L’heure des fous – Nicolas Lebel

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de L’heure des fous le premier roman de Nicolas Lebel. Après avoir eu un gros coup de cœur pour De cauchemar et de feu, le quatrième tome mettant en scène le capitaine Daniel Mehrlicht, j’ai décidé de commencer cette saga par le début. C’est parti, suivez-moi en direction de Paris dans l’univers si spéciale de Nicolas Lebel. 51ZKMWs0BDL

L’histoire commence par la découverte du corps d’un SDF retrouver sur les voies de la gare de Lyon. A première vue l’enquête semble assez banale, mais cela va très vite se compliquer. Toute l’équipe du capitaine Mehrlicht est sur le pont et leurs recherches nous mènent à travers des lieux mythiques de Paris. De Bercy à la Sorbonne, en passant par la Défense et le bois de Vincennes, le travail d’investigation va dévoiler au compte-gouttes de nouvelles informations qui vont nous permettre d’assembler les différentes pièces du puzzle. L’enquête est rondement menée, sans temps morts et avec des chapitres très courts.

J’ai pris énormément de plaisir à retrouver le capitaine Daniel Mehrlicht, ancien candidat malheureux de question pour un champion, gros fumeur de Gitanes et grand fan de Sudoku, dont le téléphone sort des répliques d’Audiard à chaque appel. Les personnages sont d’ailleurs le point fort et la réussite principale de ce roman mais également de toute la saga. Ils sont tous très travaillés et font vraiment partie intégrante du roman. Que ce soit le lieutenant Mickael Dossantos adepte du code pénal et du sport, ou le lieutenant Sophie Latour qui tente de se faire respecter tant bien que mal face au machisme du capitaine. Le pauvre stagiaire qui est le véritable souffre-douleur du capitaine. Et bien entendu Jacques le collègue et ami atteint du cancer à qui Daniel rend fréquemment visite à l’hôpital. L’heure des fous est un mélange savant d’humanité, d’humour et de dialogues brillants.

L’heure des fous est un très bon premier roman. Nicolas Lebel a vraiment son propre style et il nous propose une enquête originale et différente de ce que j’ai l’habitude de lire. Je suis vraiment fan du capitaine à la tête de grenouille. Je conseil vraiment à tout le monde de découvrir cet auteur unique qu’est Nicolas Lebel. Laissez-vous tenter par Mehrlicht et son équipe vous ne serez pas déçu.

Résumé de l’éditeur :

Paris : un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. « Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard… Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité. L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale. Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous…

Nicolas Lebel – L’heure des fous (Editions Marabout 2013), (Le Livre de Poche 2019)

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Horrora Borealis – Nicolas Feuz

Chronique :

J’ai découvert Nicolas Feuz, avec Le miroir des âmes. Aujourd’hui je vais vous parler de Horrora Borealis dont j’ai beaucoup entendu parler. Nicolas Feuz est procureur du canton de Neuchâtel et s’est lancé dans l’écriture en 2010. A ce jour il a déjà publié 9 romans. Allez c’est parti suivez-moi en direction de la Suisse et la Laponie. couv28792276

La famille Walker se rend en vacances au Nord de la Finlande, en Laponie. Mais malheureusement celles-ci vont vite tourner au cauchemar. Walker qui est de retour à Neuchâtel, se sent très vite observé lors de sa promenade, c’est alors qu’il se réfugie avec hâte en plein festival musical Festi’neuch. Très vite s’en suivent des coups de feu faisant plusieurs morts et également une prise d’otage. Il est impératif pour Walker qu’il se souvienne de son voyage en Laponie, mais tout est si confus dans son esprit… Que s’est-il vraiment passé là-bas, au pays des rennes et du Père Noël ?

J’ai bien aimé l’alternance des chapitres, Nicolas Feuz varie entre le passé, (l’histoire en Laponie) et le présent, (la prise d’otage). Petit à petit on parvient à relier les éléments entre eux, mais que de surprises. Découvrir la Laponie pour moi qui aime beaucoup la neige, la glace et les pays nordiques, a été une très bonne surprise. Les descriptions sont vraiment réalistes. En tant que lecteur on est vraiment pressé de découvrir ce qu’il s’est réellement passé avec cette famille en Laponie. Et quelle surprise lors du dénouement…

Horrora Borealis est un bon thriller, un peu court mais très efficace. Une lecture très agréable que je recommande à tout les amateurs du genre. Je vais bien sûr continuer de suivre Nicolas Feuz, qui est devenu une valeur sûre du polar Suisse. J’ai hâte de lire L’Ombre du renard son prochain roman qui va paraître à la rentrée.

 

Résumé de l’éditeur :

Sur les rives du lac de Neuchâtel, en Suisse, des coups de feu éclatent en plein festival de musique. Le site est évacué. La grande scène devient le théâtre d’une prise d’otages. Un négociateur intervient. Le groupe d’intervention de la police s’organise. Dans l’esprit de Walker, une seule question compte : que s’est-il passé en Laponie ? Ses souvenirs sont flous. Mais il est clair que, de longue date, il ne croit plus au Père Noël. Et vous, y croyez-vous encore ?

Nicolas Feuz – Horrora Borealis (Editions Le Livre de Poche 2018)

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Profanation – Jussi Adler-Olsen

Chronique :

Profanation est le second tome de la saga du Département V de la police criminelle de Copenhague, dirigé par l’inspecteur Carl Mørck. J’ai beaucoup aimé Miséricorde le premier opus, du coup je continue cette série de l’auteur danois Jussi Adler-Olsen. C’est parti suivez-moi en direction de Copenhague capitale du Danemark. 1286613-gf

Quel plaisir pour moi de retrouver le fameux duo Carl & Assad, après leur brillante résolution de l’affaire Merete Lyyngaard dans Miséricorde. Dorénavant ce duo fera place à un trio, car le département V, hérite de Rose, une nouvelle assistante un peu bizarre qui ne supporte pas les ordres. Mais parlons de l’intrigue, Carl Mørck  trouve sur son bureau, le dossier d’un double meurtre violent d’un frère et d’une sœur datant de 1987. A l’époque, les soupçons se sont tournés vers une bande d’adolescents mais l’enquête est vite étouffée car ces jeunes gens sont issus de familles très riche et influente. Mais à ce jour, le dossier est clôt et le meurtrier est en prison… Alors pourquoi le département V devrait rouvrir cette affaire ? L’enquête est un peu longue à se mettre en place, mais Carl Mørck et Assad vont très vite comprendre qu’il y a trop de faits troublants dans cette affaire…

J’adore les personnages qu’a créé Jussi Adler-Olsen, d’un côté Carl un flic cynique que tout énerve et de l’autre Assad un faux calme, qui prend de plus en plus de place au sein du département V. Et que dire de Rose, la nouvelle assistante au fort caractère, à qui on s’attache très vite. Profanation est un thriller simple mais efficace, avec son lot de rebondissements et des personnages haut en couleur. Cette enquête démontre toute la cruauté dont est capable l’être humain.

J’ai hâte de me plonger dans Délivrance le troisième tome, pour retrouver les personnages et encore en apprendre un peu plus sur eux. Si ce n’est pas encore fait, je vous conseille vraiment de découvrir cet auteur et de suivre les enquêtes du département V, vous n’allez pas le regretter.

Résumé de l’éditeur :

En 1987, le meurtre atroce d’un frère et d’une soeur avait défrayé la chronique. Malgré les soupçons pesant sur un groupe de lycéens d’une école privée de Copenhague, l’enquête s’était arrêtée, faute de preuves… Jusqu’à ce que neuf ans plus tard, l’un des garçons (le seul « pauvre » de la bande) s’accuse du crime. Affaire classée.
Pour une raison inexplicable, le dossier ressurgit soudain sur le bureau de l’inspecteur Carl Mørck, chef de la section V. Intrigué par les circonstances, l’inspecteur, toujours accompagné de son acolyte Assad, décide de reprendre l’enquête. Elle le mène sur la piste de l’énigmatique Kimmie, prostituée, voleuse, semi-clocharde, qui était alors la seule fille de la bande, et celle de trois hommes, les plus riches du Danemark…

Jussi Adler-Olsen – Profanation (Albin Michel 2012), (France Loisirs 2013), (Le Livre de Poche 2014) traduit du danois par Caroline Berg.

Son titre original est « Fasandraeberne » (2008).

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Les Petites filles – Julie Ewa

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du roman Les Petites filles de Julie Ewa. Cela fait longtemps que j’entends parler de cette auteure alsacienne très talentueuse. D’ailleurs c’est la première fois que je lis et que j’écris une chronique d’une auteure qui est originaire du Sundgau en Alsace comme moi. C’est parti suivez-moi en direction de Mou di en Chine pour un roman dépaysant. julie-ewa

Tout d’abord il faut savoir qu’on évolue entre deux époques, le présent avec Lina et les années 90 avec Sun. On fait rapidement la connaissance de Lina, une jeune étudiante alsacienne de 23 ans au passé compliqué. Cela fait plusieurs années qu’elle est bénévole aux Blouses Roses et donne de son temps aux jeunes malades sur Strasbourg. Ayant envie de changer d’air elle décide de partir en Chine pour finir ses études universitaires à Canton. Mais à peine arrivée, elle se fait accoster par Thomas, un humanitaire qui travaille pour une ONG et enquête sur des disparitions d’enfants. Il lui demande de l’aide et après une nuit de réflexion elle décide de foncer. Dès lors elle a pour mission d’obtenir des informations concernant la disparition de Sun Tang disparue en 1991. C’est ainsi qu’elle va loger chez les moines bouddhistes dans leur temple à Mou di un petit village paysan. Mais dès qu’elle met les pieds dans ce village, elle va très vite comprendre que ce ne sera pas si simple d’obtenir des informations et d’avoir la confiance des habitants.
Parallèlement on suit Sun Tang, une jeune chinoise de 23 ans, mère d’une petite fille de 6 ans, elle attend son deuxième enfant, en espérant donner un fils à son mari. Alors quand sa fille disparait du jour au lendemain, Sun Tang ne peut compter que sur elle-même pour savoir ce qu’il s’est passé et retrouver sa fille…

Dans ce roman noir, Julie Ewa aborde des sujets très délicats, tel que le trafic d’enfants et plus particulièrement celui des petites filles victimes de la politique de l’enfant unique en Chine mise en place par le gouvernement en 1979, pour entraver la surpopulation. Mais également la mafia, la corruption de la police en Chine, la prostitution et le trafic d’organes…
J’ai beaucoup aimé sa plume et le fait de dynamiser le récit avec des chapitres très court. Le fait d’alterner entre passé et présent est également une très bonne idée niveau suspense. J’ai trouvé que Julie Ewa qui signe avec Les Petites filles son second roman a vraiment maîtrisé son roman de bout en bout.

Les Petites Filles est un mélange entre thriller et roman noir. Ce livre est poignant et cruel, il est malheureusement tiré de faits réels. C’est un roman qui interpelle et nous fait réfléchir. Je ne peux que vous le conseiller. J’ai hâte de lire son nouveau livre Le Gamin des ordures.

Résumé de l’éditeur :

Bénévole dans une association qui s’occupe d’enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d’enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d’espionne sur place où elle découvre vite les ravages de la politique de l’enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village. Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle…
Réseaux d’adoption clandestins, mafias chinoises, trafics d’organes, prostitution… oscillant entre passé et présent, un thriller dépaysant, remarquablement documenté, qui nous conduit au cœur d’une Chine cynique et corrompue où la vie d’une petite fille ne vaut que par ce qu’elle peut rapporter.

Julie Ewa – Les Petites Filles (Editions Albin Michel  2016), (Editions Le Livre de Poche 2017)

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Fantazmë – Niko Tackian

Chronique :

Ayant récemment lu Toxique et découvert Tomar Khan, j’ai très vite enchainé avec le second opus, Fantazmë (qui veut dire Spectre en albanais). Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’avoir lu Toxique pour lire cette nouvelle affaire, ceci dit, comme d’habitude je vous conseille la lecture du premier volume car il permet vraiment de découvrir et de bien comprendre le personnage de Tomar Khan. Du coup c’est reparti en direction du 36 quai des orfèvres à Paris. 9782702162804-001-t

Cette seconde enquête du commandant Tomar Khan, en apparence très classique, va se révéler être une intrigue bien plus complexe. Un migrant est retrouvé atrocement mutilé dans le 18ème arrondissement de Paris. Le « spectre » en question, est un insaisissable tueur qui sévit dans les quartiers chaud de Paris et notamment au coeur même de la mafia. Très vite on plonge dans les méandres de la Mafia albanaise qui sévit à Paris et dans ses proches banlieues avec des revirements étonnants… Yuri le chef de la mafia albanaise est loin d’être un enfant de cœur ! Il se sert des migrants pour arriver à ses fins et aucun obstacle ne peut entraver sa route et l’empêcher de faire ce qu’il veut. Finalement fiction et réalité se rejoignent par l’omniprésence de cette actualité qui, malgré la forte propension à l’individualisme qui règne dans nos sociétés, heurte incontestablement notre sensibilité.

Quel plaisir de retrouver Tomar Khan, ce commandant de police très charismatique qui se bat avec ses propres démons, et son passé douloureux. On retrouve également toute son équipe, Rhonda, Franck et Dino. Nicko Tackian nous plonge dans les côtés les plus noirs et les plus violents de notre société. Il arrive à nous faire ressentir au plus proche la réalité du monde dans lequel nous vivons. Ce que j’aime beaucoup c’est justement le fait que son histoire est ancrée dans l’actualité. Les sujets qu’il aborde sont brûlants et nous pousse à la réflexion. Il nous livre un roman d’une efficacité redoutable.

Niko Tackian confirme tout son talent, Fantazmë est un thriller violent, ancré dans l’actualité. C’est avec grand plaisir que je lirai la suite des enquêtes de Tomar Khan.

Résumé de l’éditeur :

Janvier 2017. Dans une cave du XVIIIe arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’affaire qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre. Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

Niko Tackian – Fantazmë (Editions Calmann-Lévy 2018), (Le Livre de Poche 2019)

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