Entretien avec Caroline De Benedetti et Emeric Cloche du magazine L’Indic

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  • Caroline et Emeric pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Caroline : je suis une nantaise qui a exercé plusieurs métiers sans saveur avant d’avoir la chance de rencontrer la bonne personne et de changer de vie.

Emeric : Passionné par divers sujets, je me suis rendu compte que la lecture les réunissait tous ! Depuis j’ai toujours un livre à porté de main.

 

  • Quel est votre premier souvenir à chacun avec le monde du livre ?

Caroline : je ne sais pas si c’est vraiment le premier, mais celui que je préfère est lié à ma découverte de la bibliothèque rose, et de la verte, des Bob Morane et autres romans du Masque. Lectures puisées dans le grenier de l’immeuble de mes grands-parents à Lorient. Une énorme madeleine de Proust, jusque dans la frayeur que j’avais à monter au dernier étage et à me retrouver dans ces couloirs sombres et poussiéreux. Mais au bout : le Graal !

Emeric : Comme Caroline un livre dans la bibliothèque familiale, je voulais faire comme les grands. Alors j’en ai choisi un et je l’ai lu.

Pas sûr d’avoir tout compris, mais je me souviens du titre « Fantasia chez les ploucs » de Charles Williams, je l’avais choisi parce que le mot « Plouc » me plaisait. Je me souviens très bien à l’époque d’avoir hésité avec « Ubik » de Philip K. Dick… que j’aurais encore moins compris je pense.

 

  • Vous êtes les deux fondateurs de l’association Fondu Au Noir. Pouvez-vous nous raconter comment est né ce projet ?

Caroline : nous voulions créer quelque chose ensemble, à côté de nos autres activités. Avec Emeric nous nous sommes rencontrés autour du polar, via le site internet et le forum PolArtNoir, à qui le polar français doit beaucoup (Cyril Herry, Eric Maneval, Franck Thilliez et d’autres y ont débuté). Ce qui était à l’origine une passion s’est transformé, avec la naissance de l’association et celle du magazine l’Indic, en activité professionnelle.

Emeric : Comme le dit Caroline, la passion. Et l’envie de faire des rencontres… voilà ce qui nous a poussés à créer cette association.

 

  • Comment vous est venue l’idée de créer le magazine L’Indic ?

Emeric : Au départ nous voulions projeter des films policiers et puis nous nous sommes rendu compte que cela demandait pas mal d’argent et beaucoup d’organisation. Nous avons donc décidé de publier un magazine… ce qui en fait demande pas mal d’argent et une grosse organisation !

 

  • Ce mois-ci L’Indic en est déjà à son quarantième numéro, j’imagine que vous en êtes très fiers, vous vous attendiez à un tel succès ?

Caroline : Oui nous sommes fiers, car nos moyens et notre réseau n’ont rien à voir avec ceux des grands magazines. Nous y sommes allés pas à pas, en cherchant notre style et en essayant de toujours nous remettre en question.

Le succès reste à relativiser, notre diffusion n’est pas à grande échelle mais nous savons l’attention que nous portent les professionnels, les avis positifs des bibliothécaires et des libraires nous font du bien. Les subventions que nous avons fini par demander au bout de 10 ans, et qui nous ont été accordées, valident aussi le sérieux que nous mettons dans la revue.

 

  • Combien de personnes travaillent pour sortir un numéro chaque trimestre ?

Emeric : C’est variable selon les numéros, nous avons des personnes qui travaillent avec nous depuis le début, d’autres à qui nous faisons appel ponctuellement parce qu’elles sont spécialistes d’un sujet. Mais nous travaillons avec une petite dizaine de personnes à chaque numéro.

 

  • Quel est le rôle principal de l’association Fondu Au Noir à ce jour ?

Caroline : au-delà du magazine, nous travaillons principalement avec les bibliothèques. Nous répondons à leur demande de formation en polar : le genre a beaucoup évolué et une mise à jour est toujours utile.

Nous concevons pour eux des expositions, qui servent également aux festivals, autre terrain très dynamique en France. À travers ce que nous faisons, nous essayons de montrer à quel point le genre est divers. Du roman noir au thriller, du roman d’enquête au polar mélangé au fantastique, le domaine est vaste. Il est possible de se divertir, de découvrir, de rire, à travers le polar. La première chose à faire comprendre à certains lecteurs : il n’y a pas forcément de policier dans un roman policier.

Et puis pour finir, nous travaillons avec les auteurs, nous cherchons les nouvelles voix, nous leur proposons des projets (polar & poésie par exemple), nous partons à l’étranger voir ce qui s’y passe (comme à Berlin et Hambourg sur les pas du Krimi)… Nous avons toujours une idée sous le coude !

Emeric : Les littératures policières sont un terrain de jeu immense, une vie ne suffit pas à en faire le tour ! Aider les lectrices et les lecteurs à trouver ce qui les intéresse au milieu du foisonnement littéraire, leur donner des pistes.
Aider les auteurs, les éditeurs aussi… Créer des ponts, montrer la richesse de ces littératures. Voilà quelques objectifs que nous nous donnons.

 

  • Caroline tu es également programmatrice du festival Mauves en noir peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet ?

Caroline : Mauves en Noir devait fêter sa 19e édition cette année, c’est un excellent festival installé dans la région nantaise. Je l’ai découvert en tant que lectrice avant de rejoindre l’équipe comme bénévole. Je me suis occupée de la programmation quand Dominique Barranguet, qui s’en occupait jusque-là, a décidé de profiter de sa retraite pour faire d’autres choses.

L’avantage c’est qu’avec le travail au sein de Fondu Au Noir, j’avais les contacts des éditeurs et des auteurs, et une vision des parutions. Ensuite, chacun aborde la programmation à sa façon. Ça se fait en discutant avec les membres du bureau du festival. J’essaie juste d’attirer l’attention sur une évolution du milieu littéraire : les auteurs sont précaires. Rien ne sert de concourir au festival avec la plus grande liste d’auteurs invités. Et puis, soyons vigilants à rémunérer un maximum de leurs prestations.

 

  • Emeric parle nous un peu des Docteurs Polar, quel est ce concept ?

Emeric : Donner à lire aux gens. Les Docteurs Polar, créés il y maintenant plus de 10 ans, parcourent toute la France. Vous pouvez les croiser sur des salons et festivals, dans des librairies ou des bibliothèques. Facilement reconnaissables grâce à leur blouse blanche ils font des prescriptions littéraires spécialisées. Le principe est assez simple, les patients nous disent ce qu’ils aiment lire, les sujets qui les intéressent et nous les renvoyons vers des livres ou des films. Nous délivrons une ordonnance de lecture. Le principe fonctionne très bien. Il y a des salons où les gens viennent nous voir d’une année sur l’autre pour nous parler des livres que nous avons prescrits l’année précédente. C’est aussi un moyen pour eux d’aborder les auteurs. Les visiteurs vont les voir avec leur ordonnance en disant à l’auteur « les docteurs nous ont conseillé de venir nous voir. » Ça brise la glace… et la discussion s’engage ensuite plus facilement.

 

  • Vous êtes avant tout deux amoureux de polar et de littérature noire pouvez-vous me donner chacun vos auteurs favoris ?

Caroline : c’est le genre de question dont la réponse peut varier chaque semaine… Avec ce confinement j’ai le temps de faire des choix, de ne plus avoir le nez dans des lectures imposées par le travail. J’ai repris avec plaisir la lecture de Laura Kasischke, de Tanguy Viel (excellent exemple de polar édité en « blanche »), et d’Hannelore Cayre (c’est le bon moment pour lire « Richesse oblige »).

Impossible de ne pas citer Pascal Dessaint, l’ultime scène de son dernier roman vous met par terre une boule au ventre. Et parce qu’il faut penser aux disparus et que celui-ci est inoubliable : Hafed Benotman. Forcément il y a tout un tas d’autrices et d’auteurs que je ne vous cite pas ici, mais il suffit d’aller faire un tour sur notre site pour trouver leurs noms. Le polar français a la chance d’être porté par de nombreux grands noms.

Emeric : Comme pour Caroline, cette question est difficile. Ça change suivant les moments, ce que je vis, ce dont j’ai envie. Mais il y a des autrices et des auteurs vers lesquels je retourne régulièrement c’est le cas avec les livres d’Agatha Christie et de Georges Simenon par exemple. D’autres qui m’ont marqué à vie comme Jim Thompson ou David Goodis.

 

  • Quelles sont vos autres passions dans la vie ?

Caroline : celle-ci est chronophage alors… manger, et rester éveillée à l’état du monde.

Emeric : Écouter de la musique, les jeux de rôle sur table… et en ces temps de confinement je me rends compte que voir et parler avec les gens est une passion pour moi.

 

  • Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Caroline : merci à toi pour cet échange, les rencontres et les projets que nous avons vécus grâce aux livres sont assez fabuleux. On constate d’ailleurs que dans toute période de crise, nombreux sont les gens à se tourner vers la lecture, de la BD aux essais en passant par les romans. Plus tard, nous nous retrouverons dehors, le plus possible, parce que c’est là qu’il faudra être pour que tout ce qui va mal cesse enfin.

Emeric : En tant que Docteur Polar je serais tenté de vous dire : « Portez-vous bien ! Et lisez. Au moins pendant qu’on lit – même si cela peut donner quelques idées – on ne fait pas de bêtises. »

 

Je tiens à remercier Caroline De Benedetti et Emeric Cloche d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir donné envie de découvrir un peu plus ce magazine si ce n’est déjà fait. A très vite pour un nouvel entretien.

 

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Entretien avec Stéphanie du blog Les cibles d’une lectrice « à visée »

Aujourd’hui ma série d’entretien se poursuit avec Stéphanie du blog Les cibles d’une lectrice « à visée ».

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Stéphanie, 44 ans, j’ai 2 enfants, un conjoint et un lapin à plein temps. Je travaille dans le plus grand hôpital de Paris. Je ne suis pas au contact des patients, mais ils restent la raison de ma mission. Et j’y suis très attachée.

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Si je remonte loin, cela serait le Salon du Livre à paris. A l’époque, ce n’était comme aujourd’hui, il était au Grand palais (depuis 1994, il a été transféré au parc des Expo à Versailles et est payant). Pour une gamine pouvoir rencontrer des auteurs c’était déjà magique. Le site était magnifique, il y avait des jeux et animations pour gagner des livres. La première fois qui j’y suis allée, c’était une sortie scolaire. J’y suis allée après tous les ans. Aujourd’hui je n’y vais plus, car ce salon a perdu son âme depuis bien longtemps.

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

Le blog a été créé le 1er novembre 2014 sur la plateforme Blogger. J’ai migré sur WordPress en janvier 2017. J’avais une idée de présentation avec mes petits bonhommes et des cibles … J’ai cherché et trouvé mon jeu de mots : Les cibles d’une lectrice à visée. Avec le recul, je trouve le nom trop long.

 

  • Qu’est ce qui t’a motivé à créer ton blog Les cibles d’une lectrice « à visée » ?

Je suis lectrice. Oui comme beaucoup de monde en effet. J’étais à un moment de ma vie où j’ai eu besoin de me prouver quelque chose. C’est d’un côté excitant et angoissant, car il faut bien avouer que l’on fait un blog pour être lu. Cela serait mentir de dire l’inverse. Donc quand on se lance, on se demande si l’on peut apporter un plus à la blogosphère. Humblement, je n’en suis pas certaine, mais il faut tenter pour le savoir. Alors après un pas en avant deux pas en arrière, un jour on se jette à l‘eau. Cela fait 5 ans et je suis toujours là.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog et tes divers réseaux sociaux chaque semaine ?

Je vais faire une moyenne, car il y a des jours où je n’y vais pas. Eh oui, je suis quelqu’un qui n’aime pas être cloisonné donc même une passion doit me laisser libre. Je veux que cela reste une envie et un plaisir, surtout pas une obligation. Je peux d’ailleurs, par incidence, mettre 2 jours à répondre à un message. Il ne faut pas m’en vouloir. Par contre, à contrario, je peux passer plusieurs heures sur une journée, car j’ai envie de parler de tel ou tel sujet avec mes lecteurs. Donc si je fais un rapide calcul, on va dire 6 à 8 heures par semaine… Merde une journée de travail non payé !

 

  • As-tu déjà eu l’envie d’écrire toi-même un roman ?

Ouh là je m’en sens bien incapable. J’ai une grande estime pour ces passeurs de mots, je ne ferai pas cet affront. Même si je dois avouer que lorsque j’étais ado j’avais commencé à écrire un petit truc. Aujourd’hui, je sais que l’exercice n’est pas si simple.

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ?

J’en ai un certain nombre, mais si je dois en citer quelques-uns je dirai en premier Zola, celui qui m’a fait aimer la lecture, la curiosité en l’être humain, le côté sociologique et l’empathie. Mais j’ai des gouts très éclectiques, donc je suis également très attachée à Michael Mention, Nicolas Lebel, Amélie Antoine, Oliver Norek, René Manzor, Robert Goddard… Et tant d’autres.

 

  • Quelles sont tes autres passions ?

Les voyages… Que ce soit avec les livres ou dans la vie, j’aime l’évasion !

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Merci Steve de m’avoir laissé la parole sur ton blog et à bientôt.

 

Merci à Stéphanie de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. A très vite pour un nouvel entretien.

Voici l’adresse de son blog : https://lesciblesdunelectriceavisee.wordpress.com/

 

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Entretien avec Mylène du blog Les Recettes Littéraires de Mylène

Aujourd’hui ma série d’entretien se poursuit avec Mylène du blog Les Recettes Littéraires de Mylène.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Alors tout d’abord bonjour et merci pour cet entretien je m’appelle Mylène, je viens de fêter mes trente ans, je suis maman de deux garçons dont je m’occupe au quotidien, car ils sont porteur de handicap, ce qui fait que je dois jongler entre les différents professionnels dans ce domaine. Sinon j’ai une vie des plus simples…

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Si tu avais demandé cela à la petite fille de 8 ans que j’étais je t’aurais dit « je déteste ça » et vraiment cela représentais un calvaire pour moi. Pour que je tombe amoureuse de la lecture il faut attendre que je sois en 5ème, que je sois âgée de 12 ans et que rentre dans ma vie cette merveilleuse professeur de français Mme Tellier qui lors des vacances de Noël me donne à lire « Dix Petits Nègres » d’Agatha Christie. Et là c’est le coup de foudre ! Ensuite ma mère et ma grand-mère me conseillent de lire « Le Crime de L’orient Express » et c’est ainsi qu’en suivant leurs conseils je commence à engloutir en plus des lectures scolaires obligatoires d’autres romans.

 

  • Pourquoi avoir créé Les Recettes Littéraires de Mylène ?

En fait sur un coup de tête, j’étais sur un groupe de lecture Facebook où pour rire j’ai fait une photo pour Glacé de Bernard Minier dans le frigo avec un retour en forme de recette et les membres m’ont poussé à créer ma page. Et c’est ainsi que de fil en aiguille Les Recettes Littéraires de Mylène se sont retrouvés sur les réseaux sociaux.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog et tes divers réseaux sociaux chaque semaine ?

À vrai dire je ne compte pas, et ça dépend aussi du nombre de livre que j’ai lu. Parfois je me dis que je devrais faire plus…

 

  • Tu as une particularité, tu n’es pas toute seule à gérer tout cela, parle nous un peu d’Alfred.

Ah Alfred, je crois qu’au final c’est lui la STAR ! C’est un cadeau d’anniversaire de mon mari pour mes 28 ans. En fait je voulais un crâne parce que j’avais lu « La Montagne Rouge » d’Olivier Truc où il est question de crâne et du coup il m’a fait la surprise. Pour son prénom il faut remercier mon ainé qui était en pleine période Batman et du coup nous l’avons prénommé Alfred en l’honneur du majordome de Bruce Wayne, parce que mon fils tenait absolument qu’il est un nom.

 

  • Quels sont tes auteurs favoris ?

Sans conteste je dirais Agatha Christie parce que c’est l’auteur qui m’a fait aimer la lecture. En chouchou Monsieur Chattam, qui je trouve se lit très facilement. Ensuite je lis de tout et j’aime beaucoup découvrir des auteurs que je n’ai jamais lu auparavant.

 

  • Quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Ahaha je vais faire la bonne mère et la bonne épouse, je vais dire MA FAMILLE. En fait ma vie tourne beaucoup autour de ce rôle. Sinon comme tout le monde je regarde des films et des séries, j’écoute de la musique en voiture et je chante super mal.

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Le mot de la fin sera pour toi, pour te remercier encore de m’avoir permis de faire cet entretien. Et également pour vous tous, merci d’avoir pris le temps de me lire.

 

Merci à Mylène de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. A très vite pour un nouvel entretien.

Voici l’adresse de son blog : https://lesrecetteslitterairesdemylene.wordpress.com/

 

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Entretien avec Ophélie du blog Quand Ophé’Lit

Aujourd’hui ma série d’entretien se poursuit avec Ophélie du blog Quand Ophé’Lit.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Ophélie, j’ai 39 ans pour encore 6 mois (j’y tiens 😉), je suis fonctionnaire de police depuis bientôt 20 ans. Maman d’un ado de 12 ans et demi, passionnée de lecture (ce n’est pas une surprise) et adepte du cross-fit.  Je suis curieuse par nature, un peu folle sur les bords et très entière. Est-ce suffisant, ou dois-je te livrer tous mes secrets ? (joke)

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Si tu parles du moment où j’ai connu le milieu des blogs et des salons, c’était à Neuilly-Plaisance en 2017, au cours de leur salon de littérature noire.
Si c’est plus général, je suis tombé dans les pages des livres très jeune. J’avais lu toute la collection de la Comtesse de Ségur avant d’entrer en sixième et je commandais des livres au Père-Noël. Mes parents et ma tante lisent aussi, à un rythme plus ou moins soutenu, et je pense que c’est grâce à eux que j’ai chopé le virus, même si, depuis, je pense que l’élève a dépassé ses Maîtres en nombre de romans lus.

 

  • Pourquoi avoir créé Quand Ophé’Lit ?

A l’époque, je faisais partis du blog Collectif Polar. Geneviève, sa créatrice, m’avais donné confiance en moi. Je lisais plus de livres que je ne pouvais partager de retours puisque nous étions nombreux. Je pense que j’ai eu besoin de m’affirmer en tant qu’individu et j’avais envie de partager toutes mes lectures autrement que par le seul biais de ma page Facebook. Mais s’il n’y avait pas eu Ge pour croire en moi, certaines flingueuses et des proches pour me pousser, je n’aurais sans doute jamais sauté le pas. Je leur dois beaucoup.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog et tes divers réseaux sociaux chaque semaine ?

C’est assez variable. Ces derniers jours, beaucoup puisque je suis coincée chez moi. Mais je dirais entre une et deux heures par jours, soit entre 7 et 14 heures par semaine. C’est très aléatoire.

 

  • Tu as été pendant longtemps une « Flingueuse » sur le blog Collectif Polar peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet ?

Le collectif polar est un blog participatif qu’a créé Geneviève. Elle a « recruté » plusieurs chroniqueuses et chroniqueurs qui faisaient leurs retours de lecture dans leur coin. Que ce soit pour nos profils, nos sensibilités, nos personnalités ou nos retours, elle a invité des personnes très différentes, le tout formant un groupe très proche d’elle. Elle offre ainsi des retours de lecture très variés avec des tons différents quant aux ressentis.

Cette aventure a été une expérience formidable. Et si aujourd’hui j’ai quitté le collectif à cause de mon activité pour une maison d’édition, je ne regrette en rien les belles années vécues en tant que flingueuse et je reste très amie avec certaines d’entre elles.

 

  • Concernant ta vie de blogueuse littéraire as-tu une anecdote à partager avec nous ?

Il y en a quelques-unes ! Mais si je ne devais en choisir qu’un c’est un fou rire mémorable sur la grande scène de Saint Maur en Poche en 2019. J’avais la chance d’y animer une table ronde avec Geneviève sur le thème des auteurs francophones. Il y avait Nadine Monfils, Nicolas Feuz et Marc Voltenauer. Nous évoquions les photos d’auteurs sur google et tout est parti en cacahuète à cause d’une célèbre photo de Nicolas Feuz. Impossible de faire la table ronde comme nous l’avions souhaité. Nous avons ri aux larmes, emportant avec nous le public. Un grand moment et un excellent souvenir.

 

  • Quels sont tes auteurs favoris ?

C’est compliqué comme question! Je suis une grande fan des plumes de Michaël Mention, Jérôme Loubry et Elsa Roch. Leur style est assez littéraire, moins « commercial » que d’autres et c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup. En littérature blanche c’est Yasmina Khadra qui me fait vibrer.

 

  • Quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Pour tout te dire, je ne m’éparpille pas beaucoup… De passion aussi dévorante que celle-ci, je n’en n’ai pas d’autre. En revanche j’adore retrouver ma team concert ou encore retrouver mes amis autour d’une bière.

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Un grand merci à toi pour cette interview !
Le monde des blogueurs, comme toute micro-société est parfois particulier, mais j’y ai découvert des personnes, blogueurs, auteurs, lecteurs, libraires qui sont devenus des amis chers et que j’ai grand plaisir à retrouver autant en salon que d’en d’autres circonstances.
Si parfois ce monde déçoit, il m’a aussi apporté beaucoup de joie, dont celle d’avoir fait ta connaissance et ce pour les valeurs que nous partageons.

 

Merci à Ophélie de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. A très vite pour un nouvel entretien.

Voici l’adresse de son blog : https://quandophelit.com/

 

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Entretien avec Marie-Eve du blog Mademoiselle Maeve

 

Aujourd’hui ma série d’entretien se poursuit avec Marie-Eve du blog Mademoiselle Maeve.

 

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marie-Eve et je tiens le blog Mademoiselle Maeve depuis un peu plus de quatre ans. Je chronique toutes mes lectures – pas seulement celles que j’ai aimées – et mes goûts sont assez éclectiques, même si j’ai une petite préférence pour les thrillers vers qui je reviens dès que j’ai envie d’une lecture un peu doudou – dit comme ça on dirait que les tueurs en série sont un peu mes doudous, mais en fait, c’est un peu ça ! Sinon je suis une Bretonne expatriée en Touraine et la littérature a pris tellement de place dans ma vie que j’ai même fait une reconversion professionnelle pour passer encore plus de temps en compagnie des livres et des lecteurs : je suis devenue bibliothécaire.

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Mes parents retapaient une vieille maison pendant leurs vacances et ils n’avaient pas le temps de me lire des livres à chaque fois que j’en avais envie (genre tout le temps). Et à l’époque, j’adorais tout particulièrement un livre qui s’appelait Le chocolat – j’avais cinq ans mais aujourd’hui encore j’aime beaucoup le chocolat. Du coup, ma maman m’a appris à lire et à partir de là, je n’ai pas arrêté.

 

  • Pourquoi avoir créé Mademoiselle Maeve ?

A l’époque, je travaillais dans le journalisme institutionnel et mon travail commençait à me peser. J’écrivais toute la journée, mais je n’y prenais plus aucun plaisir. Je me suis dit que ce serait peut-être une bonne idée d’écrire un peu pour moi, sans contrainte. Et puis je venais de lire Seul le Silence de R.J. Ellory, qui est toujours mon livre favori (au monde), et j’avais déjà parlé de ce roman à tout mon entourage, je voulais que tout le monde le lise. Du coup, j’ai démarré mon blog, en me disant que, peut-être, j’allais pouvoir donner envie à quelques personnes de plus de lire ce livre. Et peut-être d’autres ensuite.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog et tes divers réseaux sociaux chaque semaine ?

Je ne compte pas vraiment, mais cela représente pas mal de temps. J’ai la chance d’avoir des chroniques d’avance et des articles programmés, comme ça je ne me sens pas stressée si je ne me connecte pas tous les jours, mais je pense qu’en moyenne, je dois au moins passer une à deux heures par jour sur mon blog et les réseaux sociaux, entre la rédaction d’articles, les photos, les partages et les mails. C’est très chronophage.

 

  • Tu es également chroniqueuse pour la radio, tu animes également des rencontres d’auteurs et des tables rondes peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet ?

J’ai commencé à faire des chroniques en direct sur Radio Béton, une radio indé à Tours avec une bande de chroniqueurs tous plus géniaux les uns que les autres (L’émission s’appelle N’écoute pas les Idoles et est diffusée le samedi à 13 heures) et on passe d’excellents moments ensemble. Et depuis la fin du mois d’août, j’interviens tous les lundis matins sur France Bleu Touraine pour présenter deux livres. Préparer mes chroniques me prend aussi pas mal de temps, mais c’est plutôt très sympa de faire de la radio.

Pour les tables rondes et les rencontres, c’est grâce au blog que j’ai eu ces opportunités. D’abord pour un salon du polar à Tours, puis de fil en aiguille pour des bibliothèques et librairies. J’ai ainsi pu animer des rencontres avec de chouettes auteurs. Ça ressemble assez à ce que je faisais dans mon ancien travail, mais avec un public, ce qui me demande de prendre sur moi parce que je suis assez réservée.

 

  • Je sais que tu as été journaliste, du coup as-tu déjà eu l’envie d’écrire toi-même un roman ?

J’ai l’impression que tout le monde autour de moi écrit des livres et que je suis la seule à ne pas envoyer un manuscrit à des dizaines de maisons d’édition. Ça finira peut-être par me tenter moi aussi, mais pour le moment, je préfère lire pendant mon temps libre et donner envie aux gens de lire les livres des autres.

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ?

Si je ne citais pas R.J. Ellory, ce serait étrange. J’adore aussi Louise Penny et son personnage d’Armand Gamache, le meilleur flic du monde loin des clichés de l’alcoolisme et de l’esprit torturé. L’inspecteur-chef de la Sûreté du Québec aime sa femme, aime ses enfants et aime les membres de son équipe. Il est féru de poésie et protège tout le monde des menaces qui pèsent sur lui. Il est absolument génial. J’aime aussi Amélie Antoine et Philippe Jaenada, Tanguy Viel et Sophie Henrionnet. Et dans un tout autre registre Susin Nielsen qui écrit pour la jeunesse.

 

  • Quelles sont tes autres passions ?

J’aime me poser chez moi et regarder des séries, j’aime passer du temps avec mon copain et voyager avec lui, j’aime aussi passer des soirées avec mes amis, faire de la couture et bricoler. Et j’aime les tatouages.

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Un grand merci déjà d’avoir pensé à moi pour cet entretien. J’aime beaucoup cette rubrique que tu proposes sur ton blog, je me sens donc chanceuse de faire partie des portraits de famille. Ensuite, comme les fêtes approchent, je vous souhaite de belles fêtes et une année 2020 pleine de sérénité. Et enfin, si vous n’avez pas lu Ellory ou Louise Penny, bande de chanceux, vous avez plein de belles choses à découvrir.

 

Merci à Marie-Eve de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. A très vite pour un nouvel entretien.

Voici l’adresse de son blog : https://mademoisellemaeve.wordpress.com/

 

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De gauche à droite les auteurs de polars Denis Soubieux, Éric Maravélias, Dominique Sylvain et moi lors d’une rencontre que j’ai animée avec Dominique Sylvain.