Un homme se réveille au fond d’un gouffre, au coeur d’un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d’infortune. Il est enchaîné au poignet, l’un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d’un masque effroyable, qui explosera s’il s’éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s’imposera, impérieuse : jusqu’ou faut-il aller pour survivre ?

Franck Thilliez – Vertige (Editions Fleuve Noir 2011), (Pocket 2012, 2016), (Editions France Loisirs 2012)

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-a-moitie-pleineetoile-vide

Echo – Ingrid Desjours

Chronique :

Je découvre Ingrid Desjours avec son premier roman Echo. C’est elle même qui me l’a conseillé en octobre au FSN à Mulhouse. Je dois dire que pour une première c’est vraiment réussi. Nous voici donc parti en direction de Paris et son star-system. echo

Le livre se présente en deux parties, d’un côté on suit l’enquête sur le meurtre scénarisé des jumeaux, avec une mise en scène très glauque et pervers, en parallèle, on suit un journal intime tenu par un jeune enfant, violé, battu et martyrisé par sa mère et ses deux frères. Ce journal nous fait comprendre comment un enfant peut être détruit et comment son enfance va impacter sur sa vie d’adulte.
Nous avons un double meurtre, celui des jumeaux Vaillant, les présentateurs vedettes de la célèbre émission Le miroir aux alouettes. Face à ce meurtre qui renvoie au mythe de Narcisse, Garance Hermosa une experte en sexo-criminologie, va venir en aide au commandant Patrick Vivier. Afin de découvrir le meurtrier, il faut d’abord apprendre à discerner la psychologie de la victime, pour comprendre le mobile et de ce fait trouver l’assassin. Mais l’enquête ne va pas être si simple, car il semble que les jumeaux avaient plus d’ennemis que d’amis. Les deux frères devaient surtout leur célébrité à leurs comportements immondes et irrespectueux lors de leur émission. Dans cette dernière ils recevaient des célébrités qu’ils s’amusaient à démolir, afin de satisfaire la curiosité des spectateurs. Découvrir le tueur dans ce contexte, semble être mission
impossible.
Garance est une femme au caractère bien trempé qui dégage extérieurement une assurance et un sex-appeal énorme. En revanche, elle a ses failles et ses peurs, mais n’ose les dévoiler à personne. Le commandant Vivier qui a la cinquantaine est lui un homme désabusé qui a vécu beaucoup de choses dans sa vie. La psychologue a un côté intriguant pendant que le commandant a lui un côté rassurant. J’ai beaucoup aimé leur collaboration, leur rapport ainsi que leurs échanges.

Ingrid Desjours connait bien son sujet étant elle-même diplômée en psychologie et spécialisée en sexo-criminologie. Elle manipule à merveille ses personnages et distille avec parcimonie des éléments discrets, qui soudain éclaire l’enquête et nous précipite vers une fausse piste.

Ce premier thriller est une réussite, les aspects psychologiques sont bien traités. Les différents thèmes abordés par l’auteure sont très durs et donnent beaucoup de profondeur au récit. Echo est vraiment un très bon thriller. Si comme moi, vous n’avez pas encore lu de roman d’Ingrid Desjours, n’hésitez pas et foncez, vous ne serez pas déçu.

Résumé de l’éditeur :

Le star-system est en deuil depuis que les frères Vaillant, présentateurs adulés de l’émission du moment, ont été sauvagement assassinés. Appelée en renfort auprès du commandant Vivier, l’experte en sexo-criminologie Garance Hermosa établit vite que le crime, obéissant à un obscur rituel, est l’œuvre d’un esprit particulièrement sadique et torturé.
Mais dans cet univers de strass et de paillettes où les volontés de nuire sont légion, tous ceux que croisent le policier et sa collaboratrice ont une personnalité assez perverse pour être suspects. Afin de démasquer le meurtrier, la jeune profiler à la vie chaotique devra s’en faire le miroir. Au risque d’épouser sa folie et de plonger au cœur du mal…
Ingrid Desjours – Echo (Editions Plon 2009), (Editions France Loisirs 2010), (Pocket 2010, 2015).

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-vide

L’Âme du Mal – Maxime Chattam

Chronique :

Bien évidemment je ne vais pas vous présenter Maxime Chattam. Mais c’est de son premier livre L’Âme du Mal que je vais vous parler aujourd’hui. L’un de ses plus connus d’ailleurs, le premier opus de sa fameuse Trilogie du Mal. C’est parti en direction de Portland la plus grande ville de l’Oregon situé au Nord-Ouest des Etats-Unis.

CVT_Lame-du-Mal_4299

Ca commence par un prologue qui se passe dans les années 80 et qui a l’air de n’avoir aucun rapport avec le reste. S’ensuit une première enquête avec Juliette Lafayette et Joshua Brolin, qui est très rapidement résolu, c’est vraiment surprenant. J’avoue que je me suis dit waouh mais il a écrit quoi dans le reste du livre, comment il va remplir les 450 pages restantes…
Des meurtres ont lieu et on découvre qu’ils ont la même signature et le même modus operandi. Et lorsqu’un tueur en série sévit à Portland, c’est Joshua Brolin, inspecteur-profileur, qui s’en charge.  Il va être confronté à différentes enquêtes et va enfin pouvoir réellement exercer ses talents de profiler. L’intrigue nous plonge dans une toile complexe que nous tachons de démêler avec Brolin tout au long du livre, qui va parfois nous faire frôler le surnaturel, donnant une ambiance encore plus sombre à l’histoire. L’intrigue m’a de suite attiré, car je m’intéresse beaucoup à tout ce qui touche les tueurs en série (fictifs ou non) et le profiling. J’ai été happée par l’histoire du début à la fin.

Maxime Chattam a suivi des cours de criminologie et ça se sent, tout semble si réel, tellement plausible que ça en devient presque effrayant. Les descriptions sont complètes et les explications de certaines procédures, qu’il s’agisse de la police ou de l’aspect médico-légal sont brillantes. J’ai adoré le personnage principal, Joshua Brolin. Son empathie, atout principal de son métier de profiler. A travers lui, l’auteur nous décrit la psychologie du tueur de façon immersive et profonde. Ce tueur en série vous glace le sang, lorsqu’on découvre les cadavres, on imagine le calvaire des victimes.

Honnêtement pour ma part, je n’ai relevé aucun défaut dans ce livre, il est vraiment très proche de la perfection. L’Âme du Mal est un gros coup de cœur. C’est avec plaisir que je vais me plonger dans la suite de cette trilogie.

Résumé de l’éditeur :

Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d’outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper.
Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d’une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur.

Cette affaire dépasse tout ce qu’on lui a enseigné. S’immerger complètement dans la psychologie d’un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal ?

 

Maxime Chattam – L’Âme du mal (Michel Lafon 2002), (Pocket 2003, 2013).

etoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleineetoile-pleine