Entretien avec Nicolas Beuglet – Complot

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 Comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour « Complot » ?

Quand je travaillais encore en télé, une collègue m’a dit que j’étais macho et que toute façon, tous les hommes l’étaient. J’ai été très troublé parce que je ne me voyais pas du tout comme ça. Et c’est là que je me suis dit qu’il devait y avoir des comportements innés et hérités dont les hommes ne se rendaient même plus compte. J’ai alors commencé à faire des recherches sur la misogynie et ses origines. Les hommes avaient-ils toujours dominé la société ? Les femmes avaient-elles eu plus de pouvoir avant ? Et si c’était le cas, comment cela se passait et pourquoi l’avaient-elles perdu ? Ce que j’ai découvert m’a retourné et c’est ainsi qu’est né Complot qui porte, selon moi, le titre parfait pour décrire ce que les hommes ont fait à l’autre moitié de l’humanité.

 

● J’ai retrouvé Sarah et Christopher avec plaisir, qu’est ce qui t’a poussé à écrire un second opus avec ces deux personnages ?

Cela a toujours été prévu. Sarah est une femme qui ne dit pas tout sur elle, mais qui ne sait pas non plus tout sur elle. Elle a un long chemin à parcourir pour comprendre qui elle est et trouver sa place dans le monde…

 

● Tu décris parfaitement tous les lieux, nous fais voyager à travers le monde comme pour le Cri, te rends tu sur place pour être si précis ?

Non, pas forcément. Mais je me renseigne beaucoup avant d’écrire. Et je n’hésite pas à contacter directement des gens qui vivent sur place pour avoir des détails sur les bruits environnants, les odeurs…Ensuite, c’est aussi le travail de l’auteur que de vous faire ressentir un lieu, comme s’il avait toujours vécu là-bas alors qu’il n’y a pas mis les pieds. Regardez où Alphonse Daudet a écrit les provençales lettres de mon moulin.

 

● Dans Complot tu évoques certaines thématiques sociales très forte comme le féminisme et la religion, quel message souhaites-tu faire passer ?

Mon camarade Hervé Commère me demandait lors d’une conférence si j’écrivais pour changer le monde. Alors, j’écris pour deux raisons : d’abord et avant tout pour faire plaisir au lecteur. Et ensuite si possible, pour lui faire partager l’étonnement et l’excitation que j’ai eu en découvrant des choses méconnues et pourtant fondamentales. Des révélations qui feront que vous ne regarderez plus le monde ou votre quotidien comme avant, et j’espère avec plus de justesse. Demandez à Hervé si lui aussi il écrit pour changer le monde, vous verrez, sa réponse est différente.

 

● Peux-tu nous dire si un troisième tome est déjà en cours d’écriture ?

Oui… et d’ailleurs c’est pour cela que j’ai mis un peu de temps à répondre à cette entretien.

Lien vers ma chronique de Complot

Je tiens à remercier Nicolas Beuglet d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar.

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Complot – Nicolas Beuglet

Chronique :

En 2017 j’ai vraiment eu un énorme coup de cœur pour Le Cri, premier opus de la série Sarah Geringën. C’est avec grand plaisir que je me suis plongé dans Complot, qui peut être lu indépendamment pour ce qui est de l’enquête en elle-même. Mais comme d’habitude, je le répète souvent, c’est mieux de commencer par le premier opus, pour comprendre mieux tous les personnages. C’est parti en direction de l’île de Grimsøya en Norvège. beuglet-nicolas-complot-couverture-e1523645993286

Quelques mois après la fameuse « affaire 488 », l’inspectrice de police norvégienne Sarah Gerigën et son compagnon français, le journaliste Christopher Clarence, ont décidé de s’installer ensemble sur l’île de Grimsøya, pour fonder une famille avec Simon. Mais voilà que très vite un hélicoptère des forces spéciales norvégiennes vient chercher Sarah pour une mission top secrète. Et après plusieurs heures de vol, en direction du Nord-est, ils arrivent à Hornøya, une petite île proche de Vardø à côté de la frontière Russe. Dès lors Sarah a compris… Cet îlot est la résidence secondaire de Katrina Hageback, la première ministre norvégienne.
Sarah va devoir résoudre rapidement le meurtre de la première ministre que l’on vient de retrouver assassinée, dans une mise en scène très étrange. Elle n’a pas beaucoup de temps devant elle pour tenter de comprendre qui a pu vouloir commettre pareil crime… Les éléments dont elle dispose ne sont pas cohérents, les indices ne s’assemblent pas et les premières théories échafaudées sont tout simplement impossibles. Mais au final, elle va se retrouver face à quelque chose qui pourrait très vite la dépasser… De la Norvège au Liban, en passant par l’Allemagne et l’Italie, Sarah va mener une enquête très complexe.

Dans Complot, l’auteur aborde le féminisme et ses opposants. Mais également, la religion, les mythes et la science. Comme pour le Cri, Nicolas Beuglet a accompli un travail de documentation et de recherches phénoménal. J’ai appris énormément de choses dans ce roman.

Pour terminer, je trouve que Complot est un thriller au suspense haletant qui nous entraîne bien au-delà de notre imagination. Nicolas Beuglet a de nouveau frappé très fort. Même si j’ai légèrement préféré Le Cri, ce roman est une vraie réussite. Et vu que la fin laisse présager une suite, j’ai hâte de retrouver Sarah et Christopher.

Résumé de l’éditeur :

Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.

Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre.

Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées…

De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu’au cœur même du Vatican, c’est l’odeur d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. à ses vérités les plus enfouies…

Étayé par les dernières découvertes de la science et de l’histoire, Complot explore les secrets premiers de l’humanité.

Nicolas Beuglet – Complot (XO Editions 16/05/2018).

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Glacé – Bernard Minier

Chronique :

Glacé est le premier opus de la série mettant en scène le commandant Martin Servaz. C’est toujours avec un grand plaisir que je découvre un nouveau personnage. C’est parti en direction de Saint-Martin-de-Comminges  situé dans les montagnes des Pyrénées dans une ambiance qui va être glacée…

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Tout commence avec le meurtre d’un cheval qui est retrouvé pendu dans un endroit improbable. Le commandant Martin Servaz se demande pourquoi il a été dérangé pour un cheval, mais après avoir vu la violence du meurtre et découvert l’identité de ce dernier, il va vite comprendre que c’est un cas spécial. Une intrigue qui se compose d’une foule d’éléments qui ne semblent pas concorder. Tout est fait pour mettre le lecteur dans une ambiance sombre et oppressante. Ces montagnes peuvent paraître à la fois paisible mais aussi très inquiétante. Il y a aussi ce fameux centre qui renferme les plus grands criminels dans une structure particulière. Il est placé juste à côté d’une ancienne colonie de vacances pour enfants, laissée à l’abandon. Une intrigue que l’on va suivre sur deux fronts. L’enquête principale sur le meurtre du cheval est menée par le commandant de police Martin Servaz et Irène Ziegler, capitaine à la gendarmerie. Puis, du côté de la jeune suissesse Diane Berg, psychologue qui vient de prendre ses fonctions à l’Institut Charles Wargnier. Ce dernier, unique en son genre, à pour patients les psychopathes du monde entier, ceux qui restent totalement insensible aux traitements médicaux.

Le style de Bernard Minier est très descriptif, le rythme est plutôt lent mais très fluide. On a droit à de belles scènes de crimes, et lorsqu’on comprend le coeur de la motivation, de plus en plus de suspects sont possible. L’intrigue et l’enchaînement des évènements sont parfaitement orchestrés. De jolis rebondissements et des moments de danger qui tiennent le lecteur en haleine. Toute la partie psychiatrique est très bien développée et les cadavres, s’entassent sur la route du commandant. Tout s’accélère dans les cent dernières pages. Plusieurs fois j’ai cru deviner qui était le coupable mais plusieurs rebondissements inattendus m’ont fait mentir et j’ai été complètement surpris par le final de l’histoire…

Bernard Minier nous offre un thriller avec une intrigue efficace et des personnages principaux attachants. Le tout dans un décor très sombre et angoissant, pour une première c’est une vraie réussite. Bien sûr je vais suivre les prochaines enquêtes de Martin Servaz.

Résumé de l’éditeur :

Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée. Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ? Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

Bernard Minier – Glacé (Editions XO 2011), (Editions Pocket 2012, 2016), (Editions France Loisirs 2016)

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Le Cri – Nicolas Beuglet

Chronique :

Le Cri est le second roman de Nicolas Beuglet, même si c’est bien le premier signé sous ce nom là, car en 2011 il avait écrit Le Premier crâne sous le pseudonyme de Nicolas Sker.  C’est parti en direction de l’hôpital psychiatrique de Gaustad à Oslo en Norvège. le cri

On va faire la connaissance de Sarah Geringën une inspectrice Norvégienne au caractère aussi glaciale que son pays. Elle est appelée un soir pour une mort un peu suspecte dans l’hôpital psychiatrique de Gaustad. La victime a une cicatrice un peu étrange sur le front, le chiffre 488… Mais personne ne sait ce que cela veut dire, comme personne ne peut expliquer le sens des nombreux dessins sur les murs de sa cellule. Mais il y a pire personne ne connaît sa véritable identité. Sarah ne sait pas encore à ce moment là que cette enquête va prendre des proportions démesurées, qu’elle ira de découvertes en découvertes et qu’elle va devoir se rendre dans différents pays pour connaître la vérité. Mais elle ne sera pas seule dans cette enquête, elle fera équipe malgré lui, avec Christopher un journaliste d’investigation français.

Ce livre nous parle et traîte de différents sujets comme la croyance, la peur, la vie éternelle, les secrets d’état, mais surtout la question fondamentale de l’existence et de ce qu’il y a après la mort. Dans un sens il oppose certaines grandes théories religieuses à la science. Dans le Cri il y a des énigmes, des pièges, des indices, des secrets, des révélations et une multitude de rebondissements qui s’enchaînent sans aucun temps mort. Nicolas Beuglet maîtrise parfaitement l’intrigue de bout en bout.

Il faut également bien prendre conscience que ce livre relate de véritable fait réel telle que les expériences faites par la CIA pendant de très nombreuses années pour essayer de contrôler le cerveau humain. Il aura fallu 4 ans à l’auteur pour écrire ce livre mais cela en vaut vraiment la peine. Et quel travail de recherche formidable.

Le Cri est tout simplement un thriller oppressant, prenant et terrifiant. C’est le genre de roman qu’on ne lâche plus une fois qu’on l’a ouvert. C’est une ambiance qui fait un peu penser à Shutter Island. Je ne le dis pas très souvent mais la Waouh quelle couverture d’une justesse et d’une efficacité magistral. En conclusion s’il faut de nouveau attendre 4 ans pour le prochain livre de Nicolas Beuglet , ce n’est pas un soucis si au final en ressort un livre si brillant!

Résumé de l’éditeur :

Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…
Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?
Pour Sarah, c’est le début d’une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l’île de l’Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice.
Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d’un journaliste d’investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l’une des questions qui hante chacun d’entre nous : la vie après la mort…
Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultrasecrets, pourrait bien affoler plus encore que la question !

Nicolas Beuglet – Le Cri (XO Editions 08/09/2016).

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