Glacé – Bernard Minier

Chronique :

Glacé est le premier opus de la série mettant en scène le commandant Martin Servaz. C’est toujours avec un grand plaisir que je découvre un nouveau personnage. C’est parti en direction de Saint-Martin-de-Comminges  situé dans les montagnes des Pyrénées dans une ambiance qui va être glacée…

glacé minier

Tout commence avec le meurtre d’un cheval qui est retrouvé pendu dans un endroit improbable. Le commandant Martin Servaz se demande pourquoi il a été dérangé pour un cheval, mais après avoir vu la violence du meurtre et découvert l’identité de ce dernier, il va vite comprendre que c’est un cas spécial. Une intrigue qui se compose d’une foule d’éléments qui ne semblent pas concorder. Tout est fait pour mettre le lecteur dans une ambiance sombre et oppressante. Ces montagnes peuvent paraître à la fois paisible mais aussi très inquiétante. Il y a aussi ce fameux centre qui renferme les plus grands criminels dans une structure particulière. Il est placé juste à côté d’une ancienne colonie de vacances pour enfants, laissée à l’abandon. Une intrigue que l’on va suivre sur deux fronts. L’enquête principale sur le meurtre du cheval est menée par le commandant de police Martin Servaz et Irène Ziegler, capitaine à la gendarmerie. Puis, du côté de la jeune suissesse Diane Berg, psychologue qui vient de prendre ses fonctions à l’Institut Charles Wargnier. Ce dernier, unique en son genre, à pour patients les psychopathes du monde entier, ceux qui restent totalement insensible aux traitements médicaux.

Le style de Bernard Minier est très descriptif, le rythme est plutôt lent mais très fluide. On a droit à de belles scènes de crimes, et lorsqu’on comprend le coeur de la motivation, de plus en plus de suspects sont possible. L’intrigue et l’enchaînement des évènements sont parfaitement orchestrés. De jolis rebondissements et des moments de danger qui tiennent le lecteur en haleine. Toute la partie psychiatrique est très bien développée et les cadavres, s’entassent sur la route du commandant. Tout s’accélère dans les cent dernières pages. Plusieurs fois j’ai cru deviner qui était le coupable mais plusieurs rebondissements inattendus m’ont fait mentir et j’ai été complètement surpris par le final de l’histoire…

Bernard Minier nous offre un thriller avec une intrigue efficace et des personnages principaux attachants. Le tout dans un décor très sombre et angoissant, pour une première c’est une vraie réussite. Bien sûr je vais suivre les prochaines enquêtes de Martin Servaz.

Résumé de l’éditeur :

Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée. Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ? Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

Bernard Minier – Glacé (Editions XO 2011), (Editions Pocket 2012, 2016), (Editions France Loisirs 2016)

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Piste noire – Antonio Manzini

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.

Chronique :

J’avais adoré le sous-préfet Rocco Schiavone dans Maudit Printemps, c’est donc tout naturellement que j’ai voulu commencer par le premier opus de cette saga, Piste noire. C’est parti en direction de l’Italie pour le Val d’Aoste en plein hiver. piste noire manzini

C’est avec grand plaisir que je retrouve le sous-préfet Schiavone, un anti-héros aux méthodes pas toujours légales ni très orthodoxe mais très efficace qui s’obstine à porter ses Clarks par tous les temps.  Un personnage odieux, macho et sarcastique, mais tellement attachant et charismatique. Rocco a été transféré par sa hiérarchie dans le Val d’Aoste suite à un souci à Rome. Lui qui est habitué à la vie et au soleil romain, a beaucoup de mal à s’intégrer dans sa nouvelle vie à Aoste. Il n’aime ni la neige, ni le froid, ni le ski ni la grisaille du Nord de l’Italie. Et ce qu’il n’aime vraiment pas c’est les emmerdes… Mais il va vite se retrouver avec un cadavre sur les bras. Ce dernier a été retrouvé sur une piste de ski après avoir été écrasé par une dameuse. Il va devoir enquêter sur cette tragédie qui n’est pas un accident mais bien un meurtre.

Avec Antonio Manzini on se rapproche au plus près de la réalité. Entre corruption, trafic de clandestin ou de drogue, l’auteur aborde des thèmes de société qui sont réels. Les personnages sont à la fois passionnants, marrant et charismatique. L’écriture est fluide et c’est un roman policier avec beaucoup d’humour. J’ai adoré l’ambiance montagnarde, ses paysages enneigés et ses chalets cosy.

Piste noire est un roman policier dépaysant et plein de fraîcheur. Je conseille vraiment cette série à tout le monde, je suis complètement sous le charme de Rocco Schiavone et de ses acolytes, de cette ville et de ses montagnes. Merci et bravo à Antonio Manzini, je me suis régalé.

Résumé de l’éditeur :

Séducteur, corrompu, sarcastique, Schiavone est aussi antipathique qu’attachant. Le genre de héros qu’on adore détester… Le commissaire Rocco Schiavone est romain jusqu’au bout des ongles : snob, macho et ronchon, il est doté d’un humour noir dévastateur. Muté à Champoluc dans le val d’Aoste, il vit son départ en province comme un exil. À son corps défendant, il doit quitter sa paire de Clarks adorée pour porter de répugnants après-ski et considère ses nouveaux collègues comme des ploucs.
Peu après son arrivée, on trouve le cadavre d’un homme sur une piste de ski, écrasé sous une dameuse. Accident ou meurtre? Quand le médecin légiste découvre un foulard dans la gorge de la victime, le doute n’est plus permis. Schiavone se plonge alors dans une enquête rocambolesque, freiné par son ignorance, voire son mépris, de la région et de ses usages. Mais certains habitants de cette vallée hostile et glaciale trouvent grâce à ses yeux. Notamment une habitante : la somptueuse Luisa Pec…

Antonio Manzini – Piste noire (Denoël/Sueurs froides 04/05/2015), (Editions Folio 10/03/2016) traduit de l’italien par Samuel Sfez.

Son titre original est « Pista nera » (2013).

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