Le Chuchoteur – Donato Carrisi

Chronique :

Depuis le temps que j’entends parler de Donato Carrisi, et de sa fameuse saga Mila Vasquez, je me suis dit qu’il fallait bien que je la lise. J’ai donc tout naturellement commencé par le premier opus Le Chuchoteur. C’est parti pour l’Italie. le_chuchoteur

La narration prend trois formes différentes : des échanges écrits entre un directeur de prison et le bureau du procureur à propos d’un détenu dont l’identité est inconnue; l’enquête sur la disparition de cinq fillettes et les pensées d’une petite fille séquestrée et non identifiée. Dès le début du roman, on est dans l’ambiance: cinq fosses découvertes, cinq bras gauches d’enfants à l’intérieur. Et justement, cinq fillettes déclarées disparues dernièrement. Mais il y a cette sixième fosse avec ce sixième bras gauche… Mila Vasquez experte dans les affaires d’enlèvements d’enfants, est appelée à la rescousse concernant la disparition d’une fillette dont on ne sait rien. Mila est une écorchée vive, ébranlée par les horreurs dont elle a été le témoin, elle met un point d’honneur à sauver coûte que coûte chaque victime et n’hésite pas à marquer dans sa chair ses échecs. Cependant elle agit parfois avec inconscience et semble assez fragile psychologiquement.
Goran Gavilla le criminologue chargé de l’affaire, n’est pas de la police mais la tête pensante de l’équipe. Le mentor sur qui les membres de l’équipe s’appuient. Il sait beaucoup de chose sur les tueurs en série et n’hésite pas à instruire son équipe ainsi que le lecteur.

Donato Carrisi nous manipule jusqu’à la toute fin de son thriller. Il tisse une sorte d’immense toile d’araignée avec au centre la trouvaille des cinq fosses dans une clairière. Il a réussi à créer cinq enquêtes autour d’une seule. La liaison entre toutes les enquêtes est accrocheuse et nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne du livre. Sans aucune longueur, il nous fait suivre une enquête pleine de surprises. J’ai beaucoup apprécié que l’on sente la patte d’une personne qui connaît bien les rouages de la justice, notamment de la psychologie des tueurs en série. L’aspect réaliste renforce la noirceur du récit et donne encore plus de force aux événements.

J’ai beaucoup aimé ce thriller qui ne m’a pas déçu. On se fait manipuler tout le long. Sa construction est millimétré et l’auteur joue avec nos attentes et parvient sans cesse à nous surprendre. Je suis vraiment convaincu par Donato Carrisi et j’ai hâte de lire la suite de cette saga. Par contre les enfants sont particulièrement maltraités dans ce livre, donc âmes sensibles s’abstenir.

Résumé de l’éditeur :

Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche. Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Donato Carrisi – Le Chuchoteur (Calmann-Lévy 2010), (Editions France Loisirs 2011), (Le Livre de Poche, 2011, 2014, 2015) traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

Son titre original est « Il suggeritore » (2009).

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Piste noire – Antonio Manzini

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

Chronique :

J’avais adoré le sous-préfet Rocco Schiavone dans Maudit Printemps, c’est donc tout naturellement que j’ai voulu commencer par le premier opus de cette saga, Piste noire. C’est parti en direction de l’Italie pour le Val d’Aoste en plein hiver. piste noire manzini

C’est avec grand plaisir que je retrouve le sous-préfet Schiavone, un anti-héros aux méthodes pas toujours légales ni très orthodoxe mais très efficace qui s’obstine à porter ses Clarks par tous les temps.  Un personnage odieux, macho et sarcastique, mais tellement attachant et charismatique. Rocco a été transféré par sa hiérarchie dans le Val d’Aoste suite à un souci à Rome. Lui qui est habitué à la vie et au soleil romain, a beaucoup de mal à s’intégrer dans sa nouvelle vie à Aoste. Il n’aime ni la neige, ni le froid, ni le ski ni la grisaille du Nord de l’Italie. Et ce qu’il n’aime vraiment pas c’est les emmerdes… Mais il va vite se retrouver avec un cadavre sur les bras. Ce dernier a été retrouvé sur une piste de ski après avoir été écrasé par une dameuse. Il va devoir enquêter sur cette tragédie qui n’est pas un accident mais bien un meurtre.

Avec Antonio Manzini on se rapproche au plus près de la réalité. Entre corruption, trafic de clandestin ou de drogue, l’auteur aborde des thèmes de société qui sont réels. Les personnages sont à la fois passionnants, marrant et charismatique. L’écriture est fluide et c’est un roman policier avec beaucoup d’humour. J’ai adoré l’ambiance montagnarde, ses paysages enneigés et ses chalets cosy.

Piste noire est un roman policier dépaysant et plein de fraîcheur. Je conseille vraiment cette série à tout le monde, je suis complètement sous le charme de Rocco Schiavone et de ses acolytes, de cette ville et de ses montagnes. Merci et bravo à Antonio Manzini, je me suis régalé.

Résumé de l’éditeur :

Séducteur, corrompu, sarcastique, Schiavone est aussi antipathique qu’attachant. Le genre de héros qu’on adore détester… Le commissaire Rocco Schiavone est romain jusqu’au bout des ongles : snob, macho et ronchon, il est doté d’un humour noir dévastateur. Muté à Champoluc dans le val d’Aoste, il vit son départ en province comme un exil. À son corps défendant, il doit quitter sa paire de Clarks adorée pour porter de répugnants après-ski et considère ses nouveaux collègues comme des ploucs.
Peu après son arrivée, on trouve le cadavre d’un homme sur une piste de ski, écrasé sous une dameuse. Accident ou meurtre? Quand le médecin légiste découvre un foulard dans la gorge de la victime, le doute n’est plus permis. Schiavone se plonge alors dans une enquête rocambolesque, freiné par son ignorance, voire son mépris, de la région et de ses usages. Mais certains habitants de cette vallée hostile et glaciale trouvent grâce à ses yeux. Notamment une habitante : la somptueuse Luisa Pec…

Antonio Manzini – Piste noire (Denoël/Sueurs froides 04/05/2015), (Editions Folio 10/03/2016) traduit de l’italien par Samuel Sfez.

Son titre original est « Pista nera » (2013).

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Maudit printemps – Antonio Manzini

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

Chronique :

Maudit printemps est déjà le 3ème opus dans lequel apparaît le sous-préfet Rocco Schiavone. Nous voilà donc embarqué pour l’Italie, direction le Val d’Aoste où même en plein mois de mai il peut neiger ! maudit printemps

L’intrigue est somme toute assez classique, une jeune lycéenne issue d’une famille bourgeoise et fortuné d’Aoste se fait kidnapper. Rocco et son équipe n’ont pas beaucoup de temps pour retrouver la jeune Chiara. Entre trahisons, recels, argents, mafias et secrets en tout genre, la tâche s’annonce difficile. Mais dans les romans de Antonio Manzini l’essentiel est ailleurs. Et l’essentiel s’appel Rocco Schiavone son personnage principal. Quel personnage d’ailleurs, désagréable, méprisant, corrompu et machiste, mais tellement attachant. Il faut dire que Rocco était commissaire à Rome, ville dont il se languit énormément, mais il a été transféré dans le Val d’Aoste, région qu’il n’aime vraiment pas.

Les descriptions des lieux sont très réussi. On se voit bien dans cette ville de 40.000 habitants en plein mois de mai pendant que tombe la neige. Je conseil cette série à tout le monde, avec Rocco Schiavone, son auteur a vraiment réussi à créer un personnage marquant et qui reste dans les mémoires.

Résumé de l’éditeur :

Chiara Breguet, héritière d’une riche famille d’industriels du Val d’Aoste, étudiante brillante admirée de ses pairs, n’a plus donné de ses nouvelles depuis plusieurs jours. Persuadé que cette disparition est inquiétante, Rocco Schiavone se lance dans une course contre la montre pour sauver la jeune femme et découvrir ce que dissimule la façade impeccable de ce milieu nanti. Pendant ce temps, la neige tombe sur Aoste en plein mois de mai, et cette météo détraquée ne fait qu’exacerber la mauvaise humeur légendaire de Rocco.

Antonio Manzini – Maudit printemps (Denoël/Sueurs froides 04/05/2017) traduit de l’italien par Samuel Sfez.

Son titre original est « Non è stagione » (2015).

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