Gataca – Franck Thilliez

Chronique :

Après avoir lu le Syndrome E c’est tout naturellement que j’ai continué la série avec Gataca. Il est possible de lire ce livre indépendamment mais honnêtement lisez quand même le Syndrome E avant, car comme je le dis très souvent, lire les sagas dans l’ordre c’est beaucoup mieux et vous prendrez plus de plaisir. Le Syndrome E avait déjà placé la barre très haute, mais Gataca est encore meilleur pour moi. C’est parti suivez-moi en direction de la France, du Brésil, en passant par l’Amazonie. couv35639462

Une primatologue est retrouvée morte à côté d’une guenon, tandis qu’un tueur est retrouvé mort dans sa cellule. Quel est le lien entre ces deux enquêtes qui, au premier abord, n’ont rien à voir l’une avec l’autre ? La violence et l’ADN seraient-elles liées ? Après le Syndrome E Franck Sharko a décidé de réintégrer le 36 quai des Orfèvres, en tant que lieutenant. Il n’est plus que l’ombre de lui-même depuis ce terrible drame survenu il y a un an et n’a plus de nouvelles de Lucie. Quant à Lucie, elle a carrément quitté la police et enchaîne les petits boulots. Mais une étrange scène de crime va les réunir à nouveau. A eux deux, ils vont tout faire pour découvrir la vérité et par la même occasion, essayé de chasser leurs démons qui les hantent jour après jour. Gataca nous fait traverser les époques, nous plonge au coeur des mystères de l’évolution des espèces et plus particulièrement de l’homme.

Dans Gataca l’auteur aborde différents thèmes comme la génétique, l’anthropologie et la paléontologie. Le code ADN est décrypté pour essayer de découvrir les secrets qu’il renferme.  Franck Thilliez arrive à intégrer des notions très complexes tout en les expliquant d’une telle manière que même les néophytes arrivent à tout comprendre. Il nous fait réfléchir sur l’évolution de l’Homme, sur notre futur et sur nos origines. En plus comme tout est basé sur des faits réels, la frontière entre réalité et fiction est infime et cela est vraiment effrayant… Quel immense travail de recherche, je veux vraiment appuyer sur ce point, car les romans de Franck Thilliez sont d’une qualité monstrueuse, mais le travail de recherche l’est tout autant. Le récit est très fluide, les descriptions sont clair et précises, les deux intrigues s’entremêlent parfaitement. Quel immense plaisir de retrouver Lucie et Sharko.

Pour moi, Gataca est un énorme coup de coeur , c’est un thriller parfait à mes yeux, du pur plaisir de lire un tel roman, quel talent, quel génie ce Franck Thilliez. Pour les rares personnes qui n’ont pas encore lu ce diptyque Le Syndrome E/Gataca n’hésitez pas une seule seconde, vous allez lire de la perfection.

Résumé de l’éditeur :

L’Évolution est une exception. La règle, c’est l’Extinction.
Une jeune scientifique spécialiste de l’évolution des espèces, retrouvée morte, attaquée par un primate.
Onze hommes derrière les barreaux. Leurs points communs : tous ont commis des crimes barbares et tous sont… gauchers.
Enfin, la découverte d’une famille de Néandertaliens assassinée par un Cro-Magnon.
Quel est le rapport entre ces affaires et des crimes éloignés de 30 000 ans ?
La clé est dans ces quelques lettres : GATACA…

Franck Thilliez – Gataca (Editions Fleuve Noir 2011), (Pocket 2012), (Editions France Loisirs 2012)

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Les Limbes – Olivier Bal

Un grand merci aux Editions de Saxus pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du premier roman d’Olivier Bal, Les Limbes. Cela fait longtemps que j’entends parler de cet auteur et que je vois passer ce roman sur différents blogs que je suis régulièrement. C’est toujours très plaisant de découvrir un nouvel auteur français. Allez c’est parti suivez-moi en direction du Vietnam, mais n’oubliez jamais que dans les rêves comme dans la vie, l’horreur est partout… arton28018-f62bd

On débute l’histoire en pleine guerre du Vietnam, en compagnie de James Hawkins, un jeune américain qui participe à une offensive pour aller récupérer des soldats prisonniers. Mais il va très vite se blesser gravement à la tête et être transporté à l’hôpital de Saigon.  Sorti du coma, il ne se souvient plus de rien. Mais voilà que pendant sa convalescence, toutes ses nuits sont perturbées par des rencontres d’autres soldats qui comme lui, sont à l’hôpital essayant de se remettre de leurs blessures. Mais forcément, un tel pouvoir, ne passe pas inaperçu et quelques mois après être rentré au pays James va devoir se rendre dans une base souterraine perdu au milieu de l’Alaska…  C’est là que l’horreur va commencer…

Olivier Bal aborde dans ce roman le thème des rêves. C’est un sujet très intéressant et je trouve qu’il l’a vraiment bien traité. L’écriture est fluide et j’ai vraiment réussi à m’imprégner pleinement de cet univers. Le monde des rêves est encore très mystérieux pour l’homme et il nous fascine autant qu’il nous terrifie. Comme très souvent on peut se demander de quoi est capable l’être humain et jusqu’où il est prêt à aller… A cause de l’obsession du pouvoir, la gloire et la renommée, l’être humain est capable de tout détruire sur son passage sans se soucier des victimes collatérales.

Les Limbes est un très bon premier thriller, avec une intrigue très originale au cœur même des rêves… Je conseil vraiment ce roman à tous les fans de thriller. Si vous ne l’avez pas encore lu n’hésitez pas, Olivier Bal est un auteur à découvrir absolument.

Résumé de l’éditeur :

Vietnam, 1970. James Hawkins est une jeune recrue. Durant un assaut, il prend une balle dans la tête et croit mourir. Après un mois de coma, et tandis qu’il essaie de se rétablir dans un hôpital de Saigon, il découvre que quelque chose s’est éveillé en lui. Ses nuits deviennent des épreuves, son sommeil et ses rêves ne lui appartiennent plus. Désormais, lorsqu’il dort, il visite les songes des autres… Seuls les médicaments l’empêchent de rêver. Un an plus tard, un ancien frère d’armes, Nate Irving, vient frapper à sa porte. Il est venu le chercher pour participer à un projet secret : les Limbes. Direction une base perdue au fin fond de l’Alaska pour une aventure aux frontières de la peur et de la folie, une aventure qui les entraînera au cœur des rêves pour percer le mystère des Limbes. « Nous sommes des pionniers, des aventuriers d’un genre nouveau. Le rêve, c’est la dernière frontière. L’homme a conquis la mer, la terre, l’espace… et maintenant, enfin, il conquiert son propre esprit. Il lui aura fallu des milliers d’années pour comprendre que les plus grands mystères ne se cachaient pas dans les profondeurs des océans, ou aux confins de l’univers mais bien au cœur de son être. »

Olivier Bal – Les Limbes (Editions CreateSpace 2015), (Editions de Saxus 2018), (Pocket 2019)

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Profanation – Jussi Adler-Olsen

Chronique :

Profanation est le second tome de la saga du Département V de la police criminelle de Copenhague, dirigé par l’inspecteur Carl Mørck. J’ai beaucoup aimé Miséricorde le premier opus, du coup je continue cette série de l’auteur danois Jussi Adler-Olsen. C’est parti suivez-moi en direction de Copenhague capitale du Danemark. 1286613-gf

Quel plaisir pour moi de retrouver le fameux duo Carl & Assad, après leur brillante résolution de l’affaire Merete Lyyngaard dans Miséricorde. Dorénavant ce duo fera place à un trio, car le département V, hérite de Rose, une nouvelle assistante un peu bizarre qui ne supporte pas les ordres. Mais parlons de l’intrigue, Carl Mørck  trouve sur son bureau, le dossier d’un double meurtre violent d’un frère et d’une sœur datant de 1987. A l’époque, les soupçons se sont tournés vers une bande d’adolescents mais l’enquête est vite étouffée car ces jeunes gens sont issus de familles très riche et influente. Mais à ce jour, le dossier est clôt et le meurtrier est en prison… Alors pourquoi le département V devrait rouvrir cette affaire ? L’enquête est un peu longue à se mettre en place, mais Carl Mørck et Assad vont très vite comprendre qu’il y a trop de faits troublants dans cette affaire…

J’adore les personnages qu’a créé Jussi Adler-Olsen, d’un côté Carl un flic cynique que tout énerve et de l’autre Assad un faux calme, qui prend de plus en plus de place au sein du département V. Et que dire de Rose, la nouvelle assistante au fort caractère, à qui on s’attache très vite. Profanation est un thriller simple mais efficace, avec son lot de rebondissements et des personnages haut en couleur. Cette enquête démontre toute la cruauté dont est capable l’être humain.

J’ai hâte de me plonger dans Délivrance le troisième tome, pour retrouver les personnages et encore en apprendre un peu plus sur eux. Si ce n’est pas encore fait, je vous conseille vraiment de découvrir cet auteur et de suivre les enquêtes du département V, vous n’allez pas le regretter.

Résumé de l’éditeur :

En 1987, le meurtre atroce d’un frère et d’une soeur avait défrayé la chronique. Malgré les soupçons pesant sur un groupe de lycéens d’une école privée de Copenhague, l’enquête s’était arrêtée, faute de preuves… Jusqu’à ce que neuf ans plus tard, l’un des garçons (le seul « pauvre » de la bande) s’accuse du crime. Affaire classée.
Pour une raison inexplicable, le dossier ressurgit soudain sur le bureau de l’inspecteur Carl Mørck, chef de la section V. Intrigué par les circonstances, l’inspecteur, toujours accompagné de son acolyte Assad, décide de reprendre l’enquête. Elle le mène sur la piste de l’énigmatique Kimmie, prostituée, voleuse, semi-clocharde, qui était alors la seule fille de la bande, et celle de trois hommes, les plus riches du Danemark…

Jussi Adler-Olsen – Profanation (Albin Michel 2012), (France Loisirs 2013), (Le Livre de Poche 2014) traduit du danois par Caroline Berg.

Son titre original est « Fasandraeberne » (2008).

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Territoires – Olivier Norek

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de Territoires, le second opus de la saga du capitaine Victor Coste. J’avais bien aimé le premier tome Code 93, c’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé ce personnage créé par Olivier Norek. D’ailleurs il était grand temps pour moi de retrouver Coste et son équipe. Allez suivez-moi c’est parti direction Seine-Saint-Denis.norek-territoires

L’histoire débute avec les meurtres de trois dealers qui règnent sur la cité de Malceny dans le 93. La brigade du capitaine Victor Coste est obligée de déléguer cette affaire à la brigade des stupéfiants et la deuxième brigade de la SPDJ. Un tueur inconnu, a décidé de reprendre la main sur le trafic de drogue de la cité. C’est alors que tout commence à aller de travers, d’autres personnes, qui n’ont apparemment aucun lien avec ces meurtres sont retrouvées assassinées. D’un côté on va suivre une bande de jeunes caïds très violents et d’un autre on fait connaissance avec Andrea Vesperini, la maire de cette ville. Une femme très manipulatrice qui ne recule devant rien pour se faire réélire. On découvre à travers elle, les côtés très sombres de la politique. Et lorsqu’une émeute crée le chaos dans la cité, les pièces du puzzle se mettent en place chez le capitaine Coste.

Comme Code 93, Territoires est un roman terriblement réaliste au rythme soutenu, avec une écriture percutante et une intrigue passionnante. Entre règlements de compte, tortures, trafic de drogue, nourrice et corruptions, on est servi. Après Code 93, je trouve que l’auteur est encore monté d’un cran.
Quel plaisir de retrouver l’équipe du capitaine Coste. J’aime beaucoup ce dernier, qui est un personnage très charismatique. Ainsi que Ronan le dragueur de l’équipe, Sam le geek qui ne supporte pas la vue du sang et des cadavres et enfin Johanna une femme à la carrure d’homme au caractère bien trempé mais qui prend bien soin de tout le monde.

Territoires est un polar angoissant mais malheureusement très réaliste. Olivier Norek sait de quoi il parle, on sent l’expérience du terrain, de ce fait il maîtrise parfaitement son sujet. C’est le troisième roman que je lis de cet auteur et je ne suis jamais déçu. Olivier Norek est un auteur talentueux qui est devenue une valeur sûre dans le paysage français du polar.

Résumé de l’éditeur :

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L’exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d’à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé…
et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles – loin d’être aussi fictives qu’on pourrait le croire – où les assassins eux-mêmes sont manipulés.

Olivier Norek – Territoires (Editions Michel Lafon 2014), (Editions France Loisirs 2015), (Editions Pocket 2015)

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Entretien avec Estelle Tharreau – Mon ombre assassine

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● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

J’ai commencé à écrire en 2015 avec Orages, mon premier roman qu’ont accepté de publier les Editions Taurnada avec lesquelles je chemine depuis. En 2017, est paru L’Impasse puis De la Terre dans la Bouche, en 2018 et Mon Ombre Assassine, en 2019.

 

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Le premier souvenir est sans aucun doute l’odeur du papier et de l’encre. Mais s’en sont suivis plein de souvenirs qui correspondaient à des premières fois dans l’univers du livre :

Alice dans la collection de la Bibliothèque Verte, mes premières enquêtes.

Cros Blanc que m’avait offert ma grand-mère.

Manon Lescaut de Diderot, mon premier roman de littérature classique imposé par l’école.

Le nom de la Rose, premier livre que je lisais en marchant, en mangeant et même en me lavant, si, si !

Shinning de Stephen King, mon premier roman de littérature noire.

Le Dahlia Noir de James Ellroy, la première rencontre avec mon auteur préféré.

 

● D’où vous est venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

Du plaisir de construire de véritables puzzles et de manipuler le lecteur. Mais j’ai surtout été attirée par le penchant transgressif et subversif plus marqué en littérature noire qu’en littérature classique.

 

Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre dernier roman « Mon ombre assassine » ?

J’ai eu envie de raconter la construction psychologique d’un être humain qui va délibérément tuer en série. Bien souvent, les romans et les films nous racontent la traque ou le rituel meurtrier de ces criminels particuliers, mais plus rarement leur logique et leur « formation » psychologique. De plus, j’ai voulu m’attarder sur les femmes « tueuses en série » qui, dans la majorité des cas, ne répondent pas aux mêmes motivations que leurs homologues masculins.

 

● Comment vos personnages prennent-ils vie en général ?

Les personnages principaux naissent avec l’idée et évoluent naturellement avec la construction du récit. Les personnages secondaires viennent « en appui » de l’intrigue, mais très souvent certains apparaissent spontanément, comme une évidence, en cours d’écriture. Ils arrivent également que, pendant la rédaction, certains personnages occupent une place plus importante que celle envisagée initialement. C’est l’histoire et l’écriture qui décident de leur sort à tous.

 

● Quelle est selon vous la place du polar dans la littérature française d’aujourd’hui ?

Le genre me semble bien mal connu et considéré. Pourtant la littérature noire est, à mon sens, le lieu où s’affirment le mieux la satire sociale et la dénonciation des travers humains. En dehors de ces aspects, elle est également un lieu de grand spectacle et de grand huit émotionnel. Qu’elle soit dénonciatrice ou divertissante, il serait temps que certains clichés tombent. La littérature noire mérite mieux.

 

● Êtes-vous une grande lectrice et quels sont vos modèles ?

Question très difficile. Je crois que je n’ai pas de modèles à proprement parler, mais des auteurs « fétiches » qui m’apportent toujours quelque chose quand je les lis. Je me limiterai à la littérature noire. Le premier d’entre eux est James Ellroy. Puis bien entendu Stephen King, Jim Thompson et Simenon. Mais aussi, Charles Baudelaire et Émile Zola dont les oeuvres sont si sombres qu’elles pourraient très bien trouver leur place en littérature noire.

 

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Nous disons souvent aux enfants de goûter avant de dire que c’est mauvais, alors lisons de la littérature blanche et noire, nouvelle et ancienne, des livres ou des auteurs connus et méconnus. Lisons et partageons notre passion.

 

Lien vers ma chronique de Mon ombre assassine

Je tiens à remercier Estelle Tharreau d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette auteure.

 

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Biographie d’Estelle Tharreau

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Il aura fallu attendre l’âge de 40 ans avant qu’elle tente cette aventure. Ayant travaillé dans le secteur public et privé, elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture. Après « Orages » en 2015, elle a sorti deux romans en 2017, « L’impasse » et « De la terre dans la bouche ». Puis son dernier roman est sorti en 2019 « Mon ombre assassine » tous édités chez Taurnada.