Cinq cartes brûlées – Sophie Loubière

Merci aux Editions Fleuve pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler pour la première fois d’un roman de la talentueuse Sophie Loubière. Il était grand temps que je lise et chronique un de ses livres, c’est enfin chose faite. Cinq cartes brûlées est un thriller psychologique, vous savez que ce n’est pas mon genre préféré, mais je découvre Sophie Loubière et la couverture du livre m’a vraiment attiré. Allez c’est parti suivez-moi en direction de Saint-Flour en Auvergne… couv29112480

On fait connaissance avec Laurence Graissac que l’on suivra tout au long du roman. Dès l’enfance, sa vie est compliquée, son frère Thierry n’arrête pas de l’humilier et avec son père elle entretient une relation malsaine et ambiguë. S’en suit des problèmes de poids avec des troubles du comportement alimentaire. Le divorce de ses parents va complètement l’anéantir.  Mais au fil de sa vie elle va quand même connaître quelques bons moments notamment grâce au sport qui va être son échappatoire. En parallèle on fait connaissance avec le docteur Bernard Bashert. Un homme qui a tout pour être heureux, mais qui n’arrive plus à s’épanouir dans son couple. Bien entendu ces deux-là vont voir leurs routes se croiser, pour le meilleur ou pour le pire.

Pour moi la force de ce livre réside dans la puissance que dégage Laurence Graissac le personnage principal. On veut absolument savoir ce qu’il va lui arriver. Le récit est bien construit et au fur et à mesure de la lecture on éprouve forcément de la compassion pour Laurence. J’avoue avoir été séduit par la plume de Sophie Loubière. Une plume élégante et classe dispensé avec beaucoup d’intelligence. Le dénouement est une réussite totale, il m’a vraiment surpris et surtout il aide à comprendre plein de choses.

Cinq cartes brûlées est pour moi un roman noir très abouti. Même si comme je l’ai dit au départ ce n’est pas vraiment mon genre préféré, Sophie Loubière a su me faire passer un très bon moment de lecture. J’ai hâte de retrouver son univers. Pour moi la partie est terminé c’est à vous de jouer maintenant, mesdames et messieurs faites vos jeux rien ne va plus !

Résumé de l’éditeur :

Laurence Graissac grandit aux côtés de son frère, Thierry, qui prend toujours un malin plaisir à la harceler et à l’humilier. Du pavillon sinistre de son enfance à Saint-Flour, elle garde des blessures à vif, comme les signes d’une existence balayée par le destin. Mais Laurence a bien l’intention de devenir la femme qu’elle ne s’est jamais autorisée à être, quel qu’en soit le prix à payer. Le jour où le discret docteur Bashert, en proie à une addiction au jeu, croise sa route, la donne pourrait enfin changer…
Thriller psychologique d’une rare intensité, Cinq cartes brûlées va vous plonger au cœur de la manipulation mentale. De celle dont on ne revient jamais indemne.

Sophie Loubière – Cinq cartes brûlées (Editions Fleuve Noir 2020)

Entretien avec Jérôme Loubry – Les refuges

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● Comment t’es venue cette formidable intrigue pour ton roman « Les refuges » ?

L’idée m’est venue au cours de l’écriture. Au départ je souhaitais écrire un polar qui se déroulait sur une île. Mais au fur et à mesure de l’écriture, j’ai senti que ce n’était pas assez, que je pouvais faire plus. Donc, au fur et à mesure l’idée de refuge a pris plus d’épaisseur.

 

● Tes personnages sont tellement réussies et si mystérieux, on sent que tu as pris un soin particulier à les travailler, peux-tu nous en dire un peu plus sur eux, comment ont-ils pris forme ? 

Je les travaille à l’instinct, pendant l’écriture. J’imagine leurs failles, leurs douleurs étouffées et naturellement ils prennent vie dans mon esprit, se posent sur mon épaule pendant que j’essaie de construire une histoire à leur hauteur. Pendant 6 mois (le temps de l’écriture) je les côtoie, ils ne me quittent qu’au point final et encore, parfois ils me hantent un peu plus longtemps.

 

● Tu décris parfaitement les lieux, comment as-tu réussi à créer une ambiance si sombre et oppressante (une ambiance à la Shutter Island) ?

Simplement en tenant la main de mes personnages. Quand Sandrine est sur le bateau, je suis avec elle, je vois cette île inquiétante s’approcher de nous. Quand Damien se dirige vers la ferme, je suis dans la voiture… L’imagination est bien sûr importante (et là je n’ai pas de recette magique pour l’obtenir) mais ce sont des heures à imaginer les scènes avant de les écrire et de trouver le bon ton.

 

● Que de chemin parcouru depuis 2017 et la sortie de ton premier roman, penses-tu avoir franchi un nouveau cap avec les « Les refuges » ?

Oui, c’est certain. Le livre a reçu des prix importants (Cognac et Bruxelles), il va être traduit dans différents pays et a une bonne chance d’être adapté en série, donc oui, j’ai passé un cap dans la reconnaissance de mon travail. Mais le plus important reste l’écriture et l’impression pour moi d’avancer, de m’améliorer à chaque livre. C’est un challenge excitant. Et bien sûr, comme c’est le cas avec mes trois livres, j’aime proposer des récits différents, ne pas me cantonner dans un seul style. Cela aussi est très motivant.

 

● Comment organises-tu tes recherches avant l’écriture d’un roman et combien de temps cela te prend-il ?

Je compte environ un mois de recherche (lieux, histoire, sujet principal…) et ensuite six mois d’écriture. J’écris selon l’inspiration, je n’ai pas d’habitude ou de rituel. Je peux ne pas écrire durant une semaine comme me retrouver cinq heures non-stop devant l’ordinateur.

 

● Peux-tu nous dire si un quatrième roman est en cours d’écriture ?

Oui, je suis en train de l’écrire. Une fois de plus, ce sera différent du précédent. On quitte le thriller psychologique pour des drames profonds, répugnants mais malheureusement bien réels… Ce sera la première fois que j’utilise l’actualité (même si dans les chiens de Détroit la crise économique était réelle, ce n’était pas le cas pour les crimes) pour broder un récit autour. Et croyez-moi, en faisant mes recherches sur le sujet, je ne pensais pas découvrir autant d’horreur… Le prochain roman devrait sortir en septembre.

 

Lien vers ma chronique Les refuges

Je tiens à remercier Jérôme Loubry d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cet auteur de talent.

 

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Les refuges – Jérôme Loubry

Un grand merci aux Editions Calmann-Lévy Noir pour cette lecture.

Chronique :

En 2017 j’ai eu la chance de participer à un petit-déjeuner/rencontre entre blogueurs & auteurs lors du Festival Sans Nom à Mulhouse. Il y avait Sire Cédric un auteur déjà très connu et un certain Jérôme Loubry que je ne connaissais pas du tout. Il venait à peine de publier son premier roman Les chiens de Détroit. Un an après est sorti son second livre Le douzième chapitre que je n’ai pas encore lu. Cette année est sorti son troisième livre, Les refuges ! C’est de ce livre que je vais vous parler. Allez suivez-moi en direction de cette magnifique région qu’est la Normandie. couv52564154

On est en 1949 sur une île au large de la Normandie et on fait connaissance avec Suzanne Vaudrier. Une île qui après la seconde guerre mondiale a été racheté et transformé en camps de vacances pour les enfants. Suzanne y est animatrice et prend son rôle auprès de ses enfants qui ont tant souffert à cause de la guerre très à cœur. Jusque surgit un drame affreux…
Puis on se retrouve en 1986, on fait la connaissance de Sandrine Vaudrier une journaliste qui se trouve chez Frank Wernst, un vieux paysan qui habite dans un endroit très isolé. Elle est chez lui pour écrire un article. Lorsqu’elle rentre de son reportage, Pierre son patron l’a convoque dans son bureau. Ce dernier lui informe que sa grand-mère Suzanne Vaudrier est décédée et qu’elle doit se rendre chez le notaire. Lors de son rendez-vous, Sandrine est invitée à se rendre sur l’île où vivait sa grand-mère. Une île très isolé et fermé à tout visiteurs car destiné à devenir une réserve naturelle. Mais Sandrine s’y rend pour ranger et trier les affaires de Suzanne, et surtout pour comprendre cette grand-mère qu’elle n’a jamais vraiment connue. Mais lorsqu’elle pose les pieds sur cette île, elle va très vite découvrir que tout ne va pas se passer comme prévue… Pensant repartir très vite, elle apprend qu’elle y est finalement coincée pendant toute une semaine, jusqu’au prochain bateau. Que se passe-t-il sur cette île ? Pourra-t-elle un jour de nouveau la quitter ?

Dès le début du livre, j’ai été littéralement happé par le récit. Deux personnages, deux époques et une intrigue mystérieuse pleine de rebondissements… Jérôme Loubry a su créer une atmosphère et une ambiance sombre et oppressante. Cette île qui se trouve au large des côtes mais que personne ne connaît est une invention géniale. On sent que Sandrine dois se méfier de tout, mais on veut comprendre, on veut savoir. J’ai adoré m’imaginer sur cette île. Les habitants sont tous mystérieux et je ne comprends pas pourquoi ils vivent depuis toujours sur ce bout de terre ! Quels secrets cachent-ils ?

Vous l’aurez compris, Les refuges est pour moi un gros coup de cœur. J’ai envie de dire qu’il y a Shutter Island de Dennis Lehane et maintenant Les refuges de Jérôme Loubry… Ce livre termine en beauté mon année 2019 et je pense qu’il va me marquer autant que Le Cri de Nicolas Beuglet. A la télé on entend très souvent dire certains sportifs « C’est pour vivre ce genre de moments que je m’entraîne dur toute l’année »! Et ben à mon tour j’ai envie de dire que c’est pour ce genre de livre que j’ai plaisir à lire toute l’année et à tenir ce blog. Merci à toi Jérôme Loubry pour ce livre fantastique.

Résumé de l’éditeur :

Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette île grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange ici. En quelques heures, Sandrine se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Mais alors pourquoi aucun d’entre eux ne quitte-t-il jamais l’île ?
Qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?
Qui était vraiment sa grand-mère ?
Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tard, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d’un sang qui n’est pas le sien…

Jérôme Loubry – Les refuges (Editions Calmann-Lévy 2019)

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La Forêt des ombres – Franck Thilliez

Chronique :

Aujourd’hui, je vais vous parler de La Forêt des ombres le second one-shot de Franck Thilliez, paru en 2006. Même si j’ai une préférence pour les aventures de Sharko & Hennebelle, je découvre avec plaisir tous ses one-shots. En plus ce roman se déroule près de chez moi en Forêt-Noire, (non non pas le célèbre gâteau) je parle bien du massif montagneux situé dans le Land voisin de l’Alsace le Bade-Wurtemberg. C’est parti suivez-moi direction un châlet au cœur de la forêt allemande ! La-foret-des-ombres

On fait connaissance avec David Miller, marié et père d’une fille. Il exerce le métier de thanatopracteur et à côté de cela c’est un tout jeune écrivain de thriller. Mais ce dernier a un souci, il reçoit régulièrement des lettres enflammées d’une certaine Miss Hyde, qui est follement amoureuse de lui. Un jour en sortant du travail, il va faire une rencontre très spéciale. Arthur Doffre un étrange milliardaire lui propose une grosse somme d’argent pour écrire un livre dans lequel il doit faire revivre le célèbre Bourreau 125, un serial killer qui a sévi vingt-cinq ans en arrière. Ce livre devra être écrit en un mois, dans un chalet isolé au fin fond de la Forêt Noire afin de créer une ambiance propice à ce genre d’écriture. Après réflexion, David embarque sa femme et sa jeune fille dans cette aventure. Mais lorsque David et sa famille s’installe dans le chalet rien ne va se passer comme prévu. Au fur et à mesure que David fait renaître le bourreau sur ses pages, le séjour au sein du chalet va virer au cauchemar…

Comme vous le savez, je ne suis pas très fan des huis clos, mais là j’ai bien aimé me retrouver en plein hiver dans un chalet au cœur de la forêt. Grâce aux lieux sombres et oppressants j’ai vraiment réussi à rentrer dans l’histoire, à me projeter et à sentir la tension omniprésente. Les personnages sont tous très mystérieux, à qui faire confiance ? Chacun d’eux à une part d’ombre qui insinue le doute dans notre esprit.

La Forêt des ombres est un huis clos captivant, mêlant angoisses et mystères. Alors que je suis passé à côté de Vertiges, cette fois-ci j’ai vraiment été happé dès le début de l’histoire. J’ai passé un bon moment de lecture avec cette immersion totale au cœur de la Forêt-Noire. Tout de même me faire aimer à Moi un huis clos… Je dis bravo Monsieur Thilliez !

Résumé de l’éditeur :

Paris, hiver 2006. Arthur Doffre, milliardaire énigmatique, est sur le point de réaliser un rêve vieux de vingt-cinq ans : ressusciter un tueur en série, le Bourreau 125, dans un livre. Un thriller que David Miller, embaumeur de profession et auteur d’un premier roman remarqué, a un mois pour écrire contre une forte somme d’argent. Reclus dans un chalet en pleine Forêt-Noire, accompagné de sa femme et de sa fille, de Doffre et de sa jeune compagne, David se met aussitôt au travail. Mais il est des fantômes que l’on ne doit pas rappeler, et la psychose saisit un à un tous les occupants de la ténébreuse demeure cernée par la neige…

Franck Thilliez – La forêt des ombres (Editions Le Passage 2006), (Pocket 2006, 2007, 2010, 2016, 2017), (Editions France Loisirs 2007)

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Le Colis – Sebastian Fitzek

 

Un grand merci aux Editions l’Archipel pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de l’auteur Allemand Sebastian Fitzek. Alors oui cet auteur est une valeur sûre dans le monde du thriller psychologique. Mais ma première expérience avec lui a été compliquée. Après c’est vrai que pour sa décharge je ne suis pas vraiment fan de ce genre. En tout cas je ne pouvais pas manquer son dernier roman Le colis sortie en ce début d’année. Allez suivez-moi c’est parti pour Berlin la belle capitale Allemande. couv10685228

On fait connaissance avec Emma Stein une psychiatre très célèbre dans son pays. Seule dans sa chambre d’hôtel, un soir après une conférence, elle se fait agresser par un tueur en série que les médias ont surnommé le Coiffeur, car ce dernier rase la tête de ses victimes avant de les tuer. Heureusement elle s’en sort, mais malheureusement personne ne la croit. Emma ne correspond en rien au profil habituel des victimes, l’endroit qu’elle décrit est introuvable et elle ne se rappelle plus comment elle a pu s’échapper. Suite à son agression Emma est dépressive, elle ne sort plus de chez elle et se bourre de médicaments. Le nombre de personnes qui peuvent l’approcher se compte sur les doigts d’une main. Il lui arrive des choses tellement bizarres que l’on en vient à se demander si tout se produit réellement ou si elle n’est pas tout simplement folle… Et un matin lorsque son facteur sonne à sa porte et lui demande de réceptionner un colis pour son nouveau voisin, qu’elle ne connait pas, tout va basculer, elle va sombrer dans la paranoïa… ou pas… ?!

Le récit est dynamique, les chapitres sont courts et entre folie et réalité il n’y a bien souvent qu’un pas. En tant que lecteur on se pose un tas de questions. Si on aime bien
ce genre de thriller honnêtement c’est très efficace et le roman se lit très vite. Et bien entendu Sebastian Fitzek maîtrise son thème de prédilection que sont les troubles mentaux. Mais bon j’ai trouvé l’histoire dans sa globalité assez incohérente avec un manque de réalisme ahurissant.

Au final que dire de ce livre… Le colis est un huis clos psychologique à l’intrigue qui va un peu trop loin pour moi… Et honnêtement que dire du dénouement complètement irréaliste… Je ne compte pas renouveler l’expérience. Je n’aime vraiment pas ce genre d’histoire et d’intrigue. Es tut mir leid Sebastian, ich habe ja versucht dich zu verstehen aber ich kann es einfach nicht…

Résumé de l’éditeur :

Psychiatre, Emma Stein a été victime d’une agression nocturne dont elle s’est miraculeusement sortie. Depuis, elle vit recluse dans sa maison, de peur de croiser à nouveau la route de ce psychopathe que la presse a surnommé le Coiffeur.
Un jour, son facteur lui demande d’accepter un colis pour l’un de ses voisins. Emma connaît tous ceux qui habitent dans sa rue.
Or, jamais elle n’a entendu parler de cet homme…

Sebastian Fitzek – Le Colis (Editions l’Archipel 2019) traduit de l’allemand par  Jean-Marie Argelès.

Son titre original est « Das Paket » (2016).

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