Entretien avec Julie Ewa – Les Petites Filles

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● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

J’ai 27 ans, je suis née en Alsace et je suis aussi éducatrice spécialisée. J’ai publié mon premier thriller en 2012, grâce à un concours organisé par le magazine VSD. Depuis, j’ai écrit deux autres polars : « Les petites filles » qui aborde les trafics d’enfants en Chine et le « Le gamin des ordures », sur la disparition d’un petit garçon rom dans un bidonville parisien.

 

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Quand j’étais à l’école primaire, j’ai participé à un concours de poésie organisée par la ville de Saint-Louis. J’avais gagné le concours et pour me féliciter, une auteure m’avait offert un livre de poèmes dédicacé. J’étais en grande admiration devant cette femme, je me disais : je veux être comme elle.

 

● Avez-vous toujours eu cette envie d’écrire des « Thrillers » ?

Pas vraiment. Adolescente, je voulais écrire des romans d’amour parce que j’étais du genre romantique. C’est la découverte de Maxime Chattam qui m’a poussée dans la voie du Noir, car je trouvais très excitant de raconter des histoires avec du suspens, des rebondissements, en semant des indices pour dérouter le lecteur. J’ai aussi réalisé que le roman noir permettait d’écrire de manière engagée, et d’explorer les bas-fonds de la nature humaine.

 

● Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre roman « Les Petites Filles » ? 

Par hasard, en tombant sur des témoignages de femmes chinoises qui avaient connu l’enfer sous la politique de l’enfant unique. Elles n’avaient le droit qu’à un seul enfant, dans une société particulièrement machiste. Lorsqu’elles mettaient au monde une fille, elles étaient face à un terrible dilemme… que faire de ce bébé ?

 

Comment vos personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement Lina et Sun ?

C’est dans mon corps que ça se passe : des émotions, des impressions, des images me traversent : j’ai l’impression que mes personnages vivent en moi, qu’ils me poussent à écrire telle ou telle chose. Et puis par la suite, ils deviennent des amis que je suis contente de retrouver lors des moments d’écriture. Lorsque j’ai « crée » Lina, elle représentait en quelque sorte la femme forte et audacieuse que je voulais devenir. Elle n’hésite pas à se mouiller pour aider les autres, quitte à se mettre en danger. Quant à Sun, elle m’a permis de m’imaginer à quoi pouvait ressembler l’amour inconditionnel qu’éprouvent beaucoup de mères pour leur enfant. Ce sentiment me fascine.

 

● Vous avez merveilleusement bien décrit Mou di ce petit village chinois, vous êtes-vous rendu sur place ?

Oui, j’ai visité des petits villages chinois au milieu des rizières, et je me suis inspirée de ce que j’ai vu là-bas.

 

Dans ce roman, vous évoquez certaines thématiques sociales très fortes comme le trafic d’enfants, la politique de l’enfant unique, la corruption de la police, le trafic d’organes, quels messages souhaitiez-vous faire passer ?

Je crois que c’est au lecteur de se faire son idée, car il n’y a jamais qu’un seul message. La seule chose que j’espère, c’est que mes romans puissent augmenter la compassion des gens et susciter leur intérêt pour des causes qui ne les concernent pas au premier abord. Je pense que la littérature, et l’art en général, doivent servir à nous rapprocher les uns des autres et à ouvrir les consciences.

 

● Etes-vous une grande lectrice et si oui qui vous a inspirée ?

Je suis une très grande lectrice… de spiritualité et de philosophie. En fait, je ne lis quasiment pas de polars, même si mon éditrice aimerait que je fasse quelques efforts pour voir ce qui se fait ailleurs ! L’auteur qui m’inspire le plus s’appelle Neale Donald Walsch.

 

Quelles sont vos autres passions dans la vie ?

J’aime multiplier les nouvelles expériences, alors je me trouve sans cesse de nouveaux centres d’intérêt. Il y a tout de même deux constantes dans ma vie : mon amour pour l’humain, à travers la rencontre ou l’aide à la personne, et une quête spirituelle qui m’anime depuis toujours.

 

Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Elle est sympa votre caverne !

 

Lien vers ma chronique Les Petites Filles

Je tiens à remercier Julie Ewa d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette auteure.

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Biographie de Julie Ewa

Julie EWA a 27 ans et est originaire d’Alsace.
Son premier roman a remporté le grand prix VSD du polar 2012, décerné par Jean-Christophe Grangé.
En 2016, elle publie aux éditions Albin Michel Les petites filles, prix du Polar Historique 2016 et prix Sang d’encre des lycéens 2016.
Diplômée en philosophie et éducatrice spécialisée, elle vit aujourd’hui entre la France et l’Indonésie, où elle a crée l’association Kolibri pour accompagner les enfants défavorisés.

Tombola du noir – Julie Ewa

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Préparez-vous à gagner des livres dédicacés!!!

Du 5 au 28 juin, de grands auteurs s’allient pour une Tombola du Noir, au profit de l’association Kolibri dont la présidente est l’auteure alsacienne Julie Ewa.
Le but de l’événement : financer la construction d’un centre pour les enfants défavorisés de Sumatra. Le principe : chaque don de 10 euros donne une chance de remporter un livre dédicacé tout spécialement à votre nom, par l’auteur lui-même (Jetez un œil aux auteurs, ça envoie du lourd!).
Parmi les participants, 25 gagnants seront tirés au sort et recevront leur exemplaire dédicacé par voie postale.
Alors RDV sur le site: www.tomboladunoir.fr

Un énorme merci aux auteurs qui sont décidément toujours au top! A très vite!!

Les livres à gagner :

Lot 1 : Agnès ABECASSIS, « Cherche ton bonheur partout »
Lot 2 : Benoit PHILIPPON, « Mamie Luger ».
Lot 3 : Bernard WERBER, « La boite de Pandore »
Lot 4 : Claire FAVAN, « Inexorable »
Lot 5 : Claire FAVAN, « Serre-moi fort »
Lot 6 : David FOENKINOS, « deux sœurs »
Lot 7 : Franck THILLIEZ, « Le manuscrit inachevé »
Lot 8 : Ghislain GILBERTI, « Le festin des serpents » et « Le bal des ardentes »
Lot 9 : Henri LOEVENBRUCK, « J’irai tuer pour vous »
Lot 10 : Ian MANOOK, « Heimaey »
Lot 11 : Jacques SAUSSEY, «Les carats de l’Opéra – Les nouvelles enquêtes de Nestor Burma »
Lot 12 : Jean-Christophe GRANGE, « La terre des morts »
Lot 13 : Jean-Luc BIZIEN, « Les veilleurs »
Lot 14 et 15 : Julie EWA, « Le gamin des ordures »
Lot 16 : Maxime CHATTAM, « Le signal »
Lot 17 : Nicolas LEBEL, « L’heure des fous »
Lot 18 et 19 : Olivier NOREK, « Surface »
Lot 20 : Pétronille ROSTAGNAT, « On a tous une bonne raison de tuer »
Lot 21 : Roy BRAVERMAN, « Hunter »
Lot 22 : Sandra MARTINEAU, « Dernière escale »
Lot 23 : Solène BAKOWSKI, « Une bonne intention »
Lot 24 : Sonja DELZONGLE, « Boréal »
Lot 25 : Yvan FAUTH (sous la direction de), « Ecouter le noir »

Informations complémentaires :

  • La tombola sera close le 28 juin 2019 à 18h00.
  • Les résultats seront annoncés sur la page facebook de l’association KOLIBRI le 28 juin à partir de 20h. Chaque gagnant sera également informé par e-mail.
  • Les auteurs se chargeront, dans le mois suivant, de faire parvenir leur exemplaire dédicacé à l’adresse postale indiquée par les participants sur le formulaire.
  • Pour multiplier vos chances de gagner, vous pouvez effectuer plusieurs dons en remplissant à chaque fois un nouveau formulaire.

 

Les Petites filles – Julie Ewa

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du roman Les Petites filles de Julie Ewa. Cela fait longtemps que j’entends parler de cette auteure alsacienne très talentueuse. D’ailleurs c’est la première fois que je lis et que j’écris une chronique d’une auteure qui est originaire du Sundgau en Alsace comme moi. C’est parti suivez-moi en direction de Mou di en Chine pour un roman dépaysant. julie-ewa

Tout d’abord il faut savoir qu’on évolue entre deux époques, le présent avec Lina et les années 90 avec Sun. On fait rapidement la connaissance de Lina, une jeune étudiante alsacienne de 23 ans au passé compliqué. Cela fait plusieurs années qu’elle est bénévole aux Blouses Roses et donne de son temps aux jeunes malades sur Strasbourg. Ayant envie de changer d’air elle décide de partir en Chine pour finir ses études universitaires à Canton. Mais à peine arrivée, elle se fait accoster par Thomas, un humanitaire qui travaille pour une ONG et enquête sur des disparitions d’enfants. Il lui demande de l’aide et après une nuit de réflexion elle décide de foncer. Dès lors elle a pour mission d’obtenir des informations concernant la disparition de Sun Tang disparue en 1991. C’est ainsi qu’elle va loger chez les moines bouddhistes dans leur temple à Mou di un petit village paysan. Mais dès qu’elle met les pieds dans ce village, elle va très vite comprendre que ce ne sera pas si simple d’obtenir des informations et d’avoir la confiance des habitants.
Parallèlement on suit Sun Tang, une jeune chinoise de 23 ans, mère d’une petite fille de 6 ans, elle attend son deuxième enfant, en espérant donner un fils à son mari. Alors quand sa fille disparait du jour au lendemain, Sun Tang ne peut compter que sur elle-même pour savoir ce qu’il s’est passé et retrouver sa fille…

Dans ce roman noir, Julie Ewa aborde des sujets très délicats, tel que le trafic d’enfants et plus particulièrement celui des petites filles victimes de la politique de l’enfant unique en Chine mise en place par le gouvernement en 1979, pour entraver la surpopulation. Mais également la mafia, la corruption de la police en Chine, la prostitution et le trafic d’organes…
J’ai beaucoup aimé sa plume et le fait de dynamiser le récit avec des chapitres très court. Le fait d’alterner entre passé et présent est également une très bonne idée niveau suspense. J’ai trouvé que Julie Ewa qui signe avec Les Petites filles son second roman a vraiment maîtrisé son roman de bout en bout.

Les Petites Filles est un mélange entre thriller et roman noir. Ce livre est poignant et cruel, il est malheureusement tiré de faits réels. C’est un roman qui interpelle et nous fait réfléchir. Je ne peux que vous le conseiller. J’ai hâte de lire son nouveau livre Le Gamin des ordures.

Résumé de l’éditeur :

Bénévole dans une association qui s’occupe d’enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d’enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d’espionne sur place où elle découvre vite les ravages de la politique de l’enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village. Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle…
Réseaux d’adoption clandestins, mafias chinoises, trafics d’organes, prostitution… oscillant entre passé et présent, un thriller dépaysant, remarquablement documenté, qui nous conduit au cœur d’une Chine cynique et corrompue où la vie d’une petite fille ne vaut que par ce qu’elle peut rapporter.

Julie Ewa – Les Petites Filles (Editions Albin Michel  2016), (Editions Le Livre de Poche 2017)

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