Echo – Ingrid Desjours

Chronique :

Je découvre Ingrid Desjours avec son premier roman Echo. C’est elle même qui me l’a conseillé en octobre au FSN à Mulhouse. Je dois dire que pour une première c’est vraiment réussi. Nous voici donc parti en direction de Paris et son star-system. echo

Le livre se présente en deux parties, d’un côté on suit l’enquête sur le meurtre scénarisé des jumeaux, avec une mise en scène très glauque et pervers, en parallèle, on suit un journal intime tenu par un jeune enfant, violé, battu et martyrisé par sa mère et ses deux frères. Ce journal nous fait comprendre comment un enfant peut être détruit et comment son enfance va impacter sur sa vie d’adulte.
Nous avons un double meurtre, celui des jumeaux Vaillant, les présentateurs vedettes de la célèbre émission Le miroir aux alouettes. Face à ce meurtre qui renvoie au mythe de Narcisse, Garance Hermosa une experte en sexo-criminologie, va venir en aide au commandant Patrick Vivier. Afin de découvrir le meurtrier, il faut d’abord apprendre à discerner la psychologie de la victime, pour comprendre le mobile et de ce fait trouver l’assassin. Mais l’enquête ne va pas être si simple, car il semble que les jumeaux avaient plus d’ennemis que d’amis. Les deux frères devaient surtout leur célébrité à leurs comportements immondes et irrespectueux lors de leur émission. Dans cette dernière ils recevaient des célébrités qu’ils s’amusaient à démolir, afin de satisfaire la curiosité des spectateurs. Découvrir le tueur dans ce contexte, semble être mission
impossible.
Garance est une femme au caractère bien trempé qui dégage extérieurement une assurance et un sex-appeal énorme. En revanche, elle a ses failles et ses peurs, mais n’ose les dévoiler à personne. Le commandant Vivier qui a la cinquantaine est lui un homme désabusé qui a vécu beaucoup de choses dans sa vie. La psychologue a un côté intriguant pendant que le commandant a lui un côté rassurant. J’ai beaucoup aimé leur collaboration, leur rapport ainsi que leurs échanges.

Ingrid Desjours connait bien son sujet étant elle-même diplômée en psychologie et spécialisée en sexo-criminologie. Elle manipule à merveille ses personnages et distille avec parcimonie des éléments discrets, qui soudain éclaire l’enquête et nous précipite vers une fausse piste.

Ce premier thriller est une réussite, les aspects psychologiques sont bien traités. Les différents thèmes abordés par l’auteure sont très durs et donnent beaucoup de profondeur au récit. Echo est vraiment un très bon thriller. Si comme moi, vous n’avez pas encore lu de roman d’Ingrid Desjours, n’hésitez pas et foncez, vous ne serez pas déçu.

Résumé de l’éditeur :

Le star-system est en deuil depuis que les frères Vaillant, présentateurs adulés de l’émission du moment, ont été sauvagement assassinés. Appelée en renfort auprès du commandant Vivier, l’experte en sexo-criminologie Garance Hermosa établit vite que le crime, obéissant à un obscur rituel, est l’œuvre d’un esprit particulièrement sadique et torturé.
Mais dans cet univers de strass et de paillettes où les volontés de nuire sont légion, tous ceux que croisent le policier et sa collaboratrice ont une personnalité assez perverse pour être suspects. Afin de démasquer le meurtrier, la jeune profiler à la vie chaotique devra s’en faire le miroir. Au risque d’épouser sa folie et de plonger au cœur du mal…
Ingrid Desjours – Echo (Editions Plon 2009), (Editions France Loisirs 2010), (Pocket 2010, 2015).

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Prédation – Jérôme Camut et Nathalie Hug

Chronique :

Je débute enfin avec le couple Jérôme Camut & Nathalie Hug. Cela fait très longtemps que j’ai Prédation dans ma PAL. J’ai choisi de commencer par ce livre car c’est le premier volume de la série Les voies de l’ombre. Nous voici donc parti en direction de Paris.

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Nous allons suivre une double narration, d’un côté celle de Rufus Baudenuit, l’inspecteur chargé de l’enquête accompagné de son acolyte Cécile. Et d’un autre côté le calvaire d’Andréas qui est l’un des personnages clefs du roman. L’intrigue va mettre aux prises la police avec un psychopathe d’une rare perversité qui enlève et se débarrasse de ses victimes suivant un plan millimétré et implacable. Paris, 13 juillet, peu après minuit,  l’inspecteur est appelé sur un homicide. Un cadavre est découvert nu dans une friche industrielle le bras arraché et possédant un étrange tatouage chinois sur le torse. Très vite d’autres personnes sont retrouvées mortes avec le même tatouage. Baudenuit, va vite se rendre compte qu’il est tombé sur une affaire bien plus complexe que prévu.
On rentre avec ce livre dans la part la plus sombre de l’être humain. Rufus Baudenuit est quant à lui l’archétype du flic entre deux âges, désabusé mais efficace. La confrontation entre Kurtz et Rufus m’a bien plu et j’attendais avec impatience le dénouement. Âmes sensibles s’abstenir car la descente est rude et toute trace de raison disparaît au profit de la folie la plus sombre.

Les personnages sont convaincants et attachants. L’écriture à quatre mains est une réussite totale. La plume des auteurs est vraiment efficace et maîtrisée. Les chapitres sont courts et s’enchainent très vite. On suit avec inquiétude l’enfermement de personnages dont la vie d’un proche est en jeu.

Prédation est un thriller qui va au plus profond de l’âme humaine pour en extirper son côté sombre et pervers. Un roman, écrit à quatre mains, qui m’a offert un bon moment de lecture avec une intrigue maîtrisée et passionnante. Je lirai avec plaisir le second tome Stigmate.

Résumé de l’éditeur :

Un cadavre nu est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé. Un jeune père dressé comme un chien est torturé sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre. Aucune piste, aucun lien, aucun mobile… Qui sont ces hommes ? Pourquoi ont-ils été choisis ? Pour quelle mise à mort aberrante ? Une nouvelle race de psychopathes est à l’œuvre. Un prédateur imprévisible et monstrueux. Sa traque macabre a déjà commencé.

Jérôme Camut & Nathalie Hug – Prédation (Editions Télémaque 2006, 2009), (Editions Le Livre de Poche 2007, 2009)

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Léviatemps – Maxime Chattam

Chronique :

Léviatemps est différent de ce qu’écrit Maxime Chattam habituellement, on a plutôt l’habitude de le voir dans un registre moderne où les meurtriers ainsi que la police utilise des technologies de pointe. Pour ce roman il prend le contre-pied parfait de ce qu’il fait en général, car l’histoire se déroule à Paris en 1900 en pleine Exposition Universelle. léviatemps

Paris, année 1900, l’Exposition universelle bat son plein. C’est dans ce décor que plusieurs meurtres particulièrement horribles sont commis. Nous suivons Guy de Timée, un romancier en mal d’inspiration qui a trouvé refuge dans une maison close qui va enquêter sur le meurtre affreux d’une amie à lui, Milaine. Etant donné que c’est une vendeuse de charme la Police ne va pas faire grand-chose pour retrouver son tueur. Dans son enquête, il sera assisté de Faustine, une autre vendeuse de charme et de Martial Perotti, un jeune inspecteur. Entre ésotérisme et science, dans les ruelles mal famées de Paris, ses pas vont le mener sur la piste d’un tueur particulièrement sanglant et diabolique. De la même manière que les personnages de ses romans naissent sous sa plume, il décortique la personnalité du tueur pour découvrir son identité. S’approchant peu à peu de la vérité, au mépris de sa sécurité et de celle de ses amis qu’il a entraînés dans cette aventure.

Maxime Chattam a choisi de créer son histoire il y a plus de 100 ans mais il reste dans son style, car il faut avoir l’estomac bien accroché devant certaines scènes. On découvre les bas-fonds, très sordides, de Paris aux pavillons de l’Exposition Universelle, des cercles ésotériques mystérieux aux maisons closes chics. On a vraiment l’impression d’être plongés en 1900. L’intrigue est bien ficelée et très intéressante. J’ai beaucoup apprécié les personnages principaux. Guy de Timée est issu de la bourgeoisie et fuit une vie qui ne lui convient plus pour retrouver le sens de la réalité qu’il a le sentiment d’avoir perdu, mais qu’il espère pouvoir retrouver. Faustine la belle courtisane qui est une femme très courageuse et très intelligente.

C’est un roman efficace, avec une fin inattendue et cohérente. J’ai aimé l’ambiance de ce Paris en 1900 et je vais lire le second opus de ce diptyque du temps, Le requiem des abysses où l’on retrouve Guy et Faustine.

Résumé de l’éditeur :

A trop désirer la mort, on finit par trouver pire… Paris, 1900. Guy de Timée, romancier à succès, vit pourtant dans les combles grinçants d’une maison close. Du jour au lendemain, il a tout plaqué : femme, enfant, amis, réussite, et a décidé de se lancer dans un roman policier qui le plongerait dans les bas-fonds de la civilisation. Il veut être confronté au sang et à la violence. Cette mort qu’il désire tant approcher va surgir au milieu de la nuit en la personne de Milaine, jeune prostituée assassinée dans des circonstances particulièrement étranges. Et si elle n’était pas la première ? Qui rode dans les rues de la capitale, dans l’ombre de l’Exposition Universelle ? Quel est le sombre dessein de ce tueur de femme ? Guy va tenter de le découvrir, en compagnie de la mystérieuse Faustine, de l’inspecteur Perotti et d’Yoshito, un sumo japonais déshonoré…Des cercles ésotériques de Paris aux merveilles de l’Exposition universelle, il va peu à peu mettre à jour un terrifiant secret, celui qui fascine tout homme depuis la naissance de la civilisation : le contrôle du temps.

Maxime Chattam – Léviatemps (Editions Albin Michel 2010), (Editions France Loisirs 2011), (Editions Pocket 2012)

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Entretien avec Nicolas Lebel – De cauchemar et de feu

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1) Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Je suis Nicolas Lebel, mammifère carnivore, amateur de Côte du Rhône septentrional et de whisky Islay, globe-trotter quand je suis en fonds, sédentaire quand la flemme me taquine. J’ai publié à ce jour quatre romans policiers.

2) Quel est l’écrivain qui a fait de vous un écrivain ?

J’admire de nombreux auteurs devenus classiques. J’ai été façonné par nombre d’entre eux. J’aime Shakespeare, Faulkner, Hugo, Maupassant, Baudelaire, Eco… Ils sont très nombreux. Comment en choisir un ? Comment ne pas blesser les autres ? Je pense à Goethe en particulier qui est très rancunier…

3) Votre dernier roman « De Cauchemar et de feu » parle en partie de politique et de religion, quels messages voulez-vous faire passer ?

Je préfère ne pas avoir à expliquer les messages. On aura compris que je travaille sur la radicalisation et le terrorisme dans ce roman. On y rencontre un jeune homme fragile qui, sous la houlette d’un religieux, se radicalise et finit par poser des bombes. Une histoire d’une sordide banalité aujourd’hui si ce n’est que nous sommes en Irlande du Nord en 1966… Quant aux vérités ou messages que les lecteurs y trouveront, je leur laisse cette liberté !

4) Vous êtes-vous rendu en Irlande du Nord pour décrire avec autant de précision tous ses lieux que l’on découvre dans « De cauchemar et de feu » ?

J’ai habité en Irlande quelque temps et l’ai eu l’occasion de traverser l’Irlande du Nord à deux reprises. La première fois en 92, à une période où les soldats britanniques vous mettaient en joue à tous les coins de rue, la deuxième fois dans une Ulster plus apaisée. C’est un pays que je connais bien, où j’ai pu faire de nombreuses rencontres, et auquel je reste très attaché aujourd’hui. J’imagine que ça se sent à la lecture ! Je suis un irlandophile pratiquant. J’ai eu ensuite la possibilité de travailler sur archives notamment vidéo, la télévision irlandaise laissant un libre accès à son fond. Une manne précieuse !

5) Est-ce qu’on retrouvera le capitaine Daniel Mehrlicht dans un prochain livre?

Mehrlicht est un personnage récurrent qui m’accompagne depuis le début. J’écris en ce moment le cinquième opus de ses enquêtes. Je pense qu’il prendra ensuite quelques vacances.

6) De quoi, au jour d’aujourd’hui, êtes-vous le plus fier dans vos livres ?

Je suis particulièrement fier de l’engouement qu’ils suscitent auprès d’un lectorat toujours plus nombreux. C’est bien sûr la finalité principale de l’écriture que d’être lu. Mais le retour des lecteurs est assez dopant. Mehrlicht, plus que moi, a son fan club ! Et j’en suis très content.

7) Que vous interdisez-vous de glisser dans vos romans ?

Je n’ai pas de fascination pour la violence. Je crois qu’on ne verra donc pas de scènes « gore », même si on me dit parfois que mes ellipses sont bien pires…

8) Une citation que vous emmenez partout ?

Soyons heureux en attendant la mort (Desproges)

Lien vers la chronique du livre

Merci à Nicolas Lebel pour avoir répondu aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur et si ce n’est pas déjà fait de découvrir son roman.

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Biographie de Nicolas Lebel

Né à Paris, Nicolas Lebel est linguiste, traducteur et enseignant. Il publie en 2013 son premier roman noir (L’heure des fous, éditions Marabout), plongée abyssale dans l’univers des SDF. Après Le jour des morts (Marabout, 2014) puis Sans pitié ni remords (Marabout, 2015), il publie De cauchemar et de feu (Marabout, 2017) dans lequel il nous entraîne sur la piste d’un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale.

La patience du Diable – Maxime Chattam

Chronique :

Après le 1er tome La conjuration primitive, nous retrouvons Ludivine Vancker dans La patience du Diable. Très franchement après avoir lu La conjuration primitive je me suis dit que ça allait être très complexe de faire une suite d’un tel niveau. Mais Maxime Chattam est un très grand auteur ! Ce second tome prend place 18 mois après le dénouement à Val-Segond au Québec. C’est donc avec un grand plaisir que nous allons retrouver Ludivine et toute son équipe. la patience du diable

Alors que Ludivine souffre encore des évènements de la conjuration primitive, le mal lui ne s’arrête jamais. Elle va devoir avoir les nerfs solide dans cette enquête ou elle sera confronté au Diable en personne… Une épidémie de meurtre se répand dans toute la France. La montée progressive de la violence avec des gens de toutes âges qui pètent les plombs sans raison apparente est un vrai mystère. Que ce soit dans un TGV, au cinéma, en pleine rue ou dans un centre commercial, ces tueries sans réel lien apparent, plonge Ludivine et toute son équipe de la section de recherche de Paris dans une enquête très complexe, leur pistes partent dans tout les sens. Ludivine est bien sûr la protagoniste principale, c’est une femme intelligente et courageuse mais elle se met souvent en danger en fonçant tête baissée. Son coéquipier Seignon lui, est tout le contraire, il est stable, rassurant et très objectif. Il arrive à prendre beaucoup de recul sur les enquêtes en cours, joue un peu le rôle de protecteur et de grand frère pour Ludivine. Ils forment vraiment un duo très complémentaire.

Maxime Chattam a vraiment un don pour la mise en scène de ses thrillers. Ce livre possède tout, une très bonne intrigue, des personnages charismatiques et énormément de suspense. Bien sûr après La conjuration primitive son auteur avait mis la barre très haute donc forcément c’est difficile de faire une suite qui l’est tout autant. Mais moi j’ai trouvé cette suite à la hauteur de mes espérances. La patience du Diable est un excellent thriller. Et si le Diable était au plus profond de chacun d’entre nous ?!

Résumé de l’éditeur :

Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ? Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue… Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse… Des gens ordinaires découverts morts… de terreur. Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur.
Après La Conjuration primitive, Maxime Chattam, dans ce thriller d’une maîtrise glaçante, sème plus que jamais le doute.

Maxime Chattam – La patience du Diable (Albin Michel 28/05/2014) , (Pocket 10/11/2015).

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