Mör – Johana Gustawsson

Chronique :

Après avoir lu et adoré Block 46, le premier tome de la saga Emily Roy et Alexis Castells, je me suis plongé dans le second tome Mör. J’ai rencontré Johana Gustawsson en octobre lors du dernier Festival Sans Nom à Mulhouse et je dois dire que c’est une auteure très accessible et très souriante. Pour en revenir au livre, je l’ai vraiment adoré !  Allez suivez-moi en direction de Londres et de Falkenberg en Suède. couv29261197

Une jeune femme est découverte morte sur les rives d’un lac à Falkenberg en Suède. Elle a été dépecée et affreusement mutilé. Le lendemain à Londres c’est une actrice qui disparait, ses chaussures ont été retrouvées à proximité de chez elle emballées dans un sac de congélation… Tout cela fait penser à la signature d’un tueur en série qui a sévit dix ans plutôt, Richard Hemfield le tueur de Tower Hamlets. Cependant le souci, c’est que ce tueur est en prison depuis dix ans ! Est-ce un copycat ou Richard Hemfield le meurtrier de l’ancien compagnon d’Alexis Castells n’est pas ce fameux tueur en série ? Comme dans Block 46, on jongle entre l’Angleterre et la Suède. Johana Gustawsson mélange avec beaucoup de talent passé et présent. On redécouvre Londres à l’époque victorienne lorsque Jack l’Eventreur sévissait dans le quartier pauvre de Whitechapel à la fin du 19ème siècle. L’enquête s’annonce complexe pour Emily Roy la profileuse canadienne, ou devrai-je plutôt dire BIA (Behavioral Investigative Adviser) qui travaille pour New Scotland Yard. Mais également pour Alexis Castells, l’écrivaine spécialisée dans les tueurs en série. Mais on va également découvrir des nouveaux personnages comme Karla Hansen, une enquêtrice suédoise, ou encore Aliénor, une jeune stagiaire très douée.

Quel plaisir de retrouver le duo Emily Roy & Alexis Castells ainsi que le commissaire Lennart Bergström et le gros mangeur de Kanelbullar Kristian Olofsson. Je dois bien avouer que ce livre est fait pour me satisfaire pleinement. Moi qui suis un grand fan des pays nordiques comme la Suède et un fou de l’époque victorienne je suis gâté. Alors si on rajoute à cela une intrigue de qualité avec une histoire de tueur en série et que l’on rajoute également des détails sur Jack L’Eventreur ça ne peut qu’être un coup de cœur. Mais Mör c’est bien plus que cela, c’est un roman prenant avec beaucoup de rythme. Quant au dénouement je n’ai rien vu venir. Après avoir si bien mélangé deux thématiques assez complexe à traiter que sont les tueurs en série et les camps de concentration, Johana Gustawsson a confirmé tout son talent en récidivant cette fois avec le plus connu des tueurs en série Jack L’Eventreur…

Mör confirme tout le bien que j’avais pensé lorsque j’ai lu Block 46. Ce roman est un vrai coup de cœur. Johana Gustawsson est clairement devenue une grande dame du thriller. J’ai hâte de lire Sång le troisième opus du duo Roy/Castells.

Résumé de l’éditeur :

Falkenberg, 16 juillet 2015. Sur les rives d’un lac, on retrouve le cadavre affreusement dépecé d’’une femme. Ses seins, ses fesses, ses cuisses et ses hanches ont été amputés de plusieurs kilos de chair.
Londres, le lendemain matin. La profileuse Emily Roy est appelée sur les lieux d’’une disparition inquiétante : l’’actrice Julianne Bell a été enlevée à l’’aube, et ses chaussures ont été retrouvées à proximité de chez elle, emballées dans un sac de congélation.
Ces deux crimes portent la signature de Richard Hemfield, le « tueur de Tower Hamlets », enfermé à perpétuité à l’’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor. Dix ans plus tôt, il a été reconnu coupable du meurtre de six femmes et de celui de l’’ancien compagnon de l’’écrivaine Alexis Castells. Comment alors expliquer que ses crimes recommencent ?

Johana Gustawsson – Mör (Editions Bragelonne 2017), (Editions Milady 2018)

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Festival Sans Nom 2019

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Pour la quatrième année consécutive, j’ai participé au Festival Sans Nom à Mulhouse. Je le dis d’emblée ce week-end a été une réussite totale ! En tant que grand amateur de polar, c’est une chance pour moi d’avoir un festival de cette envergure dans ma région. Cette septième édition était vraiment d’un très bon niveau.

Chaque année on y fait de belles rencontres, que ce soit avec des auteurs, des passionnés, des lecteurs et bien sûr avec des amis blogueurs et blogueuses venus de toute la France, de Belgique et de Suisse. Je suis content d’avoir revu Gwendoline (Le Bouquin Ivre), Aude (Aude-Bouquine), Marc, Valérie (Sangpages) qui est devenue une grande amie au fur et à mesure des années et Elisa sa fille qui n’arrête pas de grandir. J’ai également pris beaucoup de plaisir à rencontrer Déborah, Marion, Sandrine, Widad, Caroline et j’ai enfin rencontré Anthony (Les livres de K79) ainsi que sa femme Marie. Tous ensemble nous avons passé un super week-end ! Désolé pour ceux que j’ai oublié, mais on rencontre tellement de monde lors d’un salon.

Très content d’avoir pu rencontrer et discuter avec des auteurs aussi sympathique et talentueux que Julie Ewa, Marie Battinger, Bernard Minier, Ray Celestin, Henri Loevenbruck, Frédéric Mars, Antoine Renand, Jérôme Camut & Nathalie Hug, Olivier Norek, Dominique Sylvain, Fabrice Papillon, Johana Gustawsson, Cédric Sire, Elsa Roch et bien sûr Nicolas Lebel…

Les tables rondes étaient comme chaque année d’une très bonne qualité. Samedi j’ai particulièrement aimé celle avec les vainqueurs du Grand Prix du Festival Sans Nom 2019, Jérôme Camut & Nathalie Hug pour leur livre Et le mal viendra. C’est une table ronde qui m’a vraiment touché. Dimanche la table ronde avec Olivier Norek, Julie Ewa et Nicolas Lebel a vraiment tenu toutes ses promesses, un très bon moment !

 

 

 

A l’année prochaine et un grand bravo à tous les bénévoles qui font vivre ce Festival !

Entretien avec Johana Gustawsson – Block 46

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● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Je suis une marseillaise d’origine catalane qui vit à Londres avec son suédois de mari et ses trois fils.

 

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Les livres de Freud que je délogeais de la bibliothèque familiale. Je les feuilletais et les maltraitais avant de les replacer. Ils sont toujours dans la mienne, mais je les traite maintenant avec le respect qu’il se doit.

 

● D’où vous est venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

Je pense que j’ai été piquée dès mon plus jeune âge, lorsque ma mère m’a mis entre les mains La Mystérieuse Affaire de Styles d’Agatha Christie. Je suis tombée amoureuse d’Hercule Poirot et, par la même occasion, des romans policiers. L’envie d’écrire était sous-jacente à celle de lire des polars, des thrillers, du Noir. Mais ce n’est que lorsque j’ai écrit mon premier roman, Block 46, que j’ai su que j’écrirais du Noir.

 

● Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre roman « Block 46 » ?

Block 46 est un concentré de désirs différents : tout d’abord celui de parler de la vie de mon grand-père paternel, qui a été déporté au camp de concentration nazi de Buchenwald alors qu’il oeuvrait pour la résistance française, et à travers son histoire, celle des victimes de l’holocauste. Puis, celui de mettre en pratique mes amours pour la criminologie et le profilage, entretenues depuis vingt ans par des lectures de Stéphane Bourgoin, John Douglas, Paul Britton ou Peter Vronsky.

 

● Comment vos personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement Emily et Alexis ?

En observant mes voisins, des anonymes dans la rue, dans un bus, devant l’école, mes confrères, n’importe qui, n’importe où : tout est recherche, tout est inspiration. Après, vient s’ajouter cette part de fantasme que l’on introduit dans nos personnages qui par certains côtés représentent une version désirée ou rêvée de nous-même.

 

● Est-ce que le fait d’être journaliste vous aide pour votre travail de romancière et notamment pour la partie recherche ?

Ce qui m’aide le plus pour mon travail de recherche est la formation que j’ai reçue en droit à Sciences Po, je pense : cette rigueur de travail et cette organisation nécessaires lorsque l’on écrit des romans historiques, avec les nécessaires index thématiques et les lectures à foison et dans toutes les langues pour trouver les informations à la source. Ce que mon métier de journaliste m’a par contre donné, c’est savoir à quelle porte frapper pour obtenir ses informations et oser ! Oser contacter des personnes que l’on considère comme intouchables, mais qui, finalement, sont bien souvent loin de l’être !

 

● Quand vous commencez à écrire un roman, le dénouement est-il déjà fixé ou est ce qu’il vient au courant de l’écriture ?

Oh oui, je sais exactement où je vais et comment, ce qui ne m’empêche pas de me laisser surprendre par mes personnages ou une situation qui ne tourne pas comme prévu. Disons que j’ai besoin d’un cadre pour me sentir libre !

 

● Êtes-vous une grande lectrice ?

Je le suis ! Et je ne crois pas que l’on puisse écrire sans dévorer des piles de livres. Je lis beaucoup moins de polars maintenant, car je lis beaucoup pour mes recherches liées à ma série Roy et Castells, ce que j’adore.

 

Quelles sont vos autres passions dans la vie ?

Ai-je le droit de dire mes trois fistons ?

 

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

LISEZ ! Lisez de tout, partout, autant que vous le pouvez. La lecture, c’est un voyage que l’on fait à l’intérieur de soi-même.

 

Lien vers ma chronique de Block 46.

Je tiens à remercier Johana Gustawsson d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar.

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Block 46 – Johana Gustawsson

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de Block 46, premier tome de la saga Emily Roy et Alexis Castells. Cela fait très longtemps que j’entends parler de Johana Gustawsson, il était donc grand temps pour moi de lire son premier thriller. Avec deux thématiques choc, les tueurs en série et les camps de concentration, je trouve que pour une première elle a frappé très fort. C’est parti, suivez-moi en direction de Londres et de Falkenberg en Suède. couv23431631

Tout d’abord on fait connaissance avec Alexis Castells une romancière française, vivant à Londres qui écrit sur des tueurs en série. Elle est à la recherche de son amie Linnéa Blix, mais cette dernière a été sauvagement assassinée à Falkengerg en Suède. La victime présente d’horribles mutilations, la trachée a été arrachée et les yeux énucléés. De plus un mystérieux signe a été gravé sur son bras. Appelée sur les lieux, la canadienne Emily Roy une profileuse reconnue, retrouve le même modus operandi déjà présent sur les corps d’enfants retrouvés à Londres. Alexis et Emily vont très vite s’accorder et tenter ensemble de retrouver le ou les tueurs…  L’enquête semble bien complexe. L’intrigue alterne entre présent et passé, car on se retrouve également dans l’enfer des camps de concentration en 1944 lors de la Seconde Guerre mondiale. Dans le camp de Buchenwald on suit l’histoire d’Erich Ebner, un allemand déporté en 1944, forcé de travailler aux côtés du mystérieux docteur Fleischer dans le fameux Block 46. Un lieu secret et chargé de mystère que tout le monde craint. Quel est donc le lien entre ces deux époques ? C’est à Alexis et Emily de le découvrir.

Moi qui aime beaucoup les pays nordiques, j’ai adoré cette immersion en Suède. Je me voyais avec eux manger des Kanelbullar… Plus sérieusement, j’adore lorsque le récit alterne entre le passé et le présent. C’est très fluide et je n’ai eu aucun mal à m’y retrouver. Les chapitres relatant les faits lors de la seconde guerre mondiale sont vraiment effrayants. Je sais très bien que c’est la vérité et que c’était la vie dans les camps de concentration, mais l’auteure ne nous épargne vraiment rien de cette atrocité. Concernant le dénouement, il est très bon, je n’ai rien vu venir.

Block 46 est un thriller à l’ambiance angoissante et oppressante. Les sujets abordés sont très durs. L’enquête est très bien maîtrisée. Cette première avec Johana Gustawsson est une vraie réussite. J’ai vraiment beaucoup aimé ce premier opus et j’ai hâte de retrouver le duo d’enquêtrices Alexis et Emily dans Mör.

Résumé de l’éditeur :

Falkenberg. Suède. Le commissaire Bergström retrouve le cadavre nu et gelé d’une femme aux abords de la plage d’Olofsbo. Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps sauvagement mutilés ont été abandonnés dans les bois d’Hampstead, au nord de la ville. Ils présentent les mêmes mutilations que la victime suédoise : trachée arrachée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras. Etrange serial killer, qui change de type de proie et de lieu de chasse… Pourrait-il s’agir d’un tandem de sociopathes ?

Johana Gustawsson – Block 46 (Editions Bragelonne 2015), (Editions Milady 2016)

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