N’éteins pas la lumière – Bernard Minier

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du troisième tome de la série mettant en scène Martin Servaz, le célèbre commandant créé par Bernard Minier. J’ai beaucoup aimé les deux premiers opus que sont Glacé et le Cercle, pour moi néteins pas la lumière est un ton en-dessous. Mais comme toujours quel plaisir de retrouver Martin Servaz et toute son équipe. C’est parti en direction de la ville rose, la charmante ville de Toulouse. Minier-Bernard-N-EteinsPasLaLumiere

On fait la connaissance de Christine Steinmeyer, une brillante animatrice radio qui reçoit une lettre anonyme le soir de Noël. Cette lettre qui apparemment ne lui est pas destinée, est un appel au secours d’une personne qui va mettre fin à ses jours. Ceci va d’ailleurs être le point de départ du harcèlement quotidien auquel elle va devoir faire face. Au fil des jours sa vie bascule, on l’accuse d’harcèlement au travail, son couple explose et on s’introduit chez elle ! Pour Christine c’est une longue descente aux enfers… Va t’elle s’en sortir ou pas ?! Parallèlement, on retrouve un Martin Servaz en pleine dépression dans une maison de repos pour flic au bout du rouleau. Hors un matin, il reçoit un paquet qui contient une clef magnétique d’une chambre d’hôtel. Intrigué il décide de s’y rendre et il apprend que cette chambre est un peu spécial, car une jeune femme s’y est suicidée un an plus tôt. Bien entendu il n’en fallait pas plus pour que son instinct de flic refasse surface. Petit à petit il va commencer à enquêter de son côté, même si officiellement il n’a pas le droit. Bien sûr qu’il y a un lien entre les deux histoires, mais on ne sait pas quand ni comment elles vont se recouper.

Même si j’ai un peu moins aimé ce livre que les deux premiers tomes, je dois dire que Bernard Minier sait vraiment se renouveler. Les trois opus sont vraiment très différents les uns des autres. Que ce soit au niveau de l’intrigue, de l’enquête et des personnages. Dans n’éteins pas la lumière, le thème principal est la manipulation et le harcèlement sous toutes ces formes… L’auteur a voulu nous mettre dans la peau d’une victime d’un manipulateur, sur ce point le livre est une vraie réussite.

N’éteins pas la lumière est un bon roman, mais j’ai regretté la quasi absence de certains personnages que j’apprécie beaucoup, comme, Vincent Espérandieu, Samira Cheung et Julian HirtmannIrène Ziegler quant à elle a complètement disparue. J’espère vraiment les retrouver dans Nuit le quatrième tome des aventures du commandant Martin Servaz.

Résumé de l’éditeur :

« Tu l’as laissée mourir… » Christine Steinmeyer croyait que la missive trouvée le soir de Noël dans sa boîte aux lettres ne lui était pas destinée. Mais l’homme qui l’interpelle en direct à la radio, dans son émission, semble persuadé du contraire… Bientôt, les incidents se multiplient, comme si quelqu’un avait pris le contrôle de son existence. Tout ce qui faisait tenir Christine debout s’effondre. Avant que l’horreur fasse irruption. Martin Servaz, de son côté, a reçu par la poste la clé d’une chambre d’hôtel. Une chambre où une artiste plasticienne s’est donné la mort un an plus tôt. Quelqu’un veut le voir reprendre du service… ce qu’il va faire, à l’insu de sa hiérarchie et de ses collègues. Et si nos proches n’étaient pas ce que nous croyons ? Et si dans l’obscurité certains secrets refusaient de mourir ? Non, n’éteignez pas la lumière, ou alors préparez-vous au pire…

Bernard Minier – N’éteins pas la lumière (Editions XO 2014), (Editions Pocket 2015)

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Le Cercle – Bernard Minier

Chronique :

Aujourd’hui je vais vous parler du second tome de la série mettant en scène le commandant Martin Servaz. C’est toujours un grand plaisir de retrouver des personnages récurrents que l’on apprécie. J’ai beaucoup aimé Glacé, alors forcément j’attendais beaucoup de la suite et je dois dire que Le Cercle a vraiment été à la hauteur de mes attentes. C’est parti en direction du Sud-Ouest, plus précisément à Marsac et à Toulouse. Minier-Bernard-LeCercle

L’histoire débute en juin 2010, en pleine Coupe du Monde de foot en Afrique du Sud. Le commandant Martin Servaz, qui se remet à peine de son enquête dans les Pyrénées, est contacté par Marianne, un amour de jeunesse. Claire Diemar, une des professeurs de son fils vient d’être retrouvé assassiné chez elle. Ce dernier a en effet été retrouvé sur les lieux du crime, à Marsac petite ville universitaire du Tarn. Marianne demande alors à Martin de prouver l’innocence de son fils. Le commandant Servaz et ses collègues vont devoir remuer ciel et terre pour défaire ce mystère. En même temps, Julian Hirtman, le tueur en série Suisse qui a sévit dans Glacé, est lui toujours en cavale, a été aperçu dans la région. D’ailleurs en inspectant les lieux du crime, Martin découvre un CD de Gustav Malher qui est son compositeur préféré, mais également celui de Hirtmann…Une bonne partie de l’enquête se déroule dans la prestigieuse université de Marsac, où étudie Margot sa fille, et d’où notre commandant est lui-même sorti diplômée.

Oui Le Cercle est un pavé, mais il ne souffre d’aucune longueur. Les références culturelles littéraires et musicales sont de toutes beautés. Le style est parfaitement maîtrisé. Des rebondissements surprenants, des fausses pistes et du suspense rythment à merveille cette enquête. J’ai également apprécié de retrouver certains protagonistes du premier livre. Vincent Espérandieu, l’adjoint et ami de Martin, qui est l’exact opposé de son patron à qui il voue une grande admiration. Samira Cheung la Franco-Sino-Marocaine, personnage très excentrique et anticonformiste au tempérament volcanique qui sait se faire respecter par les hommes. Margot sa fille, adolescente rebelle, adepte de tatouages, de piercings et de blousons en cuir avec qui Martin entretient une relation assez conflictuelle.  Et enfin Irène Ziegler, une gendarme attirée par les femmes.

Si vous avez aimé Glacé, vous allez adorer Le Cercle, qui pour moi est un thriller captivant, mené d’une main de maître par Bernard Minier. J’ai hâte de lire la suite des aventures du commandant Martin Servaz et de toute son équipe !

Résumé de l’éditeur :

Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, précipitent le commandant Martin Servaz dans une enquête dangereuse, la plus personnelle de sa vie.
Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux… Pourquoi la mort s’acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d étudiants réunissant l élite de la région ?
Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d anciennes et terribles blessures et faire l apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

Bernard Minier – Le Cercle (Editions XO 2012), (Editions Pocket 2013, 2017)

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Entretien avec Nicolas Beuglet – Complot

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 Comment t’es venue l’idée de l’intrigue pour « Complot » ?

Quand je travaillais encore en télé, une collègue m’a dit que j’étais macho et que toute façon, tous les hommes l’étaient. J’ai été très troublé parce que je ne me voyais pas du tout comme ça. Et c’est là que je me suis dit qu’il devait y avoir des comportements innés et hérités dont les hommes ne se rendaient même plus compte. J’ai alors commencé à faire des recherches sur la misogynie et ses origines. Les hommes avaient-ils toujours dominé la société ? Les femmes avaient-elles eu plus de pouvoir avant ? Et si c’était le cas, comment cela se passait et pourquoi l’avaient-elles perdu ? Ce que j’ai découvert m’a retourné et c’est ainsi qu’est né Complot qui porte, selon moi, le titre parfait pour décrire ce que les hommes ont fait à l’autre moitié de l’humanité.

 

● J’ai retrouvé Sarah et Christopher avec plaisir, qu’est ce qui t’a poussé à écrire un second opus avec ces deux personnages ?

Cela a toujours été prévu. Sarah est une femme qui ne dit pas tout sur elle, mais qui ne sait pas non plus tout sur elle. Elle a un long chemin à parcourir pour comprendre qui elle est et trouver sa place dans le monde…

 

● Tu décris parfaitement tous les lieux, nous fais voyager à travers le monde comme pour le Cri, te rends tu sur place pour être si précis ?

Non, pas forcément. Mais je me renseigne beaucoup avant d’écrire. Et je n’hésite pas à contacter directement des gens qui vivent sur place pour avoir des détails sur les bruits environnants, les odeurs…Ensuite, c’est aussi le travail de l’auteur que de vous faire ressentir un lieu, comme s’il avait toujours vécu là-bas alors qu’il n’y a pas mis les pieds. Regardez où Alphonse Daudet a écrit les provençales lettres de mon moulin.

 

● Dans Complot tu évoques certaines thématiques sociales très forte comme le féminisme et la religion, quel message souhaites-tu faire passer ?

Mon camarade Hervé Commère me demandait lors d’une conférence si j’écrivais pour changer le monde. Alors, j’écris pour deux raisons : d’abord et avant tout pour faire plaisir au lecteur. Et ensuite si possible, pour lui faire partager l’étonnement et l’excitation que j’ai eu en découvrant des choses méconnues et pourtant fondamentales. Des révélations qui feront que vous ne regarderez plus le monde ou votre quotidien comme avant, et j’espère avec plus de justesse. Demandez à Hervé si lui aussi il écrit pour changer le monde, vous verrez, sa réponse est différente.

 

● Peux-tu nous dire si un troisième tome est déjà en cours d’écriture ?

Oui… et d’ailleurs c’est pour cela que j’ai mis un peu de temps à répondre à cette entretien.

Lien vers ma chronique de Complot

Je tiens à remercier Nicolas Beuglet d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la Caverne du Polar.

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Complot – Nicolas Beuglet

Chronique :

En 2017 j’ai vraiment eu un énorme coup de cœur pour Le Cri, premier opus de la série Sarah Geringën. C’est avec grand plaisir que je me suis plongé dans Complot, qui peut être lu indépendamment pour ce qui est de l’enquête en elle-même. Mais comme d’habitude, je le répète souvent, c’est mieux de commencer par le premier opus, pour comprendre mieux tous les personnages. C’est parti en direction de l’île de Grimsøya en Norvège. beuglet-nicolas-complot-couverture-e1523645993286

Quelques mois après la fameuse « affaire 488 », l’inspectrice de police norvégienne Sarah Gerigën et son compagnon français, le journaliste Christopher Clarence, ont décidé de s’installer ensemble sur l’île de Grimsøya, pour fonder une famille avec Simon. Mais voilà que très vite un hélicoptère des forces spéciales norvégiennes vient chercher Sarah pour une mission top secrète. Et après plusieurs heures de vol, en direction du Nord-est, ils arrivent à Hornøya, une petite île proche de Vardø à côté de la frontière Russe. Dès lors Sarah a compris… Cet îlot est la résidence secondaire de Katrina Hageback, la première ministre norvégienne.
Sarah va devoir résoudre rapidement le meurtre de la première ministre que l’on vient de retrouver assassinée, dans une mise en scène très étrange. Elle n’a pas beaucoup de temps devant elle pour tenter de comprendre qui a pu vouloir commettre pareil crime… Les éléments dont elle dispose ne sont pas cohérents, les indices ne s’assemblent pas et les premières théories échafaudées sont tout simplement impossibles. Mais au final, elle va se retrouver face à quelque chose qui pourrait très vite la dépasser… De la Norvège au Liban, en passant par l’Allemagne et l’Italie, Sarah va mener une enquête très complexe.

Dans Complot, l’auteur aborde le féminisme et ses opposants. Mais également, la religion, les mythes et la science. Comme pour le Cri, Nicolas Beuglet a accompli un travail de documentation et de recherches phénoménal. J’ai appris énormément de choses dans ce roman.

Pour terminer, je trouve que Complot est un thriller au suspense haletant qui nous entraîne bien au-delà de notre imagination. Nicolas Beuglet a de nouveau frappé très fort. Même si j’ai légèrement préféré Le Cri, ce roman est une vraie réussite. Et vu que la fin laisse présager une suite, j’ai hâte de retrouver Sarah et Christopher.

 

 

Résumé de l’éditeur :

Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.

Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre.

Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées…

De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu’au cœur même du Vatican, c’est l’odeur d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. à ses vérités les plus enfouies…

Étayé par les dernières découvertes de la science et de l’histoire, Complot explore les secrets premiers de l’humanité.

Nicolas Beuglet – Complot (XO Editions 16/05/2018).

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Glacé – Bernard Minier

Chronique :

Glacé est le premier opus de la série mettant en scène le commandant Martin Servaz. C’est toujours avec un grand plaisir que je découvre un nouveau personnage. C’est parti en direction de Saint-Martin-de-Comminges  situé dans les montagnes des Pyrénées dans une ambiance qui va être glacée…

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Tout commence avec le meurtre d’un cheval qui est retrouvé pendu dans un endroit improbable. Le commandant Martin Servaz se demande pourquoi il a été dérangé pour un cheval, mais après avoir vu la violence du meurtre et découvert l’identité de ce dernier, il va vite comprendre que c’est un cas spécial. Une intrigue qui se compose d’une foule d’éléments qui ne semblent pas concorder. Tout est fait pour mettre le lecteur dans une ambiance sombre et oppressante. Ces montagnes peuvent paraître à la fois paisible mais aussi très inquiétante. Il y a aussi ce fameux centre qui renferme les plus grands criminels dans une structure particulière. Il est placé juste à côté d’une ancienne colonie de vacances pour enfants, laissée à l’abandon. Une intrigue que l’on va suivre sur deux fronts. L’enquête principale sur le meurtre du cheval est menée par le commandant de police Martin Servaz et Irène Ziegler, capitaine à la gendarmerie. Puis, du côté de la jeune suissesse Diane Berg, psychologue qui vient de prendre ses fonctions à l’Institut Charles Wargnier. Ce dernier, unique en son genre, à pour patients les psychopathes du monde entier, ceux qui restent totalement insensible aux traitements médicaux.

Le style de Bernard Minier est très descriptif, le rythme est plutôt lent mais très fluide. On a droit à de belles scènes de crimes, et lorsqu’on comprend le coeur de la motivation, de plus en plus de suspects sont possible. L’intrigue et l’enchaînement des évènements sont parfaitement orchestrés. De jolis rebondissements et des moments de danger qui tiennent le lecteur en haleine. Toute la partie psychiatrique est très bien développée et les cadavres, s’entassent sur la route du commandant. Tout s’accélère dans les cent dernières pages. Plusieurs fois j’ai cru deviner qui était le coupable mais plusieurs rebondissements inattendus m’ont fait mentir et j’ai été complètement surpris par le final de l’histoire…

Bernard Minier nous offre un thriller avec une intrigue efficace et des personnages principaux attachants. Le tout dans un décor très sombre et angoissant, pour une première c’est une vraie réussite. Bien sûr je vais suivre les prochaines enquêtes de Martin Servaz.

Résumé de l’éditeur :

Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée. Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ? Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

Bernard Minier – Glacé (Editions XO 2011), (Editions Pocket 2012, 2016), (Editions France Loisirs 2016)

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