Seul le silence – R.J. Ellory

Chronique :

Seul le silence était dans ma PAL depuis plus d’un an déjà. Je découvre donc pour la première fois R.J. Ellory, auteur britannique très célèbre. C’est parti en direction d’Augusta Falls dans l’Etat de Géorgie aux Etats-Unis. Seul le silence est narré par une seule personne – Joseph Vaughan – que l’on suivra pendant plus de 30 ans. Seul_le_silence

Seul le silence nous raconte l’histoire du jeune écrivain en herbe, Joseph Vaughan, qui en 1939 est âgé de 12 ans. Il perd son père et se retrouve seul avec sa mère dont il est très proche, dans une petite ville américaine de Géorgie, Augusta Falls. Peu de temps après une fillette est retrouvé tuée, violée et mutilée aux abords de la ville… Cette série continuera pendant des années. Des fillettes âgées entre huit et douze ans assassinées dans d’horribles circonstances. A l’heure où tout les habitants d’Augusta Falls et des comtés voisins sont effrayés par cette histoire, lui voudrait pouvoir protéger ces petites filles. Il cherchera à découvrir qui pourrait être le coupable, sans succès. Ni lui, ni le shérif de sa ville, ni les shérifs des comtés voisins, ni tout ceux qui seront appelés de tout l’état par la suite ne trouveront ce tueur qui perpétue ces atrocités. Les crimes semblent s’arrêter après le départ de son voisin Gunther Kruger, pour reprendre de plus belle dans d’autres comtés de Géorgie. Joseph cherche à tourner la page et part à 18 ans pour New-York afin de devenir écrivain… Mais rien n’est vraiment terminé, et bientôt son passé va de nouveau le rattraper… Une histoire qui le hantera toute sa vie…

Qui peut rester insensible face à cette enfance abîmée et déchirée par la mort d’un père, la guerre, un meurtrier et des désillusions en tout genre… La plume de R. J. Ellory est vraiment extraordinaire. L’auteur se place dans la peau de ce jeune homme et nous livre son histoire comme un témoignage, comme si Joseph était là et nous contait sa dramatique histoire.

Ce roman est un petit chef d’oeuvre de noirceur. Laissez-vous emporter par ce livre plein de finesse où vous allez ressentir le contraste entre la légèreté du style d’Ellory et la noirceur de ce qui est décrit. C’est splendide. Un vrai coup de cœur !

Résumé de l’éditeur :

Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient… Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

R.J. Ellory – Seul le silence (Editions Sonatine 2008), (Livre de Poche 2009, 2011), (Editions France Loisirs 2012) traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau.

Son titre original est « A quiet belief in angels » (2007).

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Ne fais confiance à personne – Paul Cleave

Un grand merci aux Editions Sonatine pour cette lecture.

Chronique :

Je découvre enfin Paul Cleave, auteur Néo-Zélandais très célèbre, avec son dernier roman Ne fais confiance à personne. C’est parti pour un thriller psychologique. Direction Christchurch en Nouvelle-Zélande. paul-cleave-ne-fais-confiance-c3a0-personne-sonatine

On fait la connaissance de Jerry Gray mieux connu sous le pseudonyme de Henry Cutter, auteur prolifique de romans policier. Il est marié à Sandra, ensemble ils ont une fille Eva qui va bientôt se marier et qui réussit à vivre de sa musique. La vie de Jerry bascule lorsqu’à 49 ans il apprend qu’il est atteint d’un Alzheimer précoce, « le capitaine A » comme il appellera lui même sa maladie. Lorsque celle-ci s’installe, il ne sait plus vraiment  qui il est et mélange ses écrits de fiction avec la réalité. Il va même se mettre à affirmer qu’il a tué plusieurs femmes. Mais bien sûr personne ne le prend au sérieux avec sa maladie et connaissant son métier. L’histoire oscille continuellement entre la réalité actuelle du Jerry au présent cloîtré dans une maison de santé et les extraits  de ses écrits dans son « carnet de la folie » dans lequel il s’adresse au Jerry du futur. On est en plein cœur de cette maladie qui ronge la vie de Jerry et on ressent à quel point c’est horrible à vivre. La perte de la mémoire, l’oubli de son passé et des choses auxquelles on tient le plus, est très certainement l’une des choses les plus terrifiantes qui puissent nous arriver!

Quel travail de recherche impressionnant de l’auteur, pour maîtriser et faire ressortir cette pathologie sans tomber dans l’excès et les clichés. J’ai beaucoup aimé la plume de Paul Cleave. Il joue avec le lecteur afin de semer le trouble. On ne sait plus vraiment qui croire ou pas. Car entre réalité et fiction, la frontière est difficile à percevoir. D’où l’excellent titre du livre Ne fais confiance à personne !

La force de ce roman passe par la plongée au sein même de cette pathologie. Paul Cleave a su rendre ce récit d’un réalisme implacable. Il alterne parfaitement les moments de lucidité et de confusion qui rythme la vie des personnes atteintes de cette maladie. C’est un roman réussi et maîtrisé de bout en bout. Je lirai avec plaisir ses autres romans. C’est une belle découverte.

Résumé de l’éditeur :

Il y a pire que de tuer quelqu’un : ne pas savoir si on l’a tué. Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d’abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes et favoriser un passage à l’acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l’abri de faire de leurs fictions une réalité. Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd’hui où il en est. À force d’inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n’aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu’il est persuadé d’avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d’être inspirées de faits réels, l’étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer !

Paul Cleave – Ne fais confiance à personne (Sonatine 31/08/2017) traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Fabrice Pointeau.

Son titre original est « Trust No One » (2015).

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La Chambre d’ami – James Lasdun

Chronique :

C’est le premier roman que je lis de cet auteur. La Chambre d’ami de James Lasdun, nous emmène aux USA dans la ville d’Aurelia. Cela ressemble à un huis clos avec trois personnages principaux. chambre-dami-L-QFZOHr

On fait la connaissance de Charlie, mari de Chloé, qui invite son cousin Matthew à passer tout l’été dans leur luxueuse villa situé dans les montagnes des Catskill dans l’Etat de New-York. Charlie est un riche banquier à qui tout semble réussir et ayant pleins de projets. Matthew lui, est un cuisinier très doué mais n’a aucune ambition sociale et il semble un peu perdu. Chloé la femme de Charlie est une femme raffinée et séduisante ancienne photographe et passionnée de yoga. Elle s’entend très bien avec Matthew avec qui elle affiche une grande complicité. Même si ce dernier à des sentiments un peu plus confus envers elle. Leur cohabitation très saine au début va vite devenir plus pesante, tendu au fur et à mesure que l’été avance. Chacun va faire des découvertes sur l’autre, chacun va se sentir trahit et incompris. Les mensonges, les disputes et les trahisons vont s’intensifier. Lorsque Matthew fera la découverte de trop, les masques vont tomber petit à petit et le passé va ressurgir brutalement.

L’intrigue est très longue à se mettre en place, on a du mal à rentrer dedans. Je n’ai pas été convaincu par la première partie du roman. Après cela s’arrange et la lecture devient plus prenante, l’atmosphère est sombre et pesante. Le rythme est lent, mais l’écriture est fluide et dense.

Dans ce roman on est finalement tellement manipulé par l’auteur qu’on en vient à se demander qui est vraiment fautif, quels sont les torts de chacun, on en sait trop rien. On ne sais même pas à quel dénouement s’attendre. Au final j’ai moyennement apprécié ce roman.

Résumé de l’éditeur :

Imaginez un cadre de rêve : une luxueuse résidence d’été au milieu des montagnes.
Placez-y un trio de personnages troubles : Charlie, un riche banquier new-yorkais, sa femme Chloé et Matthew, le cousin de Charlie, un cuisinier dont l’existence part un peu à la dérive.
Le décor est posé, les pièces sur l’échiquier. En dire plus serait criminel.
Passion, drame, trahison, adultère, meurtre : rien ne manquera à votre plaisir.

Avec cette peinture d’un couple bourgeois qui, sous des apparences parfaites, recèle bien des secrets et des mensonges, James Lasdun évoque à la fois les univers de Françoise Sagan, de Claude Chabrol et de Patricia Highsmith. Autant dire que le suspense, l’intelligence et le plaisir sont au rendez-vous de ce roman aux rebondissements multiples, où chacun est à la fois coupable et victime de sa nature profonde. Un délice.

James Lasdun – La Chambre d’ami (Sonatine 09/03/2017) traduit de l’anglais par  Claude et Jean Demanuelli.

Son titre original est « The Fall Guy » (2016).

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