Entretien avec Nicolas Feuz – L’Ombre du Renard

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Comment t’es venue cette formidable intrigue pour « L’Ombre du Renard » ?

En 2015, j’ai écrit un précédent polar dont l’action se déroule en Corse, entièrement à Bonifacio, entre 1943 et l’époque contemporaine, Les Bouches. Suite à celui-ci, mon beau-frère qui est féru de Seconde Guerre mondiale, m’a informé de l’affaire du Trésor de Rommel. Je me suis passablement documenté. Une idée de « suite » des Bouches a germé dans mon esprit durant quelques années, puis s’est finalement matérialisée dans L’Ombre du Renard.

 

● J’ai été ravi de retrouver le fameux trio composé de Norbert Jemsen, Flavie Keller et Tanja Stojkaj, peux-tu me dire si on va les retrouver dans un prochain opus ?

Ce trio apparu pour la première fois en 2018 dans Le Miroir des âmes reviendra en librairie pour la troisième fois le 27 mai 2020, dans L’Engrenage du Mal. Un quatrième opus, actuellement en gestation, est également prévu pour le printemps 2021.

 

Tu décris parfaitement bien la Corse et son ambiance, tu t’es rendu sur place pour faire un repérage des lieux ?

Oui je suis allé plusieurs fois en Corse, dans le sud comme dans le nord de l’île, principalement pour des vacances. À la fin de l’été 2018, je suis retourné trois jours dans la région Bastia – Cap Corse – Saint-Florent, dans l’unique but d’y faire des repérages pour L’Ombre du Renard et me documenter sur les lieux du crime.

 

Est-ce que tu aimerais qu’un de tes livres soit adapté au cinéma ou en série pour la télé ?

J’imagine que c’est le rêve de tout écrivain, alors bien sûr ! J’ai été approché par une maison de production travaillant en collaboration avec la RTS (Radio Télévision Suisse) pour une adaptation d’Emorata, pour quelques grammes de chair, mon polar sorti en 2014 et dont l’action se déroule entre La Chaux-de-Fonds et la Camargue. Ce genre de projet prend toutefois beaucoup de temps et s’avère très onéreux, raison pour laquelle le producteur m’a dit qu’une coproduction avec France Télévision, par exemple, serait souhaitable. Par ailleurs, il semblerait que Netflix s’intéresse à Horrora Borealis (2016), mais ceci reste pour l’heure de l’ordre de la rumeur.

 

● Comment organises-tu tes recherches avant l’écriture d’un roman et combien de temps cela te prend-il ?

J’écris un polar par année depuis 2010. L’Engrenage du Mal sera mon 11ème roman. Certains m’ont demandé plus de recherches que d’autres, surtout quand on sort de mon domaine de compétences. Par exemple, l’écriture du Miroir des âmes ne m’a demandé que peu de recherches, car l’action se déroule entièrement dans ma région (Neuchâtel) et j’y décris des mécanismes (justice, police, police scientifique, médecine légale, etc.), des types d’affaires et des ambiances que je côtoie tous les jours depuis 21 ans en tant que juge d’instruction (1999-2010), puis procureur (2011-2020).

 

Peux-tu nous dire un petit mot sur ton prochain roman ?

À la fin de L’Ombre du Renard, je révèle en quelque sorte ce que l’on va découvrir dans L’Engrenage du Mal. Dans l’avion qui la ramène de Corse en Suisse, l’inspectrice Tanja Stojkaj comprend à la lecture d’une brève médiatique que sa mère serait morte assassinée et que son fils aurait disparu : « Lausanne – Le corps mutilé d’une femme découvert dans un appartement de la rue neuve. La police recherche un enfant de deux ans qui vivait avec la septuagénaire. » On naviguera entre thriller judiciaire et thriller psychologique, mais vous y découvrirez surtout un lieu unique en Europe, les Moulins Souterrains du Col-des-Roches. À leur sujet, Hans Christian Andersen écrivait en 1836 : « Nous sommes désormais dans un moulin à eau, un moulin souterrain. Bien au-dessous du sol mugit un torrent. Personne, là-haut, ne s’en doute. L’eau tombe de plusieurs toises sur les roues qui tournent bruyamment et menacent d’accrocher nos vêtements et de nous entraîner avec elles. Les marches sur lesquelles nous nous trouvons, sont usées et humides. L’eau ruisselle des murs de pierre, et, tout près, s’ouvre l’abîme. » (Voyages en Suisse)

 

Lien vers ma chronique L’Ombre du Renard

Je tiens à remercier Nicolas Feuz d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar.

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L’Ombre du Renard – Nicolas Feuz

Un grand merci aux Editions Slatkine & Cie pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de L’Ombre du Renard la seconde enquête du procureur Norbert Jemsen. J’ai découvert Nicolas Feuz, talentueux auteur Suisse l’an dernier avec Le Miroir des âmes et Horrora Borealis. Deux livres que j’ai bien apprécié. Du coup j’avais hâte de me replonger dans cette nouvelle enquête avec Norbert Jemsen et Flavie Keller. Allez c’est parti suivez-moi en direction de Neuchâtel en Suisse et sur l’Ile de Beauté, la Corse. couv41991330

L’histoire se déroule entre Neuchâtel et la Corse. On alterne entre le passé et le présent. L’intrigue tourne autour d’un mystérieux trésor que les allemands auraient perdu en mer lors de la Seconde Guerre mondiale. On est bousculé entre deux époques sur fond d’occupation nazie et de clan mafieux en Corse. Les meurtres s’enchaînent sur l’Ile de beauté et en Suisse, jusqu’au jour où un lingot d’or marqué d’une croix gammée refasse surface à Neuchâtel ! C’est là qu’entre en jeu notre trio Jemsen/Keller/Stojkaj. Ils ne vont pas hésiter à aller jusqu’en Corse pour en savoir plus sur cette fameuse histoire de trésor ! Mais sur cette île, les codes ne sont pas les mêmes qu’en Suisse et ils vont très vite s’en apercevoir ! Est-ce une légende ou est-ce que ce trésor existe vraiment ? Qui est cette société qui opère en secret que l’on prénomme « L’Ordre » ? Pourquoi le clan Mariani est intouchable ?

Moi qui aime bien les sagas avec les personnages récurrents, j’ai été ravie de retrouver le procureur Norbert Jemsen, sa greffière Flavie Keller ainsi que l’inspectrice Tanja Stojkaj. J’ai été agréablement surpris par l’intrigue, proposant un sujet historique très originale autour d’un trésor perdu lors de la seconde guerre mondiale. J’ai également apprécié les lieux et il faut bien dire que ce n’est pas courant de se retrouver sur l’Ile de Beauté pour une enquête. Le récit est plein de rebondissements et le rythme est très dynamique avec comme à son habitude des chapitres très courts. J’ai beaucoup aimé l’imagination du Vénitien dans le prologue du Miroir des âmes, mais là, Nicolas Feuz récidive dès le prologue… Je n’en dirai pas plus mais je pense que dès que l’on se verra, on en parlera Nicolas…

L’Ombre du Renard est un thriller efficace qui va à cent à l’heure. Lors de la première enquête Le Miroir des âmes j’avais marqué dans ma chronique que le seul petit bémol était la longueur du roman. Là honnêtement je dois dire que j’ai vraiment compris le style de Nicolas Feuz, un style qui est bien à lui d’ailleurs. Il ne s’embête pas il va à l’essentiel avec beaucoup d’actions et de rebondissements. D’ailleurs pour moi qui ne lis que des polars à longueur d’année, n’est-ce pas devenu une chose primordial que de trouver son style et finalement se démarquer des autres ?

Résumé de l’éditeur :

La nouvelle enquête du procureur Feuz ! En 1943, alors que les Alliés s’apprêtent à libérer la Corse, un convoi SS quitte un couvent sur les hauteurs de Bastia en emportant une mystérieuse cargaison. Chargées sur une barge à destination de l’Italie, les caisses sont victimes d’un bombardement américain et finissent englouties au large du Cap Corse. Ainsi naît la légende du Trésor de Rommel, qui suscitera bien des convoitises…

Jusqu’à ce jour de l’été 2018 où un lingot d’or caractéristique réapparaît en Suisse, à côté du cadavre d’un vieux bijoutier de Neuchâtel. Le premier d’une longue série, qui va entraîner le procureur Norbert Jemsen, sa greffière Flavie Keller et l’inspectrice Tanja Stojkaj dans un tourbillon mortel entre la Suisse et la Corse.

Nicolas Feuz – L’Ombre du Renard (Editions Slatkine & Cie 2019)

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