Bilan Polars 2018

Retour sur l’année 2018

Cette année le blog a connu une longue pause de plus de 7 mois pour raisons personnelles. Malgré tout 21 nouvelles chroniques et 5 entretiens avec différents auteurs et blogueurs ont vu le jour sur La Caverne du Polar. Comme chaque année, un mélange entre des livres récents et des romans plus anciens. Le souci qui guette chaque année c’est d’être submergé par l’actualité et par la quantité de nouveautés. Il faut donc sans cesse faire des choix, souligner les belles découvertes et évaluer les nouveaux romans de nos auteurs préférés. 2018 a également été l’occasion pour moi de rencontrer pas mal d’auteurs et de blogueurs, que j’apprécie beaucoup.

Cette année j’ai également décidé de changer de nom de domaine et enlevé le « .wordpress », pour avoir une adresse plus simple et pour enlever les publicités.

 

Mes coups de cœur en 2018

Cette année j’ai eu la chance d’avoir eu sept coups de cœur. Ce sont des livres qui m’ont marqués et bouleversé, mais qui surtout m’ont procuré beaucoup de plaisir.

 

 

RAY CELESTIN ● Carnaval

IAN MANOOK ● Yeruldelgger

MAXIME CHATTAM ● L’âme du mal

CLAIRE FAVAN ● Le tueur intime

R.J. ELLORY ● Seul le silence

FRANCK THILLIEZ ● Le syndrome E

JUSSI ADLER-OLSEN ● Miséricorde

 

Remerciements

Un énorme merci à tous les visiteurs, aux blogueurs et blogueuses avec lesquels je suis en contact régulier et avec qui j’ai des échanges très enrichissants et merci aux maisons d’éditions qui me font confiance en m’envoyant régulièrement leurs dernières nouveautés. Je vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2019 et peut-être qu’on aura l’occasion de se voir « en vrai » lors d’un salon ou d’un festival.

L’Âme du Mal – Maxime Chattam

Chronique :

Bien évidemment je ne vais pas vous présenter Maxime Chattam. Mais c’est de son premier livre L’Âme du Mal que je vais vous parler aujourd’hui. L’un de ses plus connus d’ailleurs, le premier opus de sa fameuse Trilogie du Mal. C’est parti en direction de Portland la plus grande ville de l’Oregon situé au Nord-Ouest des Etats-Unis.

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Ca commence par un prologue qui se passe dans les années 80 et qui a l’air de n’avoir aucun rapport avec le reste. S’ensuit une première enquête avec Juliette Lafayette et Joshua Brolin, qui est très rapidement résolu, c’est vraiment surprenant. J’avoue que je me suis dit waouh mais il a écrit quoi dans le reste du livre, comment il va remplir les 450 pages restantes…
Des meurtres ont lieu et on découvre qu’ils ont la même signature et le même modus operandi. Et lorsqu’un tueur en série sévit à Portland, c’est Joshua Brolin, inspecteur-profileur, qui s’en charge.  Il va être confronté à différentes enquêtes et va enfin pouvoir réellement exercer ses talents de profiler. L’intrigue nous plonge dans une toile complexe que nous tachons de démêler avec Brolin tout au long du livre, qui va parfois nous faire frôler le surnaturel, donnant une ambiance encore plus sombre à l’histoire. L’intrigue m’a de suite attiré, car je m’intéresse beaucoup à tout ce qui touche les tueurs en série (fictifs ou non) et le profiling. J’ai été happée par l’histoire du début à la fin.

Maxime Chattam a suivi des cours de criminologie et ça se sent, tout semble si réel, tellement plausible que ça en devient presque effrayant. Les descriptions sont complètes et les explications de certaines procédures, qu’il s’agisse de la police ou de l’aspect médico-légal sont brillantes. J’ai adoré le personnage principal, Joshua Brolin. Son empathie, atout principal de son métier de profiler. A travers lui, l’auteur nous décrit la psychologie du tueur de façon immersive et profonde. Ce tueur en série vous glace le sang, lorsqu’on découvre les cadavres, on imagine le calvaire des victimes.

Honnêtement pour ma part, je n’ai relevé aucun défaut dans ce livre, il est vraiment très proche de la perfection. L’Âme du Mal est un gros coup de cœur. C’est avec plaisir que je vais me plonger dans la suite de cette trilogie.

Résumé de l’éditeur :

Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d’outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper.
Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d’une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur.

Cette affaire dépasse tout ce qu’on lui a enseigné. S’immerger complètement dans la psychologie d’un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal ?

 

Maxime Chattam – L’Âme du mal (Michel Lafon  2002), (Pocket 2003, 2013).

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Léviatemps – Maxime Chattam

Chronique :

Léviatemps est différent de ce qu’écrit Maxime Chattam habituellement, on a plutôt l’habitude de le voir dans un registre moderne où les meurtriers ainsi que la police utilise des technologies de pointe. Pour ce roman il prend le contre-pied parfait de ce qu’il fait en général, car l’histoire se déroule à Paris en 1900 en pleine Exposition Universelle. léviatemps

Paris, année 1900, l’Exposition universelle bat son plein. C’est dans ce décor que plusieurs meurtres particulièrement horribles sont commis. Nous suivons Guy de Timée, un romancier en mal d’inspiration qui a trouvé refuge dans une maison close qui va enquêter sur le meurtre affreux d’une amie à lui, Milaine. Etant donné que c’est une vendeuse de charme la Police ne va pas faire grand-chose pour retrouver son tueur. Dans son enquête, il sera assisté de Faustine, une autre vendeuse de charme et de Martial Perotti, un jeune inspecteur. Entre ésotérisme et science, dans les ruelles mal famées de Paris, ses pas vont le mener sur la piste d’un tueur particulièrement sanglant et diabolique. De la même manière que les personnages de ses romans naissent sous sa plume, il décortique la personnalité du tueur pour découvrir son identité. S’approchant peu à peu de la vérité, au mépris de sa sécurité et de celle de ses amis qu’il a entraînés dans cette aventure.

Maxime Chattam a choisi de créer son histoire il y a plus de 100 ans mais il reste dans son style, car il faut avoir l’estomac bien accroché devant certaines scènes. On découvre les bas-fonds, très sordides, de Paris aux pavillons de l’Exposition Universelle, des cercles ésotériques mystérieux aux maisons closes chics. On a vraiment l’impression d’être plongés en 1900. L’intrigue est bien ficelée et très intéressante. J’ai beaucoup apprécié les personnages principaux. Guy de Timée est issu de la bourgeoisie et fuit une vie qui ne lui convient plus pour retrouver le sens de la réalité qu’il a le sentiment d’avoir perdu, mais qu’il espère pouvoir retrouver. Faustine la belle courtisane qui est une femme très courageuse et très intelligente.

C’est un roman efficace, avec une fin inattendue et cohérente. J’ai aimé l’ambiance de ce Paris en 1900 et je vais lire le second opus de ce diptyque du temps, Le requiem des abysses où l’on retrouve Guy et Faustine.

Résumé de l’éditeur :

A trop désirer la mort, on finit par trouver pire… Paris, 1900. Guy de Timée, romancier à succès, vit pourtant dans les combles grinçants d’une maison close. Du jour au lendemain, il a tout plaqué : femme, enfant, amis, réussite, et a décidé de se lancer dans un roman policier qui le plongerait dans les bas-fonds de la civilisation. Il veut être confronté au sang et à la violence. Cette mort qu’il désire tant approcher va surgir au milieu de la nuit en la personne de Milaine, jeune prostituée assassinée dans des circonstances particulièrement étranges. Et si elle n’était pas la première ? Qui rode dans les rues de la capitale, dans l’ombre de l’Exposition Universelle ? Quel est le sombre dessein de ce tueur de femme ? Guy va tenter de le découvrir, en compagnie de la mystérieuse Faustine, de l’inspecteur Perotti et d’Yoshito, un sumo japonais déshonoré…Des cercles ésotériques de Paris aux merveilles de l’Exposition universelle, il va peu à peu mettre à jour un terrifiant secret, celui qui fascine tout homme depuis la naissance de la civilisation : le contrôle du temps.

Maxime Chattam – Léviatemps (Editions Albin Michel 2010), (Editions France Loisirs 2011), (Editions Pocket 2012)

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La patience du Diable – Maxime Chattam

Chronique :

Après le 1er tome La conjuration primitive, nous retrouvons Ludivine Vancker dans La patience du Diable. Très franchement après avoir lu La conjuration primitive je me suis dit que ça allait être très complexe de faire une suite d’un tel niveau. Mais Maxime Chattam est un très grand auteur ! Ce second tome prend place 18 mois après le dénouement à Val-Segond au Québec. C’est donc avec un grand plaisir que nous allons retrouver Ludivine et toute son équipe. la patience du diable

Alors que Ludivine souffre encore des évènements de la conjuration primitive, le mal lui ne s’arrête jamais. Elle va devoir avoir les nerfs solide dans cette enquête ou elle sera confronté au Diable en personne… Une épidémie de meurtre se répand dans toute la France. La montée progressive de la violence avec des gens de toutes âges qui pètent les plombs sans raison apparente est un vrai mystère. Que ce soit dans un TGV, au cinéma, en pleine rue ou dans un centre commercial, ces tueries sans réel lien apparent, plonge Ludivine et toute son équipe de la section de recherche de Paris dans une enquête très complexe, leur pistes partent dans tout les sens. Ludivine est bien sûr la protagoniste principale, c’est une femme intelligente et courageuse mais elle se met souvent en danger en fonçant tête baissée. Son coéquipier Seignon lui, est tout le contraire, il est stable, rassurant et très objectif. Il arrive à prendre beaucoup de recul sur les enquêtes en cours, joue un peu le rôle de protecteur et de grand frère pour Ludivine. Ils forment vraiment un duo très complémentaire.

Maxime Chattam a vraiment un don pour la mise en scène de ses thrillers. Ce livre possède tout, une très bonne intrigue, des personnages charismatiques et énormément de suspense. Bien sûr après La conjuration primitive son auteur avait mis la barre très haute donc forcément c’est difficile de faire une suite qui l’est tout autant. Mais moi j’ai trouvé cette suite à la hauteur de mes espérances. La patience du Diable est un excellent thriller. Et si le Diable était au plus profond de chacun d’entre nous ?!

Résumé de l’éditeur :

Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ? Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue… Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse… Des gens ordinaires découverts morts… de terreur. Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur.
Après La Conjuration primitive, Maxime Chattam, dans ce thriller d’une maîtrise glaçante, sème plus que jamais le doute.

Maxime Chattam – La patience du Diable (Albin Michel 28/05/2014) , (Pocket 10/11/2015).

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La conjuration primitive – Maxime Chattam

Chronique :

Tout d’abord je dois dire que cela fait très longtemps que je me dis que je devrais lire un des romans de Maxime Chattam. Toutefois, pour une raison inexplicable, je n’avais jamais sauté le pas jusqu’à présent. Pour un premier contact avec l’univers de cet auteur j’ai donc choisi La conjuration primitive 1er tome de la saga Ludivine Vancker. Et je dois dire WAOUH quel premier contact! Si un jour au lieu de tuer chacun de leur côté, tout les tueurs en série du monde entier se mettraient à communiquer ensemble et à se regrouper… Quelle idée de départ qui fait froid dans le dos. Un voyage qui nous emmène au coeur de la noirceur humaine. conjuration primitive

Nous allons tout d’abord faire la connaissance d’Alexis et de Ludivine qui travaillent tout deux pour la section de recherche de Paris. Alexis est un jeune gendarme avec une vivacité d’esprit et une rapidité de déduction impressionnante. Il est tellement dévoué à son travail qu’il en néglige sa vie privé. Ludivine elle, est une jeune femme à la fois forte et fragile. Elle mène une existence sans réelles attaches affectives de peur d’être blessée. C’est une gendarme efficace et intuitive. Ils sont lancés dans une enquête où plusieurs tueurs en série taguent sur leur victime un symbole identique pour revendiquer leur appartenance à un groupe.  Cette enquête va très vite les dépasser et ils vont faire appel à Richard Mikelis un criminologue à la retraite. Ce dernier dégage une aura inquiétante et semble aussi dangereux que les psychopathes qu’il traque. Ses hypothèses sont d’une justesse déconcertante et il a cette faculté déstabilisante de se placer du point de vue du tueur. Au gré des meurtres ils devront se rendre en Ecosse, en Pologne et enfin au Canada.

Le récit est bien construit, il n’y a aucun temps mort, l’écriture est agréable et très fluide. L’auteur décrit à merveille toutes les scènes de crimes. Et que dire des personnages, qui sont hyper réaliste. Mais pour moi le gros point fort de ce livre est ailleurs. Bien sûr qu’on est plongé dans un univers d’horreur, mais la violence n’est pas gratuite. L’analyse développé dans ce livre est tout simplement que le mal peut être partout et qu’il a le visage de tout le monde, le mal est en chacun d’entre nous.

La conjuration primitive est un thriller original et haletant qui nous pousse à une réflexion très pertinente sur la nature humaine. Maxime Chattam démontre vraiment avec ce roman qu’il est l’un des tout meilleurs auteurs de thriller en France. A lire absolument!

Résumé de l’éditeur :

Et si seul le mal pouvait combattre le mal ? Les enquêteurs les surnomment La Bête et Le Fantôme… Si les meurtres qu’ils commettent ne se ressemblent pas, leur sauvagerie est comparable. Et que penser de cette mystérieuse signature commune – * e – qui écarte la piste de serial killers isolés ? Les tueurs se connaissent-ils ?
Mais bientôt, La Bête et Le Fantôme ne sont plus seuls. Les crimes atroces se multiplient, d’abord en France, puis à travers l’Europe tout entière.
La prédation à l’état brut. Une compétition dans l’horreur…
Pour tenter d’enrayer cette épidémie, et essayer de comprendre : une brigade pas tout à fait comme les autres, épaulée par un célèbre profiler.

Maxime Chattam – La conjuration primitive (Albin Michel 02/05/2013) , (Pocket 13/11/2014).

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