Entretien avec Gaëlle Perrin-Guillet – Haut Le Choeur

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● Peux-tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Secrétaire de mairie le jour, auteur le soir, j’écris maintenant depuis près de 15 ans. Je vis à la campagne dans la banlieue lyonnaise et je suis née au siècle dernier !

 

Quel est ton premier souvenir avec le monde du livre ?

Mon premier souvenir est d’être tombé (sans me faire mal) sur des livres de la bibliothèque rose. Notamment les fantômette que j’ai dévoré avant de passer aux aventures d’Alice en bibliothèque verte. Rien qu’à l’évocation de ces livres, je revois le papier jauni et je sens l’odeur des pages. Une vraie madeleine de Proust.

 

● D’où t’es venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

Il fut une époque où je ne lisais que de ça. Et un jour, j’ai décidé d’écrire le mien. Par défi. Pour voir si j’étais capable d’aller au bout du projet. De faire un truc qui tient à peu près la route. Ce fut le cas. Même si avec le recul et les années d’expérience en plus, je ne le trouve plus si bien que ça, il a eu le mérite de me mettre le pied à l’étrier.

 

Comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour ton roman « Haut Le Choeur » ?

Dans un thriller, le but du jeu est souvent de trouver le coupable. Dans Haut le chœur, j’ai décidé de casser ce code en partant à l’envers : on connaît dès le premier chapitre « qui » est le coupable. Et j’avais envie de changer aussi un peu en mettant une femme aux commandes. Une tueuse en série, c’est original, non ? Il ne restait plus qu’à trouver l’intrigue.

 

● Quand tu commences à écrire un roman, le dénouement est-il déjà fixé ou est-ce qu’il vient au courant de l’écriture ?

Souvent j’ai le dénouement au début. Mais j’arrive rarement à le conserver à la fin ! Les personnages finissent toujours par m’emmener ailleurs. Ce qui est assez étonnant encore pour moi, même au bout de 6 livres écrits !

 

● Comment tes personnages prennent-ils vie en général et là tout particulièrement Alix et Eloane ?

Ils sont bien souvent un mélange de personnes de mon entourage et une part de moi. Même Eloane, qui ne fait pas vraiment dans la dentelle, a quelque chose de moi. C’est flippant, non ?

 

● Es-tu une grande lectrice et si oui quels sont tes modèles ?

Je suis une boulimique de lecture. Beaucoup de polars, mais aussi de littérature jeunesse. Je trouve dans cette lecture soit-disant pour enfants une foule d’émotions et de suspens que j’adore. Quant à mes modèles, je ne pense pas en avoir un, en fait. J’admire Stephen King, JK Rowling ou même Tolkien pour les univers qu’ils ont su créer, mais je ne pourrais pas dire qu’ils sont mes modèles. Parce que de là à leur ressembler, il y a un fossé que je ne comblerai jamais !

 

Quel sera ton mot de la fin à cet entretien ?

Un grand merci à toi pour ces questions et ta patience (private joke mais il fallait le dire).

 

Lien vers ma chronique Haut Le Choeur

Je tiens à remercier Gaëlle Perrin-Guillet d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette auteure.

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Biographie de Gaëlle Perrin-Guillet

Née en 1975, Gaëlle Perrin-Guillet, est secrétaire de mairie le jour et auteur de thriller la nuit, depuis toujours amatrice de thrillers et polars, elle s’essaie à l’écriture au début des années 2000. Aujourd’hui, après plusieurs romans très appréciés par les lecteurs, l’un de ses écrits désormais introuvable, Haut le chœur, Prix du Polar 2014 Dora Suarez, est réédité par les éditions Taurnada.

Haut le chœur – Gaëlle Perrin-Guillet

Un grand merci aux Editions Taurnada pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de Haut le chœur un one-shot signé Gaëlle Perrin-Guillet. Je l’ai rencontré l’année dernière au Festival Sans Nom à Mulhouse. J’ai vraiment été interpellé par la personnalité de cette auteure, de part son énorme sympathie et sa simplicité.
Allez suivez-moi c’est parti en direction de la Savoie dans la belle ville de Chambéry. couv32600480

Tout d’abord on fait la connaissance d’Alix Flament, une journaliste devenu célèbre  grâce à la publication d’un livre sur les interviews réalisées avec Eloane Frezet une tueuse en série. Les années passent et Alix a changé de rubrique, fini les meurtres, elle s’occupe désormais de politique. Mais Eloane qui est en prison n’a pas oublié que le sujet du livre d’Alix lui a causé énormément de tort. Lorsque la tueuse s’évade, Alix se rappelle de la promesse faite de cette dernière. Lorsqu’elle reçoit un coup de fil d’Eloane, Alix prévient immédiatement la police et notamment Gautier Ruiz et Stéphane Noisel qui participaient à l’enquête lorsque les premiers meurtres ont eu lieu. Dès lors le cauchemar va commencer pour Alix… On passe de l’enquête menée par la police, à la morgue où travail le docteur Flavien Bernet, le mari d’Alix. Puis on suit les traces de Pascal Jussy, le tueur en série qui est à l’origine de la vocation d’Éloane.

Les personnages sont assez bon et très réalistes, surtout Alix. Eloane quant à elle est une tueuse en série sans pitié. On la découvre petit à petit sans rien connaître sur ses motivations. Elle tue selon un schéma bien précis qu’elle seule connaît. Le combat psychologique entre d’un côté Alix et de l’autre la tueuse en série est très bien maîtrisé et donne une ambiance tendue au roman. Quant à l’intrigue, je trouve qu’elle est assez originale et très cohérente, en plus de cela elle offre de nombreux rebondissements. La plume de Gaëlle Perrin-Guillet est très agréable et très fluide. Les chapitres sont courts et donnent un certain dynamisme à la lecture.

Haut le chœur est le troisième roman des éditions Taurnada que j’ai lu et honnêtement à chaque fois ça a été une très belle découverte pour moi. Comme quoi il faut vraiment faire confiance à des maisons d’éditions un peu plus petite, car la qualité est vraiment au rendez-vous. J’ai hâte de lire le prochain roman de Gaëlle Perrin-Guillet.

 

Résumé de l’éditeur :

« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver. »
Depuis qu’Éloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l’angoisse que la criminelle sanguinaire s’évade de prison…
Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d’Éloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse…
Une promesse de sang…

Gaëlle Perrin-Guillet – Haut le chœur (Editions Taurnada 2019)

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Entretien avec Estelle Tharreau – Mon ombre assassine

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● Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

J’ai commencé à écrire en 2015 avec Orages, mon premier roman qu’ont accepté de publier les Editions Taurnada avec lesquelles je chemine depuis. En 2017, est paru L’Impasse puis De la Terre dans la Bouche, en 2018 et Mon Ombre Assassine, en 2019.

 

● Quel est votre premier souvenir avec le monde du livre ?

Le premier souvenir est sans aucun doute l’odeur du papier et de l’encre. Mais s’en sont suivis plein de souvenirs qui correspondaient à des premières fois dans l’univers du livre :

Alice dans la collection de la Bibliothèque Verte, mes premières enquêtes.

Cros Blanc que m’avait offert ma grand-mère.

Manon Lescaut de Diderot, mon premier roman de littérature classique imposé par l’école.

Le nom de la Rose, premier livre que je lisais en marchant, en mangeant et même en me lavant, si, si !

Shinning de Stephen King, mon premier roman de littérature noire.

Le Dahlia Noir de James Ellroy, la première rencontre avec mon auteur préféré.

 

● D’où vous est venue l’envie d’écrire des « Thrillers » ?

Du plaisir de construire de véritables puzzles et de manipuler le lecteur. Mais j’ai surtout été attirée par le penchant transgressif et subversif plus marqué en littérature noire qu’en littérature classique.

 

Comment vous est venue l’idée de l’intrigue pour votre dernier roman « Mon ombre assassine » ?

J’ai eu envie de raconter la construction psychologique d’un être humain qui va délibérément tuer en série. Bien souvent, les romans et les films nous racontent la traque ou le rituel meurtrier de ces criminels particuliers, mais plus rarement leur logique et leur « formation » psychologique. De plus, j’ai voulu m’attarder sur les femmes « tueuses en série » qui, dans la majorité des cas, ne répondent pas aux mêmes motivations que leurs homologues masculins.

 

● Comment vos personnages prennent-ils vie en général ?

Les personnages principaux naissent avec l’idée et évoluent naturellement avec la construction du récit. Les personnages secondaires viennent « en appui » de l’intrigue, mais très souvent certains apparaissent spontanément, comme une évidence, en cours d’écriture. Ils arrivent également que, pendant la rédaction, certains personnages occupent une place plus importante que celle envisagée initialement. C’est l’histoire et l’écriture qui décident de leur sort à tous.

 

● Quelle est selon vous la place du polar dans la littérature française d’aujourd’hui ?

Le genre me semble bien mal connu et considéré. Pourtant la littérature noire est, à mon sens, le lieu où s’affirment le mieux la satire sociale et la dénonciation des travers humains. En dehors de ces aspects, elle est également un lieu de grand spectacle et de grand huit émotionnel. Qu’elle soit dénonciatrice ou divertissante, il serait temps que certains clichés tombent. La littérature noire mérite mieux.

 

● Êtes-vous une grande lectrice et quels sont vos modèles ?

Question très difficile. Je crois que je n’ai pas de modèles à proprement parler, mais des auteurs « fétiches » qui m’apportent toujours quelque chose quand je les lis. Je me limiterai à la littérature noire. Le premier d’entre eux est James Ellroy. Puis bien entendu Stephen King, Jim Thompson et Simenon. Mais aussi, Charles Baudelaire et Émile Zola dont les oeuvres sont si sombres qu’elles pourraient très bien trouver leur place en littérature noire.

 

● Quel sera votre mot de fin à cet entretien ?

Nous disons souvent aux enfants de goûter avant de dire que c’est mauvais, alors lisons de la littérature blanche et noire, nouvelle et ancienne, des livres ou des auteurs connus et méconnus. Lisons et partageons notre passion.

 

Lien vers ma chronique de Mon ombre assassine

Je tiens à remercier Estelle Tharreau d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar. J’espère vous avoir permis de découvrir un peu plus cette auteure.

 

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Biographie d’Estelle Tharreau

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Il aura fallu attendre l’âge de 40 ans avant qu’elle tente cette aventure. Ayant travaillé dans le secteur public et privé, elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture. Après « Orages » en 2015, elle a sorti deux romans en 2017, « L’impasse » et « De la terre dans la bouche ». Puis son dernier roman est sorti en 2019 « Mon ombre assassine » tous édités chez Taurnada.

Mon ombre assassine – Estelle Tharreau

Un grand merci aux Editions Taurnada pour cette lecture.

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler de Mon ombre assassine d’Estelle Tharreau. C’est déjà son 4ème roman, mais je dois bien avouer que pour moi c’est le premier que je lis. Dans Mon ombre assassine, Estelle Tharreau nous invite à découvrir les confessions monstrueuses d’une tueuse en série. Allez suivez-moi c’est parti en direction du hameau des « Sans sous » perdu en Provence. CVT_Mon-ombre-assassine_1588

On fait très vite la connaissance de Nadège Solignac, une jeune institutrice qui est incarcérée suite à la mort d’un policier. Elle explique dans sa déposition, qu’elle a été agressée par la victime et qu’en se débattant, ils seraient tombés dans la piscine où elle aurait fini par le noyer pour sauver sa peau. Nadège plaide donc la légitime défense. Lors de son placement en cellule, elle va nous raconter tout son parcours. Une réelle plongée dans sa vie. Mais le récit de tous ses souvenirs est entrecoupé de passages d’interrogatoires par la police, mais également d’articles de journaux relatant l’affaire Solignac. Nous remontons le temps afin de retourner jusqu’à son enfance. Ainsi elle nous fera comprendre pourquoi elle est devenue un tel monstre

Le choix d’aborder les tueuses en série de cette manière-là est vraiment intéressant. J’ai adoré m’immiscer dans la vie de cette femme, découvrir comment elle est devenue une tueuse en série. Nadège est une femme terrifiante et manipulatrice. Honnêtement j’ai été complètement happé par ce personnage, ce roman est d’une réalité troublante et saisissante et c’est terriblement bien écrit. Moi qui connais assez bien ce sujet, je trouve qu’Estelle Tharreau, l’a traité de façon remarquable. Elle nous démontre bien que les tueuses en série peuvent être aussi cruelles que les tueurs en série… Mais surtout beaucoup plus manipulatrices, donc plus complexe à saisir. N’importe qui peut être Nadège Solignac…

Avec Mon ombre assassine, j’ai découvert une auteure pleine de talent. Moi qui suis assez porté sur le sujet des tueurs et tueuses en série, j’ai été gâté… Mon ombre assassine est vraiment un thriller captivant, mais surtout différent des autres. J’ai hâte de découvrir d’autres romans d’Estelle Tharreau.

Résumé de l’éditeur :

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
Celle d’une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d’une femme manipulatrice et cynique.
Celle d’une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.

Estelle Tharreau – Mon ombre assassine (Editions Taurnada 2019)

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