Entretien avec Armelle Carbonel – Sinestra

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● Peux-tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

J’écris depuis mon plus jeune âge. Poèmes, pièces de théâtre, chant militaire, nouvelles, romans… Chaque période de ma vie a connu son genre littéraire mais c’est vers le thriller que je me suis finalement trouvée. Fascinée par les lieux, leur atmosphère, je place naturellement mes histoires dans les contextes angoissants qu’ils renferment. Je suis l’auteur de « Criminal Loft », « Majestic Murder », aux éditions Bragelonne et « Sinestra » aux éditions Ring. Mon prochain roman paraîtra aux éditions Fayard/Mazarine et ce sera… un suspense à huis clos…

 

Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Mon souvenir le plus marquant est ma première rencontre en 2001 avec Maxime Chattam à la librairie de Pincerais à Poissy (Yvelines). Un moment d’exception car nous n’étions que 3 lecteurs dans la file d’attente ! J’ai découvert un écrivain accessible et généreux. Peu d’auteurs prennent le temps de se pencher sur les écrits d’une inconnue et d’y apporter des variations mais Maxime Chattam l’a fait ! J’aimerais revivre ces instants avec la même innocence.

 

● D’où t’es venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

De très loin… Enfant, j’ai vécu une expérience étrange liée à une maison que l’on nommait à l’époque « La Maison Rouge » en raison de la couleur de ses volets. Je n’ai jamais trouvé d’explication aux évènements troublants qui s’y sont déroulés. Plus que l’envie d’écrire des thrillers, je suis désormais motivée par le besoin d’explorer des lieux inspirants et de créer des atmosphères qui me rappellent sans doute celles que j’ai ressenties face à cette maison.

 

● Comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour ton roman « Sinestra » ?

En visionnant un reportage sur… le Val Sinestra ! Le lieu se révélait un cadre fantastique pour un roman noir. Mentalement, j’y ai vu des enfants courir au milieu des bois et ressenti le contexte historique dans lequel je souhaitais les voir évoluer. Mais l’intrigue par elle-même s’est dessinée au fil des années (sans se presser…) jusqu’à ce que je me sente prête à l’exploiter.

 

● Parle-nous un peu de tes personnages, comment Ana, Arthur, Valère, Colette et les autres ont-ils pris forme ?

C’est l’un des mystères de l’écriture en ce qui me concerne. Le lieu et le titre s’imposent dans un premier temps, puis les personnages se dessinent et s’affirment en cours d’écriture. Ensuite, ce sont eux qui décident…

 

● Tu as merveilleusement bien décrit les lieux, tu t’es rendue sur place ?

Quand j’écris à propos d’un lieu existant, j’ai besoin de m’entourer de photos et c’est ainsi que j’erre entre les murs… Je ne suis jamais allée au Val Sinestra et je suppose que les descriptions sont parfois éloignées de la réalité. J’ai donc pris quelques libertés tout en essayant de respecter ce magnifique édifice. Mais je ne désespère pas de visiter un jour tous les lieux que j’ai approchés en pensées 😉

 

● Comment organises-tu tes recherches avant l’écriture d’un roman et combien de temps cela te prend-il ?

Je n’ai pas vraiment de règles établies. Les recherches varient selon le sujet abordé et souvent, je poursuis mon travail de documentation en cours d’écriture. Supports photographiques, articles, livres documentés, je m’entoure de ce qui me paraît nécessaire au développement de mon récit.

 

Est-ce que tu es une grande lectrice et si oui qui t’a inspirée ?

Je l’étais. Mais par manque de temps, je lis moins qu’avant. Mon grand « inspirateur » : Stephen King. De mon point de vue, ce sont principalement les émotions qu’il suscite qui sont inspirantes. Sa créativité semble illimitée pour créer des univers singuliers. Et puis, lire en cachette « Carrie » à l’âge de 10 ans laisse des traces…

 

● Quelles sont tes habitudes d’écritures et combien d’heures en moyenne écris-tu par jour ?

Je n’aime pas les habitudes. Je les trouve limitantes. Alors j’ai appris à composer sans. Mes seuls « doudous » sont un feutre noir et une page blanche. Quant aux nombres d’heures consacrées à l’écriture, il varie sensiblement… En raison de mon « deuxième métier », je ne dispose pas d’une grande disponibilité, aussi j’adapte mon temps de travail en fonction de mon énergie et mon humeur.

 

● Quel sera ton mot de fin à cet entretien ?

Un grand merci à toi ! Et bon cap 2020 à tous !

 

Lien vers ma chronique de Sinestra

Je tiens à remercier Armelle Carbonel d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette auteure de talent.

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Sinestra – Armelle Carbonel

Un grand merci aux Editions Ring pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de Sinestra, un roman d’Armelle Carbonel. La couverture de ce roman est tout simplement magnifique, je la trouve mystérieuse et angoissante à la fois… Cela fait très longtemps que j’entends parler de cette auteure, mais comme tous les blogueurs et blogueuses ma PAL est sans fin. Mais c’est enfin chose faite et j’en suis ravi. C’est parti, suivez-moi en direction du Val Sinestra un refuge isolé dans la vallée des Grisons en Suisse. couv67754589

On se retrouve en 1942 en pleine Seconde Guerre Mondial. Des enfants atteints de désordres psychiques sont emmené par leurs mères au Val Sinestra, un château sinistre planté en plein milieu des montagnes dans la vallée des Grisons en Suisse. Ce lieu a la réputation d’aider les enfants en difficultés, de plus il est situé en Suisse un pays neutre. On fait connaissance à tour de rôle avec Ana, Valère, Arthur, Colette et les autres. Ce sont tous des enfants torturés par les horreurs de la guerre qui viennent essayer de trouver l’insouciance et la paix dans ce lieu. Mais ses femmes et ses enfants qui ont fuis leurs logements sont loin de s’imaginer ce qu’ils vont trouver sur place… Qui sont réellement Signur Guillon et Il docter ses deux hommes qui s’occupent de ce lieu ? Quel est leur rôle et que cherchent-ils ?

Avant tout je dois dire qu’Armelle Carbonel a vraiment beaucoup de talent. J’ai trouvé ses descriptions de très grande qualité, l’ambiance est pesante et sinistre. On arrive vraiment très facilement à se plonger dans ce lieu lugubre et angoissant en plein milieu de cette forêt. Moi qui aime bien les chapitres assez courts, j’ai été ravi et le fait d’alterner la narration par le biais de différents protagonistes est une bonne chose. J’ai adoré lorsque le lieu lui-même prend la parole et devient un personnage à part entière,  j’ai trouvé cela très original. Par contre je dois bien avouer que j’ai trouvé l’intrigue un peu complexe à certains moments et je n’ai pas toujours bien compris vers quelle direction l’auteure voulait nous emmener. Mais j’ai beaucoup apprécié le dénouement qui est très surprenant.

Sinestra est un thriller très sombre, un peu étrange et légèrement complexe mais d’une très grande efficacité. Après avoir fermé ce livre je me suis dit, tiens c’était vraiment quelque chose de différent, et que finalement à force de lire des polars toute l’année j’ai envie d’être surpris et de trouver cette touche d’originalité. Je vais continuer à découvrir l’univers d’Armelle Carbonel avec grand plaisir.

Résumé de l’éditeur :

Suisse. 1942.
Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le mal a franchi la frontière avec eux.

Armelle Carbonel – Sinestra (Editions Ring 2018)

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