Entretien avec Pascal du blog Univers Polars

Aujourd’hui on continue cette série d’entretien avec un collègue Suisse, Pascal du blog Univers Polars.

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  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

En quelques mots ? Non, je ne peux pas ! J’ai une manie qui est quelques fois une qualité mais souvent un défaut, soit de trop écrire. Je n’arrive jamais à faire court. Alors, pour faire moyennement court, ou long, – tout est relatif, finalement -, je me prénomme Pascal, 43 ans, marié, deux enfants jumeaux de 13 ans, un chien (qui nous ramène des truffes) et trois chats (qui ne nous ramènent rien). Je vis dans le canton de Fribourg, en Suisse. Je suis flic dans un centre d’intervention depuis 20 ans. En quelques mots – encore ! -, j’interviens pour divers événements, tels que cambriolages, violences domestiques, agressions, stup, levées de corps (morts naturelles, suicides, accidents, meurtres – très peu ici), etc, soit toutes les belles choses de la vie … La première intervention a toujours été « mon truc ». Je suis bientôt le plus vieux sur le terrain ! C’est un job qu’il faut aimer et, surtout, il faut savoir pourquoi tu le fais. Un job souvent ingrat : un jour, tu es un « héros », le lendemain une « vulgaire merde ».

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Vraiment le premier souvenir ? Tu es sûr ? Car je m’en souviens réellement. J’avais, on va dire, quelques années… J’ai reçu « Le livre de la jungle » que j’ai déchiré en entier après quelques minutes en déclarant haut et fort : « A quoi va-t-il me servir, je ne sais pas lire et je ne le saurai jamais ! ». Drôle de réaction, je l’admets …
Sinon, concernant le polar, mes premiers souvenirs sont les « San Antonio » de Frédéric Dard et les « Agatha Christie » … … d’Agatha Christie !

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

Le 26 avril 2011. Le nom complet de mon blog est « Mon univers du polar, du roman noir et du thriller » car, d’une part, ce sont les trois genres qui me passionnent et, d’autre part, ceci représente pour moi tout un univers. Je suis quelqu’un qui est doté d’une âme assez solitaire, j’aime m’enfermer dans ma bulle, et justement dans cet univers. Je ne sais pas si le polar est une extension de mon boulot, une sorte d’exutoire. Lire la douleur des gens, des flics dans les polars, dans la fiction, me permet peut-être, inconsciemment, d’oublier la mienne. C’est assez paradoxal. C’est très flou comme sentiment, c’est dur à expliquer. Je pense que cela me fait du bien ou me rassure de lire des situations que je connais, mais qui ne me concernent pas.
Tu as vu comme j’ai totalement dévié de la question de base ??

 

  • Qu’est ce qui t’a motivé à créer ton blog Universpolars.com ?

Ma motivation ? Je ne vais pas pouvoir faire très court, désolé. Alors … Mon père est également un grand fan de polars / thrillers et m’a souvent demandé ce que j’avais d’intéressant à lire. Un jour, j’ai décidé de mettre tous les livres que je possédais sur un blog – aucune idée ce qu’était un blog à l’époque ! -, avec juste les 4ème de couverture. De cette manière, cela lui donnait l’occasion d’aller en ligne pour consulter ma bibliothèque. Lorsque je l’ai revu, je lui ai demandé ce qu’il en avait pensé et il m’a répondu que c’était absolument nul, en précisant que c’était justement mon avis perso sur les bouquins qui l’intéressait. Depuis ce jour-là, je chronique chaque bouquin qui me passe entre les mains, aimé ou non. Donc, pour répondre à ta question, l’origine est purement familiale. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Je suis très bluffé par l’évolution de mon blog.

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog chaque semaine ?

Cette fois-ci je vais faire plutôt court car je n’en ai absolument aucune idée. Je consacre très peu de temps pour l’aspect visuel, car cela ne m’intéresse pas. Je ne me focalise que sur le contenu. Les « puristes » me disent que j’ai tort, que c’est une carte de visite mais, pour moi, cela serait de l’escroquerie de faire un beau paquet, bien ficelé, avec que du vide à l’intérieur. Sinon, j’écris mes chroniques en même temps que je lis le bouquin. Je prends des notes, page après page. De cette manière, je crois que je ne passe pas à côté de grand-chose. Du coup, je n’arrive pas à répondre à ta question et j’ai même réussi à faire long pour ne rien dire !

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ? 

Je te sors juste une petite sélection qui me vient en tête. Je m’intéresse à Franck Thilliez depuis ses débuts. Il me bluffe souvent et c’est ce que je recherche dans un bouquin : me faire manipuler. Je suis de nature très méfiante et lorsqu’un auteur a réussi à le faire, je suis conquis ! Pour ce même côté « bluffant », j’adore Denis Lehane. J’ai un pote suisse qui a aussi cet art de te retourner la tête avec ses trames impressionnantes, c’est Nicolas Feuz. Il est procureur à Neuchâtel et ses polars sont bien étayés, assez réalistes. Je dis assez car il va parfois très loin ! J’aime Bernard Minier pour son atmosphère, Olivier Norek pour son réalisme, Jussi Adler-Olsen pour son univers, Jacques-Olivier Bosco pour ses polars nourris de vengeance, Karine Giebel pour ses personnages intrigants, Johana Gustawsson pour ses trames déchirantes, Ian Manook pour sa trilogie en Mongolie, Patrick Senécal pour sa violence. J’en oublie, c’est certain …
Il y a des auteurs qui sont parfois moins connus et qui mériteraient beaucoup plus ! Je pense là au Lyonnais André Blanc, qui te sort des polars absolument grandioses ! Mais le monde du livre, de l’édition est parfois un univers impitoyable. Vaste sujet …

 

  • Quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Ma famille, qui est un vrai pilier. J’aime pratiquer la course à pieds, pour rester en forme. Je suis passionné de vin et de bière (avec modération, quoique …). J’aime beaucoup aller au resto avec ma femme. Elle apprécie tout particulièrement ce moment, car elle sait pertinemment que ne vais pas sortir un polar … Selon elle, j’abuse un peu …

 

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Lire ! Et merci à toi !

 

Merci à Pascal de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions. J’espère que cet échange vous a plu. A très vite pour un nouvel entretien.

Voici l’adresse de son blog : http://www.universpolars.com/

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Entretien avec Nicolas Feuz – Le Miroir des âmes

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● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Né en 1971 et père de deux enfants, je vis à Neuchâtel, en Suisse. Titulaire du brevet d’avocat, j’ai travaillé comme juge d’instruction de 1999 à 2010, puis comme procureur de 2011 à ce jour, avec spécialisation dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. En 2010, j’ai écrit mon premier polar, Ilmoran, l’avènement du guerrier (sorti en librairie en février 2013). De 2010 à 2019, j’ai écrit dix polars au total, soit un par année. Le prochain, L’ombre du Renard (Slatkine & Cie), sortira en libraire le 21 août 2019, en même temps que la réédition du Miroir des âmes au Livre de Poche.

 

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Comme j’ai débuté en auto-édition et que je ne connaissais rien au milieu professionnel du livre, mon premier souvenir marquant a été le jour où j’ai débarqué à l’improviste dans une grande librairie de Neuchâtel, avec des exemplaires de mes livres sous le manteau, un peu honteux comme si je cachais des paquets d’héroïne ou de fausses montres, pour demander s’il existait une possibilité de les mettre en vente. Ce jour-là, je devais être aussi rouge que le sang.

 

D’où vous est venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

C’est arrivé un peu par accident. Durant l’automne 2010, je me suis retrouvé sans lecture lors de vacances au Kenya. Je venais de sortir du Vol des cigognes de Jean-Christophe Grangé. Cette histoire qui débutait en Suisse (Montreux) et se terminait en Afrique (Centre-Afrique) m’a marqué. J’ai alors volé un bloc-notes et un stylo dans l’hôtel où je me trouvais, et j’ai imaginé un scénario qui débutait en Suisse (Neuchâtel) et se terminait en Afrique (Kenya). Ainsi est né Ilmoran, l’avènement du guerrier, qui est devenu par la suite le premier tome de la « Trilogie massaï ».

 

Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre dernier roman « Le Miroir des âmes » ?

Dans le cadre de mon travail de procureur, j’ai eu l’occasion de m’occuper de nombreux dossiers touchant les milieux balkaniques du trafic d’héroïne et de la traite d’êtres humains, en particulier de réseaux illégaux de prostitution, dans lesquels la violence physique et psychologique est omniprésente. Rajoutez à cela une toile de fond européenne focalisée sur les actes terroristes et un Etat de Neuchâtel grevé par les problèmes financiers, notamment en raison de l’explosion des coûts de l’aide sociale, et mettez le tout dans un mixer.

 

Comment vos personnages prennent-ils vie en général ?

A 80%, ils sont imaginaires, mais il m’arrive régulièrement de m’inspirer de telle ou telle facette d’une personne existante, voire de moi-même. En particulier, je me suis souvent inspiré de policiers avec lesquels je travaille tous les jours depuis vingt ans. Peut-être moins dans Le Miroir des âmes (où il s’agit essentiellement de ripoux) que dans mes précédents polars.

 

De quoi, au jour d’aujourd’hui, êtes-vous le plus fier dans vos livres ?

De manière générale, des rebondissements de dernière minute. Tout particulièrement dans Horrora Borealis, mais aussi dans Les Bouches par exemple. Je dois préciser que les twists finaux sont souvent le point de départ de la construction de mes scénarios.

 

● Etes-vous un grand lecteur et si oui qui vous a inspiré ?

Je lis moins depuis que j’écris et surtout, je ne lis jamais en période d’écriture, afin de ne pas être influencé par le style d’un autre auteur. Mais hormis les rapports de police et les procès-verbaux d’audition que je lis à longueur de journée, je ne lis pratiquement que des polars, principalement en vacances. Essentiellement des polars français et nordiques, moins américains.

 

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Depuis août 2018, sorties parallèles du Miroir des âmes (Slatkine & Cie) et d’Horrora Borealis (Le Livre de Poche) dans toute la Francophonie, je suis plus qu’auparavant soumis à la critique, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Toute critique est bonne à prendre, surtout si elle est constructive et présente une certaine récurrence d’un avis à l’autre. C’est par exemple le cas du manque de développement de certains de mes personnages, dont je sais aujourd’hui que c’est peut-être un de mes points faibles (même si d’autres critiques ne sont pas d’accord avec ça et tentent de me convaincre de ne rien changer à ma manière d’écrire). En revanche, j’ai souri en lisant une ou deux fois sur des blogs que telle ou telle scène d’Horrora Borealis ne serait pas réaliste ou largement exagérée, alors qu’en réalité les faits ou détails critiqués se sont vraiment produits dans des dossiers judiciaires existants. Je ne peux toutefois jamais répondre ouvertement à ce genre de critiques, car cela reviendrait d’une part à spoiler l’histoire du livre, d’autre part à violer un secret de fonction. Cette expérience m’a finalement convaincu que ce n’est pas le rôle de l’écrivain de répondre à ce genre de critiques et j’ai appris à vivre avec, ce qui ne m’empêche pas d’en rigoler avec les policiers neuchâtelois qui lisent mes polars, qui me conseillent parfois avant leur parution et qui connaissent les dossiers en question.

 

Lien vers ma chronique Le Miroir des âmes

Je tiens à remercier Nicolas Feuz d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur.

 

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Biographie de Nicolas Feuz

Né en 1971 à Neuchâtel/Suisse, Nicolas Feuz a étudié le droit à l’Université et obtenu le brevet d’avocat, avant d’être élu en 1999 comme juge d’instruction, puis en 2008 comme président du collège des juges d’instruction, et enfin en 2011 comme procureur de cette petite République helvétique. Marié et père de deux enfants, il s’est lancé dans l’écriture de romans noirs en 2010.

Là où certains de ses proches voyaient de longue date un moyen de laisser éclater au grand jour une imagination sans limites, d’autres y verront peut-être une sorte d’auto-débriefing face à toutes les horreurs que la police et la justice pénale doivent affronter au quotidien : une réalité souvent plus sombre et plus « cash » que dans bien des fictions se voulant réalistes…

Avalanche Hôtel – Niko Tackian

Un grand merci aux Editions Calmann-Lévy pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler d’Avalanche Hôtel, le dernier roman de Niko Tackian. Déjà je dois dire que j’ai été émerveillé par la couverture de ce roman, quelle merveille. Avec Avalanche Hôtel, Niko Tackian nous entraîne dans un hôtel isolé en pleine montagne. Allez suivez-moi c’est parti en direction de Montreux en Suisse. 9782702163290-001-T

En janvier 1980, sur les hauteurs de Montreux, Joshua Auberson agent de sécurité, se réveille nu dans une chambre d’un grand palace Suisse. Très vite il va apprendre, qu’une jeune fille du nom de Catherine Alexander a disparu. En janvier 2018, ce même Joshua, inspecteur de police, se réveille à l’hôpital après avoir été pris dans une avalanche. Tout s’entremêle dans la tête de Joshua, il essaye de faire le point sur ce qui lui arrive, mais est-ce la réalité, un rêve ou des bribes de souvenirs… ? Très vite il va devoir enquêter sur une jeune inconnue, plongé dans le coma. Il continue de faire des cauchemars et sa mémoire lui joue des tours. Mais la frontière entre le réel et l’onirique est vraiment infime.

Le récit est très rythmé, j’aime beaucoup les chapitres courts car cela donne du rythme et permet d’être au cœur de l’action sans réel temps mort. L’auteur nous promène au fil des pages en rajoutant un peu de mystère chaque fois que l’on croit tenir une piste. Moi qui aime beaucoup le lac Léman, la neige et les montagnes, j’ai été gâté. Le cadre, ainsi que l’ambiance du livre sont magnifiques. Les descriptions des paysages sont très réussies. On ressent l’atmosphère glacée des montagnes suisses. Mon seul petit regret est que le roman est trop court.

Niko Tackian nous offre avec Avalanche Hôtel un thriller mystérieux dans un endroit fabuleux. C’est un thriller court mais efficace, qui est idéal pour un week-end ou un séjour en montagne.

Résumé de l’éditeur :

Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

Niko Tackian – Avalanche Hôtel (Editions Calmann-Lévy 2019)

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Le Miroir des âmes – Nicolas Feuz

Un grand merci aux Editions Slatkine & Cie pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du dernier roman de Nicolas Feuz, Le miroir des âmes. Nicolas Feuz est un des plus célèbres auteurs de polars en Suisse. Il est également le procureur du canton de Neuchâtel. Il s’est lancé dans l’écriture en 2010. Le miroir des âmes est déjà son 9ème roman. Allez c’est parti pour la Suisse, suivez-moi direction Neuchâtel. 9782889441006-475x500-1

Une bombe explose sur la place des Halles à Neuchâtel, faisant de nombreuses victimes, dont le procureur Norbert Jemsen. Fort heureusement, il est vivant, même si il se réveille en partie amnésique. Mais assisté de sa fidèle greffière, Flavie Keller, il retrouve progressivement la mémoire et va tenter de trouver l’auteur de l’attentat dont il a été victime. Pendant ce temps, les policiers enquêtent sur Alba une prostituée qui travaille pour la mafia albanaise. En parallèle, on fait connaissance avec le Vénitien, un tueur à gages particulièrement sadique, qui s’en prend pour la première fois à un policier. D’ailleurs, je fais un petit aparté en signalant, que pour moi le Vénitien est belle et bien un tueur à gages et non pas un tueur en série comme évoqué dans le résumé.

J’ai apprécié l’ambiance du livre et je dois bien avouer que je n’avais encore jamais lu de thriller qui se déroule en Suisse. Moi qui habite très proche de la frontière, depuis tout petit, j’ai forcément des attaches avec ce pays, donc j’ai vraiment apprécié de lire un thriller qui se déroule dans un paysage voisin. Côté style, j’ai beaucoup aimé les chapitres très courts, cela donne du rythme au récit et évite les longueurs. Pour moi, les personnages sont attachants, mais malheureusement pas assez développé. D’ailleurs le seul petit bémol que j’ai, c’est tout simplement que le roman dans l’ensemble n’est pas assez long.

En conclusion j’ai passé un bon moment de lecture avec Le miroir des âmes. C’est un livre qui se dévore rapidement. J’ai hâte de découvrir d’autres romans de Nicolas Feuz. D’ailleurs Valérie une amie et blogueuse Suisse m’a conseillé de lire Horrora borealis.

Résumé de l’éditeur :

Un attentat sans commanditaire, des meurtres sans mobile apparent, l’auteur est à son affaire, il est procureur du Canton de Neuchâtel. Dans ce polar essoufflant, il fait endosser à son personnage principal la robe d’un magistrat qui pourrait être son double si tout n’était précisément double et trouble dans ce Miroir des âmes : les flics, les filles, les politiques, les juges et jusqu’à ce mystérieux tueur en série que la police a surnommé Le Vénitien parce qu’il coule du verre de Murano dans la gorge de ses victimes.

Nicolas Feuz – Le miroir des âmes (Editions Slatkine & Cie 2018)

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Entretien avec Valérie du blog Sangpages

Je me suis dit, vu que je donne la parole à des auteurs, pourquoi ne pas le faire avec des blogueurs/blogueuses. Du coup on débute cette nouvelle série avec Valérie du blog Sangpages. C’est une blogueuse qui nous vient tout droit de Suisse Romande.

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Technicienne en médecine légale de formation, les aléas de la vie m’ont détournée de cette profession à mon plus grand regret. Sans doute la plus grande frustration de ma vie…

J’ai vécu 5 ans aux Etats-Unis, dans la banlieue de Los Angeles. D’ailleurs, ma fille, Elisa, y est née. Puis 2 ans à Francfort où mon fils, Nicolas, est né.
Des expériences enrichissantes qui n’ont pas toujours été faciles. J’ai découvert des cultures, une autre façon de voir. Suis revenue bilingue (l’anglais hein ! Parce que l’allemand, je ne suis toujours pas copine avec). Ce fut des années à la fois géniales et à la fois difficiles, surtout en Allemagne.
Un mari sur lequel je ne vais pas m’étaler ici… La plupart du temps, seule avec mes deux loustics, un fils avec des gros problèmes de santé…Autant dire que ces années sont à marquer d’une grande croix noire.

Un retour en Suisse, un divorce, une nouvelle vie avec mes enfants.
J’ai travaillé quelques années dans l’import-export comme chef de projet dans une grande multinationale mais j’ai posé les plaques, comme on dit chez moi. Pas du tout en accord avec ma conscience et à la limite du burnout.

Remariée depuis quelques années, je gère, aujourd’hui, avec mon mari une entreprise de réparation et restauration de voitures anciennes et de collection. On rame un peu mais on s’éclate bien avec tous ces bolides !

 

  • Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

La lecture fait partie de ma vie depuis toujours. Dès l’âge de 4 ans, j’ai passé de nombreuses heures à la bibliothèque et recevais systématiquement des livres en cadeau pour mon anniversaire ou pour Noël. J’ai tout dévoré de Oui-oui à Jojo lapin puis le Club des cinq, Fantômette, Alice… (Le thriller me faisait déjà de l’œil).

Je lisais tout ce qui me passait sous la main. Au point qu’à 12 ans, ma grand-mère est intervenue auprès de la bibliothécaire pour que, malgré mon âge, j’aie le droit de passer à la section adulte… Je suis devenue, ce qui n’était pas une évidence à cette époque, la seule enfant avec une carte de bibliothèque adulte. Je crois que je n’ai jamais été aussi fière !

 

  • Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton blog ?

J’ai créé mon blog en 2015. Je cherchais un nom qui ait bien sûr un lien avec le noir, le polar et c’est venu un peu paf bing, comme une évidence et j’avoue en être assez fière.

 

  • Qu’est ce qui t’a motivé a créer ton blog Sangpages ?

J’étais dans une période un peu particulière. Très active. En plus de mon job, je peignais, créais des bijoux et toutes sortes d’objets que je vendais au travers de boutiques et sur les marchés. La lecture était toujours omniprésente mais en second plan. Bien évidemment du noir toujours et encore. Et puis bing, la claque… Des problèmes de santé qui me forcent à cesser mon activité d’artisan et me limitent dans une activité professionnelle. Je dois me poser plus, ce qui est inconcevable pour moi. La lecture devient, alors, ma bouée de sauvetage et me permet d’avoir l’impression de faire quelque chose en me posant. Je découvre les groupes de lecture sur FB, donne des avis qui disparaissent dans les abysses du net et je me suis dis que c’est stupide. J’ai envie que ces avis restent quelque part, que ce soit une sorte d’historique de toutes mes lectures. Envie d’écrire. Envie de faire quelque chose pour moi, à MOI.

Je crée Sangpages sans imaginer quoi que ce soit, sans chercher quelque chose, sans aucune attente, juste pour le fun, juste pour moi.

Je me suis, cependant, très vite rendue compte que cela me permettait de partager ma passion et me suis prise au jeu. Jamais je n’ai pensé que cela me conduirait quelque part, en tout cas pas où j’en suis maintenant. Jamais je n’ai imaginé que ça allait m’apporter tant de rencontres fabuleuses que ce soit d’auteurs, de blogueurs ou de lecteurs. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir une vraie famille, un truc à moi et ce blog est devenu tout simplement vital.

Je suis d’autant plus heureuse que désormais, ma fille, partage cette passion avec moi. Vais voir pour faire un document pour l’héritage…

 

  • Combien d’heures consacres-tu à ton blog chaque semaine ?

Difficile à dire. Cela dépend des semaines ou des jours. Entre la gestion du blog et des réseaux sociaux, j’arrive, je pense, facilement à une moyenne de 2h par jour.

 

  • As-tu déjà eu l’envie d’écrire toi-même un roman ?

Oui ça me titille depuis longtemps. J’ai écrit, d’ailleurs, un livre quand j’avais 13-14 ans mais chuttt faut le dire à personne… J’ai commencé un atelier d’écriture lundi dernier… on verra bien si quelque chose prend forme un jour ou l’autre…

Je dois avouer avoir très très peu confiance en moi et depuis que je travaille à des relectures ou en coaching avec des auteurs, ça ne s’est pas amélioré ! Cela m’a fait me rendre compte de la charge titanesque que cela représente… Et du coup, l’impression que jamais je n’en serai capable !

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ?

Patrick Senécal est mon dieu littéraire mais ça, à force que je le répète, tout le monde le sait ! Pour les autres, la liste serait bien trop longue et je suis sûre que j’en oublierai. Je vais donc m’arrêter là !

 

  • Quelles sont tes autres passions ?

Le monde de l’édition en général, la cuisine, les séries TV, les animaux, la voiture de collection. Tout ce que je peux prendre de la vie mais aussi ce que je peux donner de mon côté. Ouais c’est une passion le bonheur non ?

  • Quel sera ton mot de la fin ?

Merci à toi Steve de me donner la parole. Pas toujours facile de parler de soi, de se livrer (Trop beau le jeu de mot) et j’ai essayé de le faire avec la plus grande sincérité.

 

Merci à Valérie de s’être prêté au jeu et d’avoir répondu à mes questions.  J’espère que cet échange vous a plu.

Voici l’adresse de son blog. https://sangpages.com/

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