Le dernier Lapon – Olivier Truc

Chronique :

Le dernier Lapon est le premier roman d’Olivier Truc, un français qui vit depuis de nombreuses années en Suède. C’est un polar ethnique mêlant intrigue et histoire se situant à Kautokeino une petite ville sami situé au Nord de la Norvège, en Laponie.le-dernier-lapon

On fait connaissance avec la police des rennes qui règle les conflits entre éleveurs et s’affranchit des frontières entre la Norvège, la Suède et la Finlande.
Klemet Nango est un policier expérimenté, ayant travaillé dans de nombreux commissariats en Norvège avant d’intégrer la police des rennes. C’est un sami qui vit un peu en marge des traditions et coutumes ancestrales de son peuple.
Nina Nansen est une jeune femme originaire du Sud de la Norvège, qui sort tout juste de l’école de police et ne connaît pas du tout la région.
Klemet et Nina forment un couple d’enquêteur atypique.
Après le vol d’un précieux tambour de chaman dans un musée et la mort d’un éleveur, les conflits et les tensions entre la communauté Sami et les Norvégiens sont palpables.

On est plongé dans un univers fascinant, la nuit polaire, le manque de soleil, les aurores boréales, le froid extrême, la dure vie des éleveurs dans une nature très hostile ainsi que les rites et traditions des samis. Dans ces conditions l’enquête va s’avérer longue et compliqué.

Olivier Truc nous décrit ces merveilleux paysages du grand Nord avec grand talent. Il met en lumière une population peu connue et fait référence à la colonisation des nomades samis par les Scandinaves. Les personnages sont charismatiques et attachants. Le roman est bien construit, l’écriture est simple et juste.

C’est un livre rafraîchissant dans tout les sens du terme, une véritable immersion dans un monde inconnu, le dépaysement est garanti. Un gros coup de cœur à découvrir au plus vite.

Résumé de l’éditeur :

Depuis quarante jours, la Laponie est plongée dans la nuit. Dans l’obscurité, les éleveurs de rennes ont perdu un des leurs. Mattis a été tué, ses oreilles tranchées – le marquage traditionnel des bêtes de la région. Non loin de là, un tambour de chaman a été dérobé. Seul Mattis connaissait son histoire. Les Lapons se déchirent : malédiction ancestrale ou meurtrier dans la communauté ?

Olivier Truc – Le dernier Lapon (Métailié/Noir 13/09/2012), (Points Policier 12/09/2013, 05/11/2015)

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Les Chiens de Riga – Henning Mankell

Chronique :

Pour la seconde apparition de l’inspecteur d’Ystad en Scanie, on est dans le genre roman d’espionnage. Henning Mankell a clairement décidé d’apporter une dimension particulière à son inspecteur. Les Chiens de Riga c’est une plongée dans l’univers totalitaire de l’ex U.R.S.S. Sur fond de politique, d’histoire, de drogue et de criminalité. Tout y figure, organisations secrètes, surveillances policières, trafic de drogue, influences politiques.
Ce roman est criant de réalité. les-chiens-de-rigaC’est dans une atmosphère très tendu en Lettonie, que Kurt Wallander doit mener une enquête. D’entrée on a du mal à lâcher ce livre, Wallander traîne toujours autant son mal être, il est embourbé dans ses soucis familiaux et l’alcool est toujours son meilleur ami quand il rentre chez lui. L’enquête en Suède est d’abord assez calme et se déroule sans soucis majeur, mais elle prend un tout autre tournant dès qu’il pose les pieds en Lettonie. Il est obligé d’avancer à l’aveugle sans ses repères habituels, sans aide, et devra se méfier de tout le monde, ignorant tout sur la réalité du pays dans lequel il se trouve.

Le suspense est total et garanti dans un environnement dépaysant, les derniers chapitres se déroulent dans une extrême tension. Wallander est très attachant, il apparaît comme un « héros » très humain, avec ses doutes, ses peurs, ses faiblesses et ses erreurs.

Henning Mankell a su restituer au mieux cette sombre époque de la Lettonie, il a parfaitement réussi la description de ce pays fermé sur lui même. C’est un très bon roman qui a su me captiver de bout en bout.

Résumé de l’éditeur :

Février 91. Un canot pneumatique s’échoue sur une plage de Scanie. Il contient les corps de deux hommes exécutés d’une balle dans le cœur. L’origine du canot est vite établie : de fabrication yougoslave à l’usage des Soviétiques et de leurs satellites. Les corps sont identifiés : des criminels lettons d’origine russe liés à la mafia.

Un policier de Riga est appelé en renfort à Ystad. Dès son retour en Lettonie, l’étrange major Liepa pour lequel l’inspecteur Wallander s’est pris d’amitié est assassiné. Wallander part pour Riga. Là, privé de tous repères, il se trouve plongé dans un pays en plein bouleversement, où la démocratie n’est encore qu’un rêve, un monde de surveillance policière, de menaces non voilées, de mensonges.

Où est la vérité? À force d’obstination l’inspecteur suédois, réduit à ses seules intuitions mais épris de justice, fera la lumière.

Henning Mankell – Les Chiens de Riga (Seuil/Policiers 2003), (Points policier 2004) traduit du suédois par Anna Gibson.

Son titre original est « Hundarna i Riga » (1992).

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