Entretien avec Mattias Köping – Les démoniaques

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Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les rares lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Je suis marié et père de deux enfants. Je vis tranquillement quelque part dans la campagne normande.

 

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Aussi loin que je remonte dans le temps, je revois ma mère me raconter des histoires, des contes, des récits de mythologie adaptés aux enfants. J’ai toujours eu des livres autour de moi, à la maison.

 

● D’où vous est venue l’envie d’écrire des « thrillers/romans noirs » si puissants ?

D’une manière générale, j’essaie de rendre compte clairement des faits dont je m’inspire. Or, dans mes deux bouquins, ces faits sont d’une violence inouïe. Je trouve que c’est nécessaire d’être en adéquation avec le sujet et d’écrire la violence de manière violente. Sinon, on passe à côté d’une dimension essentielle : le caractère absolument insupportable et intolérable de la violence. En faire une œuvre grand public, c’est passer à côté de l’essentiel, à mon sens. Rendre l’inadmissible admissible avec des artifices (ellipses, allusions, images floutées…), c’est dénaturer ce qu’est l’intolérable. Mais n’importe quel fait divers est plus horrible que le plus horrible des livres. Si on écrit autour de ces sujets, il faut essayer de s’en approcher au plus près.

 

Comment vous est venue l’idée de l’intrigue de votre roman « Les démoniaques » ?

Au moment du débat sur la prostitution et la pénalisation des clients en France.  Je n’avais jamais réfléchi au problème et le sujet m’a passionné. J’ai regardé des documentaires sur les réseaux de prostitution, sur les trafics en tout genre et sur les gangs. J’ai aussi suivi de très près le débat en France. Une mention spéciale pour le documentaire « Putains de guerre », sorti en 2012 et régulièrement diffusé sur France 5, qui dénonce les collusions entre armées, États, grandes institutions et réseaux de prostitution sur les différents théâtres de guerre depuis la Seconde Guerre mondiale.

Enfin, quelques faits divers relatifs à la prostitution m’ont montré à quel point on parle de choses très sordides et pas du tout glamour. Le réel est sale. C’est de cela dont parle le roman, cette saleté du réel.

Certains films aussi étaient là, en toile de fond, Délivrance par exemple, de J.Boorman. Ce film fait partie du nombre (l’horrible scène du « cochon »). Il y en a d’autres, aussi bien américains que français. Pour les films américains : Monster, Bad Lieutenant, les films de Tarantino. Pour les films français, je citerai en particulier Rue barbare, Canicule, Polisse, L 627, Coup de torchon. Plus bien d’autres encore…

 

Comment vos personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement Kimy et son père ? 

Pour ce qui est des personnages, j’essaie de les faire sortir de mon imagination : tous les personnages des Démoniaques sont fictifs, mais ils sont en revanche plausibles. Je donne juste un cadre général, qui définit de manière sommaire mes personnages : une fille paumée, une ordure, un proxénète sadique, etc.  Mes personnages ont ensuite leur vie propre. Je les laisse aller un peu où ils veulent. Je ne les censure pas : ils parlent et agissent comme ils en ont envie. C’est ça qui leur donne leur personnalité.

 

● Comment définiriez-vous vous-même votre style de romans ?

Quel que soit le contenu du récit, il faut définir un style en adéquation. C’est cette correspondance fond / forme / style qui donne sa puissance au texte. C’est valable pour tous les genres d’histoires, et pas seulement pour le noir ou le thriller. Pour Les Démoniaques, le style est simple, les phrases courtes et dépouillées et les chapitres très brefs. C’est volontaire.

 

Etes-vous un grand lecteur et si oui quels sont vos modèles ?

Clairement oui, je suis un grand lecteur, et je lis de tout. Je lis assez peu de polars, en définitive. Dans le domaine d’écriture qui est pour le moment le mien, j’apprécie particulièrement en tant que lecteur des plumes noires ou décalées. J’aime beaucoup les romanciers américains, qui sont de formidables conteurs.

 

● Quand vous commencez à écrire un roman, le dénouement est-il déjà fixé ou est-ce qu’il vient au courant de l’écriture ? 

Jamais. Je ne sais jamais où je vais. Je laisse les personnages vivre leur vie, comme je l’ai dit plus haut. Ce n’est pas une façon très économique d’écrire, car il y a beaucoup de pages (des dizaines et des dizaines) qui ne sont finalement pas retenues. Et cela nécessite un gros boulot de mise en cohérence des éléments une fois qu’un premier jet est terminé.

 

 Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui me lisent. Cela fait vraiment chaud au cœur. La littérature est incroyablement vivante grâce aux passionnés des blogs, des sites, des réseaux et des salons et signatures. J’apprécie vraiment les échanges et rencontres avec les lecteurs ! Merci pour cet entretien. Amicalement, Mattias.

Lien vers ma chronique Les démoniaques

Je tiens à remercier Mattias Köping d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur.

 

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Biographie de Mattias Köping

Né au Havre en 1972, Mattias Köping est un écrivain de littérature noire primé deux fois.
Parutions : « Les Démoniaques » & « Le Manufacturier ». Il partage son temps entre deux grandes passions, les arts martiaux et la littérature.

Les démoniaques – Mattias Köping

Un grand merci aux Editions Ring pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du premier roman de Mattias Köping, les démoniaques. En ce moment on parle beaucoup de cet auteur, surtout pour son second roman le Manufacturier. Honnêtement j’attendais beaucoup de ce premier roman et je dois vous avouer que OUI ce roman a tenu toutes ces promesses. J’ai envie de vous dire attention attachez bien vos ceintures et bienvenue à Viaduc-sur-Bauge en Normandie. couv26586216

Ce livre c’est l’histoire de Kimy une jeune femme qui est obligé par son propre père de vendre de la drogue et de se prostituer. Ce dernier est un véritable patriarche qui est à la tête d’un empire clandestin du vice et de l’horreur. Pornographie, prostitution, trafic de drogues etc… Sa carrure imposante fait qu’en général les gens ont peur de lui. Son frère est toujours dans ses combines et sa mère approuve même qu’il viole sa propre fille… Mais Kimy qui vient de fêter ses 18 ans toute seule chez elle, a décidé de ne plus vendre ni son corps ni de drogue. Elle veut que son père, son oncle et tous ces hommes qui ont abusé d’elle payent enfin pour ce qu’ils ont fait. En se promenant un jour, elle va faire la connaissance de Henri un professeur. Très vite ils vont devenir ami et se rapprocher l’un de l’autre grâce à la littérature. A partir de ce moment-là tout va changer…

Oui ce livre aborde et traite des sujets malsains comme la pédophilie, la prostitution, la drogue et la vengeance. Mais on est dans du vrai roman noir. On suit tout d’abord les différentes activités de l’Ours, (surnom du père de Kimy) qui est à la tête de plusieurs entreprises, bars, boîtes de nuits et restaurants. Tout un réseau bien huilé sous une apparence très respectable qu’il gère avec son frère. L’Ours terrorise tout le monde, même son propre frère a peur de lui. Personne ne lui résiste et il ne recule devant rien pour gagner un maximum d’argent.

Les démoniaques est un condensé des pires choses que l’humain est capable de faire pour l’argent. Je tiens quand même à dire que ce livre n’est pas un récit d’horreurs gratuit. Il suffit d’allumer votre télé, lire les journaux et regarder les infos…
Parlons du style de l’auteur, j’ai beaucoup aimé sa plume très sombre et sa manière de relater les évènements. L’histoire est bien construite et chaque chapitre apporte son lot de révélations et de suspense.

Les démoniaques est un roman cru, noir, et percutant. Clairement j’ai envie de dire purée, mais quel premier roman de Mattias Köping,… Waouh ! Sans jeu de mot je dois dire que ce livre est vraiment démoniaque… Alors oui je pourrais vous dire de ne pas le mettre entre toutes les mains, ou âmes sensibles s’abstenir… Mais non j’ai envie de vous dire foncez et lisez ce livre… En tout cas moi je dis merci Mattias Köping et j’ai hâte de le rencontrer « en vrai » pour en discuter avec lui.

 

Résumé de l’éditeur :

C’est l’histoire d’une vengeance.
L’histoire d’une fille qui affronte une bête.
Son proxénète, son violeur.
Son père.
Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.

Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel.

Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oubliera sa colère.

Mattias Köping – Les démoniaques (Editions Ring 2016), (Editions La mécanique générale)

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Seul le silence – R.J. Ellory

Chronique :

Seul le silence était dans ma PAL depuis plus d’un an déjà. Je découvre donc pour la première fois R.J. Ellory, auteur britannique très célèbre. C’est parti en direction d’Augusta Falls dans l’Etat de Géorgie aux Etats-Unis. Seul le silence est narré par une seule personne – Joseph Vaughan – que l’on suivra pendant plus de 30 ans. Seul_le_silence

Seul le silence nous raconte l’histoire du jeune écrivain en herbe, Joseph Vaughan, qui en 1939 est âgé de 12 ans. Il perd son père et se retrouve seul avec sa mère dont il est très proche, dans une petite ville américaine de Géorgie, Augusta Falls. Peu de temps après une fillette est retrouvé tuée, violée et mutilée aux abords de la ville… Cette série continuera pendant des années. Des fillettes âgées entre huit et douze ans assassinées dans d’horribles circonstances. A l’heure où tout les habitants d’Augusta Falls et des comtés voisins sont effrayés par cette histoire, lui voudrait pouvoir protéger ces petites filles. Il cherchera à découvrir qui pourrait être le coupable, sans succès. Ni lui, ni le shérif de sa ville, ni les shérifs des comtés voisins, ni tout ceux qui seront appelés de tout l’état par la suite ne trouveront ce tueur qui perpétue ces atrocités. Les crimes semblent s’arrêter après le départ de son voisin Gunther Kruger, pour reprendre de plus belle dans d’autres comtés de Géorgie. Joseph cherche à tourner la page et part à 18 ans pour New-York afin de devenir écrivain… Mais rien n’est vraiment terminé, et bientôt son passé va de nouveau le rattraper… Une histoire qui le hantera toute sa vie…

Qui peut rester insensible face à cette enfance abîmée et déchirée par la mort d’un père, la guerre, un meurtrier et des désillusions en tout genre… La plume de R. J. Ellory est vraiment extraordinaire. L’auteur se place dans la peau de ce jeune homme et nous livre son histoire comme un témoignage, comme si Joseph était là et nous contait sa dramatique histoire.

Ce roman est un petit chef d’oeuvre de noirceur. Laissez-vous emporter par ce livre plein de finesse où vous allez ressentir le contraste entre la légèreté du style d’Ellory et la noirceur de ce qui est décrit. C’est splendide. Un vrai coup de cœur !

Résumé de l’éditeur :

Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient… Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

R.J. Ellory – Seul le silence (Editions Sonatine 2008), (Livre de Poche 2009, 2011), (Editions France Loisirs 2012) traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau.

Son titre original est « A quiet belief in angels » (2007).

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Entretien avec Olivier Norek – Entre deux mondes

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J’apprécie beaucoup le travail de cet auteur, c’est donc pour moi un très grand plaisir de vous proposer cet entretien.

1) Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire sur la « Jungle » de Calais ?

C’est une double envie. Côté polar, je voulais écrire une enquête dans le seul endroit où les flics en France ne peuvent absolument pas enquêter : un camp de réfugiés. Tout simplement parce que les cinq piliers de l’enquête ne sont pas disponibles : le témoignage (personne ne veut parler aux policiers dans un camp de réfugiés), puis les empreintes digitales et l’ADN (personne n’est répertorié ni fiché), les réseaux sociaux et mail, puis la téléphonie (là-bas, tous les migrants ont un téléphone pré-payé sans identité). Le seul pilier d’enquête qui reste, le sixième, c’est le flair, comme pour les cinq sens, le sixième est l’intuition… Mais dans une procédure écrite comme l’est celle en France, le flair ne fait pas office de preuve. La seconde envie était de retourner à mes racines de petit fils de migrant et de raconter l’histoire qu’a probablement vécue en partie mon grand-père, celle, éternelle, des réfugiés.

2) Vous êtes-vous rendu sur place pour décrire avec tant de précision tous ses lieux que l’on découvre dans « Entre deux mondes » ?

Bien sûr. Je ne me serais pas permis d’écrire un roman sur un sujet si sensible sans y avoir vécu un minimum. J’y suis donc resté plusieurs semaines, je me suis posé là, comme une caméra, prêt à enregistrer. Je n’ai jamais provoqué ces instants de confidence, je les ai laissés naître et je les ai écoutés.

3) A quel point avez-vous été touché et marqué vous-même par cette expérience ?

Si l’on considère que Entre 2 Mondes n’est pas facile à lire à cause des émotions qu’il génère, je vous promets qu’il n’a pas non plus été un roman facile à écrire. C’est aujourd’hui une histoire qui me dépasse, un roman qui est devenu bien plus important que son auteur. C’est un sentiment bizarre que de créer quelque chose qui ne nous appartient plus.

4) Ce roman parle d’une thématique sociale très forte, des migrants, des conditions de travail des policiers sur place, quels messages vouliez-vous faire passer ?

Aucun. Le lecteur fait comme il veut. Je lui raconte une histoire, vraie, sans fantasmes ni caricature, c’est à lui ensuite, avec les informations qu’il a, de se faire sa propre idée sur la situation. Ce n’est pas un livre de professeur, ni de journaliste. C’est un roman réel, qui ouvre certaines portes et c’est au lecteur de choisir s’il franchit le pas, ou s’il en reste juste au polar.

5) De quoi, au jour d’aujourd’hui, êtes-vous le plus fier dans vos livres ?

L’enfer c’est les autres. Je ne suis pas fier de mes livres, je suis fier du regard que les lecteurs portent dessus. Lorsque j’étais flic, mon moteur était la victime. Aujourd’hui, mon moteur, ce sont les lecteurs. Quand je suis devant la page blanche, la seule question que je me pose est : « comment faire prendre le plus de plaisir possible à celui ou celle qui a cette histoire entre les mains ».

Lien vers la chronique du livre

Merci à Olivier Norek pour avoir répondu aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur et si ce n’est pas déjà fait de découvrir son roman.

 

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Biographie de Olivier Norek

Né à Toulouse en 1975, Olivier Norek est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche de la Sous-Direction de la Police Judiciaire (SDPJ) en Seine Saint-Denis, et auteur de trois polars magistraux, chocs, tendus, électrisants, dans lesquels le capitaine Victor Coste se débat, aux frontières des crimes et de la violente folie.
De Code 93 (Michel Lafon, 2013) au fameux Surtensions (Michel Lafon, 2016, prix du polar européen du magazine Le Point), en passant par le vertigineux Territoires (Michel Lafon, 2014), Olivier Norek n’a de cesse de nous mettre face à la très réelle violence, avec un relief propre à celui qui connaît le terrain de très près.
Olivier Norek a travaillé à l’écriture de la sixième saison de la série Engrenages.
Son nouveau roman, Entre deux mondes (Michel Lafon, octobre 2017), met de coté son personnage fétiche et nous plonge dans la jungle de Calais.

 

Entre deux mondes – Olivier Norek

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture.

Chronique :

Le dernier livre de Olivier Norek Entre deux mondes ne met pas en scène son personnage fétiche le capitaine Victor Coste et la région parisienne. Entre deux mondes parle de tout autre chose. Tout d’abord direction la Syrie, puis la « Jungle » de Calais… pour un changement radical! olivier-norek-livre

On fait tout d’abord la connaissance de Adam un flic Syrien de Damas. Il doit fuir son pays et son régime sanguinaire pour rejoindre sa femme Nora et sa fille Maya parties quelques jours avant lui dans un long périple vers l’Angleterre. Mais une fois arrivé dans la fameuse « jungle » de Calais, il ne les trouve nul part. Chaque jour il met toute son énergie à les chercher et montre à tout le monde la photo de Nora et Maya, une des rares choses qu’il possède encore. Ce qu’il va découvrir dans ce bidonville est un univers sans loi où les migrants affluent chaque jour vivant dans des conditions déplorables, où même la police n’ose plus mettre les pieds. Au fur et à mesure que passe les jours Adam se rattache à tout ce qu’il peut. Car l’espoir de revoir un jour sa femme et sa fille s’amenuise de jour en jour. Parallèlement on fait la connaissance de Bastien un flic français tout juste muté de Bordeaux à Calais pour des raisons familiales. Sa femme est en pleine dépression après le décès de son père et sa fille en pleine crise d’adolescence. Les deux flics se lient d’amitié. Ils viennent de deux pays différents mais font le même métier et se ressemblent énormément dans leur humanité, leur valeur et leur courage. Le dernier personnage principal est Kilani un jeune soudanais que la vie n’a pas épargné. C’est un personnage très émouvant.

Olivier Norek s’empare d’une thématique sociale très forte. Il a osé prendre des risques. On ne suit pas vraiment l’enquête dans ce livre, on est plus porté sur les lieux, les personnages, leur humanisme, leur angoisse et leur peur. L’auteur nous parle de tout ces gens qui fuient leur pays en guerre et qui laissent tout derrière eux, leurs vies, leurs souvenirs et leurs familles. De ces migrants qui sont entassés dans des embarcations surchargées et qui traverse la méditerranée dans des conditions catastrophiques. Grâce à la qualité de sa plume, l’auteur a su m’immerger dans cette « Jungle ». La description de ce bidonville français est tout simplement bluffante. Tout est très documenté et très précis.

Ce livre est poignant, percutant et violent à la fois.  On se prend la réalité telle qu’elle est en pleine figure. Vous avez dû le deviner c’est un gros coup de cœur. Merci et bravo Monsieur Norek pour cet excellent moment de lecture. Mais assez parlé, foncez acheter ce livre et vous comprendrez par vous même, ne passez pas à côté, ce serait dommage.

Résumé de l’éditeur :

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Olivier Norek – Entre deux mondes (Editions Michel Lafon 05/10/2017).

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